vendredi 18 septembre 2009

Hollande, Woerth. Un dimanche de politique (2).

Dimanche dernier, j'avais publié ici-même une analyse des émissions politiques hebdomadaires. Après avoir traité François Bayrou et son passage sur i-Télé, voici donc la deuxième partie de mon analyse (qui arrive plus tard que prévu pour cause d'examens me concernant) et qui traite des passages de François Hollande au Grand Jury et brièvement du passage d'Éric Woerth dans la Tribune BFM-Dailymotion.


François Hollande, combatif et intéressant.
Ne vous y trompez pas, je ne vais pas prendre ma carte du PS pour autant. Mais, force est de constater que François Hollande a été meilleur que le nôtre.

Sur l'offre publique de dialogue, François Hollande s'il a clairement exprimé ses doutes sur ce que cela pouvait recouvrir, s'est néanmoins montré ouvert à un échange d'idées entre forces de l'opposition bien conscient que l'alternative était à ce prix. De manière générale, il résume l'opinion de la grande majorité des militants démocrates bien mieux que le président du MoDem ce qui est tout de même un comble.

Mais c'est sur un tout autre sujet que François Hollande a réellement proposé des choses innovantes. Ce sujet, c'est la question du "grand emprunt". Devant des interlocuteurs dont on connait clairement l'inclinaison idéologique, le député socialiste a d'abord insisté sur la montagne de dettes que cette nouvelle opération laisserait aux prochaines générations ainsi que cela allait encore rajouter de la dette à la dette existante. Rappelant qu'il arrive un moment où il n'y a plus de la bonne ou de la mauvaise dette mais de la dette tout court, François Hollande a tout de même répondu devant l'insistance d'Étienne Mougeotte ce à quoi il envisageait de faire si ce grand emprunt se réalisant. Habilement, l'ancien secrétaire national a contourné l'obstacle en proposant autre chose. Partant du postulat que la France ne pouvait plus tellement s'endetter, François Hollande a proposé que l'État n'emprunte pas de l'argent pour financer des infrastructures mais qu'il accorde sa garantie aux demandes de crédit des petites et moyennes entreprises innovantes. Cette "garantie" prendrait alors la forme soit d'une garantie classique soit d'emprunts de fonds pour ensuite les prêter à bas coût aux PME/PMI innovantes en échanges de part de capital dans ces entreprises. L'investissement ne se ferait pas en pure perte financière contrairement à des investissements mais le capital prêté ou garanti sera rémunéré par des parts sociales dans ces entreprises ce qui ouvrirait droit à dividende et permettrait à l'État de gagner de l'argent.

En résumé, l'État ferait ce que les banquiers ne font plus, à savoir prêter aux petites entreprises et leur permettre de retrouver des facilités de paiement, ce que les banques commerciales ne font pas ou plus puisque les fonds prêtés par les États ont été utilisé pour restructurer les activités de marché et spéculer sur les dettes étatiques qui ont permis de réunir les capitaux nécessaires pour sauver ces mêmes établissements bancaires.

Bien sur, cela pourrait poser de sérieux problèmes avec le droit communautaire qui interdit les aides d'État. Mais, d'une part, l'État dans ce cas, deviendrait une sorte de super Caisse des dépôts pour les petites entreprises et d'autre part, les institutions communautaires sont disposées à une attitude plus conciliante pour que le système se relève.

D'autres questions ont aussi été abordées avec notamment la question de la taxe carbone sur laquelle François Hollande rejoint le positionnement des socialistes progressistes, assez éloigné de celui de son ex-compagne Ségolène Royal. Mais de manière générale, c'est la partie sur le grand emprunt qui a été la plus instructive.


Éric Woerth, une intervention convenue, lisse, plate !
Le ministre des comptes publics passait lui cette fois sur BFM TV. Balayant l'ensemble des sujets économiques et revenant sur la taxe carbone, notre ministre s'est avéré terne et triste. N'apportant rien de nouveau au début, se contentant de reprendre les décisions déjà actés, et de prudemment écarter celles-à venir.

Au final, un homme lisse et sans aspérités illustrant à merveille la caricature du fidèle serviteur de Bercy, la prestation d'Éric Woerth est restée convenue. Il faut dire que sa marge de manœuvres est plus que faible.

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