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jeudi 6 février 2014

Revue de presse environnementale n°4.

Au sommaire de cette nouvelle revue de presse environnementale : développement durable et décentralisation, autorisation unique et biodiversité.


Développement durable et décentralisation.

Indicateurs de développement durable.

En premier lieu, le CGDD a publié sur son site un référentiel des indicateurs de développement durable applicable aux territoires fruit d'une réflexion concertée avec la Datar et de la consultation des différents acteurs concernés : élus, associations environnementales, statisticiens et autres experts.

L'ensemble n'est pas téléchargeable directement mais uniquement par partie le composant. Vous trouverez donc les rubriques suivantes :

Sommaire et introduction (PDF - 2.4 Mo)
Cette rubrique contient bien évidemment le sommaire détaillé mais aussi, plus intéressant, un tableau récapitulatif recensant les thèmes déclinés ci-dessous et leurs orientations.

Consommation et production durables (PDF - 4.1 Mo)
Sont détaillés ici, les indicateurs autour des prélèvements en eau, de l'agriculture (notamment biologique) ainsi que ceux ayant trait à la production de déchets et leur valorisation.


Société de la connaissance et développement économique et social (PDF - 5.5 Mo)
Sont développés ici les indicateurs relatifs au niveau de formation et à l'emploi, ainsi que ceux plus classique d'ouverture à l'international, de développement et de PIB par habitant.

Bonne gouvernance (PDF - 2.4 Mo)
Plus courte que les autres, cette rubrique traite des agendas 21 ainsi que du processus décisionnel en matière de développement durable.

Changement climatique et maîtrise de l’énergie (PDF - 2.8 Mo)
Cette rubrique traite quant à elle de la production d'énergie et de la part d'énergies renouvelables parmi elle, des émissions de GES et inclut les indicateurs relatifs aux températures hivernales.

Transport et mobilité durables (PDF - 3.1 Mo)
Sont ici mentionnés les indicateurs relatifs aux parts des transports ferrés et fluviaux, à la répartition des différents modes de transport et plus classique des indicateurs relatifs à la route (accidentologie, bruit).

Conservation et gestion durable de la biodiversité et des ressources naturelles (PDF - 6.8 Mo)
Plus étoffée, cette rubrique traite des sites Natura 2000 et des milieux naturels en général, des populations d'oiseaux et de poissons, de l'artificialisation du territoire ainsi que les indicateurs relatifs à la pollution (nitrates, pesticides, logements non raccordés à l'assainissement).

Santé publique, prévention et gestion des risques (PDF - 5.8 Mo)
Dans cette rubrique, vous trouverez les indicateurs relatifs aux inondations, aux risques industriels, à la qualité de l'air aux côtés de ceux plus connus de mortalité et d'espérance de vie.

Cohésion sociale et territoriale (PDF - 7.6 Mo)
Enfin, vous trouverez ici les indicateurs relatifs au taux de pauvreté, au chômage, aux problématiques liés à la jeunesse (jeunes sans diplômes ou non insérés) ainsi que d'autres indicateurs relatifs à la disparité des niveaux de vie, l'accessibilité des services publics ainsi qu'au temps de trajet entre domicile et travail.

Glossaire et sigles (PDF - 2.8 Mo)


Prochain transfert obligatoire de la compétence d'assainissement ?

Dans le cadre de la troisième loi de décentralisation de l'acte III de la décentralisation, le transfert obligatoire de la compétence assainissement vers les intercommunalités et EPCI est sur la table. Actuellement, ce sont les communes qui sont compétentes en la matière en vertu de l'article L. 2224-8 du CGCT qui dispose "I.-Les communes sont compétentes en matière d'assainissement des eaux usées.". Cette compétence pouvait toutefois déjà être transférée mais ce transfert n'était que facultatif en vertu de l'article L. 5211-17 du même code.

Ici, l'objectif du législateur est de rassembler l'ensemble des compétences relatives à l'eau potable et de l'assainissement dans le cadre d'une gestion de grand cycle de l'eau prônée depuis quelques années par les différents acteurs de la filière. Pour mieux conforter cette idée, le législateur envisage aussi le transfert obligatoire de la compétence de gestion des milieux aquatiques.

Pour aller plus loin, vous trouverez un résumé de la législation actuelle à l'adresse suivante : http://www.vie-publique.fr/politiques-publiques/politique-eau/services-eau-assainissement/

Vous trouverez aussi un article détaillé du site Actu-environnement à l'adresse suivante : http://tinyurl.com/l9k5wky


Autorisation environnementale unique.

Actuellement, lorsque l'on veut faire émerger un projet, le candidat potentiel est soumis à un vrai parcours du combattant et doit demander de multiples autorisations relatives à l'environnement. Ces documents s'additionnent les uns aux autres rallongeant considérablement le développement et le coût des projets en question. Conscient du problème, le législateur a pris le problème à bras le corps et décider de fusionner ces différents documents en une autorisation environnementale unique. Si l'on n'arrive pas pour autant à la simplification existante dans d'autres pays européens comme le Danemark, cette évolution devrait tout de même faciliter grandement la vie des porteurs de projets.

