jeudi 8 octobre 2009

La "Carte presse" peut-elle relancer la presse écrite ?

Face à la baisse des ventes des quotidiens en kiosque et à la concurrence accrue d'Internet qui vulgarise l'accès à l'information tout en la rendant gratuite ou presque, la presse écrite traditionnelle souffre et les quotidiens cherchent de nouvelles solutions pour relancer leurs ventes.

Depuis quelques temps, je suggérai à des amis que l'on pourrait mettre en place un carte à puce qui permettrait moyennant un abonnement de retirer son journal en kiosque. Cette idée partait du constat que l'abonnement aux quotidiens manquait de souplesse face aux kiosques puisque souvent ceux-ci sont envoyés par la Poste et arrivent chez les abonnés alors qu'ils sont au travail. Or, souvent les lecteurs préfèrent lire leur journal le matin avant d'aller travailler justement. Il y a bien le système de porteurs mais celui-ci n'est pas disponible partout et a un coût. Autre problème, les navetteurs ou voyageurs réguliers qui sont souvent de gros acheteurs de presse ne s'abonnent pas ou moins car il ne pourrait avoir leur journal qu'une fois rentré chez eux. De l'autre côté, l'achat au numéro en kiosque est certes beaucoup plus flexible mais aussi beaucoup plus cher ce qui désavantage les gros acheteurs justement. L'idée est donc concilier les avantages des deux systèmes via une carte qui permettrait d'aller retirer son exemplaire en kiosque. Cette idée était jugée farfelue, mais il faut croire que je n'étais la seul à l'avoir puisqu'il y a quelques jours, une expérimentation de ce genre a démarré à Marseille. Son nom : la "Carte presse".


"Ma carte presse".
Les NMPP (Nouvelles messageries de la presse parisienne) semblent avoir saisi l'enjeu de récupérer ces lecteurs qui renoncent à acheter des titres de presse par manque de souplesse du système de vente actuelle. L'expérimentation menée à Marseille repose sur 157 kiosques et permet avec d'acheter son journal avec une carte prépayée (comme pour les mobiles par exemple) tout en bénéficiant d'un tarif avantageux. Il y a une carte par titre et une offre spécifique à chaque journal. Ainsi, Le Figaro propose une carte "20 exemplaires pour 20 €" à acheter sur 8 semaines (hors pack de fin de semaine) ce qui correspond à une réduction de 0,30 € par exemplaire. De son côté, Libération propose "10 Libération pour 10 €" valable 3 semaines.
L'initiative si elle est concluante sera étendue aux 10 plus grandes villes françaises selon Rémy Pflimlin, directeur général des NMPP.

Cet initiative est intéressante mais peut être amélioré. D'abord sur les offres, il serait bon d'uniformiser la durée de validité des offres afin de créer un standard et éviter que les acheteurs se perdent dans la complexité des offres. Autre détail que je trouve embêtant, le principe d'une carte prépayée par titre. Selon les initiateurs de l'offre, de précédentes expériences ont montré que les acheteurs étaient attachés aux "marques" de journaux. L'argument est certes compréhensible puisqu'il permet l'identification au titre mais au niveau pratique, cela multipliera les cartes que les acheteurs auront et multiplier les cartes alors nous avons tous des tas notamment des cartes de fidélité n'est tout simplement pas pratique à gérer au quotidien.
Je suis néanmoins curieux de voir ce que cette expérience va donner car ce procédé est selon moi, une bonne chose pour la presse et qui devrait se généraliser.

2 commentaires:

Thierry P. a dit…

L'idée est effectivement intéressante si elle permet d'inciter à certains personnes d'acheter de temps en temps des journaux. La petite ristourne sur le prix de l'exemplaire est une bonne idée commerciale.

Ce système de paiement au numéro pourrait être élargi à Médiapart par exemple en permettant d'acheter un crédit d'articles pré-payés. Ancien abonné de Médiapart, je n'ai pas reconduit mon abonnement car j'ai remarqué que je ne lisais en fait que très peu d'articles.

A côté du coût, il y a aussi les gens qui rechignent à faire le détour au kiosque.
J'ai toujours été surpris à chaque fois que je vais en Suisse de constater que les bornes d'achat des journaux en libre-service sont respectés. Les citoyens helvétiques ont-ils la conscience civique beaucoup plus développée que la notre pour qu'un tel système n'ait jamais été expérimenté en France ?

Orange pressé a dit…

Durant quelques temps, un système de distributeurs automatiques de quotidiens avait été mis en place dans le métro parisien. J'avais moi-même utilisé le système qui n'était pas si mal.

Une solution serait de multiplier les points de vente des quotidiens qui ne reprendrait pas forcément les magazines. Si les gens peuvent acheter leur journal sur le chemin qui les amène au boulot, ils le feront.

Ce qui intéresse surtout les acheteurs de presse (et j'en suis un gros), c'est surtout la souplesse et la disponibilité.