samedi 21 novembre 2009

« Le Bar », une première édition réussie.


Ce samedi 21 novembre 2009 avait lieu la première édition d'une initiative que nous avons lancé Christophe Grébert, moi et quelques autres.

« Le Bar », épisode 1.
Cette première édition a été une réussite puisqu'un nombre conséquent de personnes se sont déplacés malgré la proximité de l'Assemblée nationale ou un débat avec François Bayrou et Daniel Cohn-Bendit était organisé. Ce premier épisode était aussi précédé d'une réunion des commissions démocrates préparant le Congrès d'Arras.

Si au premier abord, on aurait pu penser que l'évènement ne rassemblait pas grand-monde, ça n'a pas vraiment été le cas. Dans l'esprit convivial et ouvert dans lequel le projet a vu le jour, chacun pouvait venir ou repartir quand il le voulait. Ainsi, les flux de personnes étaient assez importants et l'on pouvait arriver au début puis repartir avant de revenir en rencontrant des personnes différentes. Des discussions enrichissantes en militants majoritairement franciliens mais pas tous. Un bon moment enfin puisque cette première édition a été l'occasion pour les participants de fêter l'arrivée du Beaujolais nouveau. Aussi, cette initiative a vocation à perdurer.

« Le Bar », mode d'emploi.
Le Bar #idf2010, c'est quoi ?
« Le Bar », c'est une rencontre organisée entre militants et sympathisants démocrates dans le but de faire connaitre les candidats démocrates aux régionales 2010 mais aussi et surtout pour discuter de façon informelle sans être que cela soit formaté de façon précise.
Cette initiative se différencie donc des cafés démocrates que vous connaissez et dans lesquels je suis aussi très investi.


« Le Bar » qui y participe ?
Comme je l'ai mentionné juste au-dessus, les militants et les sympathisants démocrates. Cependant, cette initiative est marqué par un esprit d'ouverture et toute personne qui souhaite discuter est la bienvenue.


« Le Bar » on y fait quoi ?
On y discute ! De beaucoup de choses, des régionales, de l'importance des nouvelles technologies dans la politique. « Le Bar » c'est avant tout des rencontres informelles afin de permettre à chacun de trouver ou retrouver des personnes avec qui l'on a pas forcément l'habitude de discuter et d'échanger.


« Le Bar » à l'avenir ?
Pour ces prochaines éditions, le Bar va évoluer. Rassurez-vous, l'essentiel sera identique. Néanmoins, Christophe Grébert et moi-même travaillons à quelques améliorations ou innovations.


« Le Bar » épisode 2, c'est quand ?
La prochaine édition du Bar se tiendra lors du Congrès d'Arras. Cette fois, c'est moi qui invite. Après une première édition organisée en Ile de France, nous vous invitons à participer au Bar à Arras qui sera à la fois une sorte de fil rouge mais sera aussi articulé autour de moments forts. N'hésitez pas à nous faire part, soit à Christophe, soit à moi, de vos envies concernant cette édition un peu spéciale.

« L'orgueil précède la ruine de l'âme...

… et l'esprit s'élève avant la chute », extrait de La Bible, Livre des proverbes.


Une fois n’est pas coutume, j’ai décidé titrer sur une citation biblique pour parler du MoDem. Pas tellement parce que François Bayrou est un fervent catholique ni pour l’importance des racines chrétiennes-démocrates de centre, mais plutôt pour illustrer un article du Nouvel Observateur dont se font l’écho quelques blogs. L’article en question relate les résultats d’un sondage BVA pour Canal+ publié ce vendredi et qui visait à attribuer des qualificatifs au président du Mouvement démocrate.

Parmi les termes les plus fréquents, ce sont les mots « orgueilleux », puis « impatient » et « compétent » qui reviennent. François Bayrou a réagi de la façon suivante : « J'ai trouvé cela tout à fait sympathique. Orgueilleux, impatient et compétent, c'est assez juste » ; « Pour moi, l'orgueil c'est un bon sentiment pour un être humain quand on veut défendre ses valeurs. Quant à être impatient, c'est nécessaire lorsqu'on voit la situation du pays ».


« La solitude rend impatient », Marc Lévy.
Si le député béarnais se retrouve dans ses qualificatifs et parvient à positiver par rapport à cela.

Orgueilleux ? Certes, tout candidat à la présidence doit tout de même l’être un peu. Mais juger François Bayrou sur ce seul critère est bien réducteur.

Compétent ? Oui et non. L’homme a ses qualités et … ses faiblesses. En créant le Mouvement démocrate, il a eu une excellente idée. Mais, il a eu du mal à en prendre la mesure.

Impatient ? Certains remettent les résultats en question, se demandant en quoi François Bayrou serait impatient et rejettent l’idée que François Bayrou a voulu faire du MoDem une écurie pour les présidentielles de 2012.


« Une petite impatience ruine un grand projet », Confucius.
François Bayrou le reconnait lui-même, il est impatient en voyant la situation de la France. Toutefois, il serait que pour une fois, l’homme politique écoute un peu le professeur de lettres et qu’il lise ou relise un peu Confucius. Quelques-uns réfutent l’idée que le MoDem serait une écurie présidentielle. Pourtant, dès le début, la couleur était annoncée et si beaucoup restent encore au MoDem, c’est précisément parce qu’ils veulent croire que c’est une réalité. Le MoDem est un parti taillé pour servir les ambitions présidentielles de son président et celui-ci n’en fait pas mystère. Nicolas Sarkozy l’a montré en 2007 avant lui, les partis sont des machines pour gagner les élections. Et ce n’est pas le Congrès programmatique d’Arras qui changera les choses. Certes, un projet, un socle d’idées sera adopté. Mais à quoi servira-t-il ? Eh bien, je vous donne en mille : à bâtir le projet présidentiel de François Bayrou pour 2012.

Cependant, je me permettrai de faire une petite remarque. Et si pour une fois, on pensait aux régionales ?


« C’est toujours l’impatience de gagner qui fait perdre », Louis XIV.
A trop vouloir gagner, François Bayrou néglige les autres scrutins. Or, brûler les étapes ne sert à rien. Il faut savoir prendre son temps et aborder chaque chose en son temps. En orientant toute la machine électorale qu’est le MoDem en direction du scrutin présidentiel de 2012, François Bayrou fait un pari. Le pari, que les français oublieront les échecs du MoDem aux élections intermédiaires pour le porter au pouvoir tandis que les socialistes se déchireront et que les Verts n’auront toujours pas de chef clair et charismatique capable de faire un gros score. Pari risque ensuite, parce qu’il passe complètement à la trappe les élections régionales.

Sauf que, les régionales malgré leur caractère local seront envisagées de façon nationale. D’abord, parce que toutes les assemblées régionales seront renouvelées le même jour. Normal me direz-vous ? Oui, mais ailleurs ce n’est pas forcément le cas (je pense à l’Allemagne notamment). Et les renouveler toutes en même temps pose forcément l’idée d’un scrutin national. Sans correspondre tout à fait, c’est un peu comme si tous les gouverneurs américains étaient renouvelés le même jour. L’enjeu est mécaniquement régional.

Ensuite, parce que les sortants sont presque tous socialistes (20 régions sur 22 en métropole). La perte d’une ou deux régions suffira à considérer comme un échec une victoire socialiste de moindre ampleur.

Ajoutons que les autres partis de l’opposition ont l’ambition de passer devant les socialistes comme Europe-Écologie ou ont simplement l’envie d’être le grain de sable sans qui rien ne pourra se faire comme le Mouvement démocrate.

Ce scrutin régional sera donc nécessairement d’ampleur nationale et pourtant, malgré son importance, François Bayrou ne semble pas vraiment y porter attention.


« Les impatients arrivent toujours trop tard », Jean Dutourd.
La traduction de ce sentiment est la désignation des têtes de listes et plus particulièrement en Ile de France. Après avoir laissé fuité le nom de Pierre le Guérinel, conseiller régional sortant et proche de Marielle de Sarnez ; c’est le nom de Christophe Grébert qui est sorti du chapeau probablement suite à son rôle important dans la contestation de la nomination du fils du président de la République, Jean Sarkozy, à la tête de l’EPAD. Récemment, il semble que cela ait encore changé et que ce soit un illustre inconnu, peu intéressé par les régionales et inconnu des militants (et probablement aussi des électeurs) qui devienne tête de liste démocrate en Ile de France. Rien n’a été confirmé pour le moment et à vrai dire, ce n’est pas si important que cela.

Toutefois, cela pourrait laisser penser que le Mouvement démocrate ne sait pas où il va. Si c’est en partie vrai, c’est largement faux. Le Conseil national du MoDem (l’assemblée du parti) avait décidé de primaires en Juillet avant que François Bayrou s’y reprenne à deux fois (d’abord le 06 Septembre puis le 24 Octobre) pour faire valider la reconduite du mode de désignation extrêmement contesté des candidats pour les élections européennes.

Pourtant, en coulisses, les choses s’activent. Les militants montent des idées, émettent des idées mais tout cela est passé sous silence, évacué par l’impréparation matérielle en partie volontaire en partie conséquence de l’organisation d’un Congrès programmatique en plein campagne pour les régionales. Du coup, malgré un positionnement idéologique qui n’a jamais été aussi pertinent articulé autour de l’équité, de la justice et du respect des principes républicains, le MoDem risque encore une fois de voir la victoire lui passer sous le nez.


La faute à la présidentielle ? Oui et non.
Ce scrutin doit être un horizon mais un horizon seulement. Les régionales sont certes un scrutin moins crucial mais tout aussi important. Il est donc nécessaire que François Bayrou range ses ambitions, son orgueil et son impatience dans sa poche et qu’il mette enfin les mains dans le cambouis. Il est temps qu’il se décide à faire parler sa raison et pas son affection en demandant à Marielle de Sarnez de laisser un peu de place à ceux qui sont venus après la création du Mouvement démocrate comme Corinne Lepage ou Jean-Luc Bennahmias mais sans pour autant imposer des personnalités aux militants du Mouvement démocrate comme en Alsace avec Yann Wehrling. Je me souviens qu’il n’y a pas si longtemps François Bayrou déclarait qu’au niveau local, seuls les militants du cru savaient qui était bon pour mener le MoDem localement. Depuis, il semble l’avoir oublié et il désignera en Bureau exécutif les têtes de listes en contradiction avec le vote du Conseil national du 04 Juillet qui avait été alors présenté comme celui du renouveau. De fait, la colère des militants montent. Ceux-ci ont l’impression qu’on s’assoit sur leur volonté (ce qui n’est pas faux) et qu’on les néglige. De fait, l’hémorragie militante s’accélère. La chose existe aussi à l’UMP et au PS mais pas chez Europe-Écologie qui voit affluer les personnalités de qualité sur ses listes, au prix il est vrai de quelques frictions avec les militants Verts historiques.

D’où ma question : et si pour une fois, on s’inspirait d’eux et qu’on restait ouvert ?

vendredi 20 novembre 2009

"Je mens un peu", N. Sarkozy face aux maires.

Le président de la République recevait ce matin quelques centaines de maires après avoir (volontairement) évité de se rendre au Congrès des maires de France. Devant un public choisi, amputé de nombre d'élus socialistes, Nicolas Sarkozy a réussi à se faire applaudir pour un discours sans relief.

"Je mens un peu", Nicolas Sarkozy.
Au début de son début, notre omniprésident a lâché cette petite phrase qui n'avait l'air de rien dans son discours mais qui est révélateur d'une certaine réalité. Car durant son discours, notre président a repris ses accents maintenant connus et usés du type : "Et si je ne l'avais pas proposé ? On m'aurait reproché de ne rien faire ?" ou encore "Vous ne voulez pas de réforme ? Je ne vais pas rester inactif, alors j'y vais". Rien de neuf sous le soleil de Novembre donc ! Enchainant des banalités et parfois même des contre-vérités avec les projets actuellement en discussion au Parlement, Nicolas Sarkozy a en fait beaucoup menti que ce soit directement ou par omission.

Insistant sur le fait que "les citoyens-contribuables sont tous égaux", il a défendu l'idée d'une recentralisation des moyens financiers des collectivités. Ce qu'il oublie de dire, c'est que les collectivités verront leur part de recettes largement dépendre de dotations que le gouvernement commence à diminuer progressivement, incapable qu'il est de réduire ses déficits. En fait, le président sous prétexte de péréquation fiscale qui est très largement marginale et constitue un prétexte aisé pour diminuer la décentralisation financière des collectivités, l'État va réduire les moyens alloués aux collectivités qui ne pourront plus compenser les compensations très partielles de l'État par une variation de fiscalité locale indispensable au maintien de la qualité des services. Ce faisant, l'État risque de tuer la reprise dans l'œuf alors que les collectivités ont pourtant massivement investi.


Des mensonges à la pelle.
Parmi toutes ces déclarations, le président n'a pas hésité à dire le contraire de ce qu'il fait. L'exemple caractéristique est la phrase suivante : "Nous devons arrêter d'être les champions de la dépense publique". Sauf que, dans le même temps, on parle grand emprunt dont le montant varie entre 35 et 60 milliards € avec un déficit qui va pulvériser tous les records à plus de 140 milliards €. Lors de son accession au pouvoir, la dette publique de la France était équivalente à 66% de son PIB. A la fin de cette année, elle sera de 87% du PIB. Ce qui fait +21% de points de PIB en 2ans et demi. Jamais la dette publique n'a augmenté si vite. Et le grand emprunt qu'on nous promet servira à réaliser ce que l'État ne parvient pas à faire avec son budget normal : des investissements.


Comme le dit le proverbe : "Il vaut mieux regarder la poutre que l'on a chez soi que la paille dans l'œil du voisin".
Il faut en effet savoir que lorsque l'État s'endette, il s'endette pour financer ses dépenses de fonctionnement. Traduction, derrière ces dépenses, il n'y a rien de concret, de solide de réalisé. Conséquence logique, l'État s'endette pour financer sa dette et c'est l'effet boule de neige.
Du côté des collectivités, impossible de s'adonner à ces excès. Les collectivités sont en effet strictement surveillées par les préfets et les CRC (chambres régionales des comptes). Les règles budgétaires qui les régissent et l'obligation faite de couvrir le remboursement des emprunts contractés par des recettes propres interdit l'effet boule de neige précité. Impossible pour les collectivités de s'endetter pour financer leurs dépenses de fonctionnement.

Au contraire, les collectivités sont incités à gérer efficacement leurs dépenses de fonctionnement pour avoir des marges de manœuvre plus importantes pour leur section d'investissement. Quand une collectivité emprunte, c'est pour investir. Derrière chaque euro emprunté par les collectivités locales, il y a quelque chose de concret, un équipement public, un service nouveau. L'État se reporte depuis des années sur les collectivités pour réaliser ce qu'il ne peut plus faire : investir. L'exemple est patent avec le transport ferroviaire régional où cette semaine encore les collectivités en collaboration avec la SNCF ont signé deux contrats géants de 7 milliards € avec Alstom et de 8 milliards € avec Bombardier.


Défendre le pire !
A côté de cela, le président de la République a défendu sa réforme pour lutter contre la mauvaise idée du mandat unique qui déracinerait les élus de leur territoire. Bizarrement, nos amis européens arrivent très bien à faire sans et ne sont pas déracinés pour autant de la réalité. L'interdiction du cumul des mandats, loin d'être un mal est au contraire un bien qui permettra une meilleure gestion des collectivités.