Deux types d'installations sont concernées. D'abord, les éoliennes et usines de méthanisation. Et, dans une autre catégorie les autres installations classées soumises à autorisation. Dans un premier temps, une expérimentation serait réalisée dans 7 régions principalement situées dans un grand quart Nord-Ouest de la France.

L'objectif est double :
- réduire les délais d'instruction et donc aboutir un rapide rejet des projets non viables ;
- organiser les voies de recours via un délai de recours spécifique contre les prescriptions.

Plus de détails sur le site Actu-environnement : http://tinyurl.com/k5aeq7qPar ailleurs, les textes seront prochainement soumis au Conseil supérieur de l'énergie (plus de précisions sur le CSE ici : http://tinyurl.com/9wzsput ) d'après l'avocat Arnaud Gossement : http://tinyurl.com/lhgx8rj .


Biodiversité en Ile de France.

Enfin, l'agence régionale pour la nature et la biodiversité en Ile de France (Naturparif) a récemment publié un rapport établissant le diagnostic de la biodiversité dans la région capitale. Ce diagnostic d'une longueur de 68 pages établit la situation par type de milieu (zones humides, forêts, milieux ouverts, cœur d'agglomération) après un bref rappel historique et méthodologique.

Au-delà du constat que la région est la plus artificialisée de France, l'agence conclut que, malgré une large proportion rurale (79%), il n'existe pas ou peu de surfaces échappant à l'activité humaine. Très agricoles, les terres fertiles d'Ile de France sont néanmoins peu riche en biodiversité du fait l'uniformisation des pratiques agricoles. Le rapport dresse donc un état des lieux et prévoit les mesures à prendre pour enrichir et développer la biodiversité de la région. Cet enrichissement ayant certes un coût mais compensé par un apport non négligeable en termes de services rendus du fait d'une biodiversité plus riche.

Pour plus d'informations, voir l'article publié par Actu-environnement : http://tinyurl.com/knm3cq2Le rapport en lui-même est disponible sur le site de Naturparif à l'adresse suivante : http://tinyurl.com/mut4ojc

vendredi 25 novembre 2011

Le poids du MOX, le choc du veto.


 
Invité de Parole directe sur TF1, François Bayrou a réaffirmé qu’il serait candidat. Annoncée du bout des lèvres dans les matinales radiophoniques dernièrement, cette annonce était prévisible dans la mesure où l’émission « Parole directe » se tient à la plus forte heure d’écoute en matière télévisuelle, à savoir le jeudi soir en première partie de soirée. Une émission marquée de deux manières et d’une critique majeure.


Une intervention « gaulliste ».
Annonçant clairement et calmement ses divers engagements, François Bayrou a présenté les grandes lignes de la feuille de route qu’il compte présenter aux français. Une feuille de route limpide axée sur la restauration de l’État, des services publics et le redressement des finances de l’État. Rappelant les efforts que les français seront amenés à faire pour que la France retrouve son rang, l’actuel député des Pyrénées-Atlantiques a insisté sur un point : une juste répartition des efforts. Après des années de cadeaux fiscaux coûteux et inefficaces auprès de clientèles électorales, la France ne peut se permettre d’une répartition de l’impôt inéquitable au risque d’une explosion sociale. Tel était en somme, le message de François Bayrou. Un message clair et responsable avec  par moments, des accents gaulliens.


Atomic circus.
Depuis une semaine, c’est LA question qui fâche. Quelle place accorder au nucléaire en France ?
Soulevée par l’épisode surréaliste de l’accord entre le Parti socialiste et les Verts, celle-ci est devenue un enjeu de campagne majeur autant parce que les Verts ont décidé d’en faire un casus belli avec Solférino que des conséquences de la catastrophe de Fukushima en matière de sûreté nucléaire. A cela, il convient de rappeler que la France se trouve actuellement à la croisée des chemins énergétiques et doit décider du renouvellement ou non de son parc nucléaire. Sur la question, François Bayrou a joué la prudence en proposant un débat public qui permettra aux français de trancher. S’il ne faut pas ignorer qu’il s’agit là d’une réelle avancée, la question énergétique ayant été confisqué par la technocratie française élevée à l’atome depuis sa plus tendre enfance, on ne pourra s’empêcher d’être déçu par un manque d’engagement sur la question. A ce « Je vous ai compris », l’annonce de quelques mesures fortes en faveur des énergies renouvelables ou des économies d’énergie auraient eu un impact d’envergure pour les entreprises du secteur, très nombreuses à retenir leurs investissements du fait d’un contexte législatif instable.


