dimanche 9 août 2009

Bonus. Ils n’ont rien compris !

Partout dans le monde, malgré la pression populaire, ils n’ont toujours pas compris que leurs pratiques étaient non seulement injustifiables mais complètement injustifiées. Il n’y a même pas 1 an, ils suppliaient les États de les aider et de les sauver, car si on les laissait couler, ce serait la fin du monde. Lorsque le gouvernement américain a décidé de ne pas aider Lehmans Brothers, il a voulu envoyer un signe aux banquiers. Ce signe, c’était il n’y a personne qui soit trop gros pour faire faillite et donc que les inconscients seraient punis pour les prises de risque. L’ironie veut que le secrétaire au Trésor de l’époque, Henry Paulson ait été 2 ans avant à peine, le président de la banque Goldman Sachs. Suite à cela, la panique a gagné les marchés et le système de crédit interbancaire s’est retrouvé bloqué car les banques ne voulaient plus se prêter de peur de découvrir des cadavres dans les placards de leurs consœurs. Constatant que ce phénomène se communiquait à l’économie dite « réelle », les États ont donc massivement injecté des capitaux au prix d’une explosion de leur endettement.

Depuis, les banques se sont rachetées entre elles pour les plus chanceuses tandis que les autres ont purement et simplement été nationalisées. Après environ 6 mois de purge intense, certaines banques se remises à faire des profits en sollicitant leurs réseaux, et donc en tondant encore plus leurs clients, mais aussi en continuant à spéculer sur les marchés financiers. L’immobilier et l’endettement privé ayant été remplacés dans les cœurs des traders par les dettes obligataires des États (principalement occidentaux) et par la spéculation sur les actions sur le moment de la reprise. Car bien que le contexte soit difficile, la plupart des sociétés ne résistent pas si mal que cela.

Malgré tout, les quelques timides signes de reprise accompagnés d’un timide retour des bénéfices font déjà tourner la tête des traders et des banquiers. En effet, la crise n’est même pas terminée tout comme la purge des créances douteuses, que ceux-ci recommencent déjà à s’attribuer ou à provisionner pour la fin de l’année des sommes complètement délirantes qui montrent clairement qu’ils n’ont rien compris sur les raisons de la crise et sur leurs responsabilités dans son déclenchement.


La réaction des banquiers suite à la polémique sur les bonus.
Je ne résiste pas à vous livrer les propos tenus par Mme Ariane Obolensky, directrice générale de la Fédération bancaire française, le groupe d’intérêts (ou lobby) des banquiers français, sur BFM radio.

« Vous savez, nous sommes des gens comme les autres ! Nous comprenons que certains chiffres choquent parce que ce sont des montants élevés. Mais nous sommes des professions commerciales. Il est juste et normal que ces professions soient rémunérées en fonction des résultats qu’elles procurent à leurs entreprises. Il s’attache aujourd’hui au mot bonus un fumet presque de sorcellerie mais je suis désolée, en soi, cela n’a rien de condamnable ! »

Suite à ces propos, plusieurs remarques s’imposent.
1- Les banquiers ne sont pas des gens comme les autres. Depuis l’Antiquité, leur statut est spécifique. Durant le Moyen-Age, le métier était même interdit aux chrétiens et réservé aux juifs et les chrétiens qui le pratiquaient étaient clairement montrés du doigt et dévalorisés aux yeux de la société. L’Islam, 2e religion du monde, proscrit d’ailleurs tout bénéfice ou la perception de revenus qui proviendrait d’une activité ayant pour objet l’argent.

2- Ces chiffres ne sont pas seulement choquants, ils sont indécents. Depuis 60 ans, on assiste à un creusement des inégalités. Les néolibéraux nous avaient promis que celles-ci étaient nécessaires pour permettre la croissance. Celle-ci est intervenue, mais tous les gains qu’elle a obtenus se sont retrouvés dans les mains des plus riches. Il n’y a pas eu d’enrichissement général. Ils en deviennent même aberrants tellement ils sont énormes. La moyenne des bonus provisionnés par BNP Paribas représente 59 000 € par personne en moyenne. Chez Goldman Sachs, la moyenne est de $700 000 par employé concerné. Pour rappel, la PIB annuel par habitant en 2008 aux États-Unis est de $46 859 et en France $46 015. Les bonus de la BNP représentent donc plus d’une année de salaire et ceux distribués par Goldman Sachs en 2008 représente donc environ 15 ans de revenu moyen.

