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lundi 6 mai 2013

Redresser la France, quel programme !

En ce lundi 06 mai 2013, Jean-Louis Borloo accompagné de Jean-Christophe Lagarde et Hervé Morin présentait son programme de redressement national. Un programme listant 10 décisions "vitales" à prendre pour le redressement de la France.



Un air de déjà-vu.
Ce programme qui se veut une alternative à ce que met en œuvre l'actuel gouvernement de gauche laisse à sa lecture une impression de réchauffé. Et pour cause, il reprend bon nombre de propositions contenue dans le programme d'un des candidats à la présidentielle, un certain François Bayrou, président du MoDem. Les propositions de l'UDI sont toutefois moins développées tant sur le plan économique que social, mais surtout en restent au plan des orientations générales sans chiffrage. Dommage !

Que les dirigeants de l'UDI fassent des propositions si proches de François Bayrou et du MoDem, cela n'est en rien étonnant puisqu'ils sont issus d'un courant de pensée proche voir commun et qu'ils ont milité durant plusieurs années dans la même formation politique. On peut toutefois noter une différence de taille avec les propositions de Béarnais : l'absence de mesure sur la moralisation de la vie publique.

En effet, alors que celui-ci avait fait de cet aspect un préalable indispensable de toute réforme publique, l'UDI semble plus timorée sur le sujet. La raison en est assez simple : nombre d'entre eux sont des cumulards et hostiles à l'une des mesures phares du référendum sur la moralisation de la vie publique : la fin du cumul des mandats. Une difficulté qui se retrouve aussi dans l'actuelle majorité parlementaire que dans l'opposition.


La possibilité d'un consensus.
L'autre confirmation sous-jacente  est la confirmation qu'il existe au sein de la vie politique française un courant réformateur, un noyau autour duquel des réformes en profondeur pourraient être élaborées puis votées afin de remettre le pays des droits de l'Homme sur le bon chemin et lutter enfin efficacement contre le chômage. Une possibilité qui se confirme chaque jour par les prises de position de personnalités de l'opposition comme de la majorité parlementaire actuelle.

Cette opportunité doit être exploitée car la France a cruellement besoin de réformes de structure durables pour faire face aux défis qui l'attendent. Un tel consensus a permis de redresser notre voisin d'Outre-Rhin et bon nombre d'autres pays confronté à la nécessité de s'adapter aux défis économiques actuels. Le temps n'est plus à la satisfaction de revendications électorales de tel ou tel groupe de pression mais bien à la sauvegarde de notre modèle de société.

mardi 3 avril 2012

La constance et l'union.

A l'occasion de sa première grande réunion publique parisienne, François Bayrou avait voulu relancer une campagne jugée stagnante selon les médias. Dans un discours enthousiaste et mobilisateur, François Bayrou a surtout insisté sur deux points clés dont aura besoin la France pour les années à venir : de la constance et un rassemblement.


Constance et persévérance.
A l'heure où on l'on prévoit des records d'abstention pour le 1er tour des présidentielles, où la population semble désabusé par un nombre croissant de promesses non tenues et d'une communication non suivie d'effets tangibles sur le terrain, François Bayrou s'illustre par un discours constant pointant les vrais problèmes auxquels les français font face. Aux polémiques sur la viande halal et l'immigration, François Bayrou oppose la question du chômage, de l'emploi via la problématique du « produire français » thème qu'il a su imposer dans la campagne.

A « l'IVG de confort » dont parle le Front national, François Bayrou insiste sur la priorité de remettre en ordre un système de santé qui dépense trop là où il pourrait dépenser mieux en faisant plus notamment une réforme des urgences hospitalières. Les Français, simples citoyens comme journalistes, sont d'ailleurs unanimes : François Bayrou est le seul homme politique ayant un programme sérieux, basé sur des hypothèses économiques réalistes. Loin des promesses tapageuses des autres candidats faisant ressembler la campagne électorale à une vente aux enchères de la France, il convient de ne pas verser dans les fausses promesses.