Le  veto de la liberté. 
Mais de cette intervention, beaucoup ont retenu tout autre chose. Ainsi, la surprise fut grande lorsque les téléspectateurs apprirent que dans l’accord signé entre le Parti socialiste et les Verts pour 2012, qu’il contenait un point sensible : la renonciation au droit de veto à l’ONU. La bombe était lâchée, François Hollande envisage de renoncer à un des éléments qui fait encore de la France, une puissance qui compte, le droit de veto au Conseil de sécurité de l’ONU.

François Hollande aurait donc bradé l’honneur de la France dans un sombre accord de couloir ? Ou alors, y a-t-il eu emballement médiatique ?

Seul l’avenir le dira. Mais dans pareil cas, il convient de s’en référer au texte d’origine pour éviter les erreurs et les déformations. Et qu’est-il écrit dans l’accord PS-Verts ? Que la France renoncerait à son droit de veto unilatéralement ? Pas vraiment !

En réalité, il est écrit ceci : « La France fera des propositions précises pour réformer et démocratiser l’ONU afin qu’elle structure un ordre juridique et normatif global : siège européen, droit de veto, meilleure représentativité des pays du Sud au sein du Conseil de sécurité, renforcement du rôle des ONG. ».


Traduction pour le non-initié, il ne s’agit là que d’une proposition qui n’engage à rien. Proposition qui, dans l’hypothèse où elle serait favorablement reçue (ce qui reste à démontrer), serait le corollaire d’un siège européen complémentaire aux 27 sièges des pays membres de l’Union européenne. Autre aspect important, le droit de veto ne serait pas supprimé que pour la France mais pour tous les membres permanents du Conseil de sécurité ce qui inclut la Chine, les Etats-Unis, la Russie et le Royaume-Uni. L’idée est de rééquilibrer la gouvernance mondiale et de tenir compte du poids croissant des pays émergents que sont le Brésil, l’Afrique du Sud, l’Inde et d’autres.

Il s’agit aussi de faire sauter les obstacles existants à une intervention de l’ONU en Syrie, ou de permettre d’accepter la Palestine comme État-membre de l’ONU en se basant sur le seul principe de l’accord de la majorité des membres. Certes, la France y perdrait un peu en pouvoir mais ce serait le cas aussi des autres membres permanents. Une perte qui serait compensé par un poids accrue de l’Union européenne. On est loin du désastre, du cataclysme annoncé par quelques-uns.

Cette proposition n’est d’ailleurs pas une révolution puisque les pays émergents l’ont posé sur la table depuis quelques années. Une idée rejetée par les membres permanents qui se refuse à abandonner leur statut privilégié.

« La France braderait-elle son rayonnement » ? Pas si sur ? En étant pionnière d’un rééquilibrage mondial, elle pourrait aussi y gagner en prestige.


Que retenir.
François Bayrou est de nouveau d’attaque. L’expérience de deux campagnes présidentielles, la compréhension des enjeux majeurs sur les finances publiques et l’importance d’une juste répartition des efforts laissent à penser qu’il sera une nouvelle fois, en mesure de bousculer les prévisions.

mercredi 21 septembre 2011

Le nucléaire français condamné ?


Quel place pour le nucléaire en France et plus largement en Europe après le revirement allemand et la confirmation italienne de renoncer au nucléaire ?



Changement d'ère ?
Incontestablement, moindre. Tout du moins, au premier abord. N’oublions pas que parallèlement au renoncement de certains pays, auparavant déjà engagés dans la sortie du nucléaire tel que l’Allemagne ou l’Italie, d’autres comme la Finlande, le Royaume-Uni et la France se sont, eux, lancés dans un processus de renouvellement de leurs centrales vieillissantes. Décision qu’ils n’ont pas remis en cause, loin de là après Fukushima. Au contraire, il l’a justifie en précisant que la technologie européenne du nucléaire, plus sûre, conforte leur choix.

L’Allemagne a-t-elle donné le signe qu’un changement européen drastique allait s’opérer en matière de politique énergétique ? Oui et non. Oui, car incontestablement, le retournement si rapide d’un grand pays sur une question aussi importante n’est pas à négliger. Non, car, comme après chaque catastrophe, la sécurité s’accroit. Pour le nucléaire, ce dernier facteur justifiera des prix de l’énergie en hausse.



Fin de l'exception française ?
Reste le levier du droit communautaire de l’énergie qui occupe une place substantielle. Selon Arnaud Gossement, la position française n’est plus tenable et qu’à terme, des changements drastiques influenceront la France sur le nucléaire. Certes, le droit de l’énergie est le résultat en bonne partie du travail réalisé au plan communautaire. Et effectivement, la France, ces derniers temps, a été marginalisée, mais c’est plus par sa volonté d’en rester au statut quo ou de s’en tenir à de timides réformes que la France s’est distinguée. Quelques concessions en matière de sûreté nucléaire aideront à faire oublier cet épisode.

La spécificité française en matière nucléaire n’est pas unique, plusieurs autres pays européens veulent soit la maintenir pour ne pas dépendre de la Russie, comme en Europe de l’Est, soit la développer pour assurer leur consommation d’énergie comme le Royaume-Uni. La France n’est donc pas seule et il serait un peu présomptueux d’estimer que le droit communautaire remettrait en cause la spécificité française. Tout simplement, parce le choix français du nucléaire relève d’une décision politique majeure, un des rares enjeux pour lesquels les États ont gardé leur souveraineté.

