vendredi 25 décembre 2009

L’écologie a-t-elle quitté le MoDem ?

Ou le MoDem a-t-il quitté l’écologie ?
La question est lancinante depuis quelques temps, et l’absence de publications des interventions médias de Corinne Lepage sur le site national du Mouvement démocrate ne fait que renforcer cette idée. Et elle se pose de plus en plus depuis que le Mouvement démocrate a publié son « petit livre orange », appellation que je réfute à cause d’une trop forte connotation.



L’écologie dans « le projet humaniste ».
En effet, dans le projet d’Arras, l’écologie et l’environnement ne sont clairement exprimé que par un petit paragraphe de 12 lignes en page 8 et par une petite colonne rassemblant à peine 4 idées sur le sujet. Bien sur, les notions de défi écologique et de développement durable sont saupoudrées un peu partout mais il n’y a pas de réelle partie ou plus justement pas de partie réellement ambitieuse sur le sujet.
Conséquence, on a l’impression que l’écologie n’intéresse pas le Mouvement démocrate ou plutôt ne l’intéresse plus. Car dans les faits, la question écologique est très discutée et intéresse beaucoup de monde au Mouvement démocrate.


Un thème suscitant l’intérêt.
Malgré cela, l’écologie est un enjeu qui intéresse les militants démocrates. A titre d’exemple, à Arras, le sujet fut au cœur des conversations et au 1er jour du Congrès, un débat a eu lieu sur le sommet de Copenhague qui s’ouvrait juste après le Congrès. Et bien que les quelques rares communiqués diffusés sur le site national du Mouvement démocrate laissent penser le contraire, les militants réfléchissent activement sur la question et émettent des propositions claires et pragmatiques comme cela a pu être mentionné ici-même.
La thématique environnementale n’est pas l’apanage des Verts ou d’Europe-Écologie dont les membres une vision parfois très spéciale de l’écologie. L’environnement, ce n’est pas non plus « l’écologie populaire » concept fumeux inventé par l’UMP pour tenter de colmater les fuites de son électorat vers les écologistes et qui considère ainsi que l’exprime Chantal Jouanno que « Le nucléaire, c’est de l’écologie ». Le Mouvement démocrate a depuis l’origine une forte composante écologiste. Pas un courant, pas un vague discours, l’écologie est au contraire, un élément essentiel du projet démocrate. Ainsi, lors de sa fondation en 2007, et au-delà de la participation de CAP 21 comme co-fondateur du MoDem aux côtés de l’UDF, une nouvelle catégorie a émergé que l’on peut appeler les « écolo-démocrates » et qui constituaient et constituent toujours une part conséquente des militants démocrates.
Militants en pointe sur le sujet, ils sont source de nombreuses propositions.
Ces « écolo-démocrates » sont symbolisés à la tête du Mouvement par des personnalités comme Jean-Luc Bennahmias, Yann Wehrling mais surtout Corinne Lepage, qui est la 1ière vice-présidente de la commission Environnement du Parlement européen.
Cependant, en dépit, du poids essentiel de l’écologie dans le projet démocrate, on a l’impression que l’évolution du MoDem se caractérise par une marginalisation toujours plus importante de la question écologique. C’est donc paradoxe. Tandis que l’écologie, depuis 2007, a une importance croissante ; au Mouvement démocrate, il semble que cela soit le contraire.


Les freins à l’écologie au MoDem.
Cette situation d’une écologie dont on a l’impression qu’elle n’intéresse plus le MoDem et d’une importance toujours plus importante de cet enjeu dans la vie politique française est étrange. Cette situation s’explique par l’existence de plusieurs points de blocage, de « freins » qui étaient présent à la création du MoDem ou qui se sont fait jour depuis.

Si on peut en lister plusieurs, les trois principaux sont à chercher dans le mode de pensée de François Bayrou ; dans les prises de position de Corinne Lepage et sur la question CAP 21 et des relations entre ce mouvement et le MoDem.


Le logiciel.
Ce n’est un secret pour personne, il ne le cache pas lui-même, François Bayrou ne considère pas l’écologie comme un élément prépondérant du modèle de société à proposer aux français. François Bayrou, s’il ne renie pas l’importance que peuvent avoir les questions de développement durable, juge toutefois que ce n’est qu’un élément parmi d’autres mais pas plus. Marielle de Sarnez et bien d’autres aussi. De ce mode de pensée résulte l’éclatement de la thématique environnementale dans plusieurs commissions démocrates (il n’y a pas de réelle commission environnement à proprement parler) et explique l’importance toute relative accordée au sujet dans le projet d’Arras.


