lundi 10 août 2009

"La langue de la République est le français", article 2 de la Constitution.


« Art. 110. – Que les arretz soient clers et entendibles.
Et afin qu’il n’y ait casue de douter sur l’intelligence desdits arrêts, nous voulons et ordonnons qu’ils soient faits et écrits si clairement, qu’il n’y ait ni puisse avoir aucune ambiguité ou incertitude ne lieu à demander interprétation. »

Article 110 - Que les arrêts soient clairs et intelligibles.
Et pour qu’il n’y ait aucune raison de douter du sens des dits arrêts, nous voulons et ordonnons qu’ils soient faits et écrits si clairement qu’il ne puisse y avoir aucune ambiguïté ou incertitude ni donner lieu à interprétation.


« Art. 111. – De prononcer et expedier tous actes en langaige françoys
Et pour ce que telles choses sont souvent advenues sur l’intelligence des mots latins contenus esdits arrests, nous voulons d’oresnavant que tous arrests, ensemble toutes autres procédures, soient de nos cours souveraines et autres subalternes et inférieures, soient de registres, enquestes, contrats, commissions, sentences, testaments, et autres quelconques, actes et exploicts de justice, ou qui en dépendent, soient prononcés, enregistrés et délivrés aux parties en langage maternel françois et non autrement. »

Article 111 - De prononcer et produire tout acte en langue française.
Et parce que de telles choses sont souvent advenues sur le sens des mots latins contenus dans les dits arrêts, nous voulons dorénavant que tous les arrêts, et toutes les procédures, soit de nos cours souveraines et des autres [cours] inférieures, soit des registres, enquêtes, contrats, commissions, sentences, testaments et autres, actes et exploits [décision] de justice, soient prononcés, enregistrés et délivrés aux parties en langue maternelle françaises et non autrement.



Il y a 470 ans, entre le 10 et le 15 Août 1539, François Ier, roi de France apposait son signature au bas d’une ordonnance dans son château de Villers-Cotterêts. Cette ordonnance est par la suite resté célèbre comme le texte instaurant le français comme langue officielle administrative de tous les documents officiels. Langue du bassin parisien, la français s’est progressivement imposé par le maintien sur le trône de France, des capétiens, dynastie originaire d’Ile de France. Par la centralisation du pouvoir, les élites ont progressivement adopté cette langue pour se rapprocher de la royauté et ainsi obtenir des places de fonctionnaires ou tout simplement être favorisés.

L’ordonnance de Villers -Cotterêts est aussi très importante car contrairement aux pays voisins, la France est une construction politique fruit de la centralisation du pouvoir. L’Allemagne ou le Royaume-Uni ou encore l’Espagne avaient des langues nationales proches des langues régionales ce qui a facilité leur adoption. En France, le français a longtemps cohabité avec les langues régionales ou en patois et les hussards noirs tapaient d’ailleurs sur les doigts des écoliers qui parlaient en patois en classe. Ce n’est qu’au milieu du XXe s. que le français s’est réellement imposé et que les langues régionales ont vraiment reculé dans l'usage de tous les jours. Elles restent toutefois très vivaces dans certaines régions comme la Bretagne, le Pays basque, la Corse ou encore le Nord.


Et maintenant ?
On peut se demander qu’elle est la place du français actuellement. Devenue langue diplomatique quasi-exclusive sous le règne de Louis XIV avec le développement et le rayonnement de la France, elle a s’est vu supplanté avec l’acceptation de l’anglais aux côtés du français par Georges Clémenceau pour la rédaction du traité de Versailles.

La défense du français est devenue impérative et plus forte de la part des francophones étrangers que des français eux-mêmes.

Le renouveau des langues régionales, cette fois dans une meilleure prise en compte des terroirs a pu paraître comme une remise en cause de cela. Mais il n’en est rien. Le Conseil d’État rappelle d’ailleurs régulièrement que tout requête doit être rédigée en français et que si le requête n’est pas en français, elle doit être déclarée irrecevable en cas de refus du requérant de se régulariser (cf. CE, 18 Octobre 2000, Max Planck Gesellschaft). Un breton qui avait rédigé son recours en breton a d’ailleurs vu sa requête rejetée pour avoir refuser de la rédiger en français.


Conclusion.
Malgré toutes les attaques et les remises dont il fait preuve, le français est toujours vigoureux et continue de s’étendre par son cinéma, sa chanson, bref sa culture que des jeux comme Question pour un champion contribuent à populariser.

A voir aussi :
- Le site de la revue Hérodote.
- Assemblée nationale.

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