jeudi 5 novembre 2009

EPAD, Nicolas Sarkozy reconnait "une erreur."

Selon l'Élysée, Nicolas Sarkozy reconnait "une erreur" à propos de la candidature de son fils Jean Sarkozy à la tête de l'EPAD. Ce faisant, le président de la République a reconnu à demi-mots, son rôle et sa responsabilité dans la situation. Toutefois, ainsi que le disait Le Canard enchainé et ainsi que je le reprenais ici-même, Nicolas Sarkozy a fait plus que soutenir la candidature de son fils, il a créé les conditions favorables afin que la candidature de son fils passe comme une lettre à la poste. En remplaçant 8 des 9 représentants de l'État à l'EPAD par des personnes bien mieux disposées à la candidature de Jean Sarkozy, en imposant à la majorité départementale son fils sachant très bien qu'aucun conseiller général des Hauts-de-Seine ne serait assez fou pour risquer sa place et protéger l'intérêt général pour contrer la candidature du petit prince, Nicolas Sarkozy savait très bien ce qu'il faisait.

Ce n'est pas une erreur, mais une manœuvre délibérée.
Le président de la République tente de faire passer sa manœuvre, sa stratégie clairement pensée et avérée pour une erreur. Mais cela ne trompe personne, il ne s'agit pas plus d'une erreur que d'un hasard ou une quelconque bourde. Si Nicolas Sarkozy fait aujourd'hui machine arrière, qu'il reconnait via une source autorisée (c'est-à-dire approuvée par l'intéressé lui-même), qu'il a fait "une erreur", c'est pour tenter d'enrayer la chute de sa popularité dans les sondages et limiter le ridicule dont l'a affublé la presse internationale, lui qui cherchait à être le sauveur du monde en soit-disant limitant les bonus et en luttant contre les paradis fiscaux alors que ces actions dans le domaine se limite à des actions de communication. Mais, après 2 ans et demi de mandat, plus personne n'est dupe et cette tentative de mea culpa par personne interposée ressemble plus à une tentative désespérée de sauver ce qui peut l'être qu'à autre chose.


L'hémorragie à l'UMP.
Le président n'aurait pas reculé seul et le fistonné de Neuilly non plus sans la pression populaire qui s'est mobilisé par Internet et via la pétition lancée par Christophe Grébert. La presse classique a du se résoudre à suivre, alors qu'elle avait à peine effleuré le sujet par une brève sur le site internet du magazine Le Point. Ceci aurait du suffire à faire prendre conscience au président et à son entourage de l'erreur et de l'atteinte aux principes républicains. Mais voilà, à force de détruire tous les contre-pouvoirs, difficile de savoir ce qui heurte l'opinion et risque de vous exploser à la figure. Le clan présidentiel trop pressé de se servir et de prendre toutes les places et tous les postes importants dans l'administration et les grandes entreprises qu'elles soient publiques ou non, en a oublié les règles de survie de base.
Il aura fallu que l'électorat de droite réagisse vigoureusement, que près de 62 000 militants UMP décident de rendre leur carte ce qui fait entre 25% et 33% des effectifs du parti majoritaire rendent leur carte pour que le président de la République prenne conscience qu'il avait fait une énorme connerie qui à quelques mois des régionales allait lui coûter très cher.

La leçon n'est pas complètement comprise.
On aurait tendance à penser que tout cela devrait suffire et que le président allait enfin devenir raisonnable et demander à son fistonné de Jean de s'écarter un peu et de remiser ses ambitions au placard en attendant qu'il obtienne un diplôme et prenne quelques années mais non. Malgré le ridicule, malgré l'impopularité, malgré beaucoup d'autres choses, le président persiste et continue en sous-main à dégager le terrain pour le fistonné. Chantal Jouanno, son ancienne directrice de cabinet lorsqu'il était président du Conseil général des Hauts-de-Seine et actuelle secrétaire d'État à l'Environnement a été priée de faire ses bagages et de se présenter aux prochaines régionales dans un autre département pour laisser la place au fiston. Rama Yade, élu locale à Colombes et donc implantée dans le "9-2", a elle aussi été priée de plier bagage et de prendre le parachute qu'on lui tendait en lui demandant avec insistance de prendre la tête de liste départementale UMP dans le Val d'Oise pour les régionales de Mars 2010. L'effrontée, qui connait les principes républicains a refusé, avant de dire qu'elle irait là elle serait utile.

Entretemps, elle s'est copieusement faite taper sur les doigts pour manque "d'intégration dans l'équipe gouvernementale". Traduction, Rama Yade ne respecte pas la solidarité gouvernementale et risque très fortement de quitter le gouvernement. Le problème avec la politique de casting qui est destinée à plaire, c'est ensuite d'expliquer pourquoi un des castés doit partir. Or, quel point de chute pour Rama Yade.

Celle-ci a refusée d'être députée européenne et de se retrouver exilée alors que ce mandat est le plus intéressant des mandats électoraux. On ne peut non plus la faire tête de liste régionale puisque Valérie Pécresse a été choisie par les militants UMP lors d'une primaire. On ne peut non plus l'éjecter du gouvernement facilement puisque Rama Yade a, par ses prises de position qui agacent le Premier Ministre, gagné une forte popularité, que ce soit auprès des électeurs de droite, que des français. Et donc, virer un ministre populaire, c'est risquer d'affaiblir un peu plus le gouvernement.

On le voit, le problème du fistonné Jean Sarkozy en pose de nombreux autres.
La suite au prochain épisode !

Aucun commentaire: