dimanche 27 mars 2011

Faire pencher la balance...

Aujourd'hui, dimanche 27 mars 2011, 2e tour des dernières élections cantonales. Un jour un peu particulier, puisque donc ce scrutin clôturera la période de l'élection des conseillers généraux et annonce la fin prochaine de l'échelon départemental qui sera fusionné avec l'échelon régional. Mais en ce jour, tel n'est pas l'intérêt de mon propos.

Aujourd'hui, lors de ce 2e tour, pour la première fois depuis un moment, l'abstention bat des records sur fond de montée du Front national. L'un comme l'autre montre un ras-le-bol certes, mais aussi une certaine désinvolture de la part des français.


L'abstention, fausse excuse mais vraie raison.
L'abstention donc bat des records ce qui est non seulement triste, mais déplorable car ceux qui n'iront pas voter seront les premiers touchés, quand bien même diraient-ils que cela ne changerait rien, qu'ils auraient tort. Ainsi, les rares électeurs des Hauts-de-Seine à s'être déplacé ont-ils l'occasion aujourd'hui de porter la voix de millions de français en infligeant la plus grande baffe depuis 1995 au président de la République. Chirac avait dissous et en avait pris 15 millions en 1995.

Le dimanche 27 mars 2011, les électeurs des Hauts-de-Seine ont de fortes chances d'en mettre une grosse, que dis-je une énorme baffe en votant pour les candidats opposés à ceux étiquettés UMP dans les 3 cantons de Puteaux, Levallois et Neuilly. Oh, l'élection de ces 3 conseillers généraux ne va pas fondamentalement changer la face des Hauts-de-Seine, tenu d'une ferme main par l'UMP, mais le vote en faveur de messieurs Grébert, Fromantin et Antoine de Courson aurait le mérite de déloger Vincent Franchi (dernier rejeton de la « dynastie »Ceccaldi-Reynaud), Marie-Cécile Ménard (fidèle d'entre les fidèles de la Sarkozye) et, last but not least Isabelle Balkany. Excusez du peu !

Et ainsi de faire comprendre au président de la République et à l'UMP que non, les français ne sont pas des veaux et qu'ils exigent une chose de leurs représentants politiques : de l'éthique !


« Pour votre santé, ...
...voter à chaque scrutin, vous empêchera d'être pris pour un imbécile ».
Pour beaucoup, le grand gagnant de ce scrutin est le Front national qui a réussi à s'imposer au cœur de la campagne des cantonales. Le président de la République et une bonne partie de l'UMP, à force de courir derrière l'extrême-droite, a fini par y convertir une part conséquente de son électorat. Le président de la République pensait écarter le Front national du 2nd tour et éviter les triangulaires en relevant le seuil pour participer au second tour de 10% à 12,5% des inscrits mais la principale victime fut l'UMP qui a été éjectée dans bien des cas.

Depuis les résultats du 1er tour, on nous bassine donc avec les concepts de « front républicain », de « vote utile » et des cacophonies au sein de la droite pour savoir quelle sera la consigne à donner aux électeurs. Ainsi, dans le département du Nord, un certain Hervé-Marie Morelle qui a eu l'honneur des lignes d'un de mes homologues blogueurs, a-t-il donné pour consigne de voter blanc. D'autres n'ont pas pris position, d'autres encore de former un « front républicain ». D'autres, la plupart d'ailleurs, auront le choix entre deux candidats « républicains » et s'éviteront ainsi un choix difficile.

Pour ma part, je préfère la position défendue par François Grosdidier, député en Moselle qui déclarait dès lundi matin sur les ondes de France Info qu'il défendait un « vote républicain » qui ne serait pas un « front républicain ». Selon lui, parler de « Front républicain » reviendrait à rentrer dans le concept frontiste « d'UMPS » et de préciser que dans un « vote républicain », on peut certes ne pas être d'accord avec le candidat opposé à celui du Front national mais il n'y a pas à hésiter car les deux ne défendent pas les mêmes valeurs.

Ainsi, confronté dans mon canton, à un duel PS-FN, je n'hésiterai pas une seconde à voter pour le candidat PS quand bien même je ne partage ni ses idées, ni sa passion pour le cumul des mandats. Le candidat frontiste n'a pas les mêmes valeurs ni la même conception respectueuse des autres. L'hésitation n'est donc pas possible quand bien même le candidat centriste pour lequel j'ai pu voté au 1er tour ne donnerait pas de consigne de vote.

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