La France ne peut se permettre de verser dans un nouveau cercle vicieux et de danser au bord du gouffre. Elle doit se retrousser les manches, faire face aux problèmes au risque de voir son avenir un plus obscurci.


L'impératif du rassemblement.
L'Europe est confrontée à l'un des plus sérieux défis qu'elle a connu depuis des années ce qui lui impose de se remettre en question. Et cela passe par la constitution de larges rassemblements afin de mener sereinement les réformes structurelles dont les pays européens ont besoin mais, qu'ils ont, pour la plupart repoussé depuis des années. En optant pour la discussion en lieu et place de l'affrontement, l'on pourra poser de nouvelles fondations et rattraper des années de laisser-aller. Les citoyens y sont prêt et l'on fait savoir dans les urnes dans quelques pays notamment en Allemagne, où la grande coalition est non seulement accepté mais aussi souhaité aussi bien au niveau fédéral qu'au niveau des Länder (Sarre notamment).

En Italie, un gouvernement composé de personnalités civiles reconnues pour leurs compétences a été mis en place afin de remettre le pays dans le droit chemin. En dépit des résistances internes dues à la suppression des nombreux privilèges clientélistes mis en place par les gouvernements successifs, Mario Monti et son équipe parviennent à Romano Prodi en avait été empêché. Les parlementaires italiens soutiennent son action, conscients que le pays est au bord du précipice. Et lors de la session plénière de Février 2012, les parlementaires européens ont félicité son action.

En France, les citoyens aussi souhaitent vivement un tel rassemblement mais, par un subtil paradoxe, ne semblent pas prêts à le concrétiser dans les urnes. En dépit des nécessaires efforts à faire dont ils sont conscients, les français semblent plus enclins à accorder leurs suffrages à des candidats multipliant les promesses irréalistes, les rêves et les illusions comme Jean-Luc Mélenchon, François Hollande ou Nicolas Sarkozy. A tel point que l'hebdomadaire britannique « The economist » titre dans sa dernière édition : « La France dans le déni ».

Face à ces promesses dont le coût donne le vertige (+ 9 milliards € de dépenses supplémentaires prévues, rien que cette semaine pour chacun des deux principaux candidats que sont Nicolas Sarkozy et François Hollande), tous s'accordent à dire que le seul candidat dont le projet soit marqué par la vérité est François Bayrou.


Dépasser les habitudes.
La Ve République fut construite avec l'objectif de rationaliser les excès d'un parlementarisme qui a rendu la France ingouvernable. La démocratie française consolidée, il importe maintenant d'en corriger les défaillances comme la bien faible participation d'un Parlement et plus particulièrement d'une Assemblée nationale trop souvent réduite à un rôle de chambre de godillots. Devenue une véritable imprimerie législative, l'Assemblée nationale a adopté plus de 240 lois en 5 ans soit une moyenne élevée de 48 textes par an sans compter les ordonnances ni les textes règlementaires d'application.

Pour juguler ce défaut, il importe de mieux faire la loi en rassemblant les grandes tendances politiques et d'élaborer des textes moins nombreux ayant fait l'objet d'un consensus. Un tel rassemblement ne peut se faire en reconduisant l'un des camps qui se succèdent au pouvoir depuis plus de 30 ans mais bien en faisant le choix de la vérité et de la lucidité. En des temps difficiles, il est tentant de se bercer d'illusions et de se dire qu'un changement pour l'autre grand parti serait une belle et bonne chose. En réalité, le choix n'est pas celui du changement mais uniquement de savoir si les français souhaitent s'en sortir ou pas. Et cela, seul le vote François Bayrou est à même de le leur apporter.

jeudi 19 janvier 2012

François Bayrou veut rendre au peuple français sa dignité.


Ce jeudi, lors de sa première grande réunion publique à Dunkerque, François Bayrou a opté pour un discours offensif. Tandis que Nicolas Sarkozy tente de se dissimuler derrière une multitude de propositions plus ou moins claires présentées lors de ses vœux au monde économique et que François Hollande donnait la bise à Éva Joly sur les quais de la gare de Lyon, François Bayrou a insisté sur le désespoir particulier qui marque le peuple français en ce moment.