Les prises de position de Corinne Lepage.
Lors de l’annonce des résultats des élections européennes, cela sautait aux yeux. Depuis, Corinne Lepage le répète en permanence « quand ça ne vas pas, je le dis ». On ne saurait être plus clair. Ainsi, depuis quelques temps, Corinne Lepage n’hésite pas à souligner les manques surtout au niveau de la démocratie interne, le manque de concertation avec les militants dans le processus décisionnel. Bien sur, ces questions n’ont rien à voir avec l’écologie mais le fait que Corinne Lepage incarne l’écologie démocrate et les récentes prises de position de la députée européenne du Nord-Ouest parfois en désaccord avec François Bayrou sur certains sujets constitue un frein indirect à la prise en compte des questions écologiques au MoDem.


La question CAP 21.
Depuis la fondation du Mouvement démocrate, la question de l’autonomie relative de CAP 21 en tant que mouvement co-fondateur est posée. Le score d’Europe-Écologie lors des élections européennes de Juin a encore accru les tensions sur le sujet au point qu’être membre de CAP 21 soit quasiment considéré comme un défaut, un faute de goût, presque une hérésie pour un militant démocrate. On a pu le constater réellement à Arras, la volonté de certaines fédérations départementales CAP21 d’aller voir ou d’accepter de discuter avec Europe-Écologie pour les régionales l’a confirmé : les relations entre les mouvements démocrates départementaux et leur pendant CAP 21 peuvent être parfois très tendus comme en Languedoc-Roussillon ou en Haute-Normandie.

Là encore, même cause, mêmes effets, les difficultés en la matière constituent une sorte de frein à une prise en compte plus importante de l’écologie au Mouvement démocrate ou tout du moins de sa médiatisation.


Conclusion.
Il est paradoxal, invraisemblable que l’écologie et l’environnement ne soient pas dans l’esprit des français un des sujets sur lequel ils attendent le MoDem. A la veille des élections régionales, les questions de développement durable sont pourtant LE sujet sur lequel les français attendent les partis politiques avant le social ou les transports.

Si à l’évidence, le sujet intéresse nos concitoyens comme en témoigne le maintien dans les enquêtes d’opinion d’Europe-Écologie, les régions ne disposent de compétences forcément très étendues en la matière. Bien sur, celles-ci ont développé des politiques intéressantes sur le sujet mais beaucoup reste à faire. En réalité, bien que l’environnement doit faire partie d’une démarche globale de la part des régions, il convient dès lors d’intégrer. En résumé, de tout simplement changer le logiciel.

Ainsi, si on l’impression que l’écologie a quitté le MoDem, le MoDem lui n’a pas quitté l’écologie. Il doit juste lui accorder la place qu’elle doit occuper, une place primordiale.

18 commentaires:

Paul a dit…

J'ai l'impression que l'écologie est maintenant tellement associée à Europe Ecologie, que la question des enjeux environnementaux est complètement dissoute dans la question : que faut-il penser d'Europe Ecologie et quels doivent être nos rapports avec eux ?

Je m'explique. Au MoDem (parmi les jeunes en particulier), j'ai le sentiment qu'il y a ceux qui saluent le succès d'Europe écologie et veulent "verdir" le programme du MoDem, et ceux qui ont au contraire une réaction de rejet, qui estiment qu'Europe Ecologie n'est qu'un épiphénomène et qu'il n'est pas question d'entendre parler d'écologie plus qu'avant.

Voilà pourquoi je dis que la question des enjeux environnementaux et complètement dissoute dans la question de nos rapports avec Europe Ecologie. Le débat d'idées devient conflit de personnes, et comme tu le dis justement, ceux qui parlent d'écologie sont stigmatisés, soupçonnés de vouloir rejoindre les listes d'Europe Ecologie.

