vendredi 22 mai 2009

Le PS fait la course à la mauvaise foi.


Alors que l’on pouvait penser que la palme de la mauvaise foi revenait à M. Lefebvre qui peut prononcer énormité sur énormité pour défendre la posture idéologique de l’UMP quand bien même celle-ci conduit la France dans le mur. Mais, depuis la sortie du livre de François Bayrou, M. Lefebvre a de la concurrence avec le Parti socialiste. Ce jeudi 20 mai 2009, le débat qui avait lieu entre Harlem Désir et Marielle de Sarnez nous en a donné un exemple caricatural.

Alors que l'émission avait sereinement commencé dans les 10 premières minutes avec un débat sur le fond plutôt intéressant, Harlem Désir s’est mis à tomber dans les travers de la politique politicienne, bref tout ce que détestent les gens dans la politique. Harlem Désir s’est volontairement mis à assimiler le MoDem aux libéraux européens alors que le MoDem appartient à l’EDP (European democratic party) et pas à l’EDLR qui rassemble les libéraux européens. Alors que l’on attendait que la tête de liste socialiste la mise en avant d’idées et d’un programme socialiste, Harlem Désir alignait mensonge sur mensonge, contre-vérité sur contre-vérité.


Un partage du pouvoir passé sous silence.
Dénonçant la majorité de droite au Parlement européen qui représenterait 60% du Parlement, Harlem Désir oublie un peu facilement que le Parti socialiste s’est allié avec la droite européenne pour se partager la présidence du Parlement européen et la majorité des commissions. Bien que mis devant la vérité par Marielle de Sarnez qui lui démontrait par A+B que le MoDem votait sur le plan économique la plupart du temps avec le PSE alors que le PS français votait le plus souvent contre son groupe faisant ainsi le jeu du PPE et donc de la droite européenne? Harlem Désir persistait dans son discours hypocrite.
Durant la dernière législature, le PSE et le PPE s'étant entendu sur le principe de partager la présidence du Parlement européen et des présidences des commissions parlementaires, ne laissant que les miettes aux autres groupes.


Sur les textes, la réalité a la dent dure.
Dénonçant le fait que le groupe ADLE voterait contre les services publics, M. Désir faisait preuve d’une mauvaise foi qui dépassait tout. Avançant notamment le fait que les députés démocrates n’avait pas voté un amendement excluant les services publics du champ de la directive services dite Bolkenstein, il a passé sous silence le fait que les députés démocrates avaient voté pour leur propre amendement dont le contenu était « identique » ! Ce texte de la directive Bolkenstein est d’ailleurs symbolique de l’hypocrisie des socialistes sur la question. En effet, alors que la directive était complètement réécrite sous l’influence d’une députée PSE, le PS français qui avait pourtant approuvé le compromis en commission parlementaire a rejeté le compromis trouvé lors de la séance plénière alors que les députés MoDem l’ont eux approuvé aux côtés du PSE. Les raisons de cette opposition en plénière, des raisons nationales ! Si les députés socialistes approuvaient le contenu de la directive Services, ils ont refusé de la voter car cela faisait mauvais genre devant les électeurs de gauche alors que le PS tentait d’éviter que les suffrages ne se tournent vers l’extrême-gauche. Bref, de l’hypocrisie pur jus qui décrédibilise la politique.


Les socialistes ou comment tout mélanger.
Au début de l’année et jusqu’en Mars, j’ai un camarade socialiste qui était dans ma promotion étudiante et qui me répétait à l’envie que le MoDem allait voir ce qu’il allait voir, et me glissait insidieusement que le MoDem était libéral. Ce à quoi je lui démontrai que non et que la mauvaise foi des socialistes allait encore plus qu’avant non seulement nourrir l’abstention mais aussi leur faire perdre des voix. Toutefois, si je me doutais un peu de la mauvaise foi des socialistes, je ne m’attendais pas à en voir autant de la part des socialistes. Le summum a je crois été atteint la semaine dernière avec Martine Aubry qui criait contre vent et marée que le MoDem avait signé le manifeste de Stockholm (de l’EDLR) et qu’il était libéral et donc que les socialistes n’avaient rien à faire avec de telles personnes. Or, force est de constater que les connaissances de Martine Aubry dans le domaine sont plus que lacunaires. L’ADLE est composée de l’EDP (les démocrates) dont fait parti le MoDem et de l’EDLR et que le MoDem loin de ratifier le manifeste de Stockholm a fait de nombreuses propositions pour garantir la spécificité du service public à la française.

La carotte à électeurs : le Pacte social européen.
Dans le même temps, le PS nous ressort les mêmes recettes depuis 10 ans. A croire que le programme socialiste est la copie conforme de celui du scrutin de 1999 ! Les socialistes défendent l’idée d’un Pacte social européen depuis 10 ans, pourtant tous les autres membres du PSE n’en veulent pas. Malgré tout, le PS le propose à chaque élection. C’est vrai qu’une telle idée peut faire mouche auprès des électeurs d’extrême gauche. Donc quitte à proposer une mesure qui ne pourra être adoptée au Parlement européen, autant reprendre le programme de 1999. Et c’est comme cela pour toutes les propositions du PS, regardez le programme socialiste de 1999, c’est presque le même ! Encore une fois, le PS se décrédibilise lui-même.


Conclusion.
Alors que le PS devrait s’attaquer à la question européenne avec un certain intérêt, c’est le contraire qui s’annonce. La mauvaise foi qui était présente a littéralement explosé du fait du succès du livre de François Bayrou dans les librairies reclassant les livres récemment publiés par le Parti socialiste au rang de cale pour pied de table. C’est dans cette veine que Martine Aubry veut se présenter en proposante et pas en opposante. Dans le Canard enchaîné de la semaine, une caricature représente le bureau exécutif du PS et fait dire à Martine Aubry qu’elle veut être la première opposante à François Bayrou. Force est de constater qu’au lieu de faire campagne sur le fond, le PS s’échine à tirer à boulets rouges sur le MoDem. Certes, c’est le jeu politique mais il faut noter que dans le même temps, le PS ne fait pas plus de propositions qu’il ne propose d’alternative crédible aux projets démocrate, vert, ou encore UMP.
Alors que les démocrates sont actuellement diabolisés comme les pires libéraux, Martine Aubry allant jusqu’à afficher le rejet le plus absolu d’une alliance avec le MoDem à quelque scrutin que ce soit, il est intéressant de constater que la même Mme Aubry ne trouve pas l’alliance avec les centristes sur Lille soit une mauvaise chose. Mme Aubry semble oublier un peu vite que sans les voix démocrates pour soutenir sa candidature à la tête de la communauté urbaine de Lille, l’intercommunalité aurait basculé à droite. En plus d’une mémoire socialiste sélective, les français devront composer avec un PS qui s’est lancé dans un concours de mauvaise foi. Au risque de perdre ses électeurs ? Je pense que oui.


Pour de plus amples informations, je vous invite à consulter l'article de Libération intitulé "La tentation Bayrou effraie Solférino". Plusieurs autres articles rétablissant la vérité sur la campagne se retrouve sur les sites des quotidiens Libération, Le Figaro et Le Monde.

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