dimanche 16 août 2009

Travail du dimanche. "Ouvrir n'est pas rentable".

En ce dimanche 16 Août 2009, la loi "sur le travail dominical" est pour la première fois en vigueur.

Cette loi devrait plutôt s'appeler "Loi Plan de campagne" du nom de la zone commerciale hors-la-loi pendant de nombreuses qui ouvrait tout de même en dépit des textes alors en vigueur. Portée par le député UMP qui accueille sur sa circonscription la fameuse zone commerciale.

Cette loi qui prétend se baser sur le volontariat est en fait un nouveau coin donné dans la législation du travail française pour de strictes raisons idéologiques. En effet, il s'avère que loin de créer des emplois, elle va très certainement en détruire. Du côté des commerçants, les principaux concernés, le son de cloche est loin d'être uniforme comme tente de le nous faire croire le gouvernement.

Michel-Édouard Leclerc, l'emblématique chef du groupement de distributeurs indépendants, a en effet estimé que "Ouvrir le dimanche n'est pas rentable". Dans un entretien accordée à "Familles chrétiennes", il se désolidarise complètement du projet de loi et ne voit aucun intérêt à ouvrir les grandes surfaces le dimanche. Il précise qu'une généralisation de l'ouverture des grandes surfaces le dimanche ne serait pas rentable car les grandes surfaces réaliseraient le même chiffre d'affaires sur 7 jours au lieu de 6.

Bref, cela lui occasionnerait des coûts supplémentaires sans pour autant augmenter son chiffre d'affaires. En cette période de crise du pouvoir d'achat des français, on ne peut que noter le réalisme du commerçant. Comme les salaires n'augmente pas, les français ne dépensent pas plus voir dépensent moins du fait de la crise.

Le breton justifie cependant l'ouverture des magasins de décoration et d'ameublement qui ont porté selon ses dires le projet. Chose qui se vérifie puisque le lobbying de la zone de Plan de campagne a été plus qu'intense sur le projet. Enfin, le Michel-Édouard Leclerc précise que la question du travail du dimanche est plus une question idéologique qu'une question économique. Un mot comme en cent, le contraire de ce que tente de faire avaler aux français le gouvernement et la majorité.

Car il faut bien se rendre compte que la loi du travail du dimanche à laquelle les français sont très majoritairement opposés au travail dominical. Précision utile, nombre de salariés seront payé normalement sans doublement du salaire, contrairement au projet initial. Au final, on a une loi votée dans la douleur (encore une !) qui va détruire de l'emploi. Une loi présentée comme une "réforme" mais qui au lieu de réformer efficacement, constitue un recul social sans précédent en France. Présentée et adoptée pour des questions idéologiques, car il faut que le président puisse dire qu'il a passé le cap des "100 réformes" pour 2012.

Je suggère une chose toute simple, si au lieu de faire des lois en quantité industrielle ; lois qui précisons le sont très mal rédigées ce qui génère un contentieux et une jurisprudence abondante encombrant un peu plus les juridictions ; le président et le gouvernement faisait les réelles réformes dont nous avons besoin pour remettre la France sur le chemin de la croissance et de la bonne gestion budgétaire ?

1 commentaire:

JF le démocrate a dit…

Bien sûr que tout comme M.E Leclerc, je pense que cette loi est stupide. Car elle ne touche que les consommateurs, qui voient ainsi leur file d'attente aux caisses allégée, et non pas les distributeurs ou les producteurs. Car ne nous leurrons-pas, si nos concitoyens avaient trop d'argent à dépenser 6 jours sur 7, ça se saurait...
Bref, c'est une loi qui ne vise que le confort des consommateurs (mais électoralement parlant, ne sont-ils pas plus en nombre que les employés de la grande distribution?), au détriment des conditions de travail de certains.
C'est certes sympa de se promener le dimanche et de pouvoir faire ses courses tranquillement, mais il faut se rendre compte que pendant ce temps, nombreux ne sont aucunement dans la même condition: ceux qui sont obligés de vous accueillir et de vous servir.
En plus, bien évidemment, c'est la mort assurée des petits commerces, ceux qui bien sûr plus chers, amenaient des services particuliers que les grandes enseignes n'apportaient pas.
Mais il est vrai que Mme Obama doit pouvoir faire ses courses tranquillement le dimanche...