mercredi 24 février 2010

Diviser pour mieux régner.

Les syndicats de Total l’ont annoncé à la suite de négociations avec la direction de l’entreprise, la grève est levé pour cinq des 6 raffineries du groupe. La sixième à Mardyck près de Dunkerque aussi appelée raffinerie des Flandres n’est pas concernée. Et pour cause, les syndicats, CGT en tête ont obtenu la certitude que les raffineries concernées et leurs emplois seraient maintenus pendant 5 ans.

La direction de Total ressort gagnante.
Tandis que pour la raffinerie des Flandres rien n’avance, le groupe Total vient de lever la principale contrainte qui le poussait à bouger : la menace d’une pénurie de carburant. En divisant le front des raffineries qui la direction de Total ne l’a pas caché fermeront toutes progressivement, le groupe a en quelque sorte acheté sa tranquillité. Maintenant que les salariés des autres sites ont voté la reprise, le bras de fer avec les employés de Mardyck tourne à l’avantage de Christophe de Margerie et les employés de la raffinerie des Flandres n’ont que plus à leur disposition de moyens de pression assez fort pour faire plier la direction du groupe pétrolier.

Pour les ouvriers, la période de crise est difficile à traverser. Mais le groupe lui, a tout son temps. Assis sur un trésor de guerre de plusieurs milliards d’euros, il peut se permettre d’attendre son heure dans le conflit de la raffinerie des Flandres alors que les réserves financières des ouvriers sont plus limitées.

De son côté, le gouvernement, qui n’a pas fait grand-chose si ce n’est changer de pied en incitant Total à avancer son comité d’entreprise et à tout faire pour éviter la pénurie, va probablement se gargarisé d’avoir évité la pénurie.


Une situation toujours problématique.
Toutefois, les principaux problèmes ne sont toujours pas résolus.
On ne sait rien de l’avenir du raffinage en France, la désindustrialisation continue, les employés de la raffinerie des Flandres ne savent toujours pas ce qu’ils vont devenir. Les employés des autres raffineries n’ont gagné qu’un « CDD de 5 ans ».

Diviser pour mieux régner, Christophe de Margerie connaît bien ses classiques et a su enlever l’épée de Damoclès qui était suspendu au-dessus de sa tête. Les régionales ne sont pas son problème mais celui des partis politiques, et par ce geste, il le montre parfaitement.

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