3- Il est parfaitement normal qu’un commercial soit rémunéré en fonction des résultats de sa branche. Mais un banquier n’est pas un commercial et il mise l’argent de ses clients qu’il doit garder. Il est donc anormal que la prise de risque ne soit pas intégrée dans le calcul des rémunérations, ce qui est pourtant le cas actuellement. Ensuite, il convient d’instaurer des plafonds pour que les rémunérations restent dans l’ordre du raisonnable et ne poussent pas les traders à prendre toujours plus de risque quitte à ruiner leur banque et leurs clients.

4- Les bonus ne sont pas condamnables tant qu’ils ne constituent qu’un appoint aux rémunérations de base. Ils le deviennent lorsqu’ils dépassent le salaire de base et atteignent des sommes astronomiques qui n’ont plus vraiment de justification, ni lien avec le revenu du commun des mortels. Au Japon, la population trouve injustifiée que les rémunérations des patrons soit environ 11 fois supérieur au salaire moyen. En Europe et aux États-Unis, l'écart atteint entre 300 et 500 fois le salaire moyen, ce qui n'est ni normal, ni justifié, ni défendable !


La réaction d’un éditorialiste qui se dit journaliste.
Une autre réaction complètement à côté de la plaque est celle de Jean-Michel Bretonnier. Pour situer le personnage, l’individu avait signé un papier apportant son soutien à la loi HADOPI et justifiant la logique répressive du texte, dont on sait ce qu’il en est advenu depuis. Ceci n’est qu’un épisode d’une série où ce pseudo journaliste signe constamment des papiers en permanence à côté de la plaque et ou défendant l’inacceptable par des propos démagogiques à point tel que l'on se demande s'il est en compétition avec Frédéric Lefebvre.

Dans son papier du dimanche 9 août, l’individu récidive en se contentant de rappeler par des lapalissades la situation, puis lâche son idée révolutionnaire taxer les bonus pour compenser le déficit et refonder le capitalisme. Derrière ce discours sarkozyste au possible reprenant ce qu’a dit le chef de l’État à Toulon, il justifie les bonus par la concurrence internationale sans en tirer les leçons qui s’imposent. En résumé, circulez messieurs, dames, il n’y a rien à voir, le président va tout régler à la fin août. Pourtant, à l’image de ce propose Georges Ugeux, des solutions existent.


Des solutions au problème.
On connaît le refrain, et d’ailleurs, les banquiers eux-même nous resservent l’argument pour justifier la distribution de bonus : le finance est mondialisée, on ne peut prendre de mesure efficace qu’au niveau international. Si la nécessité d’une règlementation internationale plus sévère se fait sentir, les quelques suggestions d’orientation proposées par le G20 montrent clairement leur inefficacité. Comment faire alors ?

Plusieurs idées ont été suggérées, mais j’avance celle-ci. Nous faisons parti d’un ensemble politique, économique et monétaire qui constitue par son poids économique, commercial et financier, la 1ière zone au monde. Cette zone, c’est l’Union Européenne. Nos dirigeants et nos députés seraient bien inspirer de légiférer sur ce point de façon très restrictive. Bien sûr, les banques brandiraient l’arme de la délocalisation. Mais pour la contrer, il existe un moyen assez simple. En parallèle d’une règlementation liant l’attribution de bonus aux risques pris et donc en amputant les bonus de primes de risque, on obtiendrait déjà des résultats. On pourrait plafonner les dits bonus pour qu’ils n’atteignent pas des sommes délirantes. Il y aura bien sûr des réticences et dans ce cas, l’Europe imposerait le respect de ces règles édictées sous peine d’interdiction d’exercer ou d’avoir des relations commerciales ou financières avec des entités de l’Union Européenne. La règlementation des bonus seraient valables pour tout le groupe dont fait partie l’entité afin d’éviter les fraudes. Autre arme dissuasive, exclure tout établissement bancaire qui ne respecterait pas ces règles des adjudications obligataire des États-membres de l’Union Européenne. Ce dernier principe appliqué à la banque Salomon Brothers avait en son temps poussé Warren Buffet à prendre les commandes de la banque et à épurer la situation pour retrouver le droit de participer à ces adjudications vitales pour les établissements bancaires internationaux.

L’UE dispose du poids politique, économique et commerciale pour imposer sa volonté. L’utilisera-t-elle ?

3 commentaires:

philippe a dit…

On fait payer une crise aux citoyens sasn condamner les coupables... A moisn que tout ceci est orchestré...

Anonyme a dit…

C'est inconscient et spéculatif. Il y a d'ailleurs spéculation et spéculation…

http://ysengrimus.wordpress.com/2009/08/15/la-speculation-comme-prospective-hasardeuse/

Choisissez votre sac de nœuds…
Paul Laurendeau

Orange pressé a dit…

La réalité est plus complexe qu'une catégorisation aussi stricte que vous le mentionner.

La situation est l'imbrication de plusieurs phénomènes différentes et ne peut être résumé à une seule.