La question du redécoupage.
Déclarant aussi : "Le redécoupage est une maladie française", notre président dit clairement le contraire de ce qu'il est en train de faire avec Alain Marleix qui redessine la France à l'avantage exclusif de l'UMP. Puisque les différents redécoupages envisagés sont clairement partisan. La "réforme" envisagée des collectivités et le mode de scrutin afférent loin de corriger la situation, l'aggrave. Mode de scrutin qui a d'ailleurs reçu un avis négatif de la part du Conseil d'État et est inconstitutionnel selon Guy Carcassonne, éminent constitutionnaliste.


Le président ne sait même ce que contient ses réformes !
Chose surprenante, Nicolas Sarkozy a affirmé que la clause générale de compétence serait réservée aux communes. Or, dans le projet de loi déposé par son ministre de l'Intérieur au Sénat, celle-ci est maintenant pour éviter la grogne des élus locaux et faire passer le projet.
Il est très étonnant que le président de la République ne connaisse pas lui même ses propres projets de loi.


Conclusion.
Il ne fallait rien attendre de l'intervention présidentielle et l'on rien obtenu de concret. Entre banalités et mensonges, le président de la République s'est empêtré dans ses contradictions devant un public choisi. Il y a donc sérieusement de quoi s'inquiéter pour l'avenir des collectivités avec un gouvernement qui ne sait pas où il va et des collectivités qui freinent des quatre fers en attendant de savoir à quelle sauce elles seront mangés. Tout cela est néfaste pour la France et laisser présager du pire.

Note : Vous pouvez retrouver le compte-rendu du discours du président devant les maires sur mon compte Twitter : http://www.twitter.com/ffunivers

jeudi 19 novembre 2009

Le piège se referme...


... sur des irlandais héroïques.

C'est ainsi que titre le grand quotidien irlandais « The Irish examiner ». Et force est de constater que cela résume parfaitement la situation.


Des irlandais qui méritaient d'aller en Afrique du Sud.
Si au match aller, les irlandais avait voulu jouer le match nul. Au match retour au Stade de France, les irlandais et leur "esprit de combat", le fameux « fighting spirit » ont tout tenté pour gagner. Démarrant la rencontre sur les chapeaux de roues, les irlandais ont complètement dominés des français ternes et complètement bloqués par l'enjeu. Concrétisant leur domination par un superbe but à la 33e minute, les irlandais ont tout simplement mieux joué que les français. Ou plutôt devrait-on dire que les irlandais étaient les seuls à jouer.

Soutenue, par un public irlandais assez important malgré les mesures mises en place par la fédération française de football, l'Irlande a fait de son mieux. Et les supporters irlandais amateurs de beau jeu ont pu voir que leur équipe nationale n’était pas ridicule face à des français jugés largement supérieurs sur le papier mais qui n’ont pas réellement traduit cela sur le terrain.
Le jeu irlandais était meilleur bien qu’un peu brut et la sélection au trèfle en voulait plus. Si dans cette rencontre, le vainqueur devait être désigné par l’envie de gagner, c’est l’Irlande qui aurait mérité d’avoir son billet pour Johannesbourg et pas la France.


La France, franchement mauvaise.
Après le match, l’ancien défenseur de l’équipe de France Bixente Lizarazu a parfaitement résumé la situation : les irlandais étaient meilleurs, on a eu du bol, c’est un match à oublier. Arsène Wenger n’a pas démenti la chose.

Bien sur, on est content que la France soit qualifiée pour la phase finale de la Coupe du monde mais être qualifié dans cette manière non, ça ne passe pas. Les supporters irlandais n’avaient qu’un mot à la bouche à la fin de ce match « Cheaters ! Cheaters ! » (Tricheurs ! Tricheurs !) et ils avaient raison. Pendant presque toute la rencontre, la France a été dominée par une Irlande supérieure dans presque tout. La France n’avait pas la niaque, l’envie de gagner. Il a fallu attendre la 70e minute de jeu pour voir la sélection française se réveiller et tenter quelques actions.
Pendant ce temps, Hugo Lloris qu’on peut remercier tellement il a été bon tentant des actions qui relevaient parfois du kamikaze pour sauver ses partenaires.
Durant cette rencontre, la France a bénéficié d’une chance inouïe et est passé à plusieurs reprises très près de la correctionnelle voir de l’humiliation. Nous avons eu tellement de chances que je me suis avant même le but providentiel qu’avec une telle chance, nous ne pouvions pas perdre ce match.


La « main de Dieu », ou quand Henry fait du Maradonna.
La plus fameux but de la main qui ait jamais été marqué date de 1986. Il est tellement emblématique que sa seule évocation suffit à la relier à son auteur Maradonna. Hasard ou pas, il se trouve que c’est précisément Maradonna qui est le sélectionneur de l’équipe nationale d’Argentine pour cette coupe du monde 2010 en Afrique du Sud.

Alors que la France était lors de ces prolongations au fond du gouffre, sur un coup de Florent Malouda alors que Thierry Henry et Sébastien Squillaci étaient hors-jeu, Thierry Henry contrôle deux fois le ballon de la main avant de centrer pour William Gallas qui met le ballon au fond des filets de la tête. L’arbitre suédois qui n’a rien vu, regarde le capitaine français mais sans lui demander s’il a mis la main ou pas. Les irlandais qui ont tout vu, comme les milliers de supporters que se trouvaient à proximité étaient eux consternés par la décision de l’arbitre.

Thierry Henry avouera la faute après le match par cette phrase : « Il y avait main, mais je ne suis pas l'arbitre. Il ne siffle pas. Je continue à jouer... ». Alors certes, ce n’est pas très juste mais c’est ainsi. Les enjeux sont tellement importants que ce soit au niveau sport ou financier pour qu’un joueur se dénonce. C’est à l’arbitrage de faire la différence. Depuis plusieurs années, je suis partisan de l’introduction de l’arbitrage vidéo comme cela existe pour le rugby afin d’éviter des erreurs d’arbitrage aux conséquences désastreuses. Malheureusement, ce n’est pas l’avis des dirigeants de la FIFA ou de Michel Platini, président de l’UEFA qui lui préfère un arbitrage à cinq.

Alors oui, c’est dur pour l’Irlande, oui, c’est injuste mais c’est ainsi ! Récemment, le LOSC (club de football de Lille) s’était fait refusé des buts parfaitement valables et était victime d’un arbitrage défaillant qui signalait des fautes inexistantes tout en ne sifflant pas les fautes de l’adversaire. Comme on dit, c’est le football. La vie est injuste mais on doit faire avec. Cette fois, la chance était de notre côté, on ne va s’en plaindre.

C’est donc avec un goût amer dans la bouche que la France ira en Afrique du Sud à la place d’irlandais qui n’ont pourtant pas démérités. Espérons toutefois que la France jouera mieux car si elle renoue avec ses vieilles habitudes et nous refait un match comme ça, il y a de quoi s’inquiéter. Il reste encore beaucoup de travail à faire.


En résumé, un match à oublier où la France a été mauvaise et qui lui offre de façon injuste un billet pour la phase finale de la Coupe du monde brisant ainsi le cœur d’irlandais amateurs de beau football.

mercredi 18 novembre 2009

Collectivités locales, les maires à vif !

François Fillon devait s’y attendre, tout comme l’année dernière, il a été accueilli hier Porte de Versailles sous les sifflets et les huées. Le Premier Ministre est venu défendre devant les maires de France réunis en Congrès, 2 projets du président de la République : la suppression de la Taxe professionnelle et le projet de « réforme » des collectivités locales. Nicolas Sarkozy, absent, a préféré rencontrer son homologue saoudien, le roi Abdallah pour renforcer les relations entre la France et les pays arabes. Devant cette fuite à peine déguisée, c’est donc François Fillon qui a du assurer le service après-vente et être le fusible de service.


Des « réformes » qui n’en sont pas.
Les élus locaux sont vent-debout contre les projets du gouvernement et ce qu’ils soient de gauche ou de droite. Lundi déjà, près de 2 000 élus départementaux (conseillers généraux et présidents de conseil général) s’étaient réunis à la Défense sur le même motif. Les élus locaux sont en effet courroucés par la refonte de la fiscalité locale et la remise à plat des collectivités.


La fin de la décentralisation ?
La suppression de la taxe professionnelle ou pour être plus juste de la part de la TP portant sur les investissements (la part foncière étant renommée dans une nouvelle appellation folklorique) va en effet priver les élus locaux du pouvoir de moduler leurs recettes. Or, cette modulation est une des expressions de la décentralisation. En faisant passer, la part des recettes fiscales modulables d’environ 42% à 11%, l’État tente de contraindre les collectivités territoriales à réaliser ce qu’il n’arrive pas à s’appliquer à lui-même : limiter les dépenses. Précisons à ce stade que la constitution précise que la majorité des recettes des collectivités doivent être des ressources propres. Dans les faits, ce n’est pas le cas depuis longtemps. En théorie, le Conseil constitutionnel considère comme des ressources propres les impôts partagés sur lesquels les collectivités n’ont aucun pouvoir de décision. L’État en augmentant progressivement la part des dotations (qui à l’avenir diminueront) et des impôts partagés comme sources de recette des collectivités veut faire porter l’effort de réduction de la dette par les collectivités. Il essaie aussi de renforcer indirectement son contrôle sur des élus locaux qui ont tendance à augmenter les impôts locaux pour compenser les insuffisants transferts de recettes.

Ainsi, les élus locaux dénoncent non seulement une perte avérée de ressources fiscales mais aussi et surtout une perte de pouvoir de décision. In fine, les élus locaux rejettent ce projet qui signifie un recul de la décentralisation.


La question du mille-feuilles.
Deuxième sujet d’inquiétude, la réforme des collectivités territoriales. Présentée comme une refonte en profondeur du mille-feuilles territoriales, la montagne a en réalité accouché d’une souris. Si à sa création, la commission Balladur avait fait des propositions iconoclastes, l’ambition affichée était de remettre les différentes structures. En réalité, il n’en est rien.

Au lieu de traduire les ambitions affichées de façon concrète, et donc de réduire le « mille-feuilles » administratif des collectivités en rénovant les échelons qui à en supprimer quelques-uns, le projet gouvernemental ne vise qu’à réduire le nombre de pâtissiers et pas le nombre de couches de ce « mille-feuilles ». Mais voilà, on ne remet pas en cause plus de 210 ans d’organisation administrative comme cela, les résistances sont fortes et c’est un projet a minima qu’a présenté le gouvernement. Plus de suppression de couches administratives ou si peu (seuls les « Pays » étant supprimés) mais au contraire maintien des structures existantes et même création d’un nouveau niveau, celui des métropoles. Les départements restent, tout comme les régions et seuls le nombre d’élus va diminuer.

Et sur ce point, le but électoraliste saute aux yeux au point que le Conseil d’État dénonce le mode de scrutin comme inéquitable et que le constitutionnaliste Guy Carcassonne en vienne même à affirmer que le mode de scrutin envisagé est anticonstitutionnel.

Autre pomme de discorde, la question des compétences. Le gouvernement veut à juste titre mettre fin au saupoudrage des moyens financiers des collectivités locales. Il envisage donc de mettre fin à la clause de compétence générale des collectivités et lister les compétences de chaque niveau territorial.

Problème, pour le moment, on ne sait pas qu’elles seront les compétences des collectivités territoriales. Aucune liste précise n’a été publié, pas même un vague projet et ce alors que le gouvernement envisage de supprimer la taxe professionnelle qui représente le tiers des recettes fiscales des collectivités. A juste titre, quelques sénateurs UMP menés par Jean-Pierre Raffarin refuse d’aborder la question des recettes tant que celle des compétences ne sera pas tranchée et parle du projet gouvernemental actuel comme voulant « mettre la charrue avant les bœufs ».



Conclusion.
Ainsi, on voit bien que la grogne des élus locaux qu’ils soient conseillers généraux, régionaux ou maires est fondée. A vouloir aller trop vite, à vouloir tout remettre en cause sans vraiment réellement les changer, à vouloir confisquer le pouvoir pour lui-même et son parti, Nicolas Sarkozy, qui entend se présenter comme le grand réformateur de la France, est surtout en train de renforcer et de galvaniser l’opposition à son encontre et pourrait voir son projet enterré par le Sénat.

Si la réforme des collectivités est nécessaire, il faudrait se garder de toute velléité d’empressement car derrière cette masse opaque que sont les collectivités, il y a des investissements auxquelles on les a incitées pour relancer l’économie, il y a des associations qui enrichissent la vie locale et assure des services que l’État ne peut assumer. Bref, derrière les collectivités locales, il y a des gens, il y a une vie sociale. A vouloir aller trop vite, Nicolas Sarkozy est en train de l’oublier et c’est ce qui pourrait causer sa chute.

lundi 16 novembre 2009

Le MoDem et le péril vert.


Les démocrates craindraient-ils le péril vert ? Ou pour être plus clair, peut-on encore parler d’écologie au Mouvement démocrate sans se déclencher des polémiques ou suscitait un débat passionné ? Peut-on parler de cette question sans déclencher un feu nourri contre soi ? J’avoue que je me pose réellement la question.

En effet, c’est suite à deux billets successifs chez mes confrères blogueurs que sont JF et Mirabelle mais surtout par les discussions que je peux avoir ici et là avec des militants démocrates.

Haro sur les écolo-démocrates !
Si la plupart des démocrates peuvent parler calmement d’environnement. On peut noter depuis quelques temps qu’un démocrate qui parle d’écologie ou émet un avis positif sur Europe-Écologie est considéré comme un traître potentiel à la cause orange.
La question environnementale prend en effet un tournant différent depuis la claque prise par le MoDem aux européennes alors que dans le même temps, Europe-Écologie engrangeait un succès étonnant confirmé lors de législatives partielles cet automne. Ajoutez-y l’absence de Corinne Lepage au dernier Conseil national, sa démission de la tête des commissions pour fonder un club multi-partisan lancé samedi dernier et la persistance de CAP 21, le tout couplé à l’envie d’Europe-Écologie de reconduire l’aventure de Juin dernier en ouvrant leurs listes et il n’en faut pas plus pour qu’un démocrate intéressé par la question écologique, environnementale, et pour faire par tout ce que l’on regroupe sur l’idée de développement durable paraisse suspect.

Moi-même malgré mes nombreuses actions militantes pour défendre le Mouvement démocrate et mettre en place des projets, je suis suspecté d’être complaisant à l’égard des Verts et d’Europe-Écologie et de ne publier assez d’articles positifs sur le parti auquel j’appartiens. Ainsi, l’expression « Celui qui a un marteau voit des clous partout » prend-t-elle tout son sens. Si cela a toujours existé, l’approche des régionales semblent donner des visions à certains.


Va y avoir du jus d’orange sur les murs.
Les cibles idéales sont toutes trouvées, d’autant qu’elles ne se cachent pas ce qui facilite les choses. Ces cibles, ce sont CAP 21, Corinne Lepage, Terre démocrate et Écologie démocrate (magazine destiné à suivre les régionales, nouveau venu sur le net démocrate et composé entre autre de Christelle de Crémiers et d’Antonin Moulart).

La question CAP 21 pose toujours problème en raison de son intégration particulière au MoDem lors de sa fondation, je ne m’attarde donc pas sur le sujet.

Corinne Lepage, vice-présidente du MoDem, génère des sentiments depuis quelque temps. Le 7 Juin 2009 au soir déjà, elle montrait son mécontentement de la situation. Le Conseil national chargé de tirer les leçons des erreurs de la campagne des européennes et du manque de démocratie interne, n’ayant pas réellement changé grand-chose, Corinne Lepage est toujours resté revendicative ce qui lui a attiré la sympathie de beaucoup et l’antipathie de quelques-uns. Cette fois, c’est Mirabelle qui y met du sien et qui demande la démission de la députée européenne du Nord-Ouest en apparence pour la couleur de son site personnel. C’est cependant, les critiques internes sur les décisions récentes de François Bayrou ainsi que les avis critiques de certains blogueurs (je suppose que je dois être dedans) qu’elle remet en cause en invoquant indirectement les chartes de valeurs et éthique. Et le félidé normand de réclamer une plus grande orthodoxie chez les agrumes.


