samedi 26 décembre 2009

Les militants ne sont pas que des tiroirs caisse !



En cette saison de fêtes et tandis que la fin d’année approche, les fiscalistes s’affairent pour diminuer l’imposition fiscale de ceux qui ont les moyens de les payer. Dans cette optique, faire un don à un parti est non seulement un acte citoyen mais aussi un moyen de réduire substantiellement son impôt sur le revenu. Les régionales approchant les partis politiques sollicitent leur base militante et leurs donateurs pour remplir les caisses pour pouvoir partir en campagne l’esprit léger.

C’est ainsi, que le Mouvement démocrate dans sa 13e lettre démocrate (un signe ?) a lancé un appel aux dons et rassembler des fonds pour les candidats qui se présenteront en mars prochain. Cet appel, relayé par nos amis du MoDem de Nanterre, vise donc à apporter un soutien aux listes qui se présenteront, soutien qui sera d’autant plus utile que le Mouvement ne cautionnera pas les listes qui se présenteront.

Cet appel tombe toutefois à un moment où l’argent se fait particulièrement rare, les fêtes de fin d’année. Les généreux donateurs sont donc invités à faire un effort supplémentaire.
Si sur les raisons qui expliquent cet appel, sont louables, je vais vous expliquer pourquoi je ne répondrai pas à cet appel aux dons.



Des dépenses militantes en explosion.
La première raison est toute simple : le coût de la vie militante a en cette année 2009 littéralement explosé. Campagne électorale des élections européennes, déplacements qui se multiplient, université de rentrée (à laquelle je n’ai certes pas participé mais qui se représente un coût moyen de 250€), renouvellement de cotisation, Congrès extraordinaire… Même en se restreignant énormément (ce qui est mon cas), militer coûte très cher. D’autant plus cher que la participation des militants aux évènements organisés à une légère tendance à l’inflation. Ainsi, si on prend que le Congrès d’Arras le coût a doublé par rapport au Congrès de Villepinte passant de 20€ à 40€ pour un Congrès sec c’est-à-dire sans repas et hors transport. Exemple parmi d’autres mais qui souligne l’augmentation des dépenses de base d’un militant décidant de s’investir un temps soit peu.



Comment sont gérés nos moyens ?
Des dépenses qui augmentent donc et des recettes qui doivent suivre puisque le MoDem a recruté quelques collaborateurs. Ainsi, il s’est murmuré un temps que Bernard Lehideux aurait été recruté comme directeur de cabinet de François Bayrou et salarié pour le même montant que son indemnité lorsqu’il était député européen soit +7000€/mois ce qui avec les charges ferait pas loin de 15 000€/mois. Bien sur, en l’absence de preuve, aucun crédit ne peut être accordé à ces allégations. Cependant, cela pose la question de la gestion parcimonieuse des deniers du Mouvement démocrate.

François Bayrou l’a répété à de multiples reprises : « Nous ne sommes pas bien riches ».
En temps de crise économique, il est évident que les militants et les donateurs se montrent moins généreux. Recruter des collaborateurs n’est donc pas forcément une chose à faire lorsque les moyens sont limités puisque cela génère des frais fixes. Notre gestion doit donc être des plus serrés pour d’une part, anticiper une baisse prévisible des dons et d’autre part, réduire les coûts de fonctionnement.



Quel retour ?
Bien sur à l’approche des régionales, la nécessité d’avoir des moyens pour faire campagne n’est pas discutable mais comme pour tout sollicitation de dons, les donateurs sont en droit de demander des comptes en échange de leur argent. Et au 1er rang des donateurs se trouvent les militants. Militants qui ont tendance à être écarté de la prise de décision.


Le phénomène est général à l’ensemble des partis politiques et le MoDem n’est d’ailleurs pas dans une situation si horrible que ça comparé aux autres, mais dans l’absolu, le bilan des partis étant assez calamiteux en la matière. Tous les partis ont des difficultés à faire confiance à leurs militants et à respecter ce que l’on appelle « la démocratie interne ».

L’appel aux dons en cette fin d’année n’est pas une spécialité démocrate mais étant donné que les militants ont eu juste le droit d’approuver leur tête de liste, on peut se demander si on ne prend pas les militants pour tiroirs caisse.

En effet, alors que la décision d’organiser des primaires avait été prise, nous nous sommes retrouvés avec le même mode de désignation que pendant les élections. Mode de désignation qui avait été très décrié comme anti-démocratique voir comme une des causes de l’échec de Juin. Les militants n’ont pas eu de réel choix sur leur tête de liste puisque c’est le bureau exécutif national qui a décidé des têtes de liste soumises à la consultation. Militants qui n’ont donc été que « consultés », on leur a juste demandé leur avis mais comme une consultation n’a par définition aucun effet contraignant. L’implication militante est nécessairement réduite.

Dans l’exposé des motifs d’un décret de 1852, on pouvait lire « On peut gouverner de loin mais on administre bien que de près ». Le décret en question concernait les services déconcentrés de l’État, mais on peut appliquer la citation précitée pour le choix des têtes de listes régionales car les régions sont des administrations. On aurait en effet tendance à l’oublier mais ce ne sont pas des institutions de gouvernement mais bien des administrations que l’on a politisé via l’élection au suffrage universel direct.


« Il faut parler du sujet », François Bayrou.
Notre président déclare que pour chaque élection, il faut parler du sujet. Dans ce cas, pourquoi ne pas avoir fait confiance aux militants locaux ? N’étaient-ils pas plus au courant des réalités locales que le bureau exécutif national ? En quoi est-il si difficile de faire confiance aux militants ?

On pourra toujours dire qu’il y a pire. Ainsi, Europe-Écologie a par exemple entièrement désigné ses têtes de liste sans consulter la base. Les Verts ont consulté leurs militants pour la forme mais n’ont pas hésité dans certains cas à les désavouer notamment en Aquitaine.

Les socialistes ont décidé des têtes de liste de façon arbitraire et on a soumis au vote la liste entière. C’est ainsi qu’ayant pris des leçons de népotisme de la part de Nicolas Sarkozy, le PS, décidé à rattraper son retard en la matière, s’est mis à faire la même chose en intronisant la fille de Christian Bataille, député de la 22e circonscription du Nord et « baron » socialiste en 4e position. La dénommée Delphine Bataille n’a pourtant un CV pas tellement plus long que Jean Sarkozy.

L’UMP puisque l’on en parle avait organisé des primaires pour ses têtes de listes très en amont. Mais patatra, les vieilles habitudes ont repris le dessus et le président de la République sous prétexte de l’union des forces constituant la majorité s’est assis sur le choix des militants UMP et décide lui-même des listes.

Bref, le Mouvement démocrate n’est certes pas si mal loti mais puisque nous prétendons offrir une autre façon de faire de la politique, nous devons donc faire mieux.



Conclusion.
Il faut savoir être cohérent. Demander aux militants de remettre de l’argent au pot en les sollicitant pour des dons alors même qu’on les écarte au maximum de la prise de décision n’est pas acceptable. Les militants de partis politiques sont plus que des tiroirs caisse. Et plus encore au Mouvement démocrate qu’ailleurs, ils sont sources d’idées, permettent le débat et enrichissent la vie politique.

Ne pas inclure les militants dans la prise de décision, ne pas leur permettre de réellement choisir leurs candidats et ensuite leur demander le sourire aux lèvres de donner de l’argent n’est tout simplement pas admissible. Il est temps d’appliquer pleinement notre projet et d’arrêter de voir dans les militants seulement une ressource financière.

23 commentaires:

Zenon a dit…

Je perçois mal l'intérêt de ce billet :
- vous justifier de ne pas faire de don ? (cela n'intéresse guère vos lecteurs ; même si la démarche peut paraître peu cohérente pour quelqu'un dont on murmure qu'il prétend figurer à une bonne place sur la liste du département du Nord aux régionales)
- inciter les lecteurs à suivre votre "exemple", en distillant des prétendue "informations" dont vous écrivez vous même qu'"aucun crédit ne peut-être accordé à ces allégations", en entonnant votre sempiternel refrain sur le mode de désignation des têtes de listes (qui elles, ceci dit au passage, acceptent de prendre des risques financiers pour promouvoir leurs idées) . Si tel était votre objectif, il vient d'échouer, car après vous avoir lu je viens d'effectuer un don !

Rappelons que le cotisations et les dons des adhérents, s'ils sont indispensables à la vie d'un parti, ne représentent qu'une part de ses ressources . Les autres sources de financement proviennent de l'Etat et dépendent :
- du nombre de parlementaires, à ce titre le MoDem n'a perçu, en 2009, que 968 000 E (contre 20,3 millions pour l'UMP et près de 13 millions pour le PS) .
- du nombre de voix obtenu aux législatives, à ce niveau la somme perçue par le MoDem est également 6 à 5 fois inférieure à ce qu'ont reçu l'UMP et le PS .
Les cotisations des adhérents sont donc vitales pour notre Mouvement . Quant à laisser entendre que les militants ne sont pas associés au débat d'idées, tous ceux qui ont participé par leurs contributions ou/et en se rendant sur place au congrès d'Arras et à l'élaboration de notre programme, savent le peu de cas qu'il convient de faire de ce type d'assertions !

Au lieu de vous perdre en arguties stériles, de vous ériger en donneur de leçons perpétuel, faites vivre le débat d'idées (il est peu présent sur votre blog) et impliquez vous dans une action collective et constructive .

Orange Verte a dit…

Je ne suis qu'un militant à 20€ (comme ils disent)et je n'irai pas plus loin côté sous, tout simplement parce que je ne peux pas ...

La question de faire des dons pour un parti est aussi de savoir quel est la place d'un militant à 20€ par rapport à celui qui "donne plus" ? Et là, on est tenté de se poser la question si cela respecte la démocratie ? Je demande à voir...

JF le démocrate a dit…

Au-delà du MoDem, au-delà de la démocratie interne, se pose le problème de la défiscalisation des dons faits aux partis politiques, un argent qui ne part pas dans le circuit économique habituel. De combien est-il aujourd'hui? 50% ou 66%? Je ne sais plus vraiment.

En tout cas, ça signifie une chose claire, c'est qu'en donnant trop d'argent aux partis politiques, on participe indirectement à creuser ... la dette de la France!

Serge92 a dit…

@Orange verte

Je ne comprend pas le fond de votre commentaire...
Poser la question de la place d'un militant en fonction du montant de sa cotisation est un non sens...
C'est son implication personnelle qui est importante, pas son porte monnaie...

Et puis c'est qui les "ils" qui parlent de "militant à 20 euros" ?

Serge92 a dit…

@JF le democrate

Je ne suis pas d'accord avec votre vision de la défiscalisation des dons aux partis politiques...

Il y a des dépenses qui sont utiles et d'autre pas...

Donner de l'argent à un parti politique participe à favoriser la vie démocratique de notre pays..En ce sens c'est une dépense utile et il me semble normal que la collectivité y participe..

Donner de l'argent à une association genre restos du coeur, secours populaire etc... est également utile et participe de la solidarité...Là aussi il est normal que la collectivité y participe...

Par contre pour donner un contre exemple au hasard( enfin presque...), le bouclier fiscal qui consiste à aider des gens qui n'en ont pas besoin est un gâchis inutile et couteux...

J.Charles a dit…

Et si encore la partie des cotisations devant revenir aux fédés descendait réellement se serait déjà un moindre mal, mais force est de constater qu'aucun moyen financier ne redescend sur le terrain, les comptes des fédération dans le meilleur des cas sont zéro...
Alors libre à Zenon et au autres " intégristes démocrates" quasi fanatiques - et qui deviennent légion dans ce mouvement où nous n'avons plus le droit de penser autrement que le gourou bayrou - de continuer de prendre les vessies pour des lanternes, pour ma part j'ai compris,2010 au lieu d'envoyer un chèque, je renvoie ma carte.

Christian Romain (Nanterre) a dit…

C'est un secret de Polichinelle que Bayrou met de côté tout ce qu'il peut pour financer sa campagne en 2012. Il refuse de dépenser le moindre centime pour des élections intermédiaires, ce qui explique son refus d'accorder aux listes MoDem des Régionales la garantie financière du parti. Pour la petite histoire, lors du dernier CN, Bayrou aurait justifié cette décision en lançant aux conseillers qui faisaient remarquer que les candidats prendraient un risque financier personnel : "Eh bien, comme ça, ils seront encore plus motivés pour dépasser les 5%!". Accessoirement, il se chuchote que de ce fait, le choix de certaines têtes de liste a pu se faire sur leur capacité personnelle à signer un gros chèque.

Bref, dans ce contexte, l'appel à dons lancés aux militants de base me paraît légèrement indécent. Mais ce n'est que mon avis. Libre à Zénon et à d'autres de penser différemment.

JF le démocrate a dit…

@ Serge92

Bien sûr, je me suis montré volontairement assez caricatural! Le financement public, ou celui que l'on pourrait appeler "semi-public" via les dons de personnes physiques est une nécessité si l'on ne veut pas revenir aux magouilles d'autrefois. Et les partis politiques sont bien d'intérêt public.

Le principal, c'est qu'il n'y ait pas trop inflation en ce domaine.

Orange Verte a dit…

@ Serge : Entièrement d'accord pour cette définition "C'est son implication personnelle qui est importante, pas son porte monnaie..."
C'est bien sur caricatural.Surtout que j'ai repris une reflexion sur le "thème " d'une campagne PS vers les adhésions à 20€.
Le Modem de son côté a eu de son côté de nombreux adhérents à 20€ ce qui m'a d'ailleurs mis le pied à l'étrier pour la première fois en politique.
Hors force de constater que l'on trouve ,et ce dans tous les partis, des "barons" regarder ce type d'ahérents avec condescendance.
- C'est un autre sujet mais c'est de cette façon que j'ai su que le Modem local (77) ne touchait pas un centime des instances nationales et qu'il devait y avoir une cotisation supplémentaire dont je n'ai plus entendu parlé, pas plus que du Modem77.

millet a dit…

Zenon tu perçois rien car tu n'as pas envie de reconnaitre les erreurs de Bayrou et on n'en trouve pas mal en ce momment aveugles et sourds qui vont nous faire plonger dans le néant en mars 2010 par leurs fautes !
Ce billet est correct et à la fois honnête car actuellement payer pour remettre un parti sur les flots comme le Modem c pas motivant avec le dernier complot en date sur le choix et mode de désignation interne des têtes de listes Régionales.
De plus j'écrivais partout donc je rejoins orange pressé que pour être candidat au Modem c avoir la chance de pouvoir signer un gros chéque et se payer le luxe d'une campagne pour 2010 !
Les idées l'Humanisme viendrons ensuite.... !!
Effectivement les comptes des fédérations (ce qu'il en reste) sont à zéro car l'argent redescent trés mal dans nos trésoreries !
Je ne donnerais rien car j'estime qu'en ayant participé à l'Université d'été et sur ma ville avoir largement offert pour un parti peu Démocrate à mes yeux actuellement !
Je reste Modem var j'offre la confiance critique à ma présidente seule personne à ce jour officiellement élue démocratiquement au sein du Modem.
(rappel de sept 2008 : Plusieurs candidats face à elle vrai bulletins et militants pour son éléction avec une équipe derriére elle pour la soutenir !)seul momment inoubliable au modem à ce jour à mes yeux !!
Mika Perpignan Modem66

Orange pressé a dit…

@Zenon :
- Il s'agit pas ici de d'inviter à donner ou à ne pas donner, mais plutôt d'inviter les partis politiques à inclure leurs militants dans la prise de décision. Un constat s'impose : d'un côté, les partis politiques ont besoin d'argent et d'un autre côté, les militants demandent à être inclus dans la prise de décision de leur mouvement. D'où la nécessaire évolution, de donner en échange d'une participation plus importante dans le processus décisionnel.

- Bravo pour votre don. Vous contribuez ainsi à permettre la développement de la vie politique.

- Merci de rappeler les sources de financement des partis politiques. En effet, les partis ont de multiples sources de financement et les dons ne constituent qu'une partie de celles-ci.

- Le débat d'idées a toujours été présent ici et vous êtes le seul à vous étonner du contraire. Encore une fois, il s'agit ici de mettre en contrepartie des dons, une participation accrue des militants dans les processus de décision.
C'est une proposition avec laquelle vous pouvez être d'accord ou pas, et qui ne reste qu'une proposition. Vous pouvez défendre une idée contraire et vous ne vous en privez pas d'ailleurs.

@Orange Verte : Chaque militant contribue en fonction de ses moyens. Un militant riche donnant plus qu'un militant modeste ne doit pas avoir plus de poids. Souvent ce sont d'ailleurs, les personnes modestes qui donnent le plus en proportion de leurs revenus.


@JF le démocrate : Le taux est de 66% avec un plafond de déduction maximal.

Le financement des partis politiques est très marginal et n'est pas décisif dans le déficit budgétaire. Le déficit est plus causé par l'incurie des administrations et les mauvaises habitudes qui continue. La tendance de notre pays à la paperasse administrative nous coûte infiniment plus que le financement des partis politiques nécessaire à l'exercice de la démocratie.


@Serge92 : Une position intéressante avec laquelle je suis en majorité d'accord (pour une fois !).

Orange pressé a dit…

@J.Charles : C'est un des gros problèmes soulevés à de multiples reprises en Conseil national. A ce jour et même si ces des décisions ont été prises en ce sens, je n'en ai pas vu le résultat dans les mouvements départementaux.

Votre déception est compréhensible. Effectivement, il y a les opportunistes qui diront amen quelque soit la ligne en espérant peut-être une place. Il y a ceux qui gardent l'espoir de défendre le projet de 2007, ils sont là mais ont tendance à être moins entendus. Et enfin, il y a une grande majorité qui aimerait voir se réaliser le projet de 2007 mais avale par dépit en attendant mieux les couleuvres qu'on lui présente.

Nous respectons votre choix mais préférons de notre côté rester pour changer les choses.


@Christian Romain : Effectivement, François Bayrou a bien déclaré cela, je vous le confirme.
Autre fait mentionné qui est vrai, la capacité à financer la campagne. Cela a été mentionné ici-même, le choix d'Alain Dolium s'est aussi fait sur cette base comme pour d'autres personnes. C'est aussi la conséquence de l'absence de cautionnement du Mouvement. Ce qui pose la question du financement de la campagne francilienne par sa tête de liste puisque ses sociétés sont en déficit structurel depuis leur création pour certaines ou inactives pour d'autres.

Oui, l'appel aux dons est indécent puisque l'on ne permet pas aux militants d'avoir réellement leur mot à dire dans le choix des candidats et on leur demande tout de même leur argent. Enfin, ça dépend des régions. En région Nord-Pas-de-Calais, par exemple, la participation des militants dans la campagne est très importante. En Ile de France, moins. Cela dépend beaucoup de la volonté de consensus de la tête de liste.


@JF le démocrate (2) : Cela n'empêche pas les abus dont le Canard enchaîné s'est récemment fait l'écho. Ainsi, des associations peuvent financer des associations ce qui conduit à des financements peu clairs mais légaux.


@Orange verte (2) : Il est vrai que certains regarde avec condescendance les militants qui ne peuvent contribuer autant qu'ils en ont envie. L'explication est peut-être à chercher dans l'histoire de ce Mouvement, puisque l'UDF est historiquement un parti de "notables".


@Millet : D'accord avec votre réaction sur l'essentiel. On a un peu mis les idées de côté pour la désignation des candidats. Ensuite, les fédérations n'ont pour le moment rien reçu comme financement. Aux dernières nouvelles, le processus était en cours.
Dans le Nord, aussi, l'élection s'est faite correctement. Dommage toutefois que cela soit encore trop rare.

Zenon a dit…

@orange verte
Chacun donne en fonction de ses moyens . Pour ma part je n'ai jamais entendu parler au MoDem de "militants à 20 E" . Je rejoins Serge92 pour affirmer que ce qui importe c'est l'implication de chacun au niveau du débat d'idées et de son engagement sur le terrain, pas l'épaisseur de son porte-feuille .

Zenon a dit…

@J.Charles
Je ne vois pas en quoi le fait de penser différemment de vous me vaut d'être qualifiée d'"intégriste démocrate", de "quasi fanatique" prenant les "vessies pour des lanternes" . Je ne considère pas F. Bayrou comme un "gourou", mais comme un homme avec ses forces et ses faiblesses . Si j'ai du respect pour la cohérence et le courage de ses choix politiques, si je me reconnais dans ses idées, je conserve mon libre arbitre et il m'arrive d'émettre des critiques sur certains choix stratégiques (ex : candidature aux municipales à Pau, campagne des européennes trop axée sur le national) ou sur le fonctionnement interne du parti, ainsi je vous rejoins lorsque vous dénoncez le manque de moyens mis à la disposition des Mouvements départementaux .
Je considère toutefois que ces critiques doivent-être formulées par les adhérents à l'interne, dans les sections, dans les conseils départementaux, au sein du conseil national et qu'il est délétère de les porter sur la place publique, tout comme il est délétère de sombrer dans le nombrilisme en passant son temps à gloser sur le fonctionnement interne du parti, sans s'interroger sur les grands enjeux pour notre pays et apporter notre contribution au débat d'idées .

En ce qui concerne le financement des Mouvements départementauxaux, je tiens à formuler trois précisions :
- la réticence à reverser une partie des cotisations aux Mouvements départementaux a sans doute pour origine le fait que l'on était pas assuré de la fidélité au Mouvement de toutes les présidences départementales (ex : M. Mercier dans le Rhône)
- il était possible de faire des dons fléchés en faveur des Mouvements départementaux (je l'ai fait en 2009)
- le Conseil national du 24/10/2009 a voté une résolution n°3 qui prévoit que 25% des cotisations seront reversées aux Mouvements départementaux et 95% des dons fléchés .

Zenon a dit…

@Orange pressé
Je ne suis pas pour qu'on écarte les militants du processus décisionnel, mais je crois en la démocratie représentative . Les militants votent les statuts, déterminent le projet, peuvent s'opposer à une candidature . En revanche, nous avons élu un leader et des conseillers nationaux, je ne trouve pas illégitime qu'ils déterminent la stratégie à adopter et se prononcent sur le choix des têtes de liste . De toutes façons nos élus devront rendre des comptes aux militants à la fin de leur mandature .

Nous ne devons pas avoir la même conception du "débat d'idées" : longue analyse d'un clip inepte de l'UMP, campagne contre la candidature d'A. Dolium, critiques contre la stratégie du Mouvement démocrate, contre son fonctionnement interne, contre F. Bayrou, victimisation de C. Lepage ; mis à part les billets consacrés à l'écologie, à quel moment vous intéressez vous aux problèmes et aux aspirations des Français, aux débats de société, aux atteintes à notre démocratie, aux problèmes économiques, aux grands enjeux régionaux, etc...

Orange pressé a dit…

@Zenon : Vous êtes libre de penser ce que vous voulez. Loin de vous reprocher cela, nous vous y encourageons. Internet est un moyen récent que les politiques peinent à intégrer. Ils doivent s'adapter, c'est ainsi !


La structuration n'est pas suffisante, c'est là le nœud du problème pour les dons fléchés. Ensuite, il est tout de même surprenant qu'il attendre une décision du Conseil national pour que cela soit possible.

La représentation dans un système classique a déjà du mal à fonctionner mais dans un parti, la chose est encore plus difficile. L'écrasante majorité pense que le chef a toujours raison, au moins potentiellement. Trouver des personnes qui peuvent sur la base d'une argumentation solide défendre un avis différent est déjà dur mais quelqu'un qui ait le courage de donner son avis, c'est très rare. Souvent, il faut une personne qui ose pour ensuite donner le courage aux autres de le faire.


Vous donnez des leçons mais vous argumentez assez peu. Je n'ai pas à me justifier. Vous avez une vision bien partiale de ce que vous lisez ou bien partielle, à moins que ce ne soit les deux. Les thématiques de fond sont très présentes ici et c'est en quoi ce site est reconnu.


C'est donc justement parce qu'il faut "s'intéresser aux français" comme vous le mentionnez qu'il faut que notre mouvement soit un modèle et pas un parti comme les autres. Vous êtes pour le statut quo et nous respectons. Mais nombre de personnes sont décidées à ne pas voir le navire couler.

J.Charles a dit…

@Orange pressé,
Il y a moins d'un an j'ai déjà claqué la porte de notre fédé, puis je suis revenu pendant les européennes, pensant naïvement qu'il y aurait moyen de changer les choses de l'intérieur, mais je me rends compte que c'est impossible,Les militants ne sont pas entendus, simplement parce qu'il n'existe pas de processus démocratique digne de ce nom , et ce n'est pas Arras qui m'a rassuré, ni même la consultation pour les régionales.
Chaque élection interne a été une mascarade, une distribution de cartes, notamment la première, celle de la présidence de F.Bayrou, puis celles du CN, des présidents de fédés, des C.départementaux; quand on sait dans quelles conditions se sont déroulées toutes ses élections internes,alors comment parler encore de démocratie...
Au même titre que les Verts avec l'écologie, je crains que le MoDem ne fasse que galvauder le mot démocratie...
F.Bayrou oublie que la Démocratie est un moyen pour réaliser un projet , pas une fin en soi...

pierre a dit…

S'il s'agit de constater que les frais d'un militant actif dépassent de loin, de très loin même les 20 euros de sa cotisation annuelle, alors tout le monde peut être d'accord avec vous. j'ai du dépenser 20 fois plus en frais de transport cette année.

Sur le reste...

@ JF et Serge :

66% : les militants imposables récupèrent 66% de leur cotisation et de leurs dons aux partis politiques. Seuls les plus pauvres, non imposables, ne récupèrent rien et paient leur cotisation plein pot.

Je ne vois que deux solutions pour mettre fin à cette absurdité :

- ou bien transformer la réduction d'impôt en crédit d'impôt.

- ou bien mettre fin à toute forme de déduction fiscale, ce qui serait un moindre mal à mes yeux.

JF le démocrate a dit…

@ Pierre

Effectivement, il me semble qu'il y a une injustice fiscale quelque part... Surtout si l'on part du postulat que les "gros" donateurs sont privilégiés et ont droit à certains égards que d'autres n'ont pas (en tant que vaches à lait...)

Mais heureusement, ce n'est pas le cas des blogueurs, même s'ils cotisent peu (ce qui est mon cas), car temps = argent! :)

Tibo a dit…

Dans le Nord j'attends toujours qu'on m'explique en quoi la démocratie interne est bafouée ... les élections internes de 2008 ont été d'une grande transparence et contrôlée par une équipe impartiale ( j'en faisais partie avec d'autres militants dont on peut difficilement remettre en doute l'impartialité) . Nos représentants ont donc été élus honnêtement et je remercie tous ceux qui s'investissent au sein des instances internes ( ce qui n'est pas tjrs le cas de ceux qui ne cessent de critiquer...). Pour les régionales ce sont donc les instances représentatives du Mouvement qui ont établi un topo de la situation dans notre région, qui ont étudié les candidatures déclarée pour la tête de liste ( je n'ai pas l'impression qu'il y en ait eu plusieurs...) selon des critères précis (engagement au sein de notre mouvement, crédibilité politique, notoriété: des éléments qui comptent aussi devant un banquier) et qui ont fait une proposition de binome au bureau départementaux ( qui l'a validé) et au Bureau Executif . Le Bureau executif a ensuite consulté les adhérents qui se sont exprimés ( les resultats de la participation sont à relire en sachant qu'on compte à partir des fichiers datant de 2007 : je considère qu'il y a eu un peu plus de 30% de votants parmi les inscrits réels , alors que nous inaugurions le processus , avec quelques difficultés techniques et une durée tres courte de 3 jours uniquement sur internet...).

Serge92 a dit…

@Pierre

votre remarque sur le fait qu'il faut être imposable pour bénéficier des réductions d'impôt est en effet pertinente...
Par contre vous aurez compris que je ne trouve pas pertinente la suppression du principe même de déduction fiscale donc le crédit d'impôt pourrait être en effet une solution...

Zenon a dit…

@Christian Romain
@ Millet

Concernant le financement des régionales, je considère, tout comme vous, qu'il est regrettable que pour être désigné candidat il faille "pouvoir signer un gros chèque" .

Cependant trois considérations méritent d'être prises en compte :

- le problème dépasse le cadre du MoDem, en effet c'est la loi sur le financement des partis politiques (JO, décret n°2007-100 du 27 janvier 2007)qui prévoit que si le candidat dépasse le seuil de 5% des suffrages exprimés au 1er tour il est remboursé à concurrence de 50% d'un seuil (fixé en fonction du nombre d'habitants de sa circonscription) seulement sur son apport personnel (fortune personnelle ou emprunt contacté auprès d'une banque). Les crédits alloués par les partis ne sont pas remboursés .
- les ressources dont dispose le MoDem, c'est à dire, pour 2009, 968 000 E, au titre du nombre de parlementaires, 2,7 millions E, au titre des voix obtenues lors du 1er tour des législatives, sommes auxquelles il faut ajouter les cotisations et les dons des adhérents (2 millions E ?)ne lui permettent pas de financer sur ses propres fonds une campagne dont le coût, toutes régions confondues, doit s'élever à plus de 10 millions E . Notons toutefois que lors du Conseil national du 24/10 le principe de la création d'un fonds de solidarité a été arrêté (je suppose qu'il est alimenté par les dons actuellement demandés aux adhérents).
- faute de moyens pour financer toutes les campagnes, il convient de faire des choix stratégiques : les régionales doivent nous permettre de préserver un réseau d'élus, mais l'enjeu des présidentielles, et des législatives qui vont les suivre en 2012, semble objectivement plus important .

Orange pressé a dit…

@Tibo : Le Nord est un des endroits où la démocratie interne marche le mieux. Les élections internes de 2008 comme tu le mentionnes en sont la preuve.

Cependant, des points sont à améliorer : annoncer par une conférence de presse de "probables" têtes de listes avant de consulter les militants ressemble à une tentative de coup de force même si l'intention n'y est pas.
Reconduire le processus de désignation utilisé lors des élections européennes alors même que celui-ci a été vivement critiqué n'est pas une bonne chose.
Que les têtes de listes aient été choisies de Paris même s'il y a eu consultation des instances n'est pas une bonne chose non plus. De Paris, on voit les choses différemment et on ne connait pas toutes les subtilités locales qui pèsent beaucoup.

Il ne s'agit donc pas de dire que tout est à jeter, pas du tout. Au contraire, il s'agit de pointer les défauts et de proposer des solutions. Solutions qui sont souvent proposées par les personnes qui s'investissent le plus dans les instances internes.
Difficile en effet de proposer des solutions à des problèmes que l'on ne connait pas !


@Serge92 : Nos amis belges ont interdit tout don d'origine privé. La solution n'est-elle pas là ?


@Zenon : - La question concerne effectivment tous les mouvements politiques, c'est d'ailleurs mentionné dans cet article.

- Les ressources pour le fonds de solidarité viendront en partie des adhérents en effet. Le détail étant assez compliqué, je vous renvoie vers Chantal Portuèse qui a fait un exposé très complet sur son blog et en Conseil national.

- Dans beaucoup de régions, sans réseau d'élus, il est très difficile de "faire des voix". La raison en est assez simple, un élu est souvent un moteur qui entraine de nombreuses personnes souvent sympathisantes. En décidant de se priver de ces locomotives, on hypothèque grandement l'avenir.
Toute construction nécessite de solides fondations et cela commence par le terrain.