jeudi 23 avril 2009

La journée de la Terre.


Si comme la plupart des internautes, vous utiliser Google vous avez dû découvrir que ce Mercredi 22 Avril 2009, vous aurez remarqué que le logo de la firme de Mountain View avait changé et si vous avez été intrigué et avez cliqué dessus vous aurez découvert que c’est pour faire connaître l’opération « Earth Day » ou Journée de la Terre que cet évènement assez anodin a eu lieu.


La journée de la Terre, c’est quoi ?
Avant tout, c’est une ONG qui coordonne dans le monde entier des évènements pour faire prendre conscience au grand public des enjeux environnementaux qui compte 17 000 organisations membres dans 174 pays. Cette ONG a structuré une initiative lancée par le sénateur américain Gaylord Nelson qui a incité les étudiants à sensibiliser l’opinion publique aux enjeux environnementaux le 22 Avril 1970. Son but était via l’action civile et associative d’aboutir à une prise de conscience de cet enjeu par les pouvoirs publics à une époque où l’environnement n’était pas un enjeu majeur. Cette mobilisation a permis la naissance de l’agence américaine de protection de l’environnement (EPA) ainsi que l’adoption de règlementations environnementales. Cette initiative s’est ensuite généralisée au début des années 1990 mais a pris de l’ampleur en 1992 avec la tenue du Sommet de la Terre à Rio de Janeiro pour ensuite lieu au protocole de Kyoto en 1997.


Que puis-je faire en cette journée ?
Même si la journée de la Terre est un événement symbolique, elle vise surtout à faire prendre conscience des questions environnementales. Mouvement né aux États-Unis, où les carences de l’État sont très souvent palliées par le monde associatif, son impact a été moindre en Europe. Cette journée a pour objectif d’inciter les personnes privées à parler et faire parler des enjeux de l’environnement, de la crise énergétique et des solutions que chacun peut mettre en œuvre. Profondément marqué par l’individualisme américain, elle part du principe que chacun par ses actions individuelles peut concrètement agir et peser. La récente « Earth hour » ou heure pour la planète qui a consisté à éteindre ses lumières durant une heure en est un exemple. Globalement, les actions menées ont un impact. Toutefois, des limites apparaissent.


Une initiative qui a ses limites.
Comme le dit Corinne Lepage dans son dernier ouvrage intitulé « Vivre autrement », où elle brosse le projet d’une société adaptée au nouveau mode de vie vers lequel nous devons évoluer. Nous arrivons à un moment charnière, celui où l’initiative privée doit être relayée efficacement par une réelle prise en compte des enjeux au niveau politique. On l’a vu avec le Grenelle de l’environnement, la société civile est présente et très active mais les pouvoirs publics doivent prendre des décisions fortes parfois en apparence non pertinentes. Cette forte initiative privée ne peut en effet durer que s’il dispose d’un cadre législatif et règlementaire appropriée mais surtout par l’octroi de fonds importants pour lancer la machine. C’est par exemple le cas pour les énergies renouvelables ou l’amélioration thermique des bâtiments. Si on aide pas les énergies renouvelables ou que l’on octroie pas d’aide pour faire passer les immeubles et maisons anciennes en habitat passif, les initiatives du secteur privée reste limitées et les gens verront surtout les économies à court terme.


La vraie solution, l'action de tous.
Il faut donc rendre le développement durable compétitif mais là encore les pouvoirs publics semblent en retard. Peu de gens savent que la démarche HQE ou Haute qualité environnementale est d’abord une initiative associative avant d’être reprise par les pouvoirs publics. Il en est de même pour la démarche Négawatt qui estime que nous pouvons même en ayant une population croissante diminuer notre consommation énergétique en améliorant notre efficacité dans ce domaine. Plus globalement, on peut noter que l’État et les collectivités ont tendance à généraliser les initiatives privées qui marche. Il me semble que nous devons dépasser ce stade où les décideurs courent après le changement et que les administrations doivent être des moteurs de cette nouvelle société. L’environnement ne doit pas être une fin en soi mais un enjeu qui doit être intégré à tous les niveaux. C’est ce point sur lequel la journée de la Terre est importante, faire comprendre à nos dirigeants, l’ampleur du travail à accomplir pour éviter que « notre maison brûle alors que nous regardons ailleurs ».


A voir au cinéma sur cet enjeu :
« Nous resterons sur Terre », de Patrick Barougier et Olivier Bougeois, actuellement en salles.
« Home », de Yann Arthus-Bertrand, sortie le 05 Juin 2009.

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