On a d’ailleurs bien vu qu’il était plus que compliqué de changer les choses lors des négociations à propos du paquet climat-énergie. La Pologne et plusieurs autres pays ont freiné des quatre fers et ont faillit faire capoter le projet. Ajoutons la France et le Royaume-Uni à ces pays et le mélange s’avèrerait plus compliqué à changer qu’il n’y parait.


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Crédit photo : ~ Pil ~

mardi 20 septembre 2011

« Le nucléaire, c’est fini pour nous »


En marge d’un contexte plutôt chargé, le conglomérat Siemens, a annoncé qu’il entendait se retirer du secteur nucléaire ou pour être précis, des pans d’activité du secteur uniquement dédié au nucléaire. L’annonce n’est pas surprenante et était même prévisible pour l’allemand suite à ses récents déboires judiciaires.

Présentée comme un tournant majeur pour l’industrie par certains ou comme une « révolution » par d’autres, la décision de l’entreprise doit être remise en perspective à l’aune de plusieurs facteurs. L’autre volet soulevé est  celle des potentielles conséquences de cette décision. Autrement dit, la France va-t-elle voir sa politique énergétique changée ? Ce dernier point fera l'objet d'un second article.



Partir en restant.
Peter Löscher, président du groupe Siemens AG, l’a annoncé très clairement : « Le chapitre [nucléaire] s’est refermé pour nous ». Pour David Barroux, rédacteur en chef du quotidien « Les Échos » et d’autres, il serait « condescendant » d’y voir la conséquence du retournement allemand sur le nucléaire suite à la catastrophe de Fukushima. Si effectivement, il serait réducteur de se focaliser uniquement sur cet aspect, il serait tout aussi réducteur de qualifier la décision de Siemens de visionnaire voire de « révolutionnaire » car révolutionnaire, elle n’est pas.

Pour s’en convaincre, il suffit de plonger dans le passé, non pas en mars lors des évènements de Fukushima, mais un peu plus loin au moment de la décision allemande de sortir du nucléaire prise par le gouvernement Schröder ainsi que sur les décisions prises par Siemens en matière nucléaire depuis quelques temps.

En premier lieu, la décision de sortie du nucléaire en Allemagne ne date pas d’hier, elle date de quelques années, le 14 juin 2000 précisément, lors de la signature de la convention de gouvernement entre la coalition rouge-verte alors au pouvoir et les exploitants de centrale. Tout y avait été déjà prévu : la date de sortie du nucléaire, les différentes étapes et échéances ainsi que les modalités de la montée en puissance des énergies renouvelables. Ce n’est qu’au terme d’une longue bataille au Parlement et dans la société allemande, que la décision de prolonger fut adoptée dans la douleur en novembre 2010. Il ne s’agissait pas d’hâter la sortie du nucléaire mais bien d’en revenir au calendrier initial. Dès lors, la décision perd beaucoup de son caractère révolutionnaire.

En second lieu, la décision de Siemens n’est pas le signe d’une anticipation visionnaire de l’avenir énergétique du monde mais tout simplement, une décision de gestion actant les erreurs passées de l’entreprise dans le secteur nucléaire. Fabriquant de centrales, l’entreprise Siemens avait noué en 2001, un partenariat avec le français Areva dans le domaine nucléaire dans la joint-venture Areva NP. Mais, les affaires étant les affaires, Siemens voyant le potentiel du marché russe, avait par la suite décidé de faire un enfant dans le dos de son allié en nouant un partenariat avec le russe Rossneft qu’il espérait plus profitable. Hélas, le français Areva découvrit le pot aux roses et renvoya promptement son partenaire devant les tribunaux allemands qui ne purent que constater l’écart de conduite de l’allemand et le condamner au paiement d’une pénalité de 639 millions €. Ce revers ne fut pas le seul et dans l’ensemble, Siemens accumulait les pertes dans le secteur nucléaire ces dernières années. La situation n’allant pas en s’arrangeant avec le revirement allemand, Siemens a tout simplement décidé d’arrêter les frais et de se retirer d’un segment de marché qui n’était plus rentable pour l’entreprise. Le contexte défavorable au nucléaire n’a que peu impacté les décisions de l’entreprise puisqu’encore une fois, la prolongation du nucléaire en Allemagne ne fut acté que fin 2010, quand les partenariats noués remontaient bien avant. Pour Siemens, le contexte suite à Fukushima a fourni un prétexte bien pratique pour masquer de mauvaises décisions opérationnelles passées et magnifier un peu les nouveaux investissements dans le secteur des énergies renouvelables. Une bonne gestion d’entreprise suppose aussi une bonne communication, ce qui est le cas ici pour Siemens.