C'est pourquoi, finalement, on a le sentiment qu'on parle moins d'écologie au MoDem : on parle beaucoup plus, comme d'habitude, de la question des "alliances".

luciolebrune a dit…

J'aime bien le ton du billet, qui cherche plus à rassembler et unir nos forces plutôt qu'à critiquer et diviser, comme j'ai déjà lu cela si souvent chez d'autres bloggers.
Il est vrai que, la place de l'écologie chez nous, c'est une question que beaucoup se posent, pour ma part, elle doit être au coeur de chaque projet, mais en effet, il faut veiller à sa lisibilité, et le fait de sa grande transversalité avec les autres sujets fait qu'on peut avoir l'impression d'un dispersement.
Il serait bon donc d'utiliser les 2manières de la communiquer dans un programme : sur chaque sujet, (urbanisme, éducation, transports,etc.)faire un renvoi au chapitre "environnement", afin que la lisibilité puisse se faire dans les 2 sens.
C'est le problème qui peut aussi exister pour d'autres commissions, comme par exemple le handicap : il ne faut ni le cloisonner, ni le dissoudre dans d'autres thèmes.

Serge92 a dit…

J'aurais tendance à penser comme certains que l'on en fait trop avec l'écologie...

Non que je conteste l'importance de la question et les conséquences pour l'avenir de l'humanité si l'on ne se décide pas à réagir...

Mais je pense qu'effectivement c'est une question parmi les autres et que cela ne doit pas être l'alpha et l'oméga de notre positionnement politique...

Pourquoi ce débat parait il aussi primordial maintenant ? Tout simplement parce qu' Europe écologie a fait un score aux européennes.

Je vais quand même relativiser un peu ce score en rappelant le taux d abstention aux européennes qui était de 60% en 2009.

Donc EE a fait 15% de 40% soit 6% de l'électorat...

Alain Dolium lors de sa présentation dans le 92 a dit que le vrai enjeu était d'aller chercher tous ceux qui ne votent pas ou ne votent plus...
Je crois qu'il a raison et qu'il ne sert à rien de courir derrière EE sur le terrain du tout écologique car...
Attention scoop... Le mouvement démocrate n'est pas un parti écologiste...ce n'est pas sa vocation première...

Le MoDem a vocation à traiter l'ensemble des problèmes et parmi eux l'environnement...

C'est assez terrible à dire mais l'écologie ça reste un hobby de gens aisés (je sais je caricature) car quand on a pas de boulot, que l'on a du mal à boucler les fins de mois, que l'on a du mal à se loger, bref que la vie devient difficile et que l'on craint pour soi, ses enfants et sa famille, l'environnement passe au second plan.

Alors si l'on veut vraiment que les gens s'intéressent aux questions environnementales, il va falloir faire en sorte qu'ils soient dans un état d'esprit libéré des problématiques typiquement humaines.

Pour moi les thèmes de campagne, en tout cas dans ma région ile de France, devront être l'emploi, le logement, les transports, l'éducation voire la sécurité (même si effectivement ce n'est pas forcément une prérogative des régions) car c'est sur ces thèmes là que l'on peut éventuellement faire revenir tous ceux et toutes celles qui ne veulent plus entendre parler de politique.

L'environnement doit également être un des thème principaux mais ni plus ni moins important que les autres car c'est un tout.

En ce qui concerne cap21, je dois reconnaitre que j'en ai un peu assez d'entendre depuis des mois des rumeurs de rapprochements avec EE...
Je trouve ça un peu facile de se dire à la fois en dedans et en dehors du MoDem car là où l'on va demander à un démocrate "classique" de faire preuve de discipline et de cohésion, on va tout leur passer...

Désolé de ne pas jouer la carte de l'apaisement mais dans ce domaine comme dans les autres, il faut de la clarté et de la cohérence...

Anonyme a dit…

L'écologie est l'une des 12 valeurs principales inscrites en préambule du projet du Mouvement Démocrate.

Mais, contrairement aux partis écologistes, elle ne figure pas au centre de ce projet, mais plutôt comme éléments indissociable du projet. Le MoDem place en effet l'homme au centre de son projet politique. Mais, en inscrivant dans son projet l'obligation de préserver les générations futures, il fait de l'écologie et de l'environnement une valeur à préserver.

Il s'agit là bien d'une différence fondamentale en terme de vision. Il implique une convergence forte en termes de mesures pratiques, mais qui peut aussi entraîner des divergences:

Pour l'écologie politique, l'objectif est de défendre d'abord l'environnement, même si cela peut engendrer une qualité de vie moindre. Ainsi, la décroissance est défendue comme moyen de diminuer l'impact humain sur l'environnement, mais a pour effet mécanique une diminution des richesses.

