Voilà, c'est fait ! David Cameron devient le plus jeune premier qu'ai connu le Royaume-Uni en 200 ans depuis Lord Liverpool en 1812.Merci le Labour.
Si dans l'esprit de bien des observateurs, une alliance entre les Tories et les Liberals-democrats était la seule ayant des chances de durer. Pour certains, c'est un choc. On pensera notamment aux nombreux militants libéraux-démocrates qui se sont battus pendant des années contre l'ennemi conservateur et se retrouve maintenant dans le même gouvernement qu'eux.
En réalité, si David Cameron est parvenu à ses fins, c'est surtout grâce à quelques parlementaires rebelles du Labour pour qui une alliance Lib-Lab entre travaillistes et libéraux-démocrates était tout bonnement inacceptable. De fait, une alliance progressiste, particulièrement fragile(qui n'aurait pas toléré qu'une seule voix manque à l'appel), était condamnée. Parallèlement à cela, David Cameron sentant le vent tourner, suite aux déclarations des négociateurs travaillistes et libéraux-démocrates qualifiant leurs discussions de « constructives », est revenu vers les amis de Nick Clegg avec de nouvelles concessions pour finalement emporter le morceau.
Ce sont donc bien les travaillistes qui ont condamné les LibDems à s'allier avec les Tories. Les libéraux-démocrates avaient pourtant largement ouvert leur porte au Labour. Mais las, les conservatismes des uns et des autres l'ont emporté. L'annonce dans l'après-midi de Gordon Brown, de la démission de son poste de Premier ministre laissant la porte du 10, Downing street ouverte au député de Witney dans un discours particulièrement émouvant et digne.
Dans la nuit de mardi à mercredi, le court discours de Nick Clegg annonçant l'approbation par le bureau exécutif des LibDems de l'accord de coalition avec les conservateurs a parachevé une journée bien chargée pour les uns et les autres.
Conclusion.
Le Royaume-Uni a enfin un gouvernement mais n'a pas forcément gagné un bon Premier ministre. Avec Gordon Brown, s'efface une certaine vision de la fonction de Premier ministre : peu charismatique mais expert dans la gestion économique et financière de son pays et du monde. La Grande-Bretagne perd un de ses meilleurs Premiers ministres et entre dans une ère inconnue.
Nick Clegg, le faiseur de roi, a sacré David Cameron. Maintenant qu'il est en place, on verra s'il arrive à s'en tenir à l'accord de coalition et si oui, pour combien de temps. Clegg et les LibDems gagne dans l'affaire 5 postes ministériels, quelques concessions dans le domaine économique, une promesse de réforme du système électoral et une législature à durée fixe pour le Parlement. Prochain scrutin en 2015 donc si tu vas bien entre les nouveaux partenaires. Mais rien ne dit que David Cameron ne soit pas tenté de passer l'accord signé à la trappe et n'en profite pour demander une « snap election ».
Une fois le roi sacré, le faiseur de roi n'a plus de pouvoir. Nick Clegg devrait se rappeler cela tous les matins dès aujourd'hui !