Populaire, cette injure.
Plus qu’un simple mot, François Bayrou a rappelé que le peuple était à la base de la France. Et de citer à l’appui, l’article 2 de la constitution de 1958, plus particulièrement son principe un « gouvernement du peuple, par le peuple et pour le peuple » et déploré que l’on ne voit plus qu’en populaire et populiste, deux dérivés du mot peuple, des insultes. Un état qu’il trouve révélateur de l’état d’esprit de nos élites. A cet état d’esprit, François Bayrou oppose l’importance de ne pas parler au peuple en s’abaissant « car ils s’imaginent que le peuple est plus bas qu’eux » mais au contraire de lui montrer le respect qu’il mérite en lui parlent avec grandeur, une attitude d’ordinaire réservée aux puissants.


Les petits, cet exemple à suivre.
En opposition frontale avec la doxa sarkozyste de l’argent roi, François Bayrou préfère prendre pour exemple « les petits, les obscurs, les sans-grades qui ont besoin que l’on parle en leur nom en France ». Et de citer à l’appui, le courage des personnes en difficulté. En voulant combler le déficit et ses représentants, François Bayrou a refusé les solutions de facilité que proposent Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon notamment le rejet de la situation actuelle sur le système bancaire international. Le peuple français a les ressources pour se sortir des problèmes dans lesquels l’inaction des « partis provisoirement principaux » que sont l’UMP et le PS les y ont mis.


« Un pays, un peuple doit prendre en main son destin »
La France peut se sortir de sa situation actuelle, c’est cet espoir que François Bayrou entend rendre aux français. Loin de la sinistrose de l’un et de la supposée hauteur pris de l’autre, le béarnais considère la situation actuelle comme une chance. Une chance pour la France de remettre son modèle de production, son modèle d’excellence quelle soit éducative ou industrielle au cœur des priorités de la politique nationale. Produire en France est possible car la France a de nombreux talents dans les secteurs clés  de l’économie verte notamment dans l’énergie et les industries de l’environnement, secteurs maltraités dernièrement.

Et conclure, par son slogan de campagne : « Un pays uni, rien ne lui résiste ».

Qu’on se le dise, François Bayrou a non seulement enclenché la vitesse supérieure dans sa campagne mais plus que cela, il a tenu à proposer un nouveau cap à la France. Un cap qui n’ignore pas les français mais leur redonne les clés de leur destin.

vendredi 25 novembre 2011

Le poids du MOX, le choc du veto.


 
Invité de Parole directe sur TF1, François Bayrou a réaffirmé qu’il serait candidat. Annoncée du bout des lèvres dans les matinales radiophoniques dernièrement, cette annonce était prévisible dans la mesure où l’émission « Parole directe » se tient à la plus forte heure d’écoute en matière télévisuelle, à savoir le jeudi soir en première partie de soirée. Une émission marquée de deux manières et d’une critique majeure.


Une intervention « gaulliste ».
Annonçant clairement et calmement ses divers engagements, François Bayrou a présenté les grandes lignes de la feuille de route qu’il compte présenter aux français. Une feuille de route limpide axée sur la restauration de l’État, des services publics et le redressement des finances de l’État. Rappelant les efforts que les français seront amenés à faire pour que la France retrouve son rang, l’actuel député des Pyrénées-Atlantiques a insisté sur un point : une juste répartition des efforts. Après des années de cadeaux fiscaux coûteux et inefficaces auprès de clientèles électorales, la France ne peut se permettre d’une répartition de l’impôt inéquitable au risque d’une explosion sociale. Tel était en somme, le message de François Bayrou. Un message clair et responsable avec  par moments, des accents gaulliens.