Pour le projet humaniste, l'homme, y compris dans ses générations futures, est au centre du projet. Une croissance "verte" sera donc plutôt défendue, qui concilie des objectifs de préservation de la planète avec un accroissement des richesses disponibles (et redistribuables).

Bien entendu, l'efficacité des deux projets est toujours discutable, mais ces différences de fond expliquent sans doute votre perception de la situation.

Voltaire

Patricia a dit…

Bonjour OP! Tu écris "Il n'y a pas de réelle commission écologie parce que c'est un choix!" Il date de Corinne Lepage qui menait jusqu'à il y a peu les commissions démocrates: l'écologie doit être au coeur de chaque problèmatique et non un en soi un sujet: elle se décline dans chaque problèmatique et c'est voulu écologie dans l'urbanisme écologie dans les transports, écologie dans l'éducation l'économie etc...!
Avant que EE ne fasse un "bon" score, nous avions largement ouvert notre parti à de nombreux verts qui étaient eux aussi préoccupés de la place de l'homme et désireux de sortir parfois de la dictature verte...décroissance forcée, au lieu de croissance différente, et culture du catastrophisme etc...J'en viens, de même que Bennhamias et Werhling, et je pense que le modem a ses propres forces écolos, et qu'il n'a pas à en rougir!!!
Cap21 n'a pas le monopole de l'écologie, mais avec eux ensemble, on est encore plus forts! :o)

Anonyme a dit…

Je rejoins pleinement les opinions émises par Serge92, Voltaire et Patricia .

Orange pressé a dit…

@Paul : L'écologie n'est pas l'apanage d'Europe-Écologie. Le but de ce rassemblement était clairement d'apparaître comme le moyen de regrouper les écologistes de tout bord. Cependant, il faut bien comprendre que pour ces élections régionales, c'est la logique d'appareil qui a primé sur l'objectif précité et pas le contraire.


@luciolebrune : Ton commentaire est assez juste.Il faut cependant préciser que je suis partisan d'une commission qui aurait le périmètre du MEDDAT de 2007-2009 regroupant l'administration du territoire et les transports. Bien sur, il faut parler de la question partout mais il ne serait pas idiot non plus de faire apparaitre plus clairement cet enjeu.


@Serge92 : Peut-être ne connaissez-vous pas ce site depuis longtemps mais je défends depuis longtemps ce positionnement, bien avant même les élections européennes, bien avant qu'Europe-cologie n'émerge. La question environnementale est au coeur des préoccupations des français qu'on le veuille ou non. En politique, il faut savoir s'adapter ou mourir. Je préfère que le MoDem s'adapte plutôt qu'il ne disparaisse.

Aux élections européennes, Europe-Écologie a profité d'une forte abstention et a confirmé en fin d'année lors de législatives partielles. Toutes les enquêtes d'opinion le confirment, c'est l'environnement et pas la sécurité ou le chômage qui seront l'enjeu des élections régionales.

L'environnement loin d'être une question de second plan est sur le devant de la scène car c'est bien l'économie verte qui va non seulement transformer nos sociétés mais aussi créer de nouveaux emplois et contribuer à une réindustrialisation au moins partielle. Ainsi, que vous le vouliez-vous ou non, les thèmes essentiels seront dans cet ordre : l'écologie, le social, les transports. Ce sera cet ordre là et pas un autre.


@Voltaire : Quand on voit ce qui est écrit dans le préambule, désolé mais c'est nettement insuffisant.

Le projet démocrate est un recentrage sur l'humain dans le cadre d'une société verte. Le vivre autrement s'articule essentiellement autour de ces idées. Loin d'être une valeur parmi d'autre, l'écologie est au cœur du projet démocrate. L'écologie politique ce n'est pas la décroissance, ne tombez pas dans le piège médiatique de la sarkozye. Lisez un peu le dernier ouvrage de Corinne Lepage sur le sujet (ou relisez le) et vous comprendrez mieux de quoi je parle.

@Patricia :
Effectivement, c'est un choix à l'origine. Corinne Lepage supervisant les commissions, cela avait un sens. Le fait même que Robert Rochefort ait repris la tête des commissions change bien évidemment la donne. Comme je l'ai commenté plus haut, je partisan d'une commission environnement élargie sur le modèle du MEDDAT.

Il est certain que le venue même de Jean-Luc, un peu moins celle de Yann, a eu un incidence. Toutefois, il faut bien comprendre que c'est Corinne Lepage qui incarne l'écologie au MoDem pas Jean-Luc Bennahmias ou Yann Wehrling. Oui, il y a des écolo-démocrates et oui la présence de CAP21 nous renforce. Cela démontre encore une fois que l'écologie n'est pas un monopole d'Europe-Écologie.