« L’énergie est notre avenir… »
L’avenir du nucléaire est passé de radieux à incertain, ce qui se traduit à plusieurs horizons.

A court terme, évidemment que non ; la nature ayant horreur du vide, la place laissée par Siemens sera occupée par d’autres.

A moyen terme, aussi, les pays émergents qui sont les véritables acteurs du marché de l’énergie sont en pleine phase d’équipement et sont contraints de produire beaucoup, très vite, et pour longtemps. On le voit d’ailleurs très bien avec la Chine et l’Inde, pour ces pays, le nucléaire est tout simplement incontournable. Mais cela ne veut pas dire qu’ils négligent pour autant les énergies renouvelables. La Chine est le 1er producteur mondial de panneaux photovoltaïques mais ces derniers sont de médiocre qualité et à faible rendement. Même chose dans le secteur éolien avec une fiabilité très mauvaise. Cela ne les décourage pas et la Chine progresse. En Inde, le solaire est tout simplement incontournable car il permet d’électrifier le pays sans déployer un réseau coûteux en hommes et en entretien.

A long terme, les choses paraissent plus incertaines. Malgré des ressources en uranium déjà surexploités, rien ne dit que le marché ne continuera pas à se développer. Reste à savoir la place qu’il aura ? Probablement moindre puisque la pression à la hausse des prix de l’énergie conjugué aux économies d’échelle et aux progrès en termes de rendement, poussera à l’adoption d’énergies renouvelables. On peut donc raisonnablement penser qu’un retournement est possible, surtout après Fukushima.

vendredi 27 mai 2011

La Suisse quitte l'atome.

La nouvelle est tombé mardi dernier, le Conseil fédéral suisse a décidé de présenter au Parlement du pays, un projet de sortie progressive de sortie du nucléaire.

En pratique, rien n'est fait, mais il faut rappeler que le Parlement suisse suit généralement les recommandations du Conseil fédéral dont les décisions sont prises de manière consensuelle.

Une volte-face qui en dit long.
Pour bien mesurer l'importance de la décision suisse, il convient de se replacer dans le contexte local. Depuis plusieurs années, le débat entre partisans et opposants du recours à l'atome connait un regain d'intensité. Mais, même si les opposants au nucléaire gagnaient dernièrement du terrain, une majorité de la population suisse approuvait le nucléaire civil et avaient déjà rejeté une sortie ou un arrêt des centrales lors de plusieurs votations (équivalent local d'un referendum).

Dans la continuité de cette position, le Conseil fédéral suisse avait décidé en novembre 2010 une relance du programme nucléaire civil suisse, après un débat animé. L'objectif était simple : remplacer les centrales nucléaires actuelles du pays, vieillissantes pour de nouvelles plus performantes de 3e génération (type EPR). Un appel d'offres devait même être lancé dans les années suivantes afin de déterminer le type de centrale qui serait installé.

Puis, patatra, le 11 mars 2011, les conséquences de l'important séisme dans la région de Sendai au Japon et du tsunami qui l'a suivi sur la centrale de Fukushima-Daichi ont changé la donne. Quelques jours plus tard, le gouvernement helvète décidait d'un moratoire sur la construction de nouvelles centrales nucléaires civiles et d'un audit des 5 centrales nucléaires que compte le pays. Depuis, les différentes annonces de Tepco et du gouvernement japonais révélant de façon à peine voilée que le situation était incontrôlable malgré les efforts déployés ont poussé nombre de pays à revoir complètement leur politique sur la question du nucléaire civil.

Mardi 24 mai 2011 donc, le Conseil fédéral suisse décidait de mettre un terme à l'utilisation de l'atome dans le pays en optant pour une sortie progressive du nucléaire. Dans le projet présenté, cette sortie s'étalerait jusqu'en 2034 lorsque toutes les centrales nucléaires existantes auront terminée leur exploitation d'une durée de 50 ans.


Et après ?
Pleinement conscient que sortir du nucléaire ne s'improvise pas, le gouvernement suisse sur l'importance de la réduction de la consommation énergétique du pays qui doit notamment se traduire par une meilleure efficacité dans le bâtiment. Il prévoit ensuite un fort développement des énergies renouvelables, l'amélioration de l’intégration au réseau énergétique européen et en dernier ressort, le recours à des centrales à cycle combiné (biomasse/gaz naturel). En complément de ces mesures pratiques, le gouvernement suisse suggère, en outre, d'augmenter considérablement les moyens de la recherche locale dédiée à l'efficacité énergétique et aux énergies renouvelables.

Ces solutions, logiques, suscite des réactions diverses chez les partisans et opposants de l'atome. Tandis que les pro-nucléaire voient que les centrales nucléaires arrêtées seront remplacées par les énergies fossiles, émettrices de gaz à effet de serre; les anti-nucléaire notent de leur côté que cette solution n'est envisagée qu'en dernier recours et que la priorité est donnée à la réduction de la consommation d'énergie et au développement des énergies renouvelables.

