mardi 29 septembre 2009

"Le vrai politique, c'est celui qui sait garder son idéal tout en perdant ses illusions".

5 voix, c'est avec cet écart plus que serré que s'est joué la législative partielle dans la 10e circonscription des Yvelines (78) comprenant notamment la ville de Rambouillet. Score inattendu, puisque la circonscription était connu comme un "bastion" de droite.

Pour rappel, en 2007, Christine Boutin, qui a décidé de ne pas revenir siéger à l'Assemblée nationale, avait alors gagné avec près de 58% des voix.

Mais dimanche, patatra, les illusions du parti majoritaire se sont largement envolées. Du côté d'Anny Poursinoff et d'Europe-Écologie, au contraire, on exulte et on se félicite de ce résultat aussi inespéré qu'inattendu. Déjà le 1er tour avait réservé son lot de surprises puisque le candidat PS avait péniblement dépassé les 10% avec un score de 12,44%, le MoDem qui n'avait pas officiellement présenté de candidat mais soutenait un candidat divers gauche n'avait réalisé que 9,58% et la candidate d'Europe-Écologie avait elle dépassé les 20% à 20,15 %. De ces résultats, on peut tirer quelques enseignements.


Voter, ça sert à quelque chose !
L'autre élément décisif qui a joué lors de ce scrutin est malheureusement devenu une triste habitude lors des scrutins partiels. Cet élément, c'est l'abstention. Avec une participation de 22,76% au 1er tour et de 25,99% au 2nd tour, ce sont environ 75% des électeurs concernés qui ne se sont pas déplacés pour voter à cette élection. Triste constat qui montre certes le ras-le-bol d'une partie de l'électorat envers le monde politique mais qui traduit aussi, il faut le dire un manque certain de conscience citoyenne alors que l'élection des députés revêt une importance certaine. Chose positive de ce scrutin, l'écart est si réduit qu'il en devient à lui seul un argument contre l'abstention.
Ainsi, lorsqu'une personne nous dira qu'il est inutile d'aller voter, il suffira de lui mettre les résultats de cette élection sous le nez pour lui prouver le contraire.


Europe-Écologie s'installe dans le paysage politique.
Depuis les élections européennes, beaucoup se disent que le rassemblement écologiste n'est qu'un attelage disparate qui ne tient pas la route, et ils ont partiellement raison. Mais force est de constater que malgré cela, le positionnement défendu est clair et identifiable. Tandis que le même jour, se déroulait, en Allemagne les élections législatives fédérales, on peut en déduire que les partis qui font des scores sont ceux qui défendent un position positionnement clair et précis.
Europe-Écoligie est maintenant clairement identifié comme le rassemblement des écologistes, ils défendent un programme clair et positif. Dépassant l'anti-sarkozysme du PS ou même parfois du MoDem, ils avancent avec des propositions précises et ce fut le cas dans ce scrutin de la 10e circonscription des Yvelines sur le projet de circuit de F1, la protection des sols, d'une agriculture raisonnée, etc. Points qui ont d'ailleurs été relevés par le candidat UMP lui-même.


Faire de la politique autrement, c'est possible !
François Bayrou a dans son discours de la Grande Motte et en soutenant la démarche de Marielle de Sarnez envers les socialistes, discrètement repositionné le Mouvement démocrate.
En passant du positionnement de 2007 d'un mouvement en dehors des clivages traditionnels proposant autre chose, un autre modèle de société articulé autour de l'homme et d'une société tourné vers le développement durable à un modèle politique qui se positionne comme alternance au sarkozysme, il ne fait plus rêver ou moins. Ce retour du pragmatisme est difficile compréhensible pour les milliers de personnes qui l'avaient rejoint en 2007 sur cet idéal et se constate par une hémorragie sensible au niveau des effectifs militants.

Comme l'a dit JFK (l'américain, pas le nôtre) : "Le vrai politique, c'est celui qui sait garder son idéal tout en perdant ses illusions".

D'un autre côté, le rassemblement Europe-Écologie tend à reprendre le discours démocrate de 2007 et à se recentrer. Daniel Cohn-Bendit ne s'en cache d'ailleurs pas, il tend de mordre sur l'électorat démocrate voir de la droite républicaine. La question se pose donc de savoir pourquoi il peut réussir là où finalement le Mouvement démocrate lui n'y arrive pas ou mal.

Pour ma part, je pense que c'est par la mise en avant de ce que Corinne Lepage défend et met en avant depuis 2007, à savoir la mise en avant au travers de propositions concrètes d'une société axée autour de l'environnement et du développement durable. François Bayrou a largement sous-estimé l'importance de la question écologique, la reléguant derrière d'autre enjeux, certes aussi importants mais qui frappent moins. Peut-être est-ce là l'explication du "succès" d'Europe-Écologie.

1 commentaire:

Claudio Pirrone a dit…

c'est fort bien dit par JFK