« Quiconque est soupçonneux invite à le trahir », Voltaire.
Les régionales aiguisent les appétits. Certains comme Jean-Marie Vanlerenberghe, vice-président du Mouvement démocrate à l’organisation et sénateur-maire d’Arras, pensent que nous devons privilégier la réélection des sortants, d’autres poussent pour introduire de nouvelles têtes. La conjonction de ce débat, des méthodes plus que changeantes (pas de primaires puis primaires puis finalement non, enfin pas pour les places éligibles) dans le mode de désignation des candidats et du renouveau de l’idée de faire de la « politique autrement » rendent difficile toute discussion liée à l’écologie. Bref, le doute s’installe.
Pourtant, l’explication semble assez prosaïque.

En Décembre prochain, est organisé à Copenhague le sommet mondial sur le changement climatique qui décidera de l’après-Kyoto. Parler du sujet en question loin d’être un signe de vouloir aller voir ailleurs me parait logique puisque si l’on regarde ce qu’est le MoDem depuis ses débuts, on notera que l’environnement est un élément important de notre pensée. Cependant, cet aspect est largement passé sous silence par François Bayrou et Marielle de Sarnez. Du coup, des démocrates se sont emparés du sujet et en parlent.

Autre date sur le calendrier de Décembre, l’organisation du Congrès d’Arras. Cet évènement sur lequel j’ai déjà pu m’exprimer doit nous permettre d’élaborer et d’adopter le texte qui nous servira de fondement pour la suite des évènements. Dans la cadre de la réflexion préparatoire à ce Congrès, une grande phase de réflexion le précède. Tous les sujets y sont abordés. Concomitamment, il ne parait pas plus anormal que l’on discute des diverses voies pour « faire de la politique autrement ». Pour quelques-uns, dont je fais partie, il s’agit de mieux en compte l’importance de la thématique écologique et environnementale. Pour d’autres comme Marielle de Sarnez, il s’agit de construire une forme d’alternance avec certains progressistes. En quoi, parler de « faire de la politique autrement » serait-il un signe de trahison future ? Décidément, il faut arrêter de voir des traitres partout. A force, un tel climat va en créer !


Conclusion.
La chose n’est cependant pas anodine, et dénote une fermeture d’esprit alors que même que les personnes qui en sont à l’origine soutienne la démarche de Marielle de Sarnez d’aller discuter avec Vincent Peillon et de fait rapprocher le MoDem des socialistes sans consulter la Conférence nationale, seul organe habilité à décider du positionnement politique du MoDem et dont la dernière réunion remonte à mai dernier. Ainsi, parler d’écologie serait un signe de trahison tandis que faire ami avec les socialistes non. Il serait que les pourfendeurs de l’écologie au MoDem se décide à se rappeler que ce qu’ils dénoncent chez les écolo-démocrate est en fait l’ouverture à un courant de pensée alors que parallèlement ceux-ci ne voient pas de problèmes particuliers à ce que la 1ière vice-présidente du MoDem fait la même chose avec les socialistes.

Bien sur, il faut rassembler dans la perspective des régionales mais nous ne devons pas oublier les fondements de notre mouvement : son ouverture d’esprit, son audace. En d’autres termes, nous ne devons pas oublier d’être démocrates. Le caporalisme et l’obéissance aveugle ont toujours été rejetés depuis la création du Mouvement démocrate. Il faudrait juste ne pas l’oublier au lieu de se diviser.

vendredi 13 novembre 2009

L’électricité, c’est du vent !

Dimanche dernier, l’Espagne a produit plus de 50% de son électricité à partir d’éoliennes et avec un pic de production à 53% selon le régulateur espagnol d’électricité Red eléctrica de España. Selon un membre de l’EWEA (association européenne de l’énergie éolienne), la production éolienne en Espagne a dépassé à plusieurs reprises la part des 40% dans la production totale d’électricité.

Cette poussée dans la production d’électricité d’origine éolienne montre donc clairement que l’énergie éolienne est viable et l’éolien peut constituer une part non négligeable dans le spectre énergétique européen. Elle est d’autant plus importante que ce pic de production n’est pas un instantanée mais s’inscrit sur un intervalle de temps conséquent. A l’approche du sommet de Copenhague, c’est donc une bonne nouvelle qui bat en brèche les arguments avancés par les opposants au développement de cette source d’énergie. Si ce pic de production est intervenu pendant une période de consommation creuse, le surplus d’énergie a été stocké dans des barrages hydroélectriques qui fourniront l’électricité lorsque la demande le requerra. L’association espagnole de l’énergie éolienne (SWEA) a déclaré que « l’éolien » n’est maintenant plus une énergie marginale.

Argument d’autant plus valable que la production d’énergie éolienne a atteint les 11 546 MW alors que le potentiel maximal de production d’énergie éolienne est de plus de 17 000 MW.
Depuis quelques temps, la production d’électricité d’origine éolienne moyenne (22,9 %) dépasse fréquemment la part de la production d’électricité provenant du nucléaire (20,8 %) et le charbon (10,4 %). L’Espagne a donc encore une marge conséquente dans son potentiel de production d’énergie éolienne.


Quel avenir ?
Le Plan Climat adopté par les gouvernements de l’Union européenne a fixé des objectifs ambitieux en matière d’énergie renouvelable. Le gouvernement espagnol de M. Zapatero a décidé, afin de soutenir l’émergence des énergies renouvelables en Espagne, de sortir du nucléaire en prolongeant la durée de vie des centrales nucléaires actuelles. Dans ce cadre, le gouvernement espagnol qui dispose déjà de la 2e capacité éolienne en Europe derrière l’Allemagne envisage de porter sa capacité de production éolienne à 40 GW ce qui représente la production de 40 réacteurs nucléaires.

Si cette année, l’éolien représentera une part moyenne de 12% dans le bouquet énergétique espagnol, cette part est amenée à croitre de façon substantielle. En 2009, nos voisins ibériques produiront 25% de leur électricité à partir d’énergies renouvelables, part en constante augmentation depuis plusieurs années. Dans le même temps, l’Espagne est en pointe dans le secteur de l’énergie solaire et développe dans ses zones désertiques des centrales solaires thermiques expérimentales à haut rendement. Toujours dans le secteur solaire, l’Espagne envisage de devenir un des leaders mondiaux du photovoltaïque en profitant pour cela d’un climat et d’un ensoleillement particulièrement favorable. Traduction d’ici à 2020, l’Espagne compte satisfaire la majorité de sa demande énergétique à partir des énergies renouvelables.
Dans le même temps, le Danemark envisage de porter la part de sa production électrique provenant de l’éolien à plus de 50% sur la même période. L’Allemagne, 1er pays européen par ses capacités de production en énergie verte et son soutien à ce secteur d’avenir, a développé une puissante industrie et commence à exporter sa production de façon substantielle.


Une situation cocasse.
Le plus surprenant dans cette histoire, c’est que les pays qui battent des records en matière de production d’énergie renouvelable que ce soit d’origine éolienne ou solaire et qui dispose de puissantes industries dans le secteur ne sont pas tellement les pays qui ont les plus gros potentiel dans le domaine. En matière de potentiel éolien, les 2 pays européens les plus prometteurs, le Royaume-Uni et la France qui sont balayés par des courants de vents puissants et réguliers sont peu exploités. Chacun des deux pays ayant une capacité de production éolienne inférieure à 4 000 MW soit l’équivalent de la production d’à peine 4 réacteurs nucléaires.

Parallèlement à cela, ce sont aussi ces deux pays qui ont décidé de relancer le nucléaire. La France a décidé de remplacer son parc nucléaire actuel vieillissant par des centrales nucléaires EPR dont la sûreté a été gravement remise en question par les différentes autorités nucléaires nationales. Pour accompagner ce mouvement, le gouvernement français envisage de faire relever les éoliennes du régime des installations classées. Pour parler plus clairement, le gouvernement français qui s’est pourtant engagé à favoriser l’installation d’énergies renouvelables est en train de créer des barrières au développement de ce type de source d’énergie non polluante souhaite leur appliquer la même procédure que pour les usines de type SEVESO.

La France qui a lancé le Grenelle de l’Environnement va donc arriver au sommet de Copenhague comme le champion du nucléaire afin de favoriser des industries historiques très créatrices d’emploi contrairement aux industries du renouvelable. Ce faisant alors que nous avons de nombreux atouts dans notre manche, nous allons nous faire dépasser par des pays moins bien dotées en ressources renouvelables et louper la révolution verte du XXIe siècle.

mercredi 11 novembre 2009

L’autonomie totale est suicidaire.

Mon confrère blogueur Orange démocratique lance ce matin, une initiative qui au 1er abord semble intéressante : nous devons être autonomes aux 2 tours. Une telle idée est dans la lignée de ce qu’a décidé le dernier Conseil national le 24 Octobre 2009 : l’autonomie au 1er tour puis ouverture après. Lors de ce Conseil national, certains conseillers nationaux ont plaidé pour l’indépendance au 2nd tour si nous pouvions nous maintenir. Une telle décision n’a pas été prise et le Conseil national a décidé de garder un minimum d’ouverture et de lucidité en votant le principe de regroupements possibles au 2nd tour des régionales. Dans mon compte-rendu du Conseil national, j’avais défendu un autre point de vue que j’avais réitéré par la suite qui était l’idée d’un regroupement de 1er tour avec Europe-Écologie mais que j’avais déjà soulevé précédemment.


L’initiative d’Orange démocratique.
Dans un billet de ce jour intitulé : « Pour un MoDem libre et audible aux deux tours des régionales », notre ami blogueur défend donc l’idée d’une stratégie d’autonomie au 2nd tour des élections régionales. Déclarant vouloir « lancer un débat nécessaire », il affirme que « Sans cette indépendance, nos futurs élus ne pourrons pas appliquer ou défendre nos programmes régionaux » puis de poursuivre « Que devrions nos idées si elles sont noyées dans des majorités de droite ou de gauche […] ? » ou encore « Serons-nous crédibles […] ? » avant de conclure « Notre indépendance fait notre force ».
Voilà, pour l’idée lancée par notre ami qui s’accompagne comme c’est maintenant l’usage d’un groupe Facebook destiné à promouvoir cette idée.


« Le fondement de la théorie, c’est la pratique. », Mao Tsé-Tong.
Ces paroles du Grand timonier devraient faire réfléchir car l’un dans l’autre, l’histoire est un éternel recommencement. Churchill disait «Plus vous saurez regarder loin dans le passé, plus vous verrez loin dans le futur.». Or, si on regarde bien la vie politique, on peut constater que les partis qui s’enferment dans un jusqu’au-boutisme d’indépendance font long feu. Bien sur, chez les partis majoritaires, c’est différent. Mais la réalité est crue, le Mouvement démocrate n’est pas un des deux grands partis majoritaires. Il a vocation à le devenir mais ne l’est pas pour le moment.

L’indépendance à tout prix d’un parti minoritaire conduit à l’enfermement et au final à la mise à l’écart de la vie politique. Nous avions un bel exemple avec le NPA (ex-LCR) qui en prônant l’indépendance totale de l’extrême-gauche vis-à-vis du Parti socialiste est en train de se marginaliser. Les électeurs comprennent au bout d’un moment que voter NPA ne mène pas à grand-chose et commence à s’en détourner pour aller vers un Front de gauche qu’ils jugent plus lucide et réaliste. Le scénario va probablement se répéter pour les régionales. L’indépendance à tout prix minoritaire mène donc à une impasse.

Rappelons encore une fois, que le Conseil national du MoDem a décidé de l’autonomie au 1er tour mais que pour le 2nd tour, il reste ouvert à une alliance progressiste. Défendre une stratégie d’autonomie totale a donc peu de chances d’être possible.

En pratique, il convient aussi de tirer profit de nos expériences passées pour préparer l’avenir et l’après régionales. Et cet après, c’est tout simplement l’élection présidentielle de 2012. On peut en convenir, c’est loin. Les régionales auront donc d’autant plus d’importance que ce sera le dernier scrutin pour jauger le poids politique de chacun. Poids qui se traduira le plus prosaïquement du monde par un nombre d’élus. Ainsi, en étant indépendant au 2nd tour à supposer que l’on y arrive reviendrait très concrètement à faire une croix sur un nombre non négligeable d’élus. Or, un élu, c’est une force d’entrainement, de mobilisation notamment dans les zones rurales. Pas ou peu d’élus, c’est donc réduire sa force de frappe, sa capacité de mobilisation pour l’avenir. Faire une croix sur des élus, ça veut dire très probablement aussi renoncer à avoir un groupe politique propre dans les instances régionales et donc à ne pas avoir la parole. Les personnes élus se retrouvant soit dans un groupe qui justement ne défendra pas ce qui a été défendu pendant la campagne ou pire, c’est se retrouver parmi les non-inscrits ce qui revient à assister sans avoir de poids politique dans les décisions. En résumé, il faut choisir en cas d’indépendance totale entre la peste et le choléra !

Avoir un groupe politique propre, cela permet de faire valoir son poids de vue dans les décisions et in fine d’être mieux écouté ! C’est un élément dont il faut tenir compte.


La traduction d’une fermeture.
L’indépendance totale et sans condition telle que la prône Joseph sur Orange démocratique, c’est aussi la fermeture, le rejet des autres idées. Or, faut-il rappeler que le Mouvement démocrate s’est construit sur un substrat d’ouverture d’esprit, de liberté de parole et de partage des idées ?
En somme, devons-nous renoncer au pourquoi qui explique notre constitution en tant que démocrates ?
Je ne le crois pas et mieux, j’y suis opposé. Nous fermer aux autres nous conduirait à notre perte.

Ce mardi, Libération faisait sa Une avec le titre suivant : « La gauche s’éclate » sur l’explosion de la gauche en pluralité de partis politiques. Le dossier était accompagné d’un sondage qui montrait que depuis 2007, les électeurs n’auraient jamais autant pour une alternance transpartisane. Il convient de prendre tout sondage avec les précautions habituelles, mais on peut y voir que finalement le projet démocrate commence à prendre racine. Le problème est que pour le moment, ce n’est pas le MoDem qui bénéficie de cette préférence des français mais Europe-Écologie. Traduction, en un mot comme un cent, il nous faut nous adapter et mieux prendre en compte dans notre projet les attentes des français qui sont demandeurs d’un projet transcendant les clivages traditionnels pour proposer une nouvelle offre politique.

C’est donc l’application du projet démocrate de 2007 qui prend corps sans le Mouvement démocrate. Nous avons loupé le coche en Juin 2009 suite à une multitude de facteurs que je ne rappellerai pas, mais il nous est encore possible de réussir à transformer l’essai en Mars 2010 si nous décidons enfin à considérer ce qu’un certain nombre de militants démocrates défendent depuis le début, à savoir une meilleure prise en compte de l’écologie et du développement durable au cœur de notre projet.


