mercredi 27 mai 2009

Compte-rendu du débat entre Corinne Lepage et les bloggeurs sur Lille.


Corinne Lepage a très bien compris les enjeux des nouvelles technologies et cela se voit dans sa campagne qui utilise massivement les nouvelles technologies. C’est dans ce contexte et après une 1ière rencontre avec des bloggeurs sur Rouen que Corinne Lepage est venu sur invitation de Marc Vasseur, ancien élu et bloggeur, organisateur de « Blog en campagne », évènement qui envisage d’inviter toutes les têtes de liste de la région Nord-ouest à passer à la moulinette des bloggeurs nordistes. Les bloggers étaient : Marc Vasseur donc, Pascal Cobert, Yves Delahaie, moi-même Orange pressé ainsi que d’autres dont je n’ai pas retenu le nom.

Les questions ont été diverses et nombreuses et Corinne Lepage a du s’arrêter pour prendre le dernier TGV pour Paris mais dans l’ensemble la rencontre fut intéressante.

Alors que Marc Vasseur rappelait à Corinne Lepage qu’un sondage la plaçait en tête en termes de notoriété, l’intéressé soulignait que la notoriété est particulièrement volatile et que c’est surtout la reconnaissance des français qu’elle cherchait. Et d’insister qu’elle a été ministre il y a 14 ans et que c’est surtout ses activités de conférencière et d’avocate qui ont entretenu sa notoriété.
Sur ce point, je suis complètement d’accord. Jacques Chirac qui avait une notoriété au raz des pâquerettes à la fin de son mandat est maintenant plébiscité par les français.

Questionné sur une certaine radicalité de sa part, Corinne Lepage la revendiquait car estime-t-elle la situation est parfois telle qu’il faut réagir fortement pour faire bouger les choses et de rappeler ses actions sur HADOPI ou plus récemment sur le comité de biotechnologies dont elle remet en cause l’impartialité (elle a formé un recours devant le Conseil d’État ce 27 Mai à ce propos). Corinne Lepage a aussi manifesté son agacement devant les pratiques de « green washing » ou de rappeler que les propos de Nicolas Sarkozy sur ces prédécesseurs lui semblaient déplacés. Enfin, de noter que la crise actuelle nécessite une réponse forte et claire.


Sur ses opposants.
Si Corinne Lepage dit avoir des points communs avec les verts, elle a aussi mentionné qu’elle avait aussi de nombreuses différences. Et qu’en temps que laïque convaincue, elle ne pouvait cautionner les propos tenues par partisan de Tarik Ramadan que soutient Hélène Flautre dont elle reconnaît qu’elle a fait un bon travail en tant que députée européenne.
Se défendant de porter un jugement sur ses adversaires, elle révèle qu’elle aurait préféré avoir quelqu’un du calibre de Vincent Peillon comme adversaire.

Le dit Vincent Peillon est député sortant dans le Nord-Ouest mais a été parachuté dans les Sud-Est. Lors de la conférence nationale du MoDem, le 23 Mai, mes amis militants du Sud-Est m’ont rapporté l’anecdote suivante. Alors qu’un débat était organisé entre les têtes de liste locales, tous montraient une certaine apathie hormis Jean-Luc Bennahmias. Vincent Peillon lui se contentait de relire quelques passages du manifesto lorsqu’il n’avait pas la parole et de réciter le fameux manifesto. Je connais pas Vincent Peillon mais une telle attitude est à mon sens le signe d’un certain dédain pour ne pas dire un dédain certain pour les personnes devant lesquelles on se présente.

Marc et Yves ont ensuite interrogé Corinne Lepage sur l’organisation de temps et comment elle comptait s’organiser. Mme Corinne Lepage a fait preuve d’honnêteté sur ce point et c’est rare.
Rappelant ses autres activités, elle nous a affirmé qu’elle abandonnerait ses activités de conférencière qui lui prennent beaucoup de temps. Elle a aussi insisté sur le fait que le mandat européen était le seul mandat qui l’intéressait et que d’autres activités pourraient conduire à un conflit d’intérêts.

A ce moment, il m’a semblé intéressant de questionner Mme Lepage sur l’avenir de la Commission et de rappeler que dans l’état actuel des choses, M. Barroso semblait être en route pour un 2nd mandat. Expliquant que le futur président de la Commission se devait d’être un européen convaincu, d’expérience et qui ne tende pas vers une attitude trop libérale, elle a rappelé que le Parti démocrate européen soutenait la candidature de M. Guy Verhofstadt qui avait été évincé en 2004.

Sur le fait que le MoDem parle de la France dans la campagne des européennes, Mme Lepage a défendu cela arguant qu’à force de séparer la France et l’Europe ont allait droit à la cassure entre l’Europe et les français et les divisions partisanes ne se situaient pas entre la droite et la gauche mais au niveau du choix du modèle de société du XXIe s.

Sur l’agriculture, Mme Lepage a surtout dénoncé le double-jeu de Michel Barnier qui avait approuvé les décisions sur le lait, la pêche et de souligner que l’agriculture était un enjeu majeur pour la chimie verte du futur, et pour toutes les activités de la société du futur. Et de mentionner notamment le rôle de pointe que jouait le Nord en matière de techniques de méthanisation.

Questionnée sur la mobilisation faible attendue, le 7 Juin prochain, Corinne Lepage a d’abord parlé du manque de transparence dans les décisions avant d’insister sur sa présence plus qu’accrue sur le terrain.

Je confirme Mme Lepage fait beaucoup de terrain, 4 visites de terrain par jour. J’ai pu la suivre durant cette journée du 19 Mai et la journée était épuisante. Suivant les campagnes des autres grosses écuries, j’ai été réellement impressionné par la combativité et la volonté de Mme Lepage de rencontrer le plus de personnes possibles. Encore une fois, le contraste avec la concurrence est criant. Je pense que cette attitude qui vise à rencontrer le plus possible de personnes sera payante. Ce « porte à porte géant » est à mon avis un élément clé à prendre en compte et je ne serai pas étonné que Mme Lepage soit la surprise au niveau de la grande région Nord-Ouest pour ces européennes.

Tandis qu’Yves posait la question que les électeurs hésitaient entre les Verts et le MoDem, a encore une fois rappelé que des points de convergence existait mais aussi que de nombreuses différences sur le PAC, sur la relance ou sur la place de la France voir la Turquie séparaient les verts des démocrates.

Sur la crise, Corinne Lepage a noté que malgré le plan climat, l’Europe était à la traine par rapport à la Chine, aux Etats-Unis ou encore par rapport à la Corée du Sud soulignant que malgré des ambitions affichées l’Europe ne mettait pas les moyens. D’autres questions comme les réfugiés climatiques ou encore des conflits liés à l’eau ont aussi été abordés et Mme Lepage a, à chaque fois insistée sur le rôle essentiel de l’Europe sur ces questions.

Comme tout a une fin, le débat s’est terminé pour des contraintes d’horaires de train.

Bilan.
Je garde de ce débat une bonne impression générale. Les questions étaient posées sans détour mais dans une ambiance de respect mutuel. On voit que Corinne Lepage connaît son sujet et on a l’impression que lorsqu’elle siègera, elle sera une parlementaire assidue. A voir ce que vont donner les prochaines rencontres.

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