@Tous : Les rumeurs et affirmations mensongères n'ont pas leur place ici. Veuillez veiller à ne pas diffuser d'informations erronées merci.

Paul a dit…

Orange Pressé, je suis bien d'accord que l'écologie doit être beaucoup plus présente dans le programme du MoDem.

Ce que je dénonce, c'est le fait que tout le monde ait les yeux fixés sur Europe Ecologie (en bien ou en mal) et que le MoDem se disloque à cause de celà (tu l'évoques toi-même à propos de Corinne Lepage).

C'est justement pour ça qu'il faut réfléchir à ce que nous devons proposer au sein du MoDem en 2010 puis en 2012.

**

En ce qui concerne l'idée selon laquelle seuls les riches s'intéressent à l'écologie, c'est peut-être en partie vrai, mais dans tous les cas avec le réchauffement global ce seront toujours les pauvres qui trinqueront le plus. Pour une fois, un peu de courage politique ai-je envie de dire : imposons nos idées. La société et l'économie va devoir changer radicalement d'ici 2050, même si tout le monde ne s'en rend pas bien compte. Il faut agir.

Anonyme a dit…

Le jour où le Vatican se prononcera plus ouvertement en faveur de l'écologie, alors certains leaders du Mouvement Démocrate passeront de l'orange au vert !

Les Bayrou, Goulard, Gouraud, Artigues, Vanlerenberghe et les autres calotins qui tirent les ficelles attendent probablement une encyclique "De rerum ecoligicum" !

Serge92 a dit…

@Orange pressé


Quand je parlais du buzz autour de l'écologie , je ne pensais pas spécialement à vous mais à l'ensemble de la classe politique/médiatique qui tout d'un coup se découvre une fibre écolo...

Il est vrai que je ne suis votre blog que depuis peu de temps mais je reste en désaccord avec vous sur la stratégie ...

Pour ce qui est de la liste des thèmes de campagne majeurs et leur ordre, il ne nous reviens ni à moi ni à vous de les définir mais je persiste à penser que le social (logement, emploi, transports) doit être privilégié si l'on veut faire bouger les abstentionnistes...
L'environnement en lui même ne permettra pas de le faire sauf s'il est couplé aux préoccupations immédiates des citoyens qui sont de nature sociales...

@Paul
Quand je parle de hobby de gens aisés à propos de l'écologie, je dis la même chose que vous, mon objectif est simplement de montrer que l'écologie en elle même n'est pas à même de faire bouger les abstentionnistes qui sont plutôt dans les couches populaires.

Orange pressé a dit…

@Paul : Effectivement, il faut avoir le courage de nos idées.

@Serge92 : Il ne s'agit pas forcément d'approuver ou non mon raisonnement mais bel et bien de tirer les conséquences d'un état de fait : les français voteront aux régionales selon les thématiques et dans l'ordre que j'ai cité. Nous avons des propositions concrètes à mettre en œuvre.

Corinne Lepage aborde tous les aspects que vous mentionnez dans vos propos.

Ensuite, vous vous trompez lorsque que vous dites que l'écologie n'est qu'un sujet de personnes aisés. Les dernières élections européennes et cela se confirme depuis montre nettement une forte intention des classes populaires de voter en fonction de l'écologie. C'est un mouvement de fond récent et qui changera la donne en mars prochain.

Serge92 a dit…

j'ai toujours été impressionné par les personnes capables de prévoir 3 mois à l'avance le vote des électeurs...

D'autres ont essayé... avec les résultats que l'on connait (Balladur battu en 95, le pen au 2nd tour en 2002...)

Peut être avez vous raison ou peut être pas...
je vous invite tout de même à garder une certaine prudence à ce niveau...

Quant aux opinions de Corinne Lepage, n'étant pas un de ses fans, j'attends de connaitre ses prochaines prises de position dans les médias avant d'émettre un avis,...

FrédéricLN a dit…

"Anonyme" sur le Vatican est très mal informé. Benoît XVI a souvent mis en avant le thème de l'écologie, par exemple dans son message "urbi et orbi" du 1er janvier 2006, quelques mois après sont élection.

Et ce thème était déjà évoqué par l'encyclique sur la question sociale "Sollicitudo rei socialis" de Jean-Paul II en 1987.