Atomic circus.
Depuis une semaine, c’est LA question qui fâche. Quelle place accorder au nucléaire en France ?
Soulevée par l’épisode surréaliste de l’accord entre le Parti socialiste et les Verts, celle-ci est devenue un enjeu de campagne majeur autant parce que les Verts ont décidé d’en faire un casus belli avec Solférino que des conséquences de la catastrophe de Fukushima en matière de sûreté nucléaire. A cela, il convient de rappeler que la France se trouve actuellement à la croisée des chemins énergétiques et doit décider du renouvellement ou non de son parc nucléaire. Sur la question, François Bayrou a joué la prudence en proposant un débat public qui permettra aux français de trancher. S’il ne faut pas ignorer qu’il s’agit là d’une réelle avancée, la question énergétique ayant été confisqué par la technocratie française élevée à l’atome depuis sa plus tendre enfance, on ne pourra s’empêcher d’être déçu par un manque d’engagement sur la question. A ce « Je vous ai compris », l’annonce de quelques mesures fortes en faveur des énergies renouvelables ou des économies d’énergie auraient eu un impact d’envergure pour les entreprises du secteur, très nombreuses à retenir leurs investissements du fait d’un contexte législatif instable.


Le  veto de la liberté. 
Mais de cette intervention, beaucoup ont retenu tout autre chose. Ainsi, la surprise fut grande lorsque les téléspectateurs apprirent que dans l’accord signé entre le Parti socialiste et les Verts pour 2012, qu’il contenait un point sensible : la renonciation au droit de veto à l’ONU. La bombe était lâchée, François Hollande envisage de renoncer à un des éléments qui fait encore de la France, une puissance qui compte, le droit de veto au Conseil de sécurité de l’ONU.

François Hollande aurait donc bradé l’honneur de la France dans un sombre accord de couloir ? Ou alors, y a-t-il eu emballement médiatique ?

Seul l’avenir le dira. Mais dans pareil cas, il convient de s’en référer au texte d’origine pour éviter les erreurs et les déformations. Et qu’est-il écrit dans l’accord PS-Verts ? Que la France renoncerait à son droit de veto unilatéralement ? Pas vraiment !

En réalité, il est écrit ceci : « La France fera des propositions précises pour réformer et démocratiser l’ONU afin qu’elle structure un ordre juridique et normatif global : siège européen, droit de veto, meilleure représentativité des pays du Sud au sein du Conseil de sécurité, renforcement du rôle des ONG. ».


Traduction pour le non-initié, il ne s’agit là que d’une proposition qui n’engage à rien. Proposition qui, dans l’hypothèse où elle serait favorablement reçue (ce qui reste à démontrer), serait le corollaire d’un siège européen complémentaire aux 27 sièges des pays membres de l’Union européenne. Autre aspect important, le droit de veto ne serait pas supprimé que pour la France mais pour tous les membres permanents du Conseil de sécurité ce qui inclut la Chine, les Etats-Unis, la Russie et le Royaume-Uni. L’idée est de rééquilibrer la gouvernance mondiale et de tenir compte du poids croissant des pays émergents que sont le Brésil, l’Afrique du Sud, l’Inde et d’autres.

Il s’agit aussi de faire sauter les obstacles existants à une intervention de l’ONU en Syrie, ou de permettre d’accepter la Palestine comme État-membre de l’ONU en se basant sur le seul principe de l’accord de la majorité des membres. Certes, la France y perdrait un peu en pouvoir mais ce serait le cas aussi des autres membres permanents. Une perte qui serait compensé par un poids accrue de l’Union européenne. On est loin du désastre, du cataclysme annoncé par quelques-uns.

Cette proposition n’est d’ailleurs pas une révolution puisque les pays émergents l’ont posé sur la table depuis quelques années. Une idée rejetée par les membres permanents qui se refuse à abandonner leur statut privilégié.

« La France braderait-elle son rayonnement » ? Pas si sur ? En étant pionnière d’un rééquilibrage mondial, elle pourrait aussi y gagner en prestige.


Que retenir.
François Bayrou est de nouveau d’attaque. L’expérience de deux campagnes présidentielles, la compréhension des enjeux majeurs sur les finances publiques et l’importance d’une juste répartition des efforts laissent à penser qu’il sera une nouvelle fois, en mesure de bousculer les prévisions.

samedi 14 août 2010

Nicolas Sarkozy a -t-il réussi son coup ?

