dimanche 20 décembre 2009

FiasCo'penhague !

Du sommet de Copenhague sur le changement climatique, on attendait beaucoup et on craignant de se retrouver sans rien. Enfin, sans rien de concret. Et c'est exactement ce qui s'est passé, enfin non ce fut pire que ce à quoi nous nous attendions. Organisation invraisemblable qui ferait passer n'importe souk pour un espace rangé, le processus a révélé plusieurs choses et définitivement fait comprendre que nos chefs d'État lors de ce sommet sur l'avenir, ont surtout préservé le présent.


Quel bordel !
L'expression est très familière mais décrit parfaitement comment était l'organisation onusienne de ce sommet qui devait décider de l'avenir du monde. Organisé dans une ville qui n'est pas faite pour accueillir des évènements d'une telle importance, réunis dans un centre des Congrès bien trop petit avec des transports publics et une offre inadapté, le sommet de Copenhague n'aurait tout simplement pas dû s'organiser à Copenhague. Encore une fois, ce n'est pas pour rien que seule une poignée de grandes métropoles d'envergure mondiale peuvent accueillir des sommets si importants par leurs enjeux et par l'importance des participants drainée.

Que le chef de la délégation officielle du Brésil soit bloqué à l'entrée du Bella Center pendant plusieurs heures retardant d'autant l'avancée des discussions; que la délégation officielle du Parlement européen dont fait partie Corinne Lepage ait été refoulé à l'entrée du centre des Congrès alors même que des rendez-vous informels devaient avoir lieu; que les services de sécurité considère les délégués; est très révélateur de l'état de désorganisation de ce sommet.


La consécration du G2.
On commençait déjà à le deviner lors des différentes réunions du G20, le sommet de Copenhague l’a confirmé, les grands sujets ne peuvent avancer sans un accord entre la Chine et les États-Unis d’Amérique.

Chacun des deux grands a campé sur ses positions, les chinois qui ont besoin de maintenir leur rythme de croissance pour des raisons sociales ne veulent pas poser de freins au développement de leur industrie et demande aux américains de faire des efforts plus importants que l’objectif affiché (-17% d’émissions d’ici 2020) . Les États-Unis conditionne leurs efforts à un contrôle par des inspecteurs internationaux du respect par la Chine de ses engagements et refusent par ailleurs d’augmenter leur aide aux pays en voie de développement dont la Chine, cette dernière pratiquant un dumping monétaire en sous-évaluant la valeur de leur monnaie nationale ce que les américains ne peuvent contrer puisque dépendant du bon vouloir de la Chine pour le financement de leur dette extérieure.



Ainsi dans une alliance de fait, l’un comme l’autre ont préservé leur souveraineté nationale au détriment de l’avenir des générations à venir. Si on ajoute à cela l’Inde qui était prête à faire des efforts mais qui aux vues de la tournure des évènements a rejoint le duo États-Unis - Chine, ces pays représentent à eux trois la majorité de la population mondiale.

Ces trois pays se sont réunis avec le Brésil et l’Afrique du Sud pour ensuite proposer un document en plénière, document sans aucun engagement contraignant.


Europe, la grande absente.
Hôte de l’évènement au travers d’un pays membre, l’Union européenne fut la grande absente de ce sommet de Copenhague. Malgré un mandat de négociation confié à la présidence suédoise, une délégation officielle de la Commission européenne et une autre du Parlement européen, les États-membres ont tenté de jouer la partie tout seul. Ainsi, la France au-travers de Jean-Louis Borloo puis de Nicolas Sarkozy si elle semblait avoir réussi à obtenir quelques avancées, a surtout exaspéré ses compagnons européens par la volonté de vouloir tirer la couverture à soi.

Ajoutons à cela des Polonais réticents à concéder des avancées et encouragés de leur volonté de freiner des quatre fers par l’expédition solitaire de la France, et le compte est bon.

Décidément, il devient vraiment urgent de mettre en place une véritable Fédération européenne digne de ce nom qui soit capable de parler d’une seule voix. Nous, européens, ne pouvons plus nous permettre le luxe de la cacophonie.


Occulter l’avenir pour mieux préserver le présent.
Ce sommet accouche d’une malheureuse déclaration de principes sans aucun aspect contraignant, les chefs d’État n’ont pas réussi à écarter leurs égoïsmes nationaux pour sauver le planète et pouvoir transmettre une planète vivable à leurs enfants. Entre les pays pétroliers et quelques lobbys qui ne voulaient pas d’accord, les pays comme les États-Unis ou la Chine déterminé à ne rien lâcher coûte que coûte et l’Europe qui a fait ce qu’elle a pu mais comme toujours désunie, c’est encore les plus pauvres à savoir l’Afrique et une bonne partie des pays d’Asie comme le Bangladesh qui vont continuer à subir les effets déjà bien réels du changement climatique.

En guise conclusion, je vous livre un extrait de l’entretien que Corinne Lepage a eu avec Élise Lucet lors du 13h de France 2 ce Vendredi 18 Décembre 2009.

Corinne Lepage : « Si c'est un échec avec un agenda pour continuer, c'est un échec mais on sort. S'il n'y a vraiment rien du tout alors là très franchement c'est gravissime pour le climat et c'est gravissime pour la gouvernance mondiale parce que cela voudra dire que 190 chefs d'État réunis ensemble ne sont pas capables de mettre de côté leurs égos et des considérations nationales pour sauver l’humanité et ça c’est absolument inacceptable. »

En résumé, comme l’a dit Corinne Lepage sur LCI jeudi dernier, « on a moins que rien ! » et c'est bien triste !

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