dimanche 11 juillet 2010

François manque de Bayrou.

Ce dimanche matin, François Bayrou était le dernier invité de la saison de l'émission politique dominicale d'Europe 1 : « Le grand rendez-vous » organisé en collaboration avec le Parisien et son édition nationale Aujourd'hui en France. Et des choses, il y en avait à dire.


Le contexte.

Ces dernières semaines, François Bayrou est intervenu à plusieurs reprises dans les grands médias nationaux après le silence relatif qu'il s'est imposé après la déroute des régionales. Il faut dire que la situation s'est emballé récemment en donnant raison aux critiques formulées par le chef centriste au cours de sa campagne présidentielle de 2007 et qu'il n'a cessé de marteler depuis, le tout étant compilé dans son dernier ouvrage intitulé « Abus de pouvoir » qui a connu un véritable succès de librairie.
Affaire Bettencourt, implication +/- directe de l'ancien ministre du budget et actuel Éric Woerth, affaires qui sont entre les mains d'un procureur proche du pouvoir, nommé par ce dernier en dépit de l'opposition du CSM, attaques contre la presse, coupes sombres dans les dépenses sociales combiné au maintien du bouclier fiscal; tous les éléments étaient réunis pour que François Bayrou par une intervention en profite pour redorer son blason et dans le même temps remonter sa côte de popularité bien écornée par les régionales et la multiplication de ses rendez-vous avec le locataire du château ayant contribué à semer le trouble parmi ses sympathisants.


La prestation.

Dernier à passer sous les questions de Jean-Pierre Elkabach et Michel Grossiord pour la saison 2009/2010, on aurait donc pu s'attendre à une préparation spécifique de la part du béarnais. Dans un contexte hyper-favorable vérifiant toutes les affirmations qu'il avait mentionné dans son livre en 2009, François Bayrou a réalisé une prestation correcte mais sans plus. En l'écoutant, on pouvait être surpris par un certain manque de punch dans les propos de François Bayrou. Même face à Jean-Pierre Elkabach, qui jouait son rôle habituel avec des questions tournées de telle que l'on se demande s'il n'est pas employé du service de communication de l'Élysée, François Bayrou a manqué de combativité. Est-ce la chaleur ou la fatigue de fin de saison qui explique cela ?
Dans un cas comme dans l'autre, François Bayrou a produit une prestation un peu décevante alors que tout était réunit pour signer le début d'une remontée après plusieurs échecs aux élections intermédiaires. Lorsqu'on lui a dit que la situation actuelle vérifiait ses prédictions, il a joué les faux modestes ajoutant que ce n'était pas son cas personnel qui importait. Si on reproche souvent aux hommes politiques de se mettre trop en avant aux détriments de leurs mouvements politiques, il y a des moments où il faut au contraire se mettre en avant si l'on s'inscrit dans une perspective présidentielle, ce qui, sauf erreur, est bien le cas de François Bayrou.


Conclusion.
Au cours de cette émission, le président du MoDem n'aura pas commis d'erreur majeure mais il a manqué l'occasion de marquer des points et de consolider sa position. En réalité, au cours de cette prestation, ce qui a surtout manqué à François Bayrou, c'est de faire du François Bayrou. Dommage. Autre enseignement du contexte actuel mais que l'on savait déjà, la sortie de son livre « Abus de pouvoir » était prématurée. En sortant son ouvrage un mois avant les régionales, François Bayrou aurait entrainé ses troupes dans une dynamique qui quoiqu'il se puisse se passer au niveau local était nationale tout comme lors du précédent scrutin. De même, il aurait continuer à tirer profit d'un ouvrage incisif dans un contexte explosif. Dans l'optique présidentielle pour laquelle le béarnais a sacrifié son mouvement politique, de telles erreurs peuvent se payer très cher. Il sera intéressant de voir comment il va faire sa rentrée en septembre au sortir de vacances qui ne feront pas cesser « les affaires ».

4 commentaires:

Alcibiade a dit…

Pas faux du tout!

Les démocrates sont révoltés de ce qu'ils ont entendu ces derniers jours de la bouche des responsables UMP.

Edwy Plenel l'a encore dit après l'interview de l'Egocrate : "Tout démocrate devrait se sentir révolté après ça"

Et FB qui est d'habitude si capable d'exprimer ce bon sens démocrate, ce rappel aux valeurs républicaines, là, il était éteint!

Faut qu'il se repose et redevienne le Bayrou qu'on connaissait!

Mirabelle a dit…

sauf que lorsqu'il s'anime et devient plus virulent il en prend plein la poire et est accusé de faire de l'opposition systématique ... mettons nous à sa place, il marche sur des oeufs !

Orange pressé a dit…

@Mirabelle : Tout est une question de timing. Il a été virulent un moment, où il fallait être calme. Et maintenant, il devient calme alors qu'il faudrait être virulent.

Le contexte actuel lui offre un boulevard qu'il devrait s'empresser d'emprunter !

Anonyme a dit…

Ce qui crève les yeux hélas c'est que F Bayrou est en train de retourner à nouveau sa veste et que c'est bien difficile à assumer alors même que Sarkozy s'enfonce pourtant dans ce qu'il avait lui-même fermement dénoncé lui-même. Pour ceux qui ont cru en 2007 qu'il pourrait incarner un renouveau de la démocratie, c'en est désormais fini. En cela il ne fait que suivre tous ses aanciens amis, de Morin à Mercier, de Leroy à Santini et à se ranger dans le camp dont au fond il n'a cessé d'être (mais après avoir trompé ses électeurs et ses militants).

Bayrou c'est désormais du passé, son imposture a éclaté, et son livre "abus de pouvoir" mérite pour moi la poubelle, malgré les 18,90 € qu'il m'a couté... Car sans sincérité et opiniatreté à les défendre coûte que coûte, même les plus grandes proclamations d'opinion ne valent rien.