mardi 22 juin 2010

Un K.O. bien pratique !

Depuis le 11 juin dernier se déroule en Afrique du Sud, la XIXe Coupe du monde de football. Évènement le plus médiatisé au monde devant les Jeux Olympiques d’été, la Coupe du monde de football est vécue par une majorité comme un moment de détente essentiel et pour une minorité comme un supplice qui n’a de positif qu’un accès plus aisé aux lieux de divertissement traditionnels. Mais que l’on fasse parti d’un camp ou de l’autre, difficile d’échapper au climat émotif suscité par l’évènement, notamment ses récents développements concernant l’équipe de France.


Une pause s’impose.
Le monde ne s’arrête pourtant pas de tourner, et la situation difficile que nous traversons est temporairement mise de côté le temps de la compétition. Qui s’en plaindrait d’ailleurs, tant les mauvaises nouvelles se succèdent aux mauvaises nouvelles. Déçus par leur équipe nationale (peu-t-on encore parler d’équipe d’ailleurs), les français se consolent en regardant les portugais gagner 7-0 contre la Corée du Nord sous un temps pluvieux qui leur fait un temps oublié qu’en France, c’est l’été. L’évasion temporaire est nécessaire afin d’affronter nécessaire afin d’être de nouveau d’attaque face aux difficultés à surmonter. Le fait est que pendant ce temps, les gouvernements ne chôment pas, voir au contraire s’active pour profiter un peu des vacances qui s’approchent.


Manque d’attention, manque de réaction.
Tout en oubliant pas de garder un œil sur les performances respectives de leurs différentes sélections nationales, les gouvernements de principaux pays européens préparent ou vont présenter quand ce n’est pas déjà des plans de rigueur sans précédent. Le coup d’envoi a été donné par la Grèce, bien qu’en réalité le pays ne fasse que rattraper son retard par rapport aux autres pays européens, et s’est étendu aux « pays du club Med »que sont le Portugal et l’Espagne pour éviter la contagion. Pour les « poids lourds de l’Europe » ainsi que sont surnommées les 4 plus grandes économies d’Europe que sont l’Allemagne, la France, le Royaume-Uni et l’Italie, les plans d’austérité ont été annoncés ou vont l’être prochainement, mais cela n’intéresse pas les populations dont le regard est tout entier tourné vers l’Afrique du Sud. Cette baisse d’attention fatale pour la mobilisation sociale, risque de conduire les gouvernements à « charger la barque » en profitant de la situation pour prendre des mesures plus drastiques que prévus avant que la mobilisation ne se fasse autour du sujet.

L’exemple type est la question des retraites en France qui malgré plusieurs journées d’action peine à mobiliser. Si le gouvernement de François Fillon, conforme à ses habitudes a lancé des simulacres de négociations avant d’imposer son projet, le climat et le manque de réaction des français l’incitent à accélérer la manœuvre.

L’objectif, en réalité est simple mais redoutable. D’une part, il s’agit évidemment de combler le déficit des régimes de retraite qui est important et s’annonce abyssal sans réforme sur le sujet. La réforme présentée, évite d’augmenter l’imposition et de toucher au montant des pensions de retraite. Il s’agit somme toute de choisir la solution la moins problématique.
D’autre part, il s’agit de gagner du temps. La proposition du gouvernement n’assurera, on le sait maintenant l’équilibre des régimes de retraite que jusqu’en 2012. Pour la suite, mystère. Le problème est qu’après 2012, le problème ne sera pas réellement solutionner avec le projet présenté. Que faire alors ?


Conclusion.
En profitant de l’étroite fenêtre qui leur est offerte pour faire passer leurs projets les plus douloureux, les gouvernements jouent la facilité mais s’exposent aussi à un automne explosif. En n’ayant pas réellement le courage d’annoncer à leurs populations ce qui les attend, les dirigeants oublient que les efforts devront se faire sur le long terme. De leur côté, les populations anesthésiés provisoirement par la Coupe du monde de football risquent de regretter amèrement leur faible mobilisation ultérieurement. S’il faut parfois penser à autre chose, il est bon de ne pas relâcher sa garde.

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