Conclusion.
A en avoir trop, nous n’aurons rien ce qui ne veut pas dire que nous devons renoncer à toute indépendance. Il faut juste être lucide et réaliste. Tout militaire sait qu’il faut être raisonnable et ne pas s’épuiser lorsque l’on a l’avantage. C’est un peu pareil en politique. Il y a un moment, où il faut traduire concrètement son poids politique en élus. Évidemment pas en perdant son âme, sans quoi il est inutile d'y aller mais il est bien un moment où l'on ne peut plus rester dans une posture idéologique et agir. Notre ami d’Orange démocratique est somme toute trop gourmand, trop dans la théorie, pas assez dans la pratique. Au final, je conclurai par cette citation d’un certain Friedrich Engels (oui, oui l’ami de Karl Marx) qui déclarait : « Une once d'action vaut une bonne théorie. »


Note : Il serait intéressant de connaitre l'avis des autres blogueurs de la sphère démocrate comme l'Hérétique, Antonin, Christophe Ginisty, le Crapaud du Marais (interviewer de la blogosphère démocrate en titre ^^), Erwan, David, Yves (qui a un tout avis que moi surement) sans oublier Chantal de Force Hyères qui a toujours un avis intéressant et en dehors des sentiers battus et j'en oublie plein d'autres.

lundi 9 novembre 2009

"Les hommes construisent trop de murs et pas assez de ponts."

Ces mots d’Isaac Newton n’ont jamais été autant d’actualité.

Aujourd’hui, nous fêtons les 20 ans de la chute du mur de Berlin.

Évidemment, l’évènement est d’importance et comme beaucoup je vais suivre les cérémonies en direct. Si nous devons fêter ces évènements qui ont conduit à la réunification de l’Allemagne puis de l’Europe, il ne faut ni diaboliser la RDA, ni l’encenser. A la source de ces évènements, il y a bien sur la conférence de presse de Günter Schabowski et sa fameuse réponse aux questions du journaliste italien Ricardo Ehrmann qui ouvert la porte à la liberté de circulation entre la RFA et la RDA. J’en resterai là et je vous renvoie au compte-rendu très bien fait des évènements que je reprends du site d’Arte en fin d’article. Je vous renvoie aussi aux différentes vidéos de la fameuse conférence de presse de Günter Schabowski.


J’aimerai cependant profiter de l’anniversaire de la chute du Mur de Berlin pour aborder une autre question.


Une destruction suivie par de multiples constructions.
Si le Mur de Berlin est tombé mettant fin à la Guerre froide et la division de l’Allemagne et de l’Europe, il faut bien se rendre compte que depuis la chute du rideau de fer, les sociétés humaines n’ont jamais autant construit de murs. Mur de séparation, mur de sécurité, barrière de protection… Tous ces noms désignent pourtant la même chose. On pensait que la chute du mur de Berlin était la fin d’une ère et en effet c’était le cas, mais ce fut aussi le début d’une autre, celle de la multiplication des séparations. Pour une raison ou parfois sans, on construit sans retenue depuis la chute du mur. Le plus proche et connu est selon moi, le mur de sécurité érigé par Israël pour « sécuriser » sa frontière avec les territoires palestiniens. Bien que déclaré illégal par la CIJ (Cour internationale de Justice), sa construction se poursuit parfois par des blocs de béton comme pour le mur berlinois, parfois par des grillages et des barbelés.

Un autre exemple est la création de murs à Bagdad, un autre à Belfast. S’il n’y a pas de malédiction du mur pour les villes en B, le processus est inquiétant et témoigne d’un renfermement des sociétés sur elles-mêmes. Qui sait que l’on construit une barrière invisible aux frontières de l’Europe en mer, et que l’on met en place en sus des barrières grillagés, les moyens les plus modernes pour établir autant que possible une frontière étanche. Qui sait encore que le gouvernement Bush a approuvé la construction d’un mur de plus de 500km à la frontière mexicaine.

Ainsi, si le mur de Berlin est tombé, il serait utile que les hommes se mettent à construire des ponts entre eux plutôt que des murs.


Résumé des évènements de la chute du Mur provenant du site Arte.tv :


Connaissez-vous cet homme ? Il s’appelle Günter Schabowski. Figurez-vous qu’il a joué, un peu à son insu, un rôle décisif dans la chute du mur de Berlin, le 9 novembre 1989. Mais revenons d’abord sur le contexte : Novembre 1989. La République démocratique allemande existe depuis quelque quarante ans et elle se trouve dans une grave crise économique et politique. Les citoyens protestent en masse contre le gouvernement. Ils réclament des élections libres et la possibilité de voyager sans restriction. Depuis la construction du mur en 1961, des milliers de citoyens ont fui à l’Ouest. Nombreux sont ceux qui perdront la vie dans cette tentative.

En 1989, ils sont de plus en plus nombreux à quitter la RDA via la Tchécoslovaquie et la Hongrie. Ces pays, complètement débordés par l’afflux des réfugiés, accentuent la pression sur le régime est-allemand. C’est pourquoi, le matin du 9 novembre 1989, Egon Krenz, le chef du parti communiste réunit en cellule de crise les membres du Politbüro pour élaborer un projet de loi qui doit enfin faciliter les voyages. Et il demande au porte-parole du gouvernement, Günter Schabowski, de rendre public ce projet le jour même, lors d’une conférence de presse retransmise en direct par la télévision et la radio est-allemandes.

Il est 18 heures. La conférence de presse débute. Vous voyez, au milieu de l’estrade, Günter Schabowski, entouré de membres de son gouvernement. Face à eux, une centaine de journalistes, allemands et étrangers. (Schabowski) : "Pour résumer ce qui a été dit aujourd’hui au comité central" Schabowski commence par évoquer des sujets généraux : "… discussion intense du camarade Krenz…"

Il faut attendre 50 minutes pour qu’un journaliste italien pose enfin la bonne question, celle dont les citoyens de la RDA attendent la réponse : vont-ils pouvoir voyager librement ? Schabowski répond : "Nous connaissons le désir, le besoin de la population de voyager, voire de quitter la RDA.Pendant plus de trois minutes, Schabowski tourne autour de la question. Puis il conclut à 18h56 de façon presque anodine par ces mots : "Nous avons donc décidé aujourd’hui de prendre une disposition qui permet à tout citoyen de la RDA de sortir du pays par les postes-frontières de la RDA."

Vous avez bien entendu ? Réécoutons : (Schabowski) : … "une disposition qui permet à tout citoyen de la RDA de sortir du pays par les postes-frontières de la RDA." Schabowski annonce donc que les citoyens est-allemands ont le droit de passer par la frontière entre l’Allemagne de l’Est et l’Allemagne de l’Ouest. Soudain, les journalistes se réveillent. L’un d’entre eux pose une question : "Dès maintenant ?" Schabowski ne sait pas répondre à cette question, il se penche alors sur le document qu’il semble découvrir en même temps qu’il le lit : "… les voyages privés à l’étranger pourront être autorisés sans conditions particulières ou raisons familiales. Les autorisations seront délivrées rapidement…" Schabowski comprend-il ce qu’il annonce là ?

Question d’un autre journaliste : "À partir de quand ?" (Schabowski) : "Pour autant que je sache …immédiatement… sans délai." Vous avez entendu? Revenons encore une fois en arrière. Regardez : on voit Schabowski un peu perdu chercher une réponse dans ses papiers. Visiblement, il ne la trouve pas. C’est alors qu’il dit avec hésitation cette phrase décisive : "Pour autant que je sache …immédiatement… sans délai."

Schabowski ignore que les voyages devaient faire l’objet d’une demande préalable de visa. Il ne le dit pas – parce qu’il ne le sait pas. Un journaliste insiste : "C’est valable aussi pour Berlin-Ouest ?" (Schabowski) : "Oui, oui… les départs pourront s’effectuer par tous les postes-frontières de la RDA vers la RFA, y compris vers Berlin-Ouest." Regardez les visages des journalistes. Comprennent-ils immédiatement la portée historique des paroles de Schabowski ? Et lui, Schabowski, saisit-il les conséquences de ses propos ? 19 heures tapantes. Schabowski clôt la conférence de presse, laissant en suspens les nombreuses questions des journalistes. Sans se rendre compte des conséquences, il rentre chez lui.

Et pourtant, plus rien ne pourra freiner le cours des choses. Les journalistes envoient la nouvelle immédiatement aux agences de presse. À 19h30, les informations de la télévision est-allemande annoncent : "Les demandes de voyage privés à l’étranger peuvent être faites dès à présent sans motif particulier." Et, de l’autre côté du mur, dès 20 heures, la télévision de l’ouest annonce : "Selon Schabowski, les citoyens est-allemands désireux de sortir du pays ne sont plus obligés de passer par la Tchéchoslovaquie."

Mais retournons à Berlin, il est 20h30, les premiers citoyens de la RDA vont vers les postes-frontières. Mais les soldats ne sont au courant de rien. Les poste-frontières sont fermés. 20h45. Tandis que le Politbüro, toujours enfermé en cellule de crise à Berlin-Est, ignore ce qui se passe dans son pays, la nouvelle parvient à Bonn, au Bundestag, au parlement de l’Allemagne de l’Ouest. La séance plénière est interrompue : "Avant de continuer, je voudrais vous lire une dépêche que je reçois à l’instant. Je la découvre avec vous : Dès maintenant, les citoyens est-allemands peuvent sortir du pays via tous les postes-frontières entre la RDA et la RFA." Les députés se lèvent … et entonnent spontanément l’hymne national dans l’émotion générale.

A Berlin, une foule toujours plus nombreuse se rassemble aux postes-frontières. Les soldats reçoivent enfin des ordres. Pour calmer le jeu, ils doivent laisser passer les plus acharnés. Mais la situation leur échappe complètement. À 22h45, les informations de l’Ouest annoncent : "Ce 9 novembre est un jour historique. La RDA a annoncé que ses frontières étaient désormais ouvertes à tous. Les portes du Mur sont grandes ouvertes."

Au même moment, les soldats est-allemands qui ne sont plus en mesure de contrôler la foule ouvrent effectivement les postes-frontières. À 0h02, tous les postes-frontières de Berlin sont ouverts. Durant la nuit, des dizaines de milliers d’Allemands de l’Est peuvent accéder librement à la partie ouest de la ville. Le lendemain, le gouvernement de la RDA en est encore à se demander si l’armée peut reprendre le contrôle des frontières. Mais les Allemands ont pris leur destin en main.

Vidéos de la célèbre conférence de presse :
- Émission Arrêt sur images ;
- Vidéo de la conférence de presse diffusée par la ZDF (2DF) :

dimanche 8 novembre 2009

Recherche démocrates activement !



C’est officiel, la date de dépôt des candidatures a été repoussée. Ceci n’est pas réellement surprenant étant donné que François Bayrou en avait lui-même parlé lors du dernier Conseil national le 24 Octobre dernier. Si le principe d’une telle prolongation de la période de candidature à l’investiture démocrate pour les régionales semblait acquise, aucune décision officielle n’avait été prise.

Mais, alors qu’un simple et laconique communiqué aurait suffit, l’annonce de la prolongation de la période de candidature à l’investiture a été justifiée par une raison pour le moins … surprenante. Tellement surprenante qu’elle en est risible. Mais qu’elle est donc cette fameuse raison qui justifie que l’on reporte le délai de fin pour candidater à l’investiture démocrate ? Non, ce n’est pas le manque de candidats ; ce n’est pas non plus l’impréparation qui justifie ce retard, non pas du tout.

La raison qui explique le retard, c’est un retard dans l’envoi de la Lettre démocrate n°4 qui précisait la date de fin de période de candidature. Le Mouvement démocrate de Lot-et-Garonne précise que ce serait un retard postal pour ceux qui n’ont pas Internet. Le retard, le report dans la date de clôture de la réception des candidatures est donc dû à la Poste.
Sincèrement, est-ce le national croit franchement que l’on va avaler cela ?
Il faut être un peu sérieux, la prolongation n’est pas due à la Poste mais bien parce que le nombre de candidats n’est pas suffisant.


Pourquoi nous sortir une excuse bidon ?
Franchement, on se le demande ! Sans dévoiler la réalité à savoir que l’on manque de candidats, il aurait été suffisant d’annoncer le report sans plus de détails ce qui aurait facilement compris puisque tous les mouvements politiques peinent à trouver des femmes pour respecter l’obligation légale de parité. Non, à la place, on nous sort une excuse bidon, un retard de diffusion de l’information auprès d’une partie des militants.

Ce faisant, cette situation qui n’est pas plus grave qu’autre chose traduit une situation préoccupante selon moi. Si j’ai rejoins le Mouvement démocrate en 2007, c’est pour des valeurs, une certaine éthique, l’absence de langue de bois et la volonté dire clairement la réalité de la situation aux français. Or, en tentant de justifiant de telle manière, une situation qui ne demandait pas tant d’attention, la direction du MoDem se ridiculise et prend les militants démocrates pour des imbéciles. Certes, c’est la même chose dans la plupart des autres partis politiques mais ce n’est pas une raison pour continuer de faire de la politique comme eux. Le MoDem c’est un projet pour faire de la politique autrement, une éthique, une autre vision de la société.

Par cet évènement anodin, la direction du MoDem oublie notre projet fondateur. A quelques mois des régionales, je trouve cela quelque peu ennuyeux.

samedi 7 novembre 2009

Le MoDem et les sondages.

Le MoDem et les sondages, des relations difficiles mais qui prennent une tournure originale alors que le président de la République est épinglé pour avoir dépensé des sommes colossales afin de connaitre l’opinion des français sur lui-même et l’action de son gouvernement. L’idée de ce billet m’est venue suite au dépôt sur mon mur d’un petit mot de Pascal Kouppé, élu MoDem de Pierrefitte sur Seine. Le sondage en question commandé par LCP (La Chaîne Parlementaire) donnait en cas d’élection présidentielle, François Bayrou 3ième à 12%. Mon interlocuteur accompagnait les résultats de sondage du commentaire suivant : « Voici un résultat pour tous nos détracteurs de l’extérieur et de l’intérieur .Et pour ceux qui adorent les citations afin d’étayer leur pensées. « S'il est important de bien conduire un mouvement revendicatif, il faut aussi savoir le terminer » M. Thorez ». Le mot est d'autant plus intéressant que lors des dernières élections européennes, François Bayrou s'était insurgé sur la partialité des sondages.

Ce petit mot devait m’être indirectement destiné puisque je n’avais pas été tendre avec notre direction et les mesures décidées par elle pour les régionales. Néanmoins, je ne me considère pas comme un détracteur puisque j’agis toujours et que je continue à monter des projets pour les régionales. En réponse, donc, j’envoie Pascal Kouppé le lien vers un de mes derniers billets « L’alliance pour garantir l’indépendance » que j’accompagne d’un commentaire qui dit en résumé que hors contexte, un telle enquête n’a pas vraiment de valeur et que le programme et l’efficacité de la campagne qui l’accompagne compte beaucoup. Pascal Kouppé me répond que cette enquête d’opinion donne néanmoins un vision de la réalité et démontre que François Bayrou est toujours apprécié de français. Il me reproche aussi très trop critique à l’égard du MoDem et qu’en tant que membre, je ne devrais pas faire déborder les problèmes que je mentionne sur le net au risque de nuire au MoDem pour les régionales.

Cette critique qui m’est faite n’est pas nouvelle. Yves Delahaie, des membres de mon mouvement départemental (le MoDem Nord) et d’autres me l’ont aussi reproché depuis un certain temps. Mais, ainsi que je l’ai déjà dit à plusieurs reprises, je ne changerai pas mon positionnement. J’assume les points de vue que je donne, d’autant plus qu’ils sont basés sur des faits avérés et réels que tout un chacun peut vérifier. Si, j’ai décidé de dire quels sont nos problèmes et de publier des articles dessus c’est pour pousser notre mouvement à changer. J’ai bien conscience que je suis lu par des personnes d’autres mouvements politiques comme l’UMP, le PS, Europe-Écologie et d’autres. Cependant, mon objectif est de résoudre les problèmes plutôt que de les cacher. Ce faisant, je fais de la politique autrement et je ne me voile pas la face.