Donc, s'il reste des "démocrates-chrétiens" pour croire - je reprends les mots de Serge92 - que "quand on a pas de boulot, que l'on a du mal à boucler les fins de mois, que l'on a du mal à se loger, bref que la vie devient difficile et que l'on craint pour soi, ses enfants et sa famille, l'environnement passe au second plan" (et pour imaginer qu'il y a en France au moins 16% d'électeurs qui ne sont dans aucune de ces situations) ... ça serait bien qu'ils se mettent à la page du Vatican !

Serge92 a dit…

@FredericLN

Vu mon évolution politique personnelle,Je dois reconnaitre que je trouve très savoureuse la notion de "démocrate chrétien" à laquelle m'associe semble t il votre commentaire...

Je remarque que s'il est de bon ton de mettre en avant les 16% d EE, personne ici pour le moment ne semble se poser la question des 40 à 60% d'électeurs qui ne votent plus (même pas pour EE) alors qu'il me semble que s'il y a un enjeu pour le MoDem, il se situe à ce niveau là...

Anonyme a dit…

Si la faim fait sortir le loup du bois, les chatouilles anticléricales font sortir les calottins de leurs repères !

@ FrédéricLN. Tout le monde sait bien à quel point le Vatican et notamment ses dirigeants (JPaul II, Benoit XVI) sont des progressistes et des écologistes !

Et quand bien même ils seraient des écologistes au sens "environnemental"! Au minimum, l'écologie ne se limite pas à l'environnement : avant de chercher à promouvoir un monde propre, il faut être propre sur soi et à l'intérieur de soi.

Il suffit, sans vouloir s'étendre (malgré le nombre d'exemples fortement à charge), d'examiner certaines canonisations très révélatrices soutenues tant par JP II (celle notamment de José Maria Escriver, prêtre franquiste fondateur de l' Opus Dei) que par B XVI (béatification de Pie XII, ce pape au comportement très trouble durant la 2e guerre mondiale). Elles montrent à elles seules l'erreur que constitue le fait de prétendre que le Vatican pourrait avoir des positions écologistes en profondeur !

Le fait que vous interveniez pour "rebondir" sur ce sujet est aussi très amusant ! Depuis la fin de la 2e guerre mondiale, les démocrates chrétiens ont toujours évité de se présenter comme tels. Et pour cause ! le seul mot "chrétie," suffit (à juste titre) à faire fuir les électeurs.

Pour faire sortir les calotins ou leurs partisans de leur planque il suffit de les chatouiller un peu et ils vous récitent les encycliques !

Bayrou est un démocrate chrétien et un calottin. Nombre de personnes qui l'entourent au MoDem le sont également. Je citais des noms, il y en a d'autres. Les électeurs doivent être informés de cela : ils croient voter pour un mouvement laïc (Oh ! les belles déclarations de Bayrou) et ils promeuvent un mouvement où foisonnent les militants d'associations à buts plus ou moins "confessionalistes".

Cela, ne me paraît pas très écologique !

Orange Sanguine a dit…

Je trouve quand même assez surprenant ces rapides points de convergences et de rapprochements entre Verts-Europe Ecologie et CAP1 alors que depuis 2002, aucun rapprochement n'avait été possible et qu'ils se tapaient dessus...En 2007, Voynet voulait être la candidate de tous les écologistes alors que Corinne Lepage et CAP21 soutenait Bayrou. Es-ce plutôt le score d'EE aux européennes qui susciteraient de nouveaux appétits plutôt que d'un véritable choix de projets. Je pense à la décroissance défendue par les Verts qui a été vélipandé par les pays du sud à Copenhague et aussi à la question nucléaire où l'approche n'est pas la même.

Pierre Héno a dit…

Mais pourquoi chercher au MoDem un volet écologie ? L'écologie n'est pas saupoudrée dans le programme du MoDem, elle est transversale. De même, je pense que l'écologie existera vraiment quand elle ne sera plus à part, un volet de programme à part, un parti à part, quand elle existera vraiment transversalement dans les actions d'un gouvernement.

FrédéricLN a dit…

@ Anonyme 11:29 : je vois que le débat fait aussi sortir des polémistes anonymes et autres insinuateurs approximatifs et marqués. Sûrement de grands partisans de l'écologie du débat ! Sûrement des gens très propres sur eux ! Je m'en réjouis.