vendredi 24 juillet 2009

Ça s'est passé un 24 Juillet.

Il y a 42 ans, le 24 Juillet 1967, le général De Gaulle, président de la République française alors en visite officielle au Canada prononçait du balcon de la mairie de Montréal, son fameux « Vive le Québec libre ! », signe du soutien et de l’amitié entre le Québec et la France selon ses propres propos lors d’une conférence de presse qui eu lieu après. Résumé des évènements puis analyse.


Rappel contextuel.
Le discours du général de Gaulle, le 24 Juillet 1967, s’inscrit dans un contexte particulier. Voici le résumé qu’en fait Radio Canada :

« Lorsque le général de Gaulle arrive à Montréal, le 24 juillet 1967, il est au Québec depuis la veille et gagne Montréal en suivant le Chemin du Roy.

Il doit ensuite poursuivre sa visite à Hull et à Ottawa, mais son discours et, surtout, son « Vive le Québec libre! » écourteront son périple.

Il reprend l'avion le 26 juillet, sans avoir rencontré le chef du gouvernement fédéral, Lester B. Pearson.

S'est-il laissé emporter par sa verve ou bien a-t-il sciemment lancé ce cri qui semble entériner le désir d'indépendance des Québécois?

Selon Alain Peyreffite, homme politique gaulliste, la phrase fatidique n'a pas été le fait d'une improvisation, pas plus, ajoute-t-il, que l'appel du 18 juin 1940 incitant les Français à résister à l'occupation allemande.

Il est venu, affirme Peyreffite, à Montréal en 1967 afin d'exhorter les Canadiens français à préserver leur identité française. « L'appel à la liberté, lancé le 24 juillet, n'eut rien de fortuit », avance-t-il.

En lançant son « Vive le Québec libre! », de Gaulle confirme les liens particuliers qu'il tisse depuis le début des années 1960 entre le Québec et la France, en cette période où le nationalisme québécois s'affirme. Ses relations avec le Canada resteront marquées par son voyage de l'été 1967.

Deux annotations du général sont significatives. Sur un télégramme reçu d'Ottawa et daté du 22 décembre 1967, de Gaulle écrit en marge : « Il faut soutenir le Québec. » Sur un autre télégramme, daté du 10 avril 1968, il affirme : « Nous n'avons aucune concession, ni même aucune amabilité, à faire à M. Trudeau, qui est l'adversaire de la chose française au Canada. » »

Une situation qui a bien changée depuis.
Le discours du général de Gaulle se marquait d’une manière générale par la volonté de réaffirmer l’identité et l’indépendance française vis-à-vis du grand frère américain. Ce positionnement original notamment au niveau de l’OTAN avec une participation aux opérations sans faire partie du commandement intégré, avait permis à la France de jouer un rôle important au niveau diplomatique faisant entendre une voie différente dans le concert des nations. Ce positionnement qui arrangeait tout le monde et n’avait que des avantages pour la France, a été littéralement bazardé par le président Sarkozy. Changement majeur dans la diplomatie française avec un Nicolas Sarkozy qui soutenait bushiste au moment même où les traditionnels alliés cherchaient à se détacher de l’image catastrophique du 43e président des États-Unis. Ce positionnement avait toutefois été par un signe annonciateur avec un changement d’attitude diplomatique de la France dans ses relations avec le Québec et le Canada.




La rupture d’une tradition diplomatique.
Depuis longtemps, la France avait une attitude neutre mais bienveillante sur la question de la souveraineté du Québec. Le président Sarkozy annonçant son attitude atlantiste avait précisé que la France et le Québec étaient liés par « un lien unique, une profonde affection réciproque » et qu’il ne voyait pas en quoi « la preuve d’amour pour le Québec » devait s’accompagner « d’une preuve de défiance à l’égard du Canada », précisant par la suite en conférence de presse qu’une « division supplémentaire » ne correspondait pas à sa vision du monde.

Affichant ainsi son soutien explicite à l’unité du Canada, Nicolas Sarkozy a mis fin à bienveillance française (pas d’ingérence, pas d’indifférence) à cette question qui suscite encore bien des divisions au Québec alors que le Parti québécois qui a pu limité les dégâts lors des élections au Parlement du Québec de décembre 2008, souhaite toujours organiser un 3e référendum sur l’indépendance de la Belle Province et n’a toujours pas digéré les manœuvres supposés du gouvernement fédéral canadien de naturaliser en nombre des immigrés afin de faire pencher la balance dans le camp unioniste.

Cet anniversaire de ce discours resté célèbre dans la mémoire collective, rappelle aussi que la France a bien changé depuis l’arrivée de Nicolas Sarkozy. Pour le pire malheureusement !


Pour aller plus loin.
Vous pouvez trouver des vidéos sur l'évènement sur le site Internet de l'Ina (Institut national de l'audiovisuel) :
http://www.ina.fr/

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