Winston Churchill disait : « On ne devrait jamais tourner le dos à un danger pour tenter de le fuir. Si vous le faites, vous le multiplierez par deux. Mais si vous l'affrontez rapidement et sans vous dérober, vous le réduirez de moitié. ».

Le dimanche 07 Juin, au soir, après avoir pris connaissance des premières estimations, je me suis rendu au siège du Mouvement démocrate. Là-bas, tous les militants avaient des têtes montrant clairement leur déception. Néanmoins, le mot d’ordre était « Souriez pour les médias, on ne doit pas montrer que l’on est déçu ». Pas question alors de dire le fond de sa pensée, sa déception. Il fallait absolument paraitre heureux et faire comme si tout allait bien. Puis, quelque temps après, j’ai vu Corinne Lepage sur France 3 dire clairement qu’elle n’était pas contente et que quand ça n’allait pas il fallait le dire. Là, je me suis dit qu’enfin une personne allait briser l’ambiance de façade pour dire clairement les choses. Depuis, j’ai cette ligne de conduite : dire les problèmes, y faire face et tenter de les résoudre. En faisant cela, je fais des mécontents et oui, nos problèmes sont diffusés. Mais, bien peu de blogueurs démocrates qui partage l’idée que le MoDem doit se réformer pour réussir ose dire ce qui ne va pas. Christophe Ginisty en était un mais il a quitté le MoDem, lassé de lutter contre des moulins à vent et déçu que François Bayrou ne prenne pas la mesure des problèmes auxquels doit faire face le Mouvement démocrate.

Je suis d’accord avec lui quand il dit qu’il faut s’inquiéter du fait que François Bayrou a perdu du terrain et que nous devons nous en préoccuper. Je suis d’accord avec Corinne Lepage quand elle dit que l’écologie doit être à la base du projet démocrate. Je suis encore d’accord avec elle quand elle dit ce samedi matin sur France Culture qu’il y a une sorte de séparation entre François Bayrou et le MoDem, et que les électeurs ont du mal à identifier pour quoi ils votent lorsqu’ils votent Mouvement démocrate.

Loin de me féliciter du fait que François Bayrou résiste dans les sondages, je m’inquiète d’en voir d’autres qui nous donnent à 6%. Pas tellement parce c’est le sondage qui le dit mais parce que lorsque je consulte les militants, les sympathisants démocrates et les français, je m’aperçois que ces derniers sont plus séduits par Europe-Écologie que par notre projet.

Le Mouvement démocrate doit impérativement prendre en compte les attentes écologiques, mettre en exergue ce qui fait parti de son projet car le projet démocrate est éminemment basé sur des aspects écologiques autant que de justice et d’équité. Le Mouvement démocrate doit prendre en compte le fait que la société s’articule autour autour de réseaux et de l’importance d’Internet. Antonin Moulart (créateur de la widgetbox MoDem puis démocrate) souligne l’importance de prendre ne compte cet aspect.

Alors comme Winston Churchill, je dis « Il ne sert à rien de dire “Nous avons fait de notre mieux”. Il faut réussir à faire ce qui est nécessaire.» or pour le moment nous n’avons pas fait ce qui était nécessaire. Je vais continuer à dire ce qui ne va pas, à proposer des solutions jusqu’à tout soit pris en compte, jusqu’à ce que nous réussissions. En cela, la majorité des démocrates approuvent mon positionnement et je n’ai pas l’intention d’en changer !


Ci-dessus, un dessin de Cathérine Créhange, militante MoDem de Nancy, publié hier le vendredi 06 novembre 2009. Ce dessin est extrait de son blog "Un dessin par jour" que je ne saurai que trop vous conseiller.

vendredi 6 novembre 2009

Ai-je une tête de fraudeur ?

Cette question, je me la suis posé mercredi soir dernier, lorsque je me faisais contrôler dans le métro pour la 3e fois en moins de 3 semaines. Bien sur, il est normal de se faire contrôler dans les transports en commun et je ne suis pas contre. Mais bon, il y a des limites !
Se faire contrôler de manière aussi rapproché ne serait pas anormal si j’avais été contrôlé à chaque fois dans des situations différentes c’est-à-dire dans une station différente, à des horaires différents. Or, ce n’est pas vraiment ce qui s’est passé. A chaque fois, j’ai été contrôlé au même endroit dans la même station, aux mêmes horaires et presque par les mêmes personnels. Après coup, je me suis rappelé cette phrase du film « Taxi » : « Les poulets ça aime pas bien le changement, ça picore toujours au même endroit ». Les situations sont différentes mais l’idée est la même. Si j’approuve la politique de contrôles inopinés de la RATP pour lutter contre la fraude, je trouve qu’elle pourrait être plus intelligente et efficace.

Nous sommes dans une société de plus en plus surveillée pour lutter contre la délinquance, les incivilités, où se multiplient toutes les formes de contrôle restreignant les libertés avec un résultat discutable. La problématique est donc de mettre des moyens humains dissuasifs en évitant de créer un sentiment de « flicage » chez les usagers. Car c’est cela que j’ai ressenti. L’impression d’être fliqué. Le contrôle est normal mais le faire toujours au même endroit à la même heure en dehors des heures de pointe et plusieurs jours d’affilé ça relève de l’acharnement.


De l’efficacité du contrôle.
Que les contrôles interviennent tantôt en heures de pointe, tantôt en heures creuses, rien de plus normal. Ceci permet de sanctionner les fraudeurs qui ont tendance à vouloir se noyer dans la foule. Mais contrôler les usagers vers 21h30 en semaine 2 jours de suite sachant que l’on retrouvera peu ou prou les mêmes usagers rentrant épuisés d’une journée de travail est-ce vraiment efficace ? Je ne pense pas. Et d’ailleurs, peu sont verbalisés à cette heure. A force, le contrôle devenu si fréquent revient à signifier que l’on installe un sentiment de suspicion qui devient vite exaspérant.

Le contrôle perd alors son côté positif et compréhensible, à savoir lutter contre la fraude, pour devenir un procédé hostile envers les usagers, une intrusion permanente. La plupart des usagers respecte leurs obligations et doivent déjà passer par des portiques de sécurité. Le contrôle n’est alors qu’un moyen aléatoire de diminuer la fraude et c’est son côté aléatoire qui en assure l’efficacité. Contrôler en permanence les mêmes voyageurs est inutile et constitue un gaspillage. Alors oui, peut-être un hasard mais je ne crois pas. La RATP formait-elle ses jeunes recrues sur un échantillon de voyageurs qu’elle sait ne pas être à problème ? Je n’en sais rien et à vrai dire, ce n’est pas mon problème. Je suis un cobaye sur lequel les jeunes recrues de la RATP peuvent s’exercer.


Ailleurs, c’est comment ?
Dans d’autres villes comme Lille, il n’y a pas tous les portiques de sécurité métalliques, les portes pneumatiques pour sortir du métro et tous ces moyens destinés à lutter contre la fraude. Et pourtant, le taux de fraudeurs ne doit pas être tellement plus élevé là-bas. Dans cette ville comme dans d’autres (j’aurai aussi pu citer Bruxelles), on compte sur le civisme des usagers pour valider leur ticket et des équipes « volantes » de contrôleurs viennent de temps en temps s’assurer que les usagers respectent bien leur obligation de valider leur ticket. Au final, on n’a pas toutes ces installations métalliques qui coutent une fortune à installer et à entretenir sans pour autant laisser libre cours à la fraude. Le contrôle est efficace et dissuasif sans être vécu comme un facteur de suspicion, un flicage des usagers.


Décourager l’usage des transports collectifs ?
Ces contrôles systématiques sont-ils un moyen de décourager les usagers des transports en commun ? La question se pose réellement car à vouloir trop contrôler, les citoyens qui au bout d’un moment en auront marre, préfèreront utiliser d’autres moyens de transport pour échapper à ce qui sera ressenti comme une nécessité mais comme une contrainte. Cet épisode banal mais révélateur des sentiments profonds de notre société qui aspire au tout sécuritaire et à la délinquance zéro devrait nous faire réfléchir sur ce que nous voulons vraiment comme société.

jeudi 5 novembre 2009

EPAD, Nicolas Sarkozy reconnait "une erreur."

Selon l'Élysée, Nicolas Sarkozy reconnait "une erreur" à propos de la candidature de son fils Jean Sarkozy à la tête de l'EPAD. Ce faisant, le président de la République a reconnu à demi-mots, son rôle et sa responsabilité dans la situation. Toutefois, ainsi que le disait Le Canard enchainé et ainsi que je le reprenais ici-même, Nicolas Sarkozy a fait plus que soutenir la candidature de son fils, il a créé les conditions favorables afin que la candidature de son fils passe comme une lettre à la poste. En remplaçant 8 des 9 représentants de l'État à l'EPAD par des personnes bien mieux disposées à la candidature de Jean Sarkozy, en imposant à la majorité départementale son fils sachant très bien qu'aucun conseiller général des Hauts-de-Seine ne serait assez fou pour risquer sa place et protéger l'intérêt général pour contrer la candidature du petit prince, Nicolas Sarkozy savait très bien ce qu'il faisait.

Ce n'est pas une erreur, mais une manœuvre délibérée.
Le président de la République tente de faire passer sa manœuvre, sa stratégie clairement pensée et avérée pour une erreur. Mais cela ne trompe personne, il ne s'agit pas plus d'une erreur que d'un hasard ou une quelconque bourde. Si Nicolas Sarkozy fait aujourd'hui machine arrière, qu'il reconnait via une source autorisée (c'est-à-dire approuvée par l'intéressé lui-même), qu'il a fait "une erreur", c'est pour tenter d'enrayer la chute de sa popularité dans les sondages et limiter le ridicule dont l'a affublé la presse internationale, lui qui cherchait à être le sauveur du monde en soit-disant limitant les bonus et en luttant contre les paradis fiscaux alors que ces actions dans le domaine se limite à des actions de communication. Mais, après 2 ans et demi de mandat, plus personne n'est dupe et cette tentative de mea culpa par personne interposée ressemble plus à une tentative désespérée de sauver ce qui peut l'être qu'à autre chose.


L'hémorragie à l'UMP.
Le président n'aurait pas reculé seul et le fistonné de Neuilly non plus sans la pression populaire qui s'est mobilisé par Internet et via la pétition lancée par Christophe Grébert. La presse classique a du se résoudre à suivre, alors qu'elle avait à peine effleuré le sujet par une brève sur le site internet du magazine Le Point. Ceci aurait du suffire à faire prendre conscience au président et à son entourage de l'erreur et de l'atteinte aux principes républicains. Mais voilà, à force de détruire tous les contre-pouvoirs, difficile de savoir ce qui heurte l'opinion et risque de vous exploser à la figure. Le clan présidentiel trop pressé de se servir et de prendre toutes les places et tous les postes importants dans l'administration et les grandes entreprises qu'elles soient publiques ou non, en a oublié les règles de survie de base.
Il aura fallu que l'électorat de droite réagisse vigoureusement, que près de 62 000 militants UMP décident de rendre leur carte ce qui fait entre 25% et 33% des effectifs du parti majoritaire rendent leur carte pour que le président de la République prenne conscience qu'il avait fait une énorme connerie qui à quelques mois des régionales allait lui coûter très cher.

La leçon n'est pas complètement comprise.
On aurait tendance à penser que tout cela devrait suffire et que le président allait enfin devenir raisonnable et demander à son fistonné de Jean de s'écarter un peu et de remiser ses ambitions au placard en attendant qu'il obtienne un diplôme et prenne quelques années mais non. Malgré le ridicule, malgré l'impopularité, malgré beaucoup d'autres choses, le président persiste et continue en sous-main à dégager le terrain pour le fistonné. Chantal Jouanno, son ancienne directrice de cabinet lorsqu'il était président du Conseil général des Hauts-de-Seine et actuelle secrétaire d'État à l'Environnement a été priée de faire ses bagages et de se présenter aux prochaines régionales dans un autre département pour laisser la place au fiston. Rama Yade, élu locale à Colombes et donc implantée dans le "9-2", a elle aussi été priée de plier bagage et de prendre le parachute qu'on lui tendait en lui demandant avec insistance de prendre la tête de liste départementale UMP dans le Val d'Oise pour les régionales de Mars 2010. L'effrontée, qui connait les principes républicains a refusé, avant de dire qu'elle irait là elle serait utile.

Entretemps, elle s'est copieusement faite taper sur les doigts pour manque "d'intégration dans l'équipe gouvernementale". Traduction, Rama Yade ne respecte pas la solidarité gouvernementale et risque très fortement de quitter le gouvernement. Le problème avec la politique de casting qui est destinée à plaire, c'est ensuite d'expliquer pourquoi un des castés doit partir. Or, quel point de chute pour Rama Yade.

Celle-ci a refusée d'être députée européenne et de se retrouver exilée alors que ce mandat est le plus intéressant des mandats électoraux. On ne peut non plus la faire tête de liste régionale puisque Valérie Pécresse a été choisie par les militants UMP lors d'une primaire. On ne peut non plus l'éjecter du gouvernement facilement puisque Rama Yade a, par ses prises de position qui agacent le Premier Ministre, gagné une forte popularité, que ce soit auprès des électeurs de droite, que des français. Et donc, virer un ministre populaire, c'est risquer d'affaiblir un peu plus le gouvernement.

On le voit, le problème du fistonné Jean Sarkozy en pose de nombreux autres.
La suite au prochain épisode !

mercredi 4 novembre 2009

Lisbonne : L'Europe progresse dans la douleur !

Hier, la Cour constitutionnelle tchèque a déclaré, suite au recours de quelques sénateurs tchèques eurosceptiques soutenant le président Vaclav Klaus, que la ratification du traité de Lisbonne était conforme avec la loi fondamentale tchèque. Le président tchèque a donc signé le traité de Lisbonne quelques heures après la décision de la Cour constitutionnelle tchèque et après avoir obtenu satisfaction sur la question des biens confisqués aux allemands des Sudètes en 1945.

Si bien sur, il faut se féliciter de l’entrée en vigueur du traité de Lisbonne à partir du 1er Décembre 2009 prochain ainsi que le mentionne David Guillerm, vice-président des jeunes démocrates de Bretagne dans son billet « L’Europe est en marche » ou comme Marielle de Sarnez qui parle « d’une ère nouvelle qui s’ouvre ». Elle souligne cependant que cette ratification intervient après une longue période d’incertitude » et que « l’heure doit être d’avantage à l’action qu’aux réjouissances ». Il ne nous faut pas oublier que cette ratification a été longue et douloureuse.


Ciel que ce fut dur !
Le traité de Lisbonne est maintenant ratifié mais ce que fut long et difficile. Le processus a démarré en 2003 avec la mise en place de la commission chargé d’établir un traité constitutif pour l’Europe et présidée par Valérie Giscard d’Estaing. En 2004, le traité a été rejeté par la France, puis dans la foulée par les Pays-Bas. Le rejet par deux des pays fondateurs était le signe que malgré l’enthousiasme soulevé par le projet, l’Europe échappait aux européens. Nicolas Sarkozy a souhaité un traité simplifié qui a aboutit au traité de Lisbonne le 13 Décembre 2007.

Ce traité, qui est tout sauf simplifié (et là, je parle en juriste), change complètement la numérotation des articles, introduit les dispositifs prévus par le traité constitutionnel de 2004 tout en laissant persister des dispositions des traités antérieurs dont il n’est en fait qu’une grosse mise à jour. Résultat, même les juristes spécialisés en droit communautaire en perde leur latin et le traité semble écrit dans une langue étrangère complètement incompréhensible par le citoyen européen « de base ». Loin de rapprocher l’Europe des citoyens comme a tenté de le faire maladroitement le traité constitutif de 2004, le traité de Lisbonne l’éloigne un peu plus encore.