Et, à terme, il est vrai que la Suisse qui, de par sa géographie, bénéficie d'une forte production hydroélectrique peut se passer de l'énergie nucléaire et arriver à une énergie 100% propre si elle réduit significativement sa consommation d'énergie.


Une solution transposable ?
Mais l'exemple suisse est-il transposable à d'autres pays ? La question mérite d'être posée et, nombre de gouvernement n'excluent plus une hypothèse de sortie du nucléaire civil. La Suisse peut en sortir aisément, puisqu'elle dispose déjà avec ses barrages d'une source d'énergie propre abondante. La situation suisse n'est toutefois pas transposable intégralement à la plupart des pays.

Néanmoins, les pistes suivies pour compenser l'impact sur la structure énergétique du pays vont dans le bon sens. La Commission européenne ne dit pas autre chose puisque rappelle régulièrement aux États-membres de l'Union européenne l'importance de l'accroissement de l'efficacité énergétique et de l'intégration des réseaux européens d'énergie. Les solutions et les alternatives existent donc. Certains pays opteront plutôt pour l'énergie éolienne comme les pays d'Europe du Nord, d'autres comme la France ou l'Espagne peuvent espérer des solutions intermédiaires mixant hydroélectricité, énergie éolienne et solaire. Et d'autres encore comme les pays du Sud de l'Europe recourront plutôt à l'énergie solaire dont les rendements encore faibles devront être améliorés.

Sortir du nucléaire est donc possible, mais il faut le faire progressivement, de manière coordonnée et en réduisant très fortement la consommation d'énergie. Des points sur lesquels nombre de pays européens trainent encore des pieds.

jeudi 28 avril 2011

Grandes manoeuvres dans l'éolien en mer.

La publication de l'appel d'offres sur l'éolien en mer avait pris des mois avant de devenir réalité fin 2010. A l'époque, les différents opérateurs de la filière interrogés sur ce point, répondaient souvent la chose suivante : l'essentiel était déjà joué puisque les zones favorables correspondaient peu ou prou aux projets et études déjà lancés par les principaux opérateurs. Dans le lot, on retrouvait ainsi la zone du Tréport, dont le projet était déjà fort avancé; le débat public requis ayant été clos peu avant la publication de l'appel d'offres éolien. C'est donc dans ce contexte qu'a eu lieu l'annonce de l'alliance entre Areva et le groupe GDF-Suez pour répondre à ce fameux appel d'offres.


Quelle logique industrielle ?
La réalité n'est un secret pour personnes, l'éolien en mer, plus encore que l'éolien terrestre est une affaire intensément capitalistique. Là, où il suffit de quelques millions voire dizaines de millions € pour des projets terrestres, les projets éoliens en mer se chiffrent en centaines de millions €. La taille des projets, plus importante, mais aussi l'expertise requise font mécaniquement grimper l'addition. Toutefois, les projets semblaient rester accessibles aux principaux développeurs éoliens installés en France comme Juwi, WPD ou encore Enertrag, opérateur du parc de Veulettes-sur-mer sans oublier « La compagnie du vent », opérateur du projet du Tréport. Cette dernière entité, filiale du groupe GDF-Suez est l'une des entreprises les plus avancées sur son projet en mer, et il est très probable que celui-ci sera retenu à l'occasion de l'appel d'offres en cours.

Dans l'optique de répondre au mieux à cet appel d'offres mais aussi dans un souci de rationalisation, le groupe GDF-Suez avait récemment annoncé le regroupement de ses différentes filiales dans les énergies renouvelables. Nouvelle étape cette semaine, puisque le groupe a annoncé avoir conclu un accord avec le groupe Areva dans l'éolien en mer. L'objectif est simple, allier les expertises des deux groupes pour avoir des chances accrues de décrocher la timbale lors de la première de l'appel d'offres portant sur une puissance totale de 3 GW.

A première vue, on pourrait penser qu'il s'agit de l'alliance de la carpe et du lapin. Que peuvent donc faire ensemble un spécialiste du nucléaire et un groupe fortement nucléarisé lui aussi, mais qui, de surcroît, est un des principaux acteurs mondiaux dans les énergies fossiles au travers de GDF. En réalité, l'accord entre les deux groupes n'est pas si étrange que cela. Le groupe GDF-Suez possède de nombreuses filiales dans les énergies renouvelables notamment dans l'éolien tandis que le groupe Areva dispose lui aussi de filiales dans le secteur.

Le groupe GDF-Suez dispose surtout d'opérateurs de production et de développeurs éoliens tandis qu'Areva peut compter sur des entreprises fabriquant des éoliennes adaptés à la production en mer. Pour l'un comme pour l'autre, ces spécialisations ont principalement été acquises par croissance externes :
- La compagnie du vent, Eole génération, Maia Eolis, Erelia, CN'Air pour GDF ;
- Multibird pour Areva.


