vendredi 6 novembre 2009

Ai-je une tête de fraudeur ?

Cette question, je me la suis posé mercredi soir dernier, lorsque je me faisais contrôler dans le métro pour la 3e fois en moins de 3 semaines. Bien sur, il est normal de se faire contrôler dans les transports en commun et je ne suis pas contre. Mais bon, il y a des limites !
Se faire contrôler de manière aussi rapproché ne serait pas anormal si j’avais été contrôlé à chaque fois dans des situations différentes c’est-à-dire dans une station différente, à des horaires différents. Or, ce n’est pas vraiment ce qui s’est passé. A chaque fois, j’ai été contrôlé au même endroit dans la même station, aux mêmes horaires et presque par les mêmes personnels. Après coup, je me suis rappelé cette phrase du film « Taxi » : « Les poulets ça aime pas bien le changement, ça picore toujours au même endroit ». Les situations sont différentes mais l’idée est la même. Si j’approuve la politique de contrôles inopinés de la RATP pour lutter contre la fraude, je trouve qu’elle pourrait être plus intelligente et efficace.

Nous sommes dans une société de plus en plus surveillée pour lutter contre la délinquance, les incivilités, où se multiplient toutes les formes de contrôle restreignant les libertés avec un résultat discutable. La problématique est donc de mettre des moyens humains dissuasifs en évitant de créer un sentiment de « flicage » chez les usagers. Car c’est cela que j’ai ressenti. L’impression d’être fliqué. Le contrôle est normal mais le faire toujours au même endroit à la même heure en dehors des heures de pointe et plusieurs jours d’affilé ça relève de l’acharnement.


De l’efficacité du contrôle.
Que les contrôles interviennent tantôt en heures de pointe, tantôt en heures creuses, rien de plus normal. Ceci permet de sanctionner les fraudeurs qui ont tendance à vouloir se noyer dans la foule. Mais contrôler les usagers vers 21h30 en semaine 2 jours de suite sachant que l’on retrouvera peu ou prou les mêmes usagers rentrant épuisés d’une journée de travail est-ce vraiment efficace ? Je ne pense pas. Et d’ailleurs, peu sont verbalisés à cette heure. A force, le contrôle devenu si fréquent revient à signifier que l’on installe un sentiment de suspicion qui devient vite exaspérant.

Le contrôle perd alors son côté positif et compréhensible, à savoir lutter contre la fraude, pour devenir un procédé hostile envers les usagers, une intrusion permanente. La plupart des usagers respecte leurs obligations et doivent déjà passer par des portiques de sécurité. Le contrôle n’est alors qu’un moyen aléatoire de diminuer la fraude et c’est son côté aléatoire qui en assure l’efficacité. Contrôler en permanence les mêmes voyageurs est inutile et constitue un gaspillage. Alors oui, peut-être un hasard mais je ne crois pas. La RATP formait-elle ses jeunes recrues sur un échantillon de voyageurs qu’elle sait ne pas être à problème ? Je n’en sais rien et à vrai dire, ce n’est pas mon problème. Je suis un cobaye sur lequel les jeunes recrues de la RATP peuvent s’exercer.


Ailleurs, c’est comment ?
Dans d’autres villes comme Lille, il n’y a pas tous les portiques de sécurité métalliques, les portes pneumatiques pour sortir du métro et tous ces moyens destinés à lutter contre la fraude. Et pourtant, le taux de fraudeurs ne doit pas être tellement plus élevé là-bas. Dans cette ville comme dans d’autres (j’aurai aussi pu citer Bruxelles), on compte sur le civisme des usagers pour valider leur ticket et des équipes « volantes » de contrôleurs viennent de temps en temps s’assurer que les usagers respectent bien leur obligation de valider leur ticket. Au final, on n’a pas toutes ces installations métalliques qui coutent une fortune à installer et à entretenir sans pour autant laisser libre cours à la fraude. Le contrôle est efficace et dissuasif sans être vécu comme un facteur de suspicion, un flicage des usagers.


Décourager l’usage des transports collectifs ?
Ces contrôles systématiques sont-ils un moyen de décourager les usagers des transports en commun ? La question se pose réellement car à vouloir trop contrôler, les citoyens qui au bout d’un moment en auront marre, préfèreront utiliser d’autres moyens de transport pour échapper à ce qui sera ressenti comme une nécessité mais comme une contrainte. Cet épisode banal mais révélateur des sentiments profonds de notre société qui aspire au tout sécuritaire et à la délinquance zéro devrait nous faire réfléchir sur ce que nous voulons vraiment comme société.

3 commentaires:

Yves Delahaie a dit…

Pas du tout d'accord avec ton post.

A Paris, il y a bien des endroits où l'on est contraints de passer par des tourniquets et où la fraude est censée être diminuée... pourtant combien colle les usagers pour passer malgré tout.

Ce n'est pas de la repression que de vérifier que l'on s'est acquitté d'un titre du transport.

Cela fait 9 ans que je prends le TER dans le nord chaque jour et je me fais contrôler dans 95% des cas (soit 2 fois par jour) et je trouve cela parfaitement normal.

Il faut savoir que tous ceux qui fraudent participent grandement à l'augmentation des tarifs. Si tout le monde payait ce qu'il doit, les augmentations seraient moindres.

Je crois simplement que si tu réagis comme cela c'est qu'il y a un laxisme invraisemblable en région parisienne en terme de contrôle et ce depuis des années. Or faire respecter les règles doit être une des priorités d'une République démocratique, et du Mouvement Démocrate en particulier...

Regarde dans tous les autres pays d'Europe : le contrôle est systématique. Même à Rome où un homme est assis devant les tourniquets !

Aussi tous ceux qui font des scandales parce que c'est la première fois qu'ils oublient leurs titres et comme par hasard ils se font contrôler ne sont pas crédibles quand on sait la chance de l'être par an en région parisienne. Et ces personnes devraient même avoir une amende supplémentaire pour outrage par le mensonge...

Orange pressé a dit…

La contrôle dans le TER, je suis d'accord, c'est parfaitement normal. Mais, c'est aussi très différent.

Le but de mon post n'est pas de dénoncer les contrôles volants, mais le fait que ceux-ci sont mal effectués.

Quand on contrôle en bout de ligne, le soir à la même heure en permanence, le contrôle devient complètement inefficace. Les fraudeurs prennent en compte le fait que les contrôles se déroule à la même heure au même endroit et s'adaptent. Résultat, les seuls qui se font contrôler sont ceux qui travaillent et rentrent tard et les étudiants, 2 catégories qui ont des abonnements et ont toujours leur pass sur eux. En contrôlant ainsi, on ne réduit pas vraiment la fraude et les habitués sont systématiquement contrôlés.

Bref, on contrôle toujours les mêmes personnes en règle. A titre personnel, j'ai l'impression qu'un contrôle aléatoire après 12h de boulot et la fatigue qui va avec dans les pattes soit franchement utile.

Un contrôle aléatoire utile change d'endroit et d'horaires systématiquement pour prendre "les fraudeurs". En prenant toujours les mêmes habitudes, ça devient inutile.

Enfin, oui, le contrôle a été déficient pendant des années, ce n'est pas pour autant une raison de continuer !

Yves Delahaie a dit…

Mais ce n'est pas une repression que d'être contrôlé ! C'est que tu sous entend en parlant d'être contrôlé en étant en règle ! Et alors tu n'as rien à te reprocher !
parfois dans le TER en 1h30 avec le changement de contrôleur j'ai été contrôlé 3 fois dans le même trajet !!!!
Contrôle ne signifie pas nécessairement répression !!!