vendredi 24 avril 2009

Rachida Dati et l’Europe : un assemblage incohérent, une candidature inconséquente.



Ce n’est pas une nouvelle Rachida Dati est une femme qui n’a jamais été élu par elle-même mais parachutée. Son score dans le 7e arrondissement lors des dernières municipales était historiquement bas dans un arrondissement pourtant acquis à l’UMP. Les électeurs s’étaient alors en partie reportés sur la candidate MoDem, Véronique Delvolvé qui avait un joli score, se maintenant même au 2nd tour. Écartée du gouvernement par décision présidentielle, elle s’est vu offrir une escapade dorée à Strasbourg le président de la République. Sachant ce qu’il en coûte de refuser une telle faveur, Mme Dati s’est empressé d’accepter. La voilà donc en position éligible en Ile-de-France et très probablement élue étant donné le score potentiel de l’UMP. Sachant la fonction qui serait la sienne en Juin prochain, les français sont en droit d’attendre une certaine qualification de la part d’une telle personne.

La rencontre révélatrice.
Ainsi, Mme Dati dans le cadre de sa campagne et alors même que ni sa liste complète ni son programme ne sont connus, avait une rencontre avec les jeunes de l’UMP. Certes le public était choisi mais alors que l’on reproche aux jeunes de trop s’abstenir, l’idée de mobiliser les troupes n’était peut-être pas si mauvaise. Voilà donc la candidate au Parlement européen embarquée dans un débat avec les jeunes de son propre parti sur la question européenne. Débat qui a servi de révélateur encore une fois. Soumise à des questions et non à la question (quoiqu’on puisse en douter), Rachida Dati s’est contentée de réponses évasives et floues, ainsi que de propos plus que vagues traduisant ainsi son ignorance de la question européenne. Je ne me focaliserai pas sur la polémique mais on peut cependant noter que ces propos, dont le style n’est pas sans rappeler le parlé d’un certain Jean-Claude Vandamme connu pour ses phrases sibyllines, montrent encore une fois le mépris que manifeste un tel choix de la part du président envers son propre électorat.

« Le mépris et la haine sont sans doute les écueils dont il importe le plus aux princes de se préserver. », Nicolas Machiavel, Le Prince.
Cette attitude qui consiste à mépriser les électeurs n’est pas nouvelle. Souvenez-vous ! En 2008, on avait gentiment fait comprendre à Arnaud Teullé de se retirer pour laisser la place au rejeton du président de la République. Résultat, les électeurs furieux qu’on leur impose un candidat dont ils ne voulaient pas forcément se sont écartés de l’UMP et le fiston a fait 51%, suffisamment pour être élu dès le 1er tour mais loin des scores habituels du papa qui fleurtait avec les 70%. Les électeurs s’étaient alors diviser entre les candidats divers droite et le MoDem (encore lui) avait fleurté avec les 30% dans un bastion historique de l’UMP, là encore grâce à une bonne implantation locale.
Cette attitude qui consiste à parachuter des personnes qui ne sont pas implantés et encore pire qui ne connaissent rien à la charge à laquelle ils candidatent énervent fortement les français et ils ont raison. Cependant, ce jeu dangereux qui consiste à imposer des personnalités venu de nulle part pour le simple fait de leur trouver une planque dorée en attendant des jours meilleurs fait de nombreux perdants : la démocratie d’abord, mais surtout l’Europe.
Alors que le contexte actuel montre que le besoin d’une Europe forte, une telle attitude ne peut que renforcer le tentation abstentionniste à laquelle sont confrontés les électeurs. Envoyer aussi de telles personnes dans l’enceinte du Parlement de Strasbourg est aussi une belle bêtise car l’Europe a besoin de députés travailleurs qui constituent une véritable force comme l’a montré le dernière session plénière de Strasbourg.

Un changement d’attitude est-il possible ?
Devant de tels comportements, les Verts et le MoDem se détachent en proposant des personnalités d’envergures, actives au niveau européen comme candidats et candidates. Ces partis que les grosses écuries que sont le PS et l’UMP ont tendance à négliger seront très probablement les grands gagnants du scrutin de Juin prochain illustrant ainsi un ras-le-bol des électeurs. Adopter une attitude plus respectueuse des électeurs est possible mais les partis majoritaires voudront-ils le faire ? Personnellement, j’en doute et je vous donne rendez-vous dans les urnes pour montrer à ces personnes qu’être député européen, ce n’est pas qu’une retraite dorée, c’est une véritable fonction, plus importante que les fonctions parlementaires nationales.

1 commentaire:

souklaye.sylvain a dit…

le prototype rachida
Si j’étais directeur de casting institutionnel, connaissant l’avis volatile voire contre-productif de vox populi et la vulgarité consubstantielle des bénévoles humanistes, il faudrait anticiper les modes savamment marquetées et les mœurs faussement transgressives en promotionnant…
… des protagonistes en forme de logo ou de statistiques, correspondant au bruit du folklore et à l’odeur du groupe, le niveau de compétence et l’expérience sont accessoires dans cette affaire si les critères de fantasmes, de représentation puis de personnification sont remplis, ne pas s’inquiéter des dommages putatifs, l’arrière-boutique n’intéresse personne tant que la vitrine est belle.

Ou
… des produits voués à l’échec, que la concurrence laisse en jachère car ils ne sont pas conformes au standard de vente, mais leur mise en marché plus symbolique que mercantile permet à la fois d’organiser la panique chez l’outsider et de diversifier son offre thématique, tout en fidélisant des consommateurs sans avoir à les éduquer.
Ou
… le naturel national, les fondamentaux patriotiques et le collectif docile, les pratiquants professionnels de l’hymne font de bons VRP républicains, le dirigisme empirique d’un entraîneur ou le volontarisme conditionné d’un sportif séduit les futurs licenciés comme les masochistes en manque d’autorité.
La suite :
http://souklaye.wordpress.com/2009/03/25/le-subjectif-au-conditionnel-si-j’etais-directeur-de-casting-institutionnel/