Le processus de ratification parlementaire, envisagé pour permettre une adoption plus facile que via le recours au référendum, a lui aussi connu son lot de difficultés et de problèmes. Car, si dans la plupart des pays membres, le recours aux parlements nationaux était possible, ce n’était pas le cas de l’Irlande qui après avoir voté non en 2008, a voté oui à près de 67% en 2009 crise aidant. La République tchèque dont le Parlement a ratifié le traité posait problème avec son président eurosceptique Vaclav Klaus qui a tout tenté pour empêcher l’entrée en vigueur de ce traité. La Pologne, qui a vu son gouvernement nationaliste remplacé par un gouvernement libéral, n’a adopté le traité qu’après le oui irlandais et la signature de son président Lech Kaczynski.

Le recours à la voie parlementaire peut certes se comprendre de la part de gouvernements européens comme un moyen de s’assurer de la ratification du traité puisque de manière générale, les parlementaires sont plus europhiles que leurs concitoyens. Mais, le recours à cette procédure a été très mal vécu par les européens qui y ont un procédé pour les priver de leur droit de s’exprimer sur l’Europe. Ce sentiment des citoyens européens d’être écartés des décisions politiques importantes sur leur avenir européen est le signe qu’il faut changer de méthode.


Changer de système pour changer le système.
Le traité de Lisbonne va maintenant rentrer en vigueur, le 1er Décembre prochain pour être précis. Il offre de nouvelles possibilités et accroit sensiblement les pouvoirs du Parlement européen. Toutefois, gardons nous de tout triomphalisme car comme je viens de le mentionner, la ratification du traité de Lisbonne fut un véritable chemin de croix. Et, il y a fort à parier qu’à l’avenir, le processus soit tout aussi, voir plus difficile encore. Il faut donc en tirer les leçons. Construire l’Europe par des discussions entre dirigeant dans le secret des salons de négociations n’est plus possible à l’heure actuelle où l’Europe doit être démocratique.

Depuis 1959, les choses ont bien changés et la politique des petits pas dans le domaine de l’économie s’est depuis étendue à des domaines autres comme la police, la justice et les affaires étrangères. La question environnementale, compétence communautaire, est elle aussi vitale à l’approche de la conférence mondiale pour le climat de Copenhague. Un constat s’impose donc : il n’est plus possible de continuer à amender continuellement le traité de Rome. Il nous faut a minima un nouveau traité, clair et compréhensif. Le mieux étant une véritable constitution de l’Union européenne. Un texte qui serait l’occasion de faire de mettre fin à cette politique des petits pas qui ne marche plus. Il est grand temps de mettre en place une politique de ce que l’on pourrait appeler par opposition « une politique des grands pas ».

François Bayrou avait parlé d’un texte fondateur court, lisible et compréhensible rassemblant les principes essentiels et fondateurs de l’Union qui serait soumis au vote des citoyens européens et de l’autre les dispositions pratiques des traités qui serait relégué dans une sorte de corpus législatif européen. Je trouve cette idée très intéressante et je la pousserais plus loin : adoptons une véritable constitution et mettons en place des codes rassemblant les dispositions communautaires de principe et règlementaires pour chaque domaine. Le progrès serait considérable. Le texte fondamental serait compréhensible et invocable par tous tandis que les juristes et les professionnels pourraient connaitre plus aisément la règlementation qui leur est applicable.


Le progrès passe-t-il par les charters de sans-papiers ?
La semaine dernière, on a appris que le Conseil européen approuvait l’initiative française d’organiser des charters communs pour renvoyer les sans-papiers dans leur pays d’origine. Au-delà des principes et des questions éthiques que cela pose, cette initiative va permettre de faire des économies d’échelle. Certes, il aurait été préférable de mettre en avant des projets plus innovants et porteurs d’espoir mais c’est dans ce cadre que l’on a parlé pour la 1ière fois de mettre en place un corps européen de gardes frontières commun. Le progrès est énorme et l’on peut penser qu’à terme, une véritable police européenne.

Ceci nous amène à la question suivante : l’Europe va-t-elle continuer à évoluer en réaction aux problèmes ?

A quand un véritable projet européen porteur d’espoir ?

lundi 2 novembre 2009

Nicolas Sarkozy, le tournant !

Depuis qu’il a été élu en Mai 2007, il en est un peu du mandat de Nicolas Sarkozy comme de la 2nde guerre mondiale. Une succession de batailles gagnées au début jusqu’à ce qu’arrive le tournant et que commence la chute. Si, pendant quelques temps, on pensait Nicolas Sarkozy intouchable, au point que lui-même se considère comme au dessus de tout et même des réalités. Et, les récents évènements sont autant de tournant qui retourne le sarkozysme triomphant contre lui-même.


La fin d’une époque.
Tout comme Hitler et sa Blitzkrieg se sont embourbés dans l’immensité russe, les troupes sarkozystes sont embourbées dans leurs propres contradictions. Certes, la crise est là et n’arrange rien pour le gouvernement mais on peut lui reconnaître un effet positif, elle sert d’accélérateur, de révélateur aux travers du sarkozysme et de la politique menées par l’UMP et le président de la République.

Finis les succès des réformes affichées salle Gaveau où l’on affichait fièrement le nombre de réformes accomplis devant un parterre de militants qui tenaient plus des anciens combattants que des jeunes soldats vaillants et plein de vivacité.

Finis les sondages Opinion Way commandé à la petite semaine et repris par Le Figaro pour faire croire que les français soutiennent la politique gouvernementale.

Usés les tours de passe-passe du prestidigitateur Sarkozy, finis les « succès »et les effets de manche des communicants.

Depuis quelques semaines, peut-être 1 ou 2 mois, le président accumule les tuiles au point qu’on se demande quand va venir le toit. Et comme le fait remarquer à juste titre l’hebdomadaire Marianne, quand « le toit est mal fichu, que l’architecture de la maison est de guingois, que les murs sont de travers, les fondations sont à revoir ».


Les soubresauts pour retarder l’inéluctable.
Pourtant, au « château », on continue comme si de rien n’était, comme si tout était comme avant. Pire, on essaie avec l’énergie du désespoir de relancer la machine à communiquer, la machine à « réformes ». Pourtant, force est de constater que cela ne marche pas. La révélation, et la perception que j’en ai, n’a jamais été aussi évidente que ce lundi 02 novembre 2009, jour des morts. En l’écrivant, cela devient encore plus évident qu’en le pensant en 1er lieu. Le jour est peut-être un signe du destin !

Je ne sais pas si vous avez noté ce qui s’est passé aujourd’hui dans l’actualité présidentielle. Très probablement pas. Je vous annonce donc, que notre omniprésident a lancé un grand plan Cancer II qui doit tirer les leçons de l’échec du plan Cancer précédent voulu par Jacques Chirac et qui n’avait rempli que le tiers de ses objectifs. Comme il est maintenant d’usage, branle-bas le combat dans les médias et diffusion de l’intervention présidentielle sur les chaînes d’information en continu et mise à disposition immédiatement après sur le site de l’Élysée.

Pourtant : rien. On a l’impression qu’il ne s’est rien passé. C’est comme si c’était un non-évènement. Et à moins que le président n’ai fait une gaffe, on en parlera pas ou peu alors qu’il semble plein que ce soit un plan d’envergure. Mais qu’importe, trop de communication tue la communication et tout ce qu’annonce notre président tombe à plat. Chaque semaine, le président y va de son grand discours pour annoncer une réforme ou plan d’envergure mais on ne l’entend plus. Il y a 2 semaines, c’était la réforme des collectivités territoriales. La semaine dernière, l’annonce du plan pour les agriculteurs et l’annonce de la LMA (loi de modernisation de l’agriculture). Plan insuffisant qui ne règle rien sur le fond mais qui donne juste de l’argent pour calmer une clientèle électorale à l’approche des régionales.

Dans le même temps, ce lundi, Éric Besson lance son grand débat sur l’Identité nationale. Le sujet semble d’ailleurs passionner la blogosphère, notamment la blogosphère démocrate qui traite abondamment du sujet. Pourtant, dans les préfectures, rien n’est prêt pour accueillir les français souhaitant participer à ce débat. Tout juste un site internet dédié a-t-il été mis en place dans la précipitation. Les réactions en général trouvent le débat utile mais doute de la réalité de sa teneur. Les motifs électoralistes sont clairement décelés comme l’a mentionné ce lundi matin Marine Le Pen dans les 4 vérités.


Et après ? Quelle reconquête ?
Constater le tournant, c’est bien. En profiter, pour contre-attaquer c’est mieux et c’est plus efficace. Il ne faut pas compter seulement sur les faiblesses de l’adversaire mais aussi profiter de ses points forts pour prendre des points sur le camp adverse. La bataille de Midway a été un tournant mais les américains y ont laissé des plumes. Il serait donc illusoire que le sarkozysme va s’effondrer tout seul. Les fondations sont affaiblies, l’édifice se lézarde mais on est encore loin de l’alternance. Une base électorale soutient encore le président et sa politique. Celle-ci plus ou moins touché par les effets de ce qu’obtient« la Cour », reste pour le moment fidèle au président. Si l’affaire Jean Sarkozy et la gag du discours répété à Daumeray alors qu’il avait commencé par « je ne suis pas là pour faire un discours que vous avez déjà entendu » ont courroucé la droite, la bataille décisive se jouera selon moi sur le terrain des collectivités territoriales.

Par les régionales d’abord, qui seront le prochain et dernier scrutin avant la présidentielle de 2012 et qui seront, qu’on le veuille ou non, un moyen pour l’exécutif de compter ses partisans et pour l’opposition, un moyen pour mesurer le rapport de force et les alliances possibles pour 2012.

Par la réforme des collectivités territoriales et celle de la taxe professionnelle ensuite qui les touchera directement dans leur financement. Le Conseil d’État a d’ailleurs précisé que le scrutin ne parviendrait pas à une juste représentation des électeurs et a clairement renvoyé le gouvernement à ses plans. Pour ceux qui l’ignorent encore, le Conseil d’État n’est pas tellement connu pour son modernisme décapant et souvent un avis défavorable de nos amis du Palais-Royal est le présage d’un massacre des sages du Conseil constitutionnel qui se situe dans une autre aile du même bâtiment.


Et l’opposition dans tout ça ?
Pour l’opposition, le moment est idéal et celle-ci doit se mobiliser. La question est celle de savoir quelle force sera motrice de l’alternance. Le PS apparaît clairement en perte de vitesse et tel que s’annonce le scrutin perdra des élus et peut-être des présidences de région. Même s’il n’échoue pas, la perte d’élus sera vécue comme un échec.

Europe-Écologie va tenter de consolider le mouvement né en Juin 2009, mais peine à avoir des listes solides dans certaines régions. Quid aussi des rapports avec le MoDem ? Europe-Écologie accueillera-t-elle des démocrates ou verra-t-on l’inverse ? Vis-à-vis du PS, c’est clairement le rapport de force mais pour 2012, aucun chef charismatique n’émerge.

Au MoDem, autonomie intégrale, mais qu’elle sera la réaction de François Bayrou devant ce qui s’annonce comme une nouvelle défaite. Et si des démocrates se font élire ailleurs, les exclura-t-il comme le prévoit les statuts ou fera-t-il preuve d’ouverture et de réalisme en leur accordant l’absolution ?

Quant au Front de gauche, parviendra-t-il à s’installer dans le paysage politique français ?
On a pu voir qu’il était arrivé à peser en Juin mais les régionales, c’est autre chose.
Beaucoup de questions pour répondre à une situation qui pourtant parait de plus en plus claire !

dimanche 1 novembre 2009

Orange pressé : Le pourquoi de ma candidature.

Ce samedi 31 Octobre, j’ai envoyé ma candidature à l’investiture démocrate pour les régionales de Mars 2010. Membre du Mouvement démocrate du Nord, j’ai donc candidaté dans la région Nord-Pas-de-Calais.


Ma formation et mon expérience.
Actuellement toujours étudiant en droit, mon expérience professionnelle est forcément réduite. J’aurais pu candidater à la présidence de l’EPAD mais mon ascendance n’est pas aussi prestigieuse que certains habitants de Neuilly-sur-Seine. L’EPAD cherche cependant à recruter des étudiants disposant d’un master II de droit - Collectivités territoriales ce qui montre qu’il est nécessaire de recruter des personnes compétentes. Or, le diplôme que je prépare actuellement est précisément une formation du type de celle mentionnée ci-dessus puisque je prépare cette année un master II de droit - Administration des collectivités territoriales. Formation particulièrement utile car les collectivités manquent cruellement de personnes qualifiés dans le domaine. C’est aussi le cas des entreprises mais dans une bien moindre proportion.

Un secteur prometteur puisque l’État compte encore transférer des compétences aux collectivités. Formation qui peut aussi s’avérer plus qu’utile toute personne aspirant à être élu local. Je pense même que ça peut être un gros plus, étant donné que beaucoup d’élus locaux n’ont pas de connaissances suffisantes des institutions dans lesquelles ils sont élus ou qui ne connaissent pas tout simplement l’étendue de leurs droits.


Prolonger et renforcer l’action de terrain.
Dans cette pré-campagne des régionales, on parle beaucoup des villes et des régions « prenables » comme l’Ile de France ou l’Aquitaine, mais on parle peu des régions en elle-même. Pourtant, ces institutions dont les actions sont très largement méconnues font beaucoup. Il y a bien sur les aspects les plus visibles que sont les TER ou les lycées mais il y a aussi d’autres aspects moins visibles. Ainsi, certaines régions financent les équipements en imagerie médicale des hôpitaux locaux comme la région Nord-Pas-de-Calais. Les régions s’occupent aussi d’énergies renouvelables et incite à leur adoption, elles jouent ainsi un rôle important dans l’élaboration des schémas régionaux éoliens pour penser l’implantation des parcs d’éoliennes ou en subventionnant l’achat de matériels économes en énergie ainsi que l’installation d’énergies renouvelables.

Toutes ces actions et bien d’autres sont au cœur de ce que je défends depuis mon adhésion au Mouvement démocrate. Mon engagement dans l’échelon régional, qui est appelé à plus ou moins long terme à devenir l’échelon de référence, s’inscrit dans le prolongement de mon action de terrain.

Action qui m’a conduit à intégrer toutes les équipes de campagne qui ont lieu depuis 2007 à savoir les législatives, les cantonales et les européennes. A chacune d’entre elles, je me suis très fortement investi, n’hésitant pas à passer plusieurs mois sur le terrain de façon très intensive.


Faire émerger une nouvelle offre politique.
Je me porte candidat aussi pour développer une nouvelle offre politique. Thématique qui avec celle de la dette a motivé mon engagement au Mouvement démocrate, elle a un peu été oublié avec les européennes et été concurrencé par l’idée de créer une offre d’alternance. Or, elle n’a jamais autant d’actualité. Reprise par Europe-Écologie, l’idée fait son chemin. François Bayrou est conscient que l’offre démocrate ne séduit pas les jeunes et à rappeler lors du dernier Conseil national l’importance d’inciter les jeunes à voter mais surtout à voter démocrate. L’électorat « jeune » ayant été très séduit par Europe-Écologie aux dernières élections européennes, il est important de leur offrir un projet crédible.

Ce projet de faire de la politique autrement n’est possible que si on se décide enfin à considérer les jeunes non pas comme de simples faire-valoir politique à caser en fin de liste pour se donner bonne conscience et dire que l’on implique les jeunes. Il est nécessaire de faire confiance aux jeunes en les impliquant dans la vie politique locale et en leur confiant des responsabilités politiques. La politique de demain qui affectera directement ces générations ne peut se faire sans elles.


