mardi 30 juin 2009

Florence Cassez, une situation spécifique.

Florence Cassez est de retour à Tepepan. Brutalement transférée dans la prison de Santa-Marta Acatitla, une des plus dures du pays avec pour compagne de cellule, une narcotrafiquante très connue, elle revenait dans la prison qu’elle avait connu durant ses premières semaines de détention et qui furent les plus éprouvantes pour elle. On a craint le pire pour la française et redoutait un transfert définitif vers ce pénitencier pour la briser. Rapidement les autorités mexicaines ont affirmé que ce transfert était provisoire mais en France, la prudence était de mise puisque dans le même temps, un haut-fonctionnaire du ministère des affaires étrangères mexicaines affirmait que la commission franco-mexicaine chargé d’étudier les modalités du transfert de Florence Cassez en France n’avait été mise sur pied que pour garantir le succès de la visite de Nicolas Sarkozy au Mexique.

Cette « escapade » n’a finalement été que de courte durée et désormais la française est sous le coup d’un régime spécifique. Sa cellule a été réaménagée pour qu’elle y soit désormais seule, des caméras de surveillance ont été installées pour augmenter sa sécurité. Sa fenêtre de cellule a aussi été renforcée par des barreaux et gardiens lui sont désormais spécifiquement affectés par les autorités mexicaines. Tout ce dispositif montre l’importance que revêt Florence Cassez pour le pouvoir mexicain et prouve encore une fois s’il était nécessaire que son cas est essentiellement un problème politique.


Un otage qui a la mémoire qui flanche.
Ezequiel Elizalde Floresn, une ex-otage de Vallarta (l’ex-compagnon mexicain de la française) ou présentée comme telle par la police mexicaine lors de la mise en scène de l’arrestation de Florence Cassez et de son compagnon en Décembre 2005 a réaffirmé lors d’une récente conférence de presse être « capable de raconter chaque jour de sa détention » mais ne se souvient bizarrement pas de sa libération. « Je ne me souviens pas de la date, je n’ai pas demandé, et pas non plus de l’heure car je n’avais pas de montre ». C’est plus qu’étrange puisque dans une autre affaire, l’affaire Ingrid Betancourt cette dernière se souvient parfaitement du jour de sa libération. Il semble très étrange qu’une otage qui a tant souffert selon ses propres propos se souvienne si bien de sa détention (ce qui est compréhensible) mais de sa libération. Le pouvoir mexicain a instrumentalisé l’affaire Cassez, la seule qu’il avait sous la main pour démontrer ses résultats en matière de sécurité, mais personne n’est dupe et l’instrumentalisation grossière des victimes et témoins, ne fait que renforcer l’impression que le procès a été délibérément orienté.


Aucune réaction de la diplomatie française.
La présidence de la République contacté hier par la presse n’a pas souhaité commenter les propos du haut fonctionnaire mexicain qui a avait affirmé que la concession pour créer une commission franco-mexicaine pour examiner le cas de la française, n’avait été faite que pour garantir la réussite de la visite du président français. Commission dont le président Calderón a récemment mis fin unilatéralement. Dans un souci bien compréhensible pour garantir le succès des tractations diplomatiques, le silence et la discrétion sont de mise, mais il faut insister sur le fait que la cas de Florence Cassez traîne en longueur depuis plus de 3 ans et demi et qu’il est grand de frapper du poing sur la table.

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