dimanche 11 janvier 2015

Charlie hebdo. Pourquoi je n’irai pas manifester à Paris ce dimanche.


Ce dimanche, plusieurs associations et organisations appellent à une marche républicaine en hommage à la mort des victimes des attentats commis à l’encontre des journalistes et personnels de Charlie hebdo et plus largement des 17 morts lors de la semaine qui vient de s’écouler. Je n’irai pas manifester et je vais vous expliquer pourquoi.



    Mercredi, il s’est passé quelque chose de terrible, de dramatique : des journalistes sont morts. Ce jour et dans les jours qui ont suivi, 17 personnes au total sont mortes soit pour défendre notre droit à dire ce que nous voulons, en particulier des conneries ou soit pour leur appartenance aux forces de l’ordre ou encore soit pour leur religion. Mais, pour autant, je n’irai pas manifester. 


      Je n’irai pas manifester car j’estime, en tant que militant associatif et militant d’un parti politique, qu’un hommage ne doit pas être l’occasion de s’étriper mais un moment de rassemblement. Or, malgré les dénégations des uns et des autres, c’est déjà le cas. Le Front national s’estime exclu alors qu’il a toujours été en désaccord avec la ligne politique de Charlie hebdo qui lui a bien rendu par l’une de ses unes notamment lors de la campagne présidentielle de 2012. Il me semble donc que les partis ne devraient pas s’associer en tant que parti à la manifestation ni même contribuer à son organisation tout simplement parce que ce n’est pas leur rôle. L’émission dans le peuple est grande, les querelles partisanes n’y ont pas leur place.

 



      La deuxième raison pour laquelle je n’irai pas manifester est que je trouve que la présence de certains chefs d’État ou de gouvernement est totalement inappropriée. Si les présences d’Angela Merkel, de David Cameron ou de Matteo Renzi ne me posent aucun problème, celle du président de la République de Turquie, Recep Teyep Erdogan ou de Victor Orban me dérangent au plus profond de moi-même. 
       Le premier, parce que depuis qu’il a pris le pouvoir en Turquie ne cesse de réduire le champ des libertés démocratiques et de faire la chasse aux journalistes. A l’heure actuelle, le nombre de journalistes emprisonnés en Turquie atteint des sommets et récemment le gouvernement turc a coupé l’accès à Youtube, Facebook et Twitter. Enfin, pas plus tard que le 16 décembre dernier, soit il y a 3 semaines, Erdogan faisait arrêter des journalistes car certains de leurs articles lui déplaisait.
       Victor Orban, quant à lui, après avoir « purgé » les médias publics de tous les journalistes critiques à l’encontre de son gouvernement, s’est attaqué au secteur privé. Cela ne lui a pas suffi puisque sous prétexte d’une baisse des rentrées budgétaires, il a voulu taxer outrageusement l’accès à Internet.


        La troisième raison qui motive mon choix de ne pas participer à cette marche est surtout que cela ne cadre pas avec l’esprit de « Charlie hebdo ». Au-delà du fait que ces derniers temps, ce journal ne me faisait plus rire et donnait trop souvent dans l’excès gratuit, je pense que Charb, Cabu, Wolinski ou Tignous ne se seraient pas retrouvés dans cette manif’. Ils s’y seraient profondément emmerdés et auraient probablement griffonné un manifestant disant « Qu’est-ce qu’on se fait chier ici ! ». Un festival du rire et de la caricature où l’autodérision aurait été reine aurait sonné plus juste.


Pour toutes ces raisons, je n’irai donc pas manifester. Je marquerai un temps de recueillement comme j’ai pu le faire à diverses reprises mais je ne marcherai pas à Paris. En soutien à la liberté de la presse, je continuerai à acheter des journaux car ce n’est que par ce biais que des journalistes pourront continuer à faire que la liberté de la presse ne soit pas qu’un principe.

dimanche 4 janvier 2015

Faisons un point sur la situation en Palestine.

Malgré les bombardements, les invasions et un harcèlement continuel de la population civile, les Palestiniens se montrent ouverts à des pourparlers de paix. Le Gouvernement israélien dirigé par Netanyahu sur une ligne sécuritaire penchant nettement vers l'extrême-droite se dit ouvert à cela mais refuse concrètement de se mettre autour de la table. Les États-Unis et l'Australie, alliés de l'État d'Israël se sont opposés à un plan de paix accepté par les Palestiniens mais refusé par les Israéliens en dépit de considérables sacrifices des Palestiniens.

Conséquence, les Palestiniens perdant patience ont décidé de traîner les Israéliens devant les tribunaux en demandant leur adhésion à la Cour pénale internationale pour les "crimes de guerre" de Tsahal.

Réponse du berger à la bergère : "Puisque c'est comme ça, je te coupe les vivres." Et paf, gel de 106 millions $ de taxes qu'Israël devait reversé à l'Autorité Palestinienne qui est chaque jour un peu plus reconnue par la communauté internationale. Voilà qui va arranger les choses.

Bref, grâce à sa diplomatie, la Palestine a bien plus progressé en quelques années qu'en 50 ans et se rapproche chaque jour un peu plus du statut d'État. Israël refusant de facto cette réalité et n'ayant pas tiré un trait (au moins pour une bonne partie de sa classe politique) sur l'absorption totale de la Palestine risque de se voir imposer la réalité plutôt que de la négocier.

Les armes vont-elles finir par se taire face à l'énergie des diplomates ?