Développer le Nord-Pas-de-Calais.
Enfin, si je suis candidat à l’investiture démocrate c’est par amour pour ma région. Le Nord-Pas-de-Calais, ce n’est pas seulement une région septentrionale de la France, c’est surtout une région défavorisée mais qui a tout pour s’en sortir. Région au cœur de l’Europe de part sa proximité avec la Belgique, les Pays-Bas, le Luxembourg, le Royaume-Uni.

Disposant d’industries dans la sidérurgie, première région pour le transport ferroviaire, la région a de nombreux atouts pour sortir la tête de l’eau et devenir le berceau des industries vertes.


Pour toutes ces raisons et bien d’autres, explique mon choix d’être candidat à l’investiture démocrate pour ces régionales.

vendredi 30 octobre 2009

Christophe Grébert, tête de liste démocrate en Ile de France !

L’idée a été suggérée par Smaël mercredi dernier. Et si Christophe Grébert était tête de liste MoDem pour les régionales en Ile de France ? Smaël justifie par le rôle qu’a joué l’élu démocrate de Puteaux dans l’affaire « Jean Sarkozy » et rappelle son rôle dans l’émergence d’une opposition citoyenne dans la ville de Puteaux. L’idée n’est pas si bête ! Mieux, elle mérite de s’appliquer.


Ce qu’en pense l’intéressé.
Le soir même de la publication de ce billet, je croise Christophe sur Facebook. Je lui fais part du billet, et tente d’avoir son avis. Christophe me dit qu’il n’a pas fait encore acte de candidature. Je vous épargne les détails mais il faut retenir que notre ami putéolien n’envisage ces élections régionales comme la candidature d’une équipe et non d’une personne. Doutant qu’on le choisisse, il reste lucide sur les obstacles qui se dressent sur une potentielle candidature de sa part à la tête de liste démocrate en Ile de France et/ou dans les Hauts-de-Seine.


Des qualités reconnues.
Pourtant, Christophe Grébert a toutes les qualités requises pour mener le Mouvement démocrate vers un score honorable en Ile de France.

C’est un homme intègre, qui n’a pas hésité à aller au charbon dans l’affaire Jean Sarkozy tandis que le PS restait dans sa posture classique et que l’appareil démocrate ne réagissait qu’avec retard. Avant tout le monde, il a pris la responsabilité en tant qu’élu local directement concerné et en tant que citoyen de lancer une pétition qui a connu le succès qu’on lui connaît. Il n’a cessé de faire valoir l’application des dispositions légales pour que l’on respecte ses concitoyens et a gagné les diverses procédures en justice engagées contre lui par la municipalité de Puteaux. Il a défendu par son blog citoyen « monputeaux.com » les putéoliens et les a régulièrement informé de ce que la ville cherchait à cacher ou ce qu’elle dépensait. Malgré cela, nombreux sont ceux qui ignorent le détail de son action d’élu municipal à Puteaux.


Un travail d’élu responsable et collectif.
On connaît Christophe Grébert, le blogueur mais connaissez-vous son travail d’élu ?
Pour la plupart, mal ou peu. Pourtant, l’élu démocrate de Puteaux a élaboré son programme en rencontrant les habitants et mieux applique tout ce qu’il peut appliquer malgré son statut d’élu de l’opposition.

Alors qu’au niveau national le dialogue entre Europe-Écologie et le Mouvement démocrate achoppe sur plusieurs points et notamment sur le fait que pour François Bayrou et Marielle de Sarnez l’écologie ne soit qu’une thématique comme une autre ; au niveau local, Christophe Grébert a créé un groupe commun entre les 3 élus démocrates de Puteaux et l’élu vert. La présidence du groupe est tournante afin que chacun puisse s’exprimer en conseil municipal et pour montrer que les membres du groupe se considèrent tous égaux et avec respect. Et … ça marche ! Dépassant les clivages partisans, une vraie alternative à la majorité UMP se construit.

Autre innovation démocrate qu’a initié Christophe Grébert, la création d’un inter-groupe des élus démocrates de la Défense réunissant les élus démocrates de Puteaux, Courbevoie et Nanterre. Résultat, au lieu d’apparaître divisé et que chacun donne son avis dans son coin, le Mouvement démocrate est le seul à avoir une position claire et affiché sur la question de la Défense. Aucune structure similaire n’existe ailleurs. Ainsi, la parole démocrate en sort renforcée sur le sujet ce qui a pu se voir lors de l’affaire Jean Sarkozy où le MoDem local a fait un communiqué unique de la part de cet inter-groupe et a été à l’initiative de nombreuses actions dont des manifestations qui ont connu un certain succès.

Dans la même veine, Christophe Grébert met en ligne tous les documents qu’il reçoit en tant qu’élu afin de permettre aux citoyens de réfléchir et de débattre de façon saine. Ce faisant, il propose aussi aux citoyens de Puteaux de lui envoyer leurs questions qu’il posera ensuite en conseil municipal au maire de Puteaux. Les réponses Mme Ceccaldi-Reynaud étant ensuite publiées sur le site des élus démocrates de Puteaux.


La chance sourit aux audacieux.
Volonté de travailler en équipe, de dépasser les clivages, intégrité, humilité, propositions innovantes pour démocratiser les institutions locales, idées novatrices en termes de programme… Christophe Grébert a toutes les qualités requises pour prendre la tête de liste départementale dans les Hauts de Seine et au niveau régional en Ile de France pour les prochaines élections régionales. Ce n’est pas un apparatchik, il bénéficie d’une popularité justifiée par son travail d’élu local, et peut faire mal aussi bien à gauche qu’à droite en Mars prochain.

François Bayrou ne cesse de dire que nous devons être innovant pour gagner les élections régionales. Samedi dernier, lors du Conseil national, il a insisté sur la nécessité pour le Mouvement démocrate de reconquérir les jeunes pour ces prochaines élections et de manière générale de présenter un projet qui séduise. Dans le même temps, il a fait approuvé le choix des têtes de liste par le Bureau exécutif, les militants ne devant donner que leur imprimatur via un vote. En clair, c’est lui qui choisira. Je lui demande maintenant d’être audacieux et propulser comme tête de liste une personne qui ne défend pas sa petite personne mais qui souhaite présenter une équipe unie aux suffrages des franciliens s’il devait être candidat. Christophe Grébert connaît aussi très bien le web 2.0 et tout ce qui est associé ce qui est aussi indispensable dans une campagne électorale moderne mais qui avait été négligé par le Mouvement démocrate lors des dernières européennes.

Choisir Christophe Grébert comme tête de liste, ce serait envoyer un signal fort aux électeurs et aux français. Ce serait refuser de faire de la vieille politique en tentant à tout prix de maintenir des sortants qui quoi qu’on en dise ont tout de même été élu avec l’UMP en 2004 ce que ces derniers n’hésiteront pas à nous rappeler. Choisir un militant venu lors de la création du MoDem et reconnu pour son travail d’élu et son ouverture d’esprit serait un signe d’audace qui traduirait la volonté du Mouvement démocrate de saisir les leçons des différents scrutins et du message envoyé en Juin dernier.

D’où ma question : et si on avait l’audace de choisir Christophe Grébert comme tête de liste aux régionales ?

mercredi 28 octobre 2009

L'Islande, privée de McDo !

Conséquence surprenante de la crise, les islandais vont être privés de hamburgers et autres produits McDonald's. Pourtant, alors que les 3 restaurants islandais de la célèbre marque au M jaune n'ont jamais été aussi remplis, Mcdonald's rembarque.

Enfin, c'est un peu plus complexe que cela. Jon Ogmundsson, directeur commercial de Lyst, le franchisé qui détient la licence a décidé de quitter le réseau Mcdonald's, car la firme américaine l'oblige à importer la totalité des produits commercialisés dans les restaurants d'Allemagne. Or, la monnaie islandaise, la krona s'est effondrée de 80% et les profits réalisés sur la vente de hamburgers avec.
Selon le propriétaire des restaurants, "Pour 1 kilo d'oignons importés d'Allemagne, je paie l'équivalent d'une bonne bouteille de whisky". S'il n'a jamais autant vendu de hamburgers, "cela n'a plus de sens" de continuer ainsi.

Si les restaurants en eux-mêmes ne vont pas fermer, c'est un symbole important qui disparait avec cette crise en Islande. A la place, le propriétaire va passer ses restaurants sous enseigne Metro et s'approvisionner avec des produits islandais.


En revenir à la raison.
L'évènement en lui-même n'est pas surprenant mais montre que la mondialisation produit des dérives assez incroyables. Un pays comme l'Islande peut subvenir à ses besoins mais a importé des denrées alimentaires pour approvisionner ses restaurants Mcdonald's. La mondialisation en faisant approcher le coût du transport pour presque rien a caché le coût réels des importations, elle a aussi contribuer à l'affaiblissement des agricultures locales et mulitplier les transports inutiles de marchandises avec des conséquences non négligeables sur l'environnement. Qui se rappelle par exemple, que Starbuck's importait l'essentiel de son lait de Chine ? Pas grand monde ! Pourtant, les États-Unis sont une puissance agricole de premier plan après l'Union européenne et aurait pu largement répondre à cette demande. Il a fallu que le scandale du lait à la mélamine éclate en Chine pour que les américains se rendent compte de leur dépendance vis-à-vis des produits agricoles chinois. Wal-Mart aussi a été touché. L'Europe protégé par la PAC, pas ou peu. Mais pour combien de temps encore ?

Les dirigeants européens ont approuvé la libéralisation du marché agricole européen alors que l'agriculture est loin d'être un secteur marchand comme les autres. D'abord à cause de la nature de ses stocks, forcément faible. Ensuite, par sa nature vitale. En approuvant le démentèlement de la PAC et renforçant les égoïsmes nationaux comme vient de le faire Nicolas Sarkozy avec la présentation de sa "loi de modernisation de l'agriculture", énième rustine destiné à colmater un système qui ne marche pas; les chefs d'État ont porté une rude atteinte à l'agriculture européenne. Aussi, alors que s'annonce les négociations pour la PAC, il s'avère plus que nécessaire de revenir sur le démantèlement de l'agriculture européenne et de réintroduire des instruments de régulation.

lundi 26 octobre 2009

L’alliance pour garantir l’indépendance !

En réponse au billet « La bonne décision » de nos amis démocrates de l’Essonne sur le blog « Agir pour le Mouvement démocrate », je publie cette tribune que j’aurai pu intituler « La mauvaise décision » pour y répondre directement. Toutefois, les enjeux étant plus importants et pour répondre au climat général approuvant l’autonomie du MoDem au 1er tour.


L’autonomie justifiée.
Dans le billet en question, nos amis de l’Essonne approuve la décision du Conseil national approuva l’autonomie du Mouvement démocrate au 1er tour. Citant François Bayrou et déclarant qu’il ne reste qu’à choisir les bons candidats et que le MoDem peut réussir à faire 10% dans toutes les régions, l’argumentation pourrait sembler un peu juste.
Il faut toutefois se rapporter à un billet précédent du même blog intitulé « Le beurre et l’argent du beurre » pour comprendre la réflexion de nos amis de l’Essonne.

Optimiste, ce billet développe l’argumentation suivante : nous devons croire en nos valeurs, ne pas courir vers la facilité et proposer une vision pragmatique et réaliste pour convaincre l’électorat.

Le raisonnement est beau, optimiste, il fleure bon l’idéalisme. Mais quitte à briser les illusions de quelques-uns, la réalité est tout autre.


L’autonomie n’est pas si partagée qu'il se dit.
Lors du Conseil national de Samedi dernier, l’autonomie a été votée à l’unanimité. Beaucoup pourraient croire que personne ou presque a une opinion contraire. Or, rien n’est plus faux. Florian Chiron, président du MoDem Allemagne et conseiller national qui ne pouvait être présent lors de ce Conseil national dans un commentaire sur le blog de Christophe Ginisty a lui-même précisé qu’il était pour une alliance Europe-Écologie-MoDem dès le 1er tour. Cette opinion n’est pas isolée au sein du Mouvement démocrate même si elle est minoritaire.

N’en déplaise à certains, je suis du même avis que notre ami allemand, une alliance avec Europe-Écologie aurait eu du sens. On pourra me rétorquer que les Verts ne veulent pas faire alliance au 1er tour. Certes ! Mais, ce que les Verts ne veulent pas c’est récupérer François Bayrou et Marielle de Sarnez qui pensent que l’écologie n’est qu’une thématique parmi d’autres et un cadre général de réflexion en soi. Par contre, ils sont parfaitement ouverts aux démocrates. Résoudre ce paradoxe est possible, reste à le vouloir, ce qui n’est plus le cas depuis samedi. Christophe Ginisty pense lui qu’un changement de situation sur la question des alliances de 1er tour est possible. Effectivement, j’ai eu aussi des échos qui me sont parvenus accréditant cette idée. Mais, je ne pense que nous sommes arrivés sur cette question à un point de non-retour.


L’alliance pour garantir l’indépendance.
De manière générale, les partisans de l’autonomie justifie cette démarche par l’idée qu’une alliance reviendrait à renoncer à nos idées, à renoncer à notre démarche de 2007 de faire de la politique autrement, à faire comme les vieux partis dont le modèle est totalement dépassé. Enfin, une alliance de 1er tour brouillerait notre image dans l’électorat. Je réfute cet argumentaire car une alliance ne signifie par autant une perte d’indépendance. Je vais vous en fournir un exemple très proche : le Front de gauche. On le sait, les communistes bien qu’ayant une très forte base militante sont réduits à une portion congrue dans l’électorat. Jean-Luc Mélenchon, en prenant son indépendance du PS pour fonder le Parti de Gauche puis en créant le Front de gauche pour unir l’extrême-gauche pour réussir à obtenir des députés lors du scrutin européen, a réussi marginaliser Besancenot tout en permettant à l’extrême-gauche de prendre son indépendance vis-à-vis du PS. On l’a appris la semaine dernière, le Front de gauche sera reconduit pour les régionales et le PCF ne fera d’alliance de 1er tour avec le PS. Ainsi, le PCF en s’alliant avec le PG garantit son indépendance d’avec le PS.


Bien sur, les 2 formations sont proches mais les fondements idéologiques proches mais le MoDem et Europe-Écologie sont moins éloignés qu’on le pense. Rappelez-vous 2007, Corinne Lepage avait soutenu François Bayrou pour la présidentielle puis avait rejoint le MoDem avec CAP 21 car les fondements de l’idéologie démocrate accordaient une large place à l’écologie et au développement durable. Ensuite, au Parlement européen, le MoDem est très proche d’Europe-Écologie. Corinne Lepage a proposé que le MoDem rejoigne le groupe parlementaire des Verts européens, elle n’a pas été suivie sur ce point mais un partenariat renforcé entre le groupe des Verts-ALE et le groupe ADLE. Le collectif Europe-Écologie a aussi clairement affiché sa volonté de se recentrer ce qui a engendré le départ de la député écologiste Martine Billard vers le Parti de Gauche de Mélenchon. Il y a donc une claire volonté d’Europe-Écologie de se rapprocher de l’idéologie démocrate et d’élargir son électorat au-delà de la simple question écologique. Les points de convergence sont donc nombreux.


