dimanche 15 février 2009

Fusion sous pression de l'Écureuil et des Banques populaires.


On l'a appris depuis quelques jours, l'Écureuil et les Banques populaires font vraiment fusionner le 26 Février prochain. Selon le quotidien La Tribune qui a révélé l'affaire, le gouvernement aurait du faire pression sur les 2 parties afin que celles-ci se mettent d'accord.

Il faut dire qu'il y avait y urgence. Leur filiale commune Natixis dans la banque d'investissement devrait afficher des pertes d'un montant approchant les 3 milliards €, la Caisse d'Épargne des pertes de 2 milliards € et les Banques populaires des pertes pour environ 600 millions €. Suite à des investissements hasardeux, Natixis avait du p^lusieurs fois être renflouée par ses 2 maisons en termes de fonds propres et son cours de bourse était passé de 19€ à l'introduction à 1,12€ à la dernière séance soit une division par 17 fois environ du cours de bourse.

La ministre de l'Économie Christine Lagarde déclarant le samedi 14 Février 2009 sur TF1, "J'ai demandé à ces deux établissements d'accélérer la manoeuvre. Il y a urgence, ce n'est pas la peine de faire traîner les propositions de fusion éternellement" signifiant par là l'agacement de l'Élysée à de nouveaux retards dans ce processus. Le gouvernement menaçant de prendre 30% du capital des 2 banques pour réaliser ce projet. A celà, je dis chiche ?


Depuis le début de la crise, notre hyperprésident déclame à qui veut l'entendre qu'il faut réformer le capitalisme, mais ne fait pas grand-chose pour le changer. Il refuse de supprimer le boulet fiscal qu'est la loi TEPA (qui porte bien mal son nom) qui nous coûte chaque année 15 milliards €. Il refuse aussi de subordonner l'aide de l'État aux banques et entreprises à l'imposition de plafonds salariaux et à l'abandon de tous les avantages qu'ils peuvent en retirer (jets privés, primes, golden parachutes), encore moins de subordonner l'accès à l'argent du contribuable à la suppression des dividendes. Il refuse aussi de devenir actionnaire des banques.
Le président de la République dit de Gordon Brown que son plan de sauvetage des banques était très bon voir excellent mais ne l'a pas vraiment copié pour la France.

Le Premier ministre britannique a nationalisé les banques, exigé des places dans les conseils d'administration des sociétés financées par l'argent du contribuable. Une fois ces places obtenurs, il a demandé et obtenu le remplacement des dirigeants qui avaient conduit ces sociétés dans le mur tout en refusant de payer les golden parachutes, il a supprimé les primes versées aux traders et aux dirigeants, plafonné les salaires et a attribué à l'État britannique tous les dividendes dont la décision qui avaient été décidés avant l'entrée de l'État au capital. Résultat, il a tous les leviers en main et peut maintenant réellement agir et "réformer" le capitalisme.

Face à cela, le président français qui avait promis un texte sur les golden parachute a dû enterrer cette promesse à Gandranges puisqu'aucune décision intervenant en ce sens n'est intervenu depuis son élection. Il s'est contenté du code de bonne conduite du Medef que les grands patrons se sont engagés à respecter, oui vous avez bien lu ils se sont "engagés", devant l'extraordinaire contrainte qu'exerce cette menace, les patrons n'en ont rien fait et ont continués comme avant (pourquoi se gêner) et ont continuer à verser des primes affolantes, à s'attribuer des golden parachutes et pour certaines entreprises aidées par l'État dont la Société générale et la BNP distribuer des dividendes alors que ces mêmes entreprises s'étaient jetées avec voracité sur les milliards proposés par l'État aux banques en difficulté.

Lorsque le président Obama a annoncé que les patrons des entreprises aidées par l'État fédéral devrait se contenter d'un salaire de $500 000/an, notre président s'en est félicité. La patronne du Medef, Mme Parisot affirmant elle que cette mesure n'était pas nécessaire et que les patrons savent très bien se limiter. Je citerai un exemple pour contredire Mme Parisot, le président du NYSE (qui n'avait encore fusionné avec Euronext) s'était attribué en son temps plus de $167 millions alors que sa société réalisait un CA d'à peine plus $1 milliard, il a fallu que la presse révèle le scandale et que la SEC s'en mêle pour que ce monsieur y renonce. Effectivement, les patrons savent se modérer. Ce fut la même chose pour les primes, il fallu que l'exécutif français menace d'exiger le remboursement des aides versées et refuse d'en verser d'autres pour que les patrons français décident de supprimer les primes aux financiers qui sont à l'origine de la crise. Mme Parisot avait alors trouvé choquant que l'on demande aux patrons de se contenir, et estimé que sans la pression élyséenne cela serait tout de même arrivé. Personnellement, je doute que ce soit le cas.

Depuis le début de la crise, le président Sarkozy veut réformer le capitalisme mais ne se donne pas les moyens de ses ambitions, il refuse de supprimer le boulet fiscal qui empêchant la France de faire une vraie relance, il refuse tout autant d'intervenir directement et fortement dans le secteur bancaire pour réellement changer les choses comme son homologue Gordon Brown. Il ne veut pas non plus adopter un volet consommation ne serait-ce que léger pour soutenir les classes les plus défavorisées, ni de faire un réel plan de relance (le plan actuel ne contient que 4 milliards de nouveaux investissements sur 26, le reste étant la mise en œuvre anticipé de mesures déjà prévues). Alors qu'il a affirmé aux français lors de son allocution qu'il fallait soutenir l'investissement public, il annonce la suppression de la taxe professionnelle qui fournit la majeure partie des recettes des collectivités locales alors que la commission compétente n'a même pas encore rendu son rapport. Rappellons que les collectivités contribuent pour 72% des dépenses publiques d'investissement en France. Tout aussi choquante est l'annonce de l'octroi de l'aide aux constructeurs automobiles qui se sont engagés en échange à ne pas supprimer d'emploi pendant la durée du prêt de l'État,(c'était Lundi dernier !) et PSA a annoncé 2 jours après qu'ils en supprimait 11 000. De toute évidence, alors que l'on refuse aux plus pauvres et plus modestes une aide et que les plus favorisés continuent à bénéficier du bouclier fiscal, ça passe mal. Le mouvement social en Guadeloupe et dans les DOM-TOM est sur ce point assez évocateur, je vous en reperlerai ultérieurement.

Pour finir, je vous invite à méditer ce bon mot qui circule au Parlement européen de Bruxelles depuis qu'un braquage a eu lieu contre une agence bancaire qui s'y trouvait. Notons qu'il y a plusieurs agences bancaires dans le Parlement européen.
"Tu sais pourquoi c'est cette agence qui a été braquée ?
- Non.
- Eh bien, le braqueur a d'abord tenté de braquer l'agence Fortis mais quand on lui a annoncé qu'il n'y avait plus de cash, il a décidé de braquer l'agence ING."

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