Marché entre initiés ?
Il reste que l'alliance entre ces deux grands groupes ne laisse pas indifférent.
En premier lieu, parce que cela démontre que le gouvernement, actionnaire des deux entités, ne peut avoir été laissé à l'écart de cette décision. Auteur de l'appel d'offres, actionnaire à 34% de GDF-Suez et actionnaire direct ou indirect de plus de 88% d'Areva, l'État entend ainsi clairement lancer la filière en France, alors qu'il est accusé depuis l'adoption du Grenelle II de tout faire pour empêcher le développement des énergies renouvelables.

En deuxième lieu, parce que ce mouvement n'est pas isolé. Alstom et EDF-Énergies nouvelles, dont EDF a récemment acquis la totalité du capital, ont eux aussi conclu une alliance dans le secteur. Rien de surprenant là aussi à ce que ces groupes s'allient. Alstom dispose d'un savoir-faire reconnu dans le secteur de l'énergie puisque le groupe produit lui aussi des éoliennes de forte puissance et des turbines de qualité pour l'ensemble de la fiière.
EDF-Énergies nouvelles n'est pas plus inconnu. Acteur majeur dans les différentes énergies renouvelables en France, l'entreprise, filiale de l'opérateur historique, va clairement bénéficier du regain d'intérêts pour les énergies renouvelables de la part d'EDF suite à la catastrophe de Fukushima-Daichi et à la suspicion pour le nucléaire.

Mais, ces opérations ne vont pas tarder de faire réagir les entreprises du secteur et les associations. Certes, la constitution de ces deux pôles est une bonne nouvelle puisqu'ainsi, la France disposera au travers de ces deux consortiums de deux champions mondiaux. Néanmoins, les observateurs feront remarquer que ces pôles regroupent presque uniquement des opérateurs publics. Autre problème qui pourrait surgir à terme, ces consortiums ne regroupent que des grands groupes. On peut penser que le manque de flexibilité peut constituer un handicap en terme de réactivité.

Dernier point qui fera surtout réagir les associations, l'impression que tout sera décidé entre initiés et que les PME n'auront aucune chance d'obtenir une part du gâteau. Économiquement, ces alliances sont pertinentes mais en terme de communication, l'impact peut être négatif. Certes, l'alliance GDF-Suez - Areva sera probablement complétée par WPD, développeur reconnu et filiale d'un opérateur d'envergure sur le très concurrentiel marché allemand mais l'alliance est aussi en discussion avant avec le groupe de BTP Vinci. Objectif affiché : disposer rapidement de connaissances en matière de génie civil en mer.


Conclusion.
De cet évènement, une question se pose : l'alliance GDF-Suez - Areva est-elle une bonne chose ? A défaut d'avoir une réponse toute faite, la question mérite d'être posée. Pour les nécessaires réprobations qu'elle va soulever bien sur, mais au-delà, sur l'orientation de la politique industrielle française. La France doit-elle continuer à favoriser en permanence l'émergence de champions mondiaux ? Le contexte économique morose que traverse le pays montre les failles du modèle économique français. Ce modèle est basé sur de grands champions entouré d'une multitude de petites entreprises mais entre les deux, le vide se fait rudement sentir, notamment à l'export.


Or, c'est précisément à l'export, que l'Allemagne est un champion incontesté. L'absence d'un « Mittel stand » cosntitué de grosses PME exportatrices nuit à l'ensemble des entreprises. Aux grandes entreprises, puisque ces dernières ne disposent d'interlocuteurs suffisamment forts pour répondre à leurs besoins à court et moyen terme. Aux petites entreprises qui ne trouvent pas non plus de partenaires de taille adéquate pour les accompagner dans leur développement sans crainte de se sentir submergé ou la crainte de se faire écraser par les grandes entreprises.
L'État, enfin, car il parvient pas à équilibrer sa balance commerciale.

L'émergence de ce consortium est donc à la fois une bonne et une mauvaise nouvelle. Il révèle la volonté de faire de la France, un pays tourné vers l'éolien en mer. Mais, il révèle aussi ses faiblesses à ce qu'une telle filière ait une existence pérenne et indépendante de l'initiative étatique.

lundi 14 mars 2011

Nucléaire, le nouveau boom.

Conséquente inattendue du séisme au Nord-Est du Japon, le relance du débat sur le pertinence du nucléaire en France et dans le monde.

Les faits.
En effet, suite au séisme et au tsunami généré par ce dernier, le bâtiment d'un premier réacteur (le n°1), puis celui d'un deuxième réacteur (le n°3) ont été pulvérisé. Point de nouveau Tchernobyl pour le moment puisque les bâtiments contenant les réacteurs, très légers, ne participent pas à la protection contre les risques nucléaires et que les cuves étanches le sont toujours. Néanmoins, des rejets radioactifs dans l'air ont eu lieu.

