vendredi 21 août 2009

La claque qui embarrasse.


L’évènement a fait la une du site Internet du quotidien « The International Herald Tribune » ce jeudi 20 Août 2009 et suscite depuis de nombreux remous. Révélé par le quotidien Libération et France Inter, la nouvelle de la « claque » organisée pour la visite de Luc Chatel dans une grande surface de l’enseigne phare des Mousquetaires, s’inscrit pourtant dans une série de bidonnages réfléchis et organisés par l’UMP.


Petit rappel des évènements.
Ce lundi 17 août 2009, Luc Chatel fait une petite visite de terrain dans une grande surface du Sud de la région parisienne. L’objectif est de vérifier que la grande distribution respecte ses engagements sur « Les essentiels de la rentrée », un rayonnage entièrement consacrée aux fournitures indispensables pour la rentrée scolaire sur lesquelles les distributeurs se sont engagés à faire un effort sur les prix. A l’arrivée du ministre, l’aire de stationnement de la grande surface est étrangement remplie pour un lundi matin, ce qui étonne le ministre. La surprise se poursuit à l’intérieur puisque le rayon consacré aux « Essentiels de la rentrée » est bizarrement plein avec plus d’une dizaine de femmes qui se présentent comme des mères de famille faisant leurs courses de rentrée. Autre surprise, ces clientes connaissent toutes l’opération ministérielle.

En fait, les journalistes présents ont noté que le rayon était vide une demi-heure avant puis qu’il s’était rapidement rempli avant que les « fausses clientes » après avoir rapidement rempli leur panier n’ont pas quitté le rayon attendant le ministre. Les journalistes ont aussi noté que parmi les « fausses clientes » se trouvait une sympathisante UMP, conseillère municipale dans une commune proche de la grande surface où a eu lieu la visite ministérielle.

En fait, il s’avère que le bidonnage a été organisé par la chaîne des Mousquetaires. La direction a rameuté plusieurs de ses employées pour faire la claque devant le ministre de l’Éducation nationale et accessoirement porte-parole du gouvernement. Direction qui pris la main dans le sac, a juré ses grands dieux que tout était de sa faute et le ministre tout comme l’UMP n’y étaient pour rien.


Un bidonnage qui en rappelle d’autres.
Rappelez-vous, lors d’une visite du Président de la République, celui-ci s’était fait insulté par un marin pêcheur excédé des fausses promesses et de l’hypocrisie du gouvernement qui avalise les décisions en matière de pêche dans l’ambiance feutré du Conseil de l’Union européenne tout en déclarant haut et fort que « c’est la faute à Bruxelles ». Le président, courroucé, avait pris quelques mesures expéditives et muté quelques fonctionnaires outre ses propos proférés, indignes d’un président de la République qui avait répondu aux marins pêcheurs « Ben viens ! Descends ! ». Autre exemple, alors invité à inaugurer le salon de l’agriculture, le président avait alors répondu à un visiteur qui refusait de lui serrer la main « Casse-toi pov’ con ! », et les journalistes de l’équipe du « Petit journal » de Yann Barthès de noter que la foule accueillant à bras ouvert le président était en fait constitué de militants UMP rameutés pour l’occasion et de produire preuve à l’appui les invitations calligraphiées reçues par les militants UMP pour que ceux-ci soient bien présent pour la visite présidentielle.

Face à la menace de sanctions disciplinaires ou pour éviter d’avoir des ennuis, les préfets de la République se sont mis à faire des bidonnages à grande échelle et mettent en place des dispositifs sécuritaires dignes d’un 14 Juillet à chaque déplacement du président de la République. C’est ainsi que des villages ou des petites villes autour de 2 000 habitants voient facilement débarqués des effectifs policiers supérieurs à la population locale. Une petite ville de l’Yonne d’un peu plus de 2 000 habitants a donc vu plus de 3 000 policiers débarqués afin de canaliser la « foule » pour la visite puis le discours présidentiel. Discours qui officiellement devait s’adresser aux français mais dont le public était presque exclusivement UMP.

Depuis, la pratique perdure et c’est ainsi que les discours de Toulon, puis Saint-Quentin, officiellement non partisans ont réuni des milliers de personnes. Personnes qui s’avérèrent être militants UMP à plus 75% ou 85% et ce alors que la côte de popularité présidentielle était au plus bas.

Ainsi, alors que le gouvernement se glorifie d’une croissance de +0,3% au second semestre ce qui après application de la marge d’erreur peut se ramener à 0% voir à un nombre négatif, l’affaire du bidonnage de la visite ministérielle pour faire de la retape pour « Les essentiels de la rentrée », opération qui s’avère être un échec patent mais qui est néanmoins reconduite, tombe mal. Surtout que contrairement aux autres évènements, la presse internationale l’a bien mis en vu.


Qui dit vrai ?
La direction d’Intermarché assure que l’opération vient d’elle exclusivement et que la présence d’une employée sympathisante UMP et conseillère municipale dans une municipalité à majorité UMP n’est qu’une coïncidence. Difficile à avaler mais possible.

Plus raisonnablement, il est très probable que le ministère de l’Éducation n’ait rien à voir avec cette opération. Vu le peu de considération du président pour ses ministres qu’il traite comme de simples figurants et donc qu’ils n’ont que peu de pouvoirs, les questions étaient tranchés par le président et mises en œuvre directement par les administrations, il semble que Luc Chatel n’ait rien à voir dans l’affaire.

Tel n’est pas le cas de l’UMP qui a pris la fâcheuse habitude de faire la « claque » lors des visites ministérielles et présidentielles afin d’attirer un public choisi et trié sur le volet pour garantir le succès de la visite et garantir un accueil favorable de la part du public.

Le cas de la direction d’Intermarché est lui plus inquiétant et montre à quel point, notre pays est en train de glisser vers l’esprit de Cour. Il ne s’agit plus de montrer la réalité ou simplement de faire un peu de retape pour les mesures ministérielles, il s’agit tout simplement de bidonner les évènements pour s’attirer la faveur gouvernementale. Si effectivement, la direction d’Intermarché a demandé à ses employés de faire de la figuration, ce qui semble être le cas, l’évènement est suffisamment important pour que l’on s’y attarde. Cela montre à quel point notre société est malade.


Au final, on peut noter que tout ceci ne sert pas à grand-chose car les français ne sont pas aussi bêtes qu’on tente de le faire croire. Ils savent très bien quand on se moque d’eux et le font comprendre ! Monter de telles opérations ne fait que ridiculiser le gouvernement et les personnes qui y sont partis prenantes.

2 commentaires:

philippe a dit…

Est ce la premiere fois : Rappelez vous de Morano

Orange pressé a dit…

Je sais qu'il y avait Morano, mais je n'allais pas tout rappeler dans les détails. Je mentionne néanmoins que cela s'inscrit bien dans une série clairement planifié.