mardi 21 juillet 2009

WiFi dans les universités. Mme Pécresse déconnectée des réalités ?

Valérie Pécresse, ministre de l’enseignement supérieur, interrogé sur les universités qui pratiqueraient des frais universitaires illégaux, a réaffirmé la détermination du gouvernement dans l’application normale des frais à payer dans les universités françaises. Si une telle réaction ne surprend personne, on ne peut que douter de la volonté du gouvernement d’investir dans l’enseignement supérieur puisque celui-ci au lieu de rééquilibrer les crédits entre le secondaire suralimenté et le supérieur sous-financé, a préféré vendre une partie des bijoux de famille (5% d’EDF). Bien que le montant annoncé soit important, il est bien loin de suffire à remettre à niveau les universités françaises depuis longtemps abandonnées par l’État.


Passer les universités au numérique.
L’impact des NTIC (nouvelles technologies de l’information et de la communication) est largement reconnu et leur importance croissante dans l’enseignement supérieur est reconnue comme un atout et un indicateur de qualité des universités. C’est dans ce contexte que Mme Pécresse s’est engagée à ce que toutes les universités françaises soient couvertes en Wifi et que 10% des étudiants puissent accéder à des cours en podcast d’ici 2011. En tant qu’étudiant, j’ai la chance d’être dans une université qui se situe dans le peloton de tête des universités au niveau numérique. L’installation du Wi-fi n’est pas si ancienne que cela 3/4 ans et on a pu voir quels problèmes se posaient à ce niveau depuis environ 2 ans avec l’augmentation progressive du nombre d’étudiant équipés en ordinateurs portables.

Plusieurs difficultés se sont posés. La réticence de l’administration puisque l’installation des technologies numériques a été le fait des demandes répétées des représentants étudiants. Cependant, l’abnégation a payé et notre faculté s’est dotée de vidéoprojecteurs et du Wi-fi. Les inscriptions et réinscriptions peuvent se faire par Internet et l’usage du numérique s’est accru. Toutefois, il reste beaucoup à faire puisque les enseignants sont réticents à mettre leurs plans de cours et les cours sur Intranet afin que les étudiants puissent y accéder.


L’obstacle principal au Wi-Fi.
Il serait bon que Mme Pécresse visite le terrain et notamment les universités dont elle a la charge. Ce faisant, elle aurait pu constater les problèmes qui se posent suite à la généralisation du Wi-Fi. Bien sûr, il y a les conséquences sanitaires sur les personnes et le risque que peut poser l’exposition répétée à des rayonnements électromagnétiques. Mais le principal problème est tout autre.

Ce problème, c’est la vétusté des universités françaises. Le lecteur de cet article se demande alors ce que fait l’histoire de la vétusté des facultés alors que l’on parle d’installer le Wi-Fi. Pourtant, la question est primordiale. Car pour qu’il y ait du Wi-Fi, il faut un réseau électrique suffisant, des emplacements appropriés pour ne pas surcharger en relais Wi-Fi. Car le Wi-Fi est fortement consommateur d’énergie pour appareils électroniques mobiles et les ordinateurs portables. Les étudiants doivent donc régulièrement recharger leurs ordinateurs portables et/ou emporter avec eux leur transformateur pour pouvoir se brancher afin de prendre les cours via informatique ou accéder au Wi-Fi. La difficulté étant que les prises sont très peu nombreuses. Moins de 20 prises de courant pour un amphi de 400 personnes et que ces dernières sont concentrées sur les côtés et très écartées les unes des autres avec une prise tous les 4 à 5 mètres.


Conclusion.
Vouloir installer le Wi-Fi dans les facultés est une bonne chose tout comme l’intention de généraliser l’usage du numérique dans les universités françaises. Cependant, de telles initiatives sont limités voir condamnées par une exigence de base et se heurtent à la dure réalité de la vétusté des bâtiments des universités françaises. Il s’agit de rénover l’ensemble des universités françaises et pas seulement quelques bâtiments ici ou là. Avant de vouloir passer les universités au numérique, il faudrait que ces dernières remplissent déjà les exigences de base d’un système universitaire adapté et efficace. Et là, beaucoup reste à faire.

3 commentaires:

benoux59 a dit…

Je suis à Lille 1, qui est très numérisée, on pourrait en dire beaucoup sur l'état et la disposition de l'installation électrique... ca repousse beaucoup d'étudiants d'y connecter leur ordinateur ! Exemple de la BU des années 70' par exemple, qui sera heureusement (par le plan Campus en partie !) refaite très bientôt.

Encore quelques efforts à fournir aussi pour la mise en ligne des cours mais de plus en plus de professeurs jouent le jeu !

Jérôme a dit…

On peut supposer que c'est un tout : on met des bornes wifi et on augmente aussi le nombre de prises. Evidemment la ministre ne rentre pas dans ces détails. A voir si cela se vérifie sur le terrain...
Quand aux tarifs illégaux des facs, ça fait des années qu'on en parle aux infos et rien n'avait été fait ! Ce n'est pas trop tôt ! Qu'attendaient donc tous ces ministres qui se sont succédés à ce poste ! C'est incroyable que l'illégalité des facs publiques ne les gênaient pas plus que ça !
D'ailleurs les étudiants sont en droit de porter plainte, non ?

Orange pressé a dit…

Non, ce n'est pas un tout. Sans compter les problèmes récurrents de débit du Wifi, on n'a pas installé suffisamment de prises. Pour le faire, il faudrait complètement rénover les amphis et la circulation de l'air, installation la climatisation, refaire l'électricité. Bref, je m'arrête là mais installer le Wifi et faire rentrer les facs dans le numérique, ça demande un investissement conséquent qui dépasse largement le fait d'installer de simples bornes Wifi.