jeudi 25 février 2010

Régionales. Une unité bien fragile !

« Unité » est le leitmotiv de Valérie Létard qui ne cesse de répéter lors de chacune de ses interventions. La région Nord-Pas de Calais a beau être une des rares régions qui ne soit jamais tombé dans l’escarcelle de la droite depuis la mise en place du suffrage universel, la secrétaire d’État aux technologies vertes, martèle que la victoire est possible. Déclarant ainsi qu’il y a « une vraie opportunité de gagner la Région » et de préciser : « Face à nous, il y a des listes dispersées, nous, nous sommes unis, dès le début, et nous ne ferons pas d'alliance entre les deux tours ».

Traduction en clair : « A gauche, ils sont divisés et c’est ce qui va les faire perdre tandis que nous, nous sommes unis mais nous n’avons pas de réserves de voix ».


Une unité de façade.
Le problème de la liste UMP dans la région Nord-Pas de Calais, c’est qu’elle n’est pas vraiment unie. En premier lieu, elle ne respecte pas l’équilibre des territoires. Le sud de la région est surreprésenté par rapport à la métropole lilloise qui est pourtant la zone la plus peuplée. Cette répartition est donc déjà une première source de problèmes.

Dans un second temps, la liste comporte aux places éligibles (soit les 15 ou 16 premières places pour la liste de droite), une surreprésentation des partenaires de l’UMP. Le Nouveau Centre auquel appartient Valérie Létard est particulièrement bien représenté avec plusieurs représentants tout en haut de la liste. Les autres partenaires de la majorité (Gauche moderne, parti radical et CPNT (Chasse, pêche, nature et traditions)) voulant aussi au moins une place éligible, les membres de l’UMP devant se contenter de 12 places sur les 20 premières de liste départementale du Nord.

C’est cette réalité qui poussé Thierry Lazaro, patron de la fédération UMP du Nord à claquer la porte et à dénoncer cet état de fait. Cette réaction en rappelle une autre, celle de Patrick Devedjan qui a l’occasion de la composition du 1er gouvernement Fillon avait lancé lors d'un conseil national de l'UMP la phrase suivante : « Je suis pour aller très loin dans l'ouverture [...], très loin, y compris jusqu'aux 'sarkozystes', c'est dire ! ».
Cette sortie lui avait valu en son temps, le prix du press club de l'humour politique. Celle-ci vu suivi quelques mois plus tard en août 2007 par une autre dans le quotidien Le Monde,
« Nous souhaitons élargir sans cesse la majorité présidentielle. La politique d'ouverture, c'est une politique de réconciliation des Français, elle n'a pas de limite. ». Son attitude trahissait déjà un certain agacement des troupes du parti de droite.


La fête continue !
La colère du maire de Phalempin étant passé, on pouvait penser que la sérénité allait revenir dans la droite nordiste. Que nenni ! Puisque pas depuis, il n’est pas un jour sans que l’on apprenne que les listes UMP ont fait de nouveaux mécontents. Ainsi, le dimanche 21 Février dernier, on apprend que l’UMP a évincé une des rares élues compétentes sortantes (Liliane Durieux) disposant du soutien des élus locaux de droite sans avertir la principale intéressée. D’où colère de la dame, et page entière dans la Voix du Nord.

La fête continue ensuite mercredi dernier, où l’on apprend que les élus locaux du MPF (Mouvement pour la France de Philippe de Villiers), parti associé depuis quelques temps à l’UMP comme le parti radical, ne sont pas contents de ne pas avoir obtenu au moins une place éligible sur la liste de la majorité. Réponse négative donc de Valérie Létard au prétexte que les intéressés sont d’anciens membres du Front national.

Les représentants locaux du MPF ont donc déclaré : « Face à ce marché de dupes, nous avons le devoir de dire à nos adhérents et à nos sympathisants que nous nous désolidarisons totalement de la liste conduite par Valérie Létard dans le département du Nord. ». Valérie Létard qui n’en a cure, n’a même pas daigné répondre. Quant aux instances nationales du MPF, elles font savoir qu’elles n’accepteront aucune attitude remettant en cause l’accord passé au niveau national avec l’UMP.


Conclusion.
Les déclarations des « barons » locaux du MPF n’auront probablement pas un effet démesuré puis la composition des listes demeure inchangée mais elles illustrent encore une fois que l’unité des mouvements sur une même liste des différents mouvements composant la droite n’est que de façade. Pire, dans la région Nord-Pas de Calais, c’est un véritable feu d’artifice. Pendant ce temps, sur les listes démocrates, de gauche et même du FN, on se frotte les mains. La gauche plus particulièrement à qui pendant ce temps-là, qui peut éviter d’avoir à parler de ses idées et de mesures plutôt paradoxales qu’elle adopte.

2 commentaires:

Zenon a dit…

Rendons à César ce qui est à César et à Patrick Devedjian la boutade attribuée à tort à Jean-François Coppé . En effet, c'est P. Devedjian qui a déclaré : "Je suis pour aller très loin dans l'ouverture (...) très loin, y compris jusqu'au "sarkozystes", c'est dire ."

Orange pressé a dit…

Merci pour la précision. Je corrige.