mardi 22 juillet 2008

Un Congrès à la Pyrrhus

Ça y est, la réforme voulu par notre fantastique président est passé à ...
1 voix près. Il fallait certes les 3/5 mais regardons comment cela c'est passé.
D'abord on rallie Jack Lang qui veut avoir un poste important : +1 voix.
Ensuite, on fait voter le président du Congrès qui par pratique républicaine ne vote pas car il se situe au dessus des débats, ça n'a pas été le cas ici : + 1 voix.

Bilan à mi-parcours : la majorité n'a été acquise qu'au prix de magouillages politiques que les français abohrent, sans ces 2 voix, la "réforme" (puisque chaque mesure sarkozyenne est appelé réforme ce qui devient lourd) aura été repoussée.

Continuons, le président pour faire passer sa formidable modification que les français rejettent a fait pression sur les parlementaires de son camp qui souhaitaient voter contre. Chaque parlementaire UMP opposé au projet a été "convoqué" pour qu'on lui explique poliment que s'il votait non ça irait mal pour lui, résultat : + 10 voix.

Viens ensuite les promesses de marchands de tapis au PRG (Parti radical de gauche) de créer un groupe parlementaire à partir de 15 députés. Cette mesure coûtera très cher au contribuable alors que l'État cherche à faire des économies partout sans vrai vision politique comme en témoigne le livre blanc de la défense qui réduit les dépenses militaires en suivant une vision comptable et non stratégique mettant ainsi en péril l'indépendance de la France et son influence diplomatique. Pour résumer, la quizaine de députés PRG est incité à voter contre ses convictions pour avoir une relative autonomie vis-à-vis du Parti socialiste. Bilan : entre 5 et 15 voix de plus.

J'omets sûrement d'autres pressions exercées sur les parlementaires, mais contrairement à ce que claironnent les membres du gouvernement cette modification constitutionnelle n'était pas souhaitée par les français, ni par les parlementaires auxquels on a forcé la main. Cette modification du texte fondamental ne touche pas à l'essentiel c'est-à-dire aux modes de scrutin des 2 chambres.

Le Sénat par son mode d'élection est le plus antidémocratique qui soit de tous les démocraties occidentales. Les campagnes y sont sureprésentées au détriment des villes et comme la majorité des élus-électeurs des campagnes sont de sensibilité divers-droite, il n'y a aucune alternance possible au Sénat ce qui une parodie de démocratie.


L'élection de l'Assemblée Nationale doit aussi changer son mode de scrutin. Son élection au scrutin uninominal majoritaire à 2 tours voulait répondre à l'instabilité politique connue sous les IIIe et IVe Républiques. Intention louable mais qui a abouti à exclure de la représentation nationale près de 40% des français.

Actuellement, le Parti communiste avec 1,7 % des voix (présidentielle 2007) dispose de 15 députés, c'est-à-dire 1,7% = 15 députés.
De l'autre côté, le Mouvement démocrate avec 19 % des voix environ, dispose de 3 députés soit 19% = 3 députés.
On remarque donc qu'il y a déjà un sacré problème puisqu'il y a une sureprésentation d'une partie de l'électorat et une sous-représentativité d'une autre partie.
Mais ceci est plus criant encore quand on constate que l'UMP avec 31% à la présendentielle en 2007, et globalement la droite aux législatives 2007 (autour de 45%) dispose de la majorité absolue à l'Assemblée Nationale ce qui montre encore le côté négatif du scrutin majoritaire.
D'un autre côté, la proportionnelle conduirait à une certaine instabilité.

Que faire donc ?


La réponse est simple : instaurer un scrutin mixte !!!
Nos amis allemands l'utilisent depuis 1949 et pour autant, leur pays a toujours été convenablement gouverné. Le scrutin allemand se divise pour moitié en scrutin majoritaire et de l'autre en un scrutin proportionnel. Certes, il peut y avoir des résistances en France. Il suffirait d'introduire environ 20% de porportionnelle de manière à corriger les inégalités causées par le scrutin majoritaire. Cela aurait aussi pour conséquence de déconnecter l'élection d'une partie des parlementaires de l'élection présidentielle et donc de les rendre indépendants à toute tentative de pression de la part de l'exécutif.
Un tel changement est de plus en plus nécessaire mais quand interviendra-t-il ? Telle est la véritable question.

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