Ensuite, l’intérêt d’une alliance avec Europe-Écologie est d’avoir le dessus dans le rapport de force avec le PS. Si le MoDem se présente en autonome, il fera certainement entre 8% et 12%, ce qui ne lui permettra pas de se maintenir partout. Le chemin sera donc très difficile dans le Nord-Pas-de-Calais et en région PACA pour passer les 10% et donc peser pour une alliance de 2e tour ou se maintenir. Car s’il y bien une chose qui n’est pas inconnue pour ces prochaines régionales, c’est le recul programmé du parti socialiste. Sans alliance de 1er tour avec le PCF et les Verts, avec l’émergence du Front de gauche et d’Europe-Écologie, le PS perdra aura mécaniquement un score plus faible au 1er tour et ne sera en position de force pour négocier des alliances de 2nd tour. L’autre facteur qui actera la recul du PS, l’ampleur de la victoire de 2004. Lors des dernières régionales, le PS avait remporté 20 régions sur 22 et en avait codirigé une 21e. Dès lors, le simple fait de perdre une région sera vécu comme une défaite pour les socialistes et comme une victoire que ce soit pour Europe-Écologie ou l’UMP. Enfin dernier élément, l’UMP qui a aspiré la plupart des partis de droite peut dans les régions où le PS a gagné avec une faible marge, faire basculer les régions.


Conclusion.
Pour gagner, il va donc nécessairement falloir des rassemblements larges que j’appelle des « coalitions arc-en-ciel » pour permettre aux forces qui souhaite l’alternance en 2012 de garder une forte influence au niveau des collectivités territoriales et empêcher l’UMP et Nicolas Sarkozy de porter des atteintes irrémédiables au modèle républicain français. Évidemment avec de tels rassemblements, il va falloir nécessairement faire des compromis pour peser sur la gouvernance des régions. Or, force est de constater que l’on pèse plus avec 20-22% qu’avec 8% ou 10%. Si on y réfléchit bien, on peut constater que nous partageons bien plus avec Europe-Écologie avec qui nous menons une coopération renforcée au Parlement européen et avec qui nous partageons nombre de nos idées qu’avec les socialistes.

Or, ainsi que l’a précisé François Bayrou à de multiples reprises, nous ne nous allierons probablement pas avec l’UMP surtout après les récentes décisions parlementaires et l’affaire Jean Sarkozy. Il semble donc nécessaire pour garantir notre indépendance et la prévalence de nos idées d’en passer par une alliance.

D’où le principe suivant auquel j’invite nos ardents partisans de l’autonomie à réfléchir.
Parfois, il vaut mieux : l’alliance pour garantir l’indépendance.

dimanche 25 octobre 2009

Conseil national du MoDem, une grande déception !

Dans mon précédent billet, je dressais un état des lieux avant un Conseil national important dans l'optique des régionales. Je m'attendais à être déçu, et malheureusement, mes attentes ont été comblées, au-delà même de ce à quoi je m'attendais. Pour tout dire, j'aurai préféré ne pas avoir raison mais bon ... Je crois que je vais être aussi écouté que Cassandre.

Reprenons l'ordre du jour, afin de faire une première analyse du Conseil national.


L'examen de la situation politique.
Les récentes polémiques et réformes ont été abordées. Le sujet "Jean Sarkozy" est bien sur venu sur le tapis et a fait l'objet d'un large consensus. Le Conseil national a reconnu le rôle important de Christophe Grébert et du MoDem dans l'affaire. Aucune mention n'a par contre été faite de la mobilisation du groupe des élus MoDem de la Défense alors que cette structure regroupant les élus démocrates concernés par la zone de l'EPAD est un vrai plus qui nous différencie.
L'autre question importante qui a été traité est l'impact de la réforme des collectivités territoriales surtout sur l'aspect financier. La suppression de la compétence générale des collectivités a été brièvement abordée. Cet aspect a été traité de façon insuffisante. A tort selon moi, car le sujet va revenir sur la table très rapidement et constituera qu'on le veuille ou non, un des éléments sur lequel la campagne des régionales va se jouer.


La préparation du Congrès d'Arras.
Ça été LE sujet qui a occupé le plus le Conseil national. Discuter du projet général du Mouvement démocrate, c'est ce qui intéresse nos conseillers nationaux. En tout, le Conseil national y a passé plus de 2h30 montre en main sur plus de 4h de Conseil national. Robert Rochefort a proposé un rapport de départ qui sera finalisé au Congrès d'Arras. En clair, le Congrès d'Arras modifiera à la marge un projet qui aura été très largement bouclé à l'avance.
Beaucoup de questions ont été abordées, la justice, la question de la dette, l'égalité, l'enseignement et surtout la jeunesse. Ce dernier sujet a été abondamment traité par le Conseil national. Nombre de conseillers nationaux prenait l'exemple de leurs enfants ou de proches pour expliquer de l'urgence à s'occuper du sujet. Cependant, souvent, les solutions proposées n'étaient pas du tout adapté au public visé dont je fais partie. Méconnaissance de la sociologie de la jeunesse, point de vue différent lié à la situation personnelle des Conseillers nationaux dont la moyenne d'âge dépasse allègrement les 40 ans. En résumé, une déconnexion et une incompréhension quant aux moyens pour attirer les jeunes lors des prochains scrutins.

Au bout de quelques temps, François Bayrou a dû siffler la fin de la récréation et passer au sujet suivant car l'heure étant assez avancée et l'essentiel de l'ordre du jour pas abordé.


La préparation des régionales.
Alors que le scrutin se rapproche, c'était LE sujet à aborder car de nombreuses questions se posent encore sans avoir jusqu'ici été résolues ou avoir été portées à connaissance du Conseil national. Au total, le Conseil national y a passé un peu plus d'1h. Question importantissime mais traitée bien trop rapidement.

En faisant court, on pourra dire que la question des alliances a été abordée ainsi que toute une série de questions importantes, mais beaucoup ont été oubliées par un manque évident de temps consacré au sujet. Il faut croire que l'idéalisme a pris le pas sur le réalisme et donc sur la nécessité d'être réellement prêt pour ces régionales.
Une résolution sur le sujet a été adoptée. Pour faire vite et noyer le poisson, tout a été voté d'un coup. Dans une seule et même décision, le Conseil national a approuvé le principe d'autonomie au 1er tour et de possibles alliances au 2nd tour. Rien n'a cependant été précisé sur le partenaire éventuel, hormis le fait qu'un partenariat avec l'UMP était clairement rejeté.
Jusque là, on peut se demander en quoi il est problématique d'avoir tout voté d'un coup. J'y viens.

En réalité, là ou ça coince sérieusement, c'est que le principe d'autonomie a été acté dans la même décision qui approuve aussi le mode de désignation des têtes de listes régionales.
Par prudence, je préfère prévenir les âmes sensibles et idéalistes, les lignes qui suivent sont dangereuses pour leur santé et surtout pour celle du Mouvement démocrate. Si vous vous sentez assez forts, poursuivez !

Le mode de désignation donc !
Rappelez-vous lors du Conseil national du 04 Juillet, François Bayrou lui-même avait proposé à la stupeur générale d'organiser des primaires. Joie chez beaucoup de conseillers nationaux, tonnerre d'applaudissements. Mais l'été est passé et le président du MoDem semblait troublé d'avoir à organiser des primaires. Lors du Conseil national du 06 Septembre à la Grande Motte, il a même tenté de revenir dessus. Mais devant le tollé provoqué, il a prudemment renvoyé la question en Bureau exécutif national. Qu'à cela ne tienne, le jeudi suivant, le même bureau se réunit en "Comité stratégique", nom folklorique pour éviter d'avoir à publier comme le Bureau exécutif doit le faire un ordre du jour et un compte-rendu. Lors de ce Bureau exécutif national, on discute de la méthode pour faire avaler aux militants la reconduction du mode de désignation, très contesté utilisé pour les élections européennes. En l'espèce, l'idée ne passe pas en interne notamment dans des régions comme le Nord-Pas-de-Calais ou l'Alsace où les critiques fusent.


Il fallait donc une décision du Conseil national pour unifier la procédure applicable.
Qu'à cela ne tienne et à l'exact opposé de ce que le Conseil national avait voté le 04 Juillet dernier, on évacue les primaires. Bizarrerie supplémentaire, à l'unanimité... totale ! Oui, vous avez bien lu le Conseil national est revenu à l'unanimité sur une décision opposée qu'il avait voté en Juillet dernier. Pas un vote contre, pas une abstention. L'unanimité !
Alors oui pour la presse, ça fait bien mais si on regarde bien, c'est particulièrement inquiétant et ennuyeux. D'abord car les têtes de liste seront désigné par décision du Bureau exécutif national qui choisira les têtes de liste puis soumettra sa décision aux militants pour aval.


Subtilité supplémentaire, François Bayrou aimerait que chaque région approuve ou rejette ses têtes de liste nommées et donc pas choisies par voie de primaires à son rythme. Traduction, chaque région validera ses têtes de liste suivant son calendrier.

Objectif affiché : permettre la souplesse nécessaire pour que chaque région avance à son rythme.

Objectif officieux et caché (qui n'engage que moi !) : enterrer discrètement les primaires pour les places éligibles qui seront nommées par François Bayrou et le Bureau exécutif national selon le même procédé utilisé pour les dernières élections européennes. Tant pis pour la "collégialité" promise suite à l'échec retentissant de Juin 2009, tant pis pour les adaptations promises. Dormez militants, le Bureau exécutif s'occupe de tout.
L'intérêt est donc de garder la main et de ne surtout pas faire confiance à cette espèce dangereuse qui pourrait causer la ruine du Mouvement démocrate : sa base militante !

Ainsi, dans une situation surréaliste, on a vu le Conseil national approuver l'exact opposée de qu'il demandait à corps et à cri. Pour reprendre Lénine : "Le capitaliste vous donne la corde pour le prendre.". C'est exactement ce qui s'est passé pour les régionales au Conseil national. Un constat ennuyeux à l'approche d'un scrutin assez important.


Les motions.
Après présentation des motions du jour par Chantal Portuèse, celles-ci ont été adoptées. Je ne vais pas vous mentionner tous les détails d'une procédure que je trouve particulièrement complexe et vous dire que ces propositions ont été adoptées à l'unanimité moins 2 abstentions pour la motion n°2 et l'unanimité mois 1 abstention pour la motion n°1 puisque François Bayrou a souhaité inverser l'ordre de traitement des motions.

La question de l'organe d'appel des décisions du CCC (Comité de conciliation et de contrôle) a aussi été adoptée. Il a cependant été difficile de s'entendre pour concilier les textes présentées avec les souhaits des uns (François Bayrou et le Bureau exécutif national) et des autres (les conseillers nationaux). François Bayrou souhaitant à tout prix, une procédure exclusivement écrite tandis les auteurs des initiatives présentés (avocats de profession) tenait à une certaine rigueur juridique. Toutefois, tout ce petit a réussi à s'entendre pour adopter une décision commune.


Les questions diverses.
Par manque de temps, la rubrique n'a pas été abordée en propre. Cependant, la parole a été abondamment données aux conseillers nationaux durant les différents temps de ce Conseil national.


Conclusion.
Une grande déception et c'est peu de le dire. Le Conseil national a approuvé sans broncher l'enterrement de ce qu'il a décidé, sans rien dire, sans même une abstention pour montrer une certaine septicité sur la décision prise. Rien !
Pourtant, aux vues de ce qui se dit dans les sections et au niveau local, la plupart des militants ont montré leur opposition avant ce Conseil national. Ainsi, rien ne s'est passé. Le Conseil national a capitulé en rase campagne devant la volonté du président du MoDem.
Pas un seul conseiller national n'a eu le courage de défendre un avis contraire et donc de porter la parole militante aux "chefs", pas un ! C'est à se demander à quoi sert le Conseil national puisqu'il approuve tout ce que François Bayrou ou presque.

Quant aux régionales, c'est apparemment un problème secondaire. Tout le monde est plongé dans le Congrès d'Arras. Pendant ce temps, on s'activera dans les bureaux du 133bis pour parachuter aux Unions régionales ce qu'elle aurait à dire ou à faire.
Congrès d'Arras qui assèchera durablement nos finances, tout en permettant habilement de décider tout ce que l'on veut pendant les militants réfléchissent eux concrètement aux Unions régionales. Une parfaite distraction !

vendredi 23 octobre 2009

Conseil national ce samedi matin.

Dans le tumulte des évènements récents, celui-ci parait assez anodin. Toutefois, à l'approche des régionales, il est important dans la vie du Mouvement démocrate. Beaucoup ont quitté ou quittent en ce moment le navire démocrate et il est intéressant de voir comment réagissent les "chefs" qui pour le moment semblent être dans leur tour et ne pas voir ou ne pas vouloir voir ce qui se passe vraiment.


Voici donc le menu du jour :

- examen de la situation politique ;
- préparation du Congrès d'Arras ;
- préparation des élections régionales ;
- examen de 2 motions déposés par plus de 10 membres du Conseil national, conformément à l'article 9 des statuts ;
- proposition du Bureau exécutif pour la procédure d'appel des décisions du Comité de conciliation et de contrôle (CCC) ;
- questions diverses.


En reprenant cet ordre du jour (remercions au passage Chantal Portuèse qui fait son boulot de conseillère nationale correctement, c'est rare !), on note malheureusement que beaucoup reste à faire et que beaucoup sera décidé en haut sans réelle consultation des militants.

L'examen de la situation politique devrait sortir un peu de l'actualité et voir s'attacher au interactions entre les démocrates et le terrain, parler du trop peu de visibilité du MoDem dans les derniers évènements (hormis Christophe Grébert, surtout mis en avant grâce à son statut d'élu blogueur) et aussi des manques dans la mise en place des mesures du Conseil national du 04 Juillet dernier.


La préparation du Congrès d'Arras.
C'est malheureux à dire mais ce Congrès est comme peuvent le voir les militants, pas donné. Il va impacter nos ressources de manière conséquente alors que quasiment rien n'est prêt, qu'il n'y a pas de locomotive pour faire ce Congrès. Je persiste et je signe donc, ce Congrès est une mauvaise idée.


La préparation des régionales.
Il est temps ! Les "Unions régionales" ont seulement commencé à se réunir, les listes ne sont pas prêtes par manque de candidats, les sondages ne sont pas vraiment favorables... On pourrait en faire tout un répertoire. Le traitement de cette question, tardif pour permettre à la direction du Mouvement démocrate de garder le contrôle nous mène dans le mur. Pour le moment, on se bat pour conserver les sortants dans leurs fonctions. Sauf qu'il est fort probable que nous n'ayons aucun élu dans un certain nombre de régions.

Étude de 2 motions.
Les conseillers nationaux, enfin certains, ont décidé d'user de leur pouvoir pour faire adopter des mesures. Seront-elles appliquées ? Les conseillers nationaux, toujours présents ou qui ont quitté le MoDem peuvent le confirmer, on ne compte plus les décisions du Conseil national non appliquées. Dans la sphère administrative classique, cela conduirait à un contentieux, pas au Mouvement démocrate.
Les propositions invoquées qui visent à permettre un égal accès des militants aux grands évènements démocrates sont bonnes. Elles seront certainement adoptées puisque la direction semble appuyer le projet au travers de divers membre du Bureau exécutif national. On attendra tout de même de voir les résultats.
A suivre, donc !


Questions diverses.
Mon moment préféré ! C'est à ce moment précis, que les conseillers nationaux peuvent sortir de leur cadre corseté et enfin dire les choses. Malheureusement, c'est rarement le cas ! Lorsqu'un conseiller national va à l'encontre du raisonnement de François Bayrou, on lui tombe dessus. Ou alors, le conseiller (ou la conseillère) en question se défaussera en citant expressément les propos des militants. Personne ou presque pour affirmer un avis contraire et l'assumer. C'est dommage !
Maintenant que Christiphe Ginisty est parti (un des seuls qui ait osé critiquer de façon constructive en Conseil national), on va voir ce que va donner.

Pour ma part, je suis très pessimiste et je pense que l'on va écarter les vraies questions et décider lorsqu'il sera trop tard. Rendez-vous donc ce matin pour voir ce que ça donne !