Les récentes tentatives de Nicolas Sarkozy de distraire l'opinion en mettant l'accent sur un thème qui a jadis fait sa réussite ont-elles réussi ?


Ni vu, ni connu ?

C'est ce que semble penser David, mon homologue de Singulier démocrate dans un billet intitulé : « Les boucs émissaires de Nicolas Sarkozy » daté du 13 août 2010. Notre ami pense que la stratégie mise en place pour détourner l'attention de l'opinion publique française fonctionne et occulte les problèmes actuels que rencontre la Sarkozye. Il semble aussi penser que la droitisation de Sarkozy peut fonctionner.


L'éclipse.
Ce point de vue, je ne le partage pas. Si les articles de mon breton homologue sont souvent pertinents, je pense que sur ce point, il a tort.


Le contexte.

En premier lieu, pour des raisons contextuelles. Actuellement, la France est en état léthargique, elle tourne au ralenti (il suffit d'ailleurs de se balader dans Paris vers 20h pour le constater), elle sommeille. En conséquence, elle ne réagit pas ou peu. A l'heure où beaucoup de français sont partis en vacances se changer les idées, il me semble quelque peu hâtif de tirer de telles conclusions.



La couverture médiatique.
En deuxième lieu, les « boucs émissaires » ou plutôt les sujets sur lesquels Nicolas Sarkozy compte obtenir des résultats en matière sécuritaire, loin d'occulter l'affaire Béthencourt, ne sont qu'un feu de paille, un épisode certes accompagné d'un discours d'exclusion mais qui ne changera pas la réalité du terrain.

Après le sondage polémique du quotidien « Le Figaro » qui n'a pas étonné Jean-François Kahn, la couverture médiatique de l'affaire « Béthencourt-Woerth » ou plutôt « des » affaires ne fait certes plus la une, mais le sujet reste largement traité en pages intérieures et continue à faire l'objet d'encadrés en « une ». Rien que cette semaine, on relèvera que le quotidien « La Tribune » en a fait indirectement sa « une » lundi dernier. Mediapart a sorti une nouvelle information de taille sur le sujet. Le Canard enchaîné traite abondamment de la chose au travers de plusieurs articles tandis que Marianne y consacre aussi plusieurs papiers. Les autres grandes institutions de la presse traitent aussi du sujet. « L'affaire » n'a donc pas disparu, elle est seulement moins traitée. Toutefois, son importance est telle, les conflits d'intérêt si considérables, qu'elle plane toujours au-dessus de la tête des principaux protagonistes.

Et tout comme la lune ne fait qu'occulter temporairement la lumière du soleil durant une éclipse, les propos outranciers de Nicolas Sarkozy, et son virage qui fleurent bon le bleu foncé voir le brun, n'auront pas les effets escomptés par les conseillers du Château et risque de lui aliéner un électorat de droite conservateur mais qui tient aux grands principes républicains.



La fuite en avant.
En réalité, le discours de Grenoble, mûrement réfléchi vise à reprendre la main après la dérouillée subie aux régionales par la droite. Comme après chaque revers de la Sarkozy, la sécurité ou plutôt la communication sur la sécurité est vue comme un moyen de remonter la pente. Si cette option a pu connaître un succès relatif par le passé, elle ne va probablement réussir cette fois-ci. La raison ? Tandis que par le passé, Sarkozy apparaissait comme l'unique chef de la droite ou presque, il n'est plus seul actuellement.


Morin, qui n'a jamais eu le moindre charisme, est sous coupe réglée au ministère de la Défense, dans le « domaine réservé » au président de la République. La concurrence n'est donc pas à chercher du côté du Nouveau Centre. Mais alors qui ?
Pour obtenir des réponses, l faut chercher du côté des « historiques ».