L'explosion ou plutôt les explosions sont la conséquence directe du séisme. En effet, suite à ce séisme, l'alimentation électrique des réacteurs et de leurs circuits de refroidissement ont lâché. Normalement, les systèmes de secours auraient dû marcher. Mais, ces systèmes de secours sont alimentés par des diesels qui ont été noyés par le tsunami. Il a donc fallu amener des groupes électrogènes de forte puissance et de l'eau borée permettant de stopper la réaction en chaîne pour refroidir les réacteurs. Mais suite au séisme, les axes de circulation étant complètement saturés, les opérations ont pris du retard. Les barres de combustible, qui doivent être immergées en permanence, ont réchauffés l'air et produit de l'hydrogène qui a causé l'explosion ou plutôt les explosions.

A l'heure actuelle, le réacteur n°2 menace lui aussi d'exploser et certaines informations à prendre avec une prudence renforcée parlent d'un fort risque de fusion du réacteur.
Sur les 6 réacteurs de la centrales de Fukushima, il y en donc 2 dont les bâtiments ont explosé, un 3e qui est sérieusement menacé, et 3 autres sous surveillance.

Ironie de l'histoire, le réacteur n°1 dont le bâtiment a explosé a été jugé suffisamment sûr pour voir son exploitation prolongé de 10 ans le mois dernier, en Février 2011 donc. A cela s'ajoute les risques dans d'autres centrales.


Le débat relancé.
C'est dans ce contexte que le débat sur le nucléaire est relancé. Le réseau « Sortir du nucléaire » et d'autres, mais aussi le cabinet Huglo-Lepage sont donc en première ligne sur ce point. Pour parler de ce dernier, c'est par l'intermédiaire de deux des associés que sont Corinne Lepage et Arnaud Gossement. Si ces derniers interviennent à titre personnel et non pour leur cabinet, on peut noter de leurs interventions de nombreux points intéressants.

Catastrophisme écologiste ?
Corinne Lepage d'abord semble avoir une vision un peu dramatique pointant notamment le silence et le secret sur le nucléaire. Ce dimanche, elle était invité d'un débat sur i>Télé avec Éric Besson, actuel ministre de l'énergie qui sans se démonter tient des propos excessivement rassurants. Un point de vue très tranché donc, mais qui n'est pas sans susciter des réactions contrastés. Ce lundi, la députée européenne avait l'occasion de répondre aux questions de Canal+ dans l'édition spéciale.

De l'autre, la position d'Arnaud Gossement plus mesurée semble plus refléter la réalité des choses. Invité d'Europe 1 lors du débat du journal du midi, Me Gossement rappelle que sortir du nucléaire à terme n'impose pas la fin du nucléaire en France mais la réduction de la place du nucléaire dans notre spectre énergétique. Position plus contrastée et qui a le mérite de moins offrir le flanc à la critique.

D'autres comme Daniel Cohn-Bendit ou Nicolas Hulot, respectivement invités d'Europe 1 et de France Inter ont de leur côté demandé l'organisation d'un débat sur le nucléaire.


Volte-face au gouvernement.
Du côté du gouvernement, après les premières réactions d'Éric Besson niant le fait que les évènements à Fukushima étaient très optimistes et se voulaient outrageusement rassurantes, comme en témoigne les attaques d'Éric Besson contre Corinne Lepage lors du débat organisé sur i>Télé dimanche.

Moins impérative, et plus rationnelle, Nathalie Kosiusko-Morizet, qui rappelons-le n'a plus l'énergie dans le périmètre de son ministère, a eu une position mesurée lors de son intervention au journal télévisée de 20h de France 2 rappelant que si le nucléaire n'est pas sans risques, la situation géographique et géologique française est moins problématique que la situation japonaise.

Invité d'une matinale radio ce lundi, NKM a reconnu que la situation de la centrale de Fukushima était une catastrophe nucléaire importante. Une nouvelle fois, NKM prouve sa compétence puisque sans nier les risques, elle a dénoncé les propos excessifs de certains écologistes.


Conclusion.
On le voit, les derniers évènements déchainent les passions. Si un débat sur la place de l'énergie nucléaire clair et transparent doit avoir lieu, il convient de ne pas s'égarer dans des positions extrêmes. Certes, la France pays le plus nucléarisé au monde doit revoir sa position sur cette énergie et l'adapter à la lumière des derniers évènements au Japon et des conséquences que l'on va en tirer. Néanmoins, il convient aussi de ne pas partir dans des envolés demandant la fin immédiate du nucléaire.

Car non, il ne sera pas possible de passer du jour au lendemain du nucléaire, pas plus que dans les 10 ans à venir. Néanmoins, en prenant la décision de réduire sa place dans notre mix énergétique, nous permettrons aux énergies renouvelables de devenir plus efficaces, plus performantes et de se tailler une vraie place dans notre pays. Cette décision permettrait aussi de donner enfin, le coup de fouet nécessaire au développement des différents secteurs liés aux économies d'énergies.

Non, il n'est pas impossible de sortir du nucléaire tout comme il n'est pas possible pour le moment de s'en passer. Comme le dit le proverbe : « Rome ne s'est pas faite en un jour ». La France de demain, ne se fera non plus si vite.