Dominique de Villepin.
Dominique de Villepin, tout d'abord, qui ressuscité d'entre les morts dans son habit de martyr
(et bien qu'en attente d'être rejugé), a lancé le 19 juin (le lendemain du 70e anniversaire de l'appel du 18 juin, tout un symbole) son propre parti appelé « République solidaire » tout en renouvelant son adhésion à l'UMP.

Adoptant un positionnement conservateur traditionnel mettant en avant les valeurs républicaines et gaulliennes, Dominique de Villepin tente de récupérer les électeurs de droite désorientés par le discours sarkozyste tout en lançant une OPA sur ceux du centre-droit qui ne se reconnaissent pas dans le discours servile du Nouveau Centre ou dans le MoDem de François Bayrou.

Dernière idée de Galouzeau, créer un groupe parlementaire distinct de l'UMP à l'Assemblée nationale non seulement pour distinguer son parti de l'UMP mais aussi, et cela ne saute pas aux yeux à première vue pour obtenir des financements électoraux. L'intéressé se fixe un objectif de 20 députés, s'accordant ainsi une marge de sécurité face aux inévitables tentatives de sabotage que la Sarkozye ne manquera pas de mener.



François Bayrou.

Après la déroute des régionales et l'échec aux européennes un an auparavant, François Bayrou, qui avait envoyé Marielle de Sarnez pour tenter un rapprochement avec le PS, a dû constater l'échec de sa stratégie. Nouvel objectif pour le béarnais : reconquérir son positionnement du début du 1er semestre 2007, au centre-droit mais en soutenant quelques idées dites de centre-gauche voir de gauche sur certains grands sujets comme les libertés publiques ou l'enseignement.
La façon dont s'est déroulée la récente visite de Nicolas Sarkozy venu pour inaugurer une usine aéronautique dans la circonscription de François Bayrou permet d'ailleurs de dessiner à grands traits les contours de la stratégie que le président du MoDem ne manquera pas de préciser lors de son discours de clôture de l'Université de rentrée du parti centriste sur la Presqu'île de Giens.


Jean-Marie Le Pen.

Autre acteur qui empêchera Nicolas Sarkozy de réussir à rééditer ce qui a pu faire son succès, le renouveau du Front national. Ragaillardi par les scores réalisés aux régionales, l'historique président du Front national, actuellement en séminaire avec d'autres noms de l'extrême-droite internationale au Japon en compagnie du nippophile Bruno Gollnish, ne manquera pas de rappeler qu'il vaut opter pour l'original que pour la copie.


A la veille de sa sortie et de l'intronisation probable de sa fille cadette à la tête du Front national, Jean-Marie Le Pen et les idées d'extrême-droite ne se sont jamais aussi bien portées depuis longtemps.

Déçus par Nicolas Sarkozy qui annonce beaucoup mais ne fait que peu pour n'obtenir presque rien voir enregistrer des reculs, les électeurs à droite de l'UMP sont retournés dans les bras de celui qui ne concède rien sur ces idées. Jean-Marie Le Pen, aidé en cela, par le discours d'une droite tellement « décomplexée » qu'elle se met à organiser sur le modèle d'actions de groupuscules d'extrême droite comme à Orléans des apéros « pinard-saucisson
» ouvertement islamophobe.


Conclusion.

La période que nous traversons actuellement est d'un calme trompeur. Alors qu'en surface, il semble ne rien se passer, que l'on a l'impression que les affaires sont occultées ; dans les faits, il n'en est rien. Habitude bien ancrée, la France ne tourne que 11 mois sur 12 et ce n'est pas un cliché. Le flot médiatique ne fait que suivre l'usage. Mais derrière tout cela, en filigrane, chacun fourbit ses armes. A droite plus qu'à gauche, où l'odeur du sang attire vers l'ancien dominateur affaibli les opportunistes et les outsiders. Si aucun d'entre eux ne semble actuellement en mesure de remporter le grand prix, ils peuvent chacun de leur côté, faire perdre Nicolas Sarkozy, ce qui au final n'est pas si mal. Restera pour le vainqueur récupérant une France en ruines à tout reconstruire. Tâche qui s'annonce plus qu'ardue.