jeudi 11 février 2010

L'intervention qui réveille l'Europe.

Le moment est capté au Parlement européen à Strasbourg. Dans une intervention remarquée, Daniel Cohn-Bendit dénonce avec vigueur l'hypocrisie qui règne au Parlement européen. Martin Schultz, notamment, président du groupe socialiste et démocrate, en prend pour son grade.
Dans le style combatif, le président du groupe des Verts européens critique violemment l’attitude des autres groupes du Parlement européen à qui il reproche d’approuver la Commission Barroso car leurs intérêts personnels ont été satisfaits par la présence de commissaires de leur tendance politique au sein de la commission.


Les critiques sur la Commission.
Daniel Cohn-Bendit reproche ainsi aux groupes leur manque de courage politique en assumant pas de voter contre l’investiture de la Commission malgré une opposition fondamentale sur les valeurs.

Avant le vote du Parlement européen qui doit officiellement investir la commission, le député vert en profite pour dire la piètre qualité des commissaires pressentis pour intégrer la commission Barroso II et de citer l’exemple de Catherine Ashton et le manque d’investissement qu’elle manifeste pour sa fonction de Haut-commissaire aux affaires étrangères notamment dans la crise haïtienne ou encore dans la récente crise grecque.




La crise grecque.
Pour le président du groupe vert, la crise financière à laquelle doit faire face la Grèce montre le manque d’ambition politique de l’Europe qui n’est jamais présente aux grands moments de la vie politique. Il insiste aussi sur le fait que la Grèce dépense des sommes considérables en matière militaire du fait de la situation chypriote pour laquelle l’Union européenne et la Commission européenne ne lèvent pas le petit doigt.

La situation grecque est en effet préoccupante, elle met surtout l’Europe face à ses responsabilités. L’Europe va-t-elle enfin réagir et mettre en place une véritable gouvernance et solidarité économique et budgétaire ou laissera-t-elle s’exprimer les égoïsmes nationaux et rester un nain politique ?


Europe politique. LA question !
Si Daniel Cohn-Bendit n’est pas tout blanc, il faut reconnaître qu’il appuie là où ça fait mal. En dénonçant l’hypocrisie de certains qui font passer leurs intérêts partisans avant l’intérêt commun européen, il s’offre le beau rôle. Mais, il insiste sur un point essentiel : l’Union européenne, en l’état actuel des choses, est un nain politique. L’illustration la plus patente est l’attitude condescendante du président des Etats-Unis d’Amérique qui snobe littéralement les européens en annonçant qu’il ne participera pas à un sommet Europe-Etats-Unis.

L’homme est habitué des coups de gueule, et l’on aura tendance à vouloir l’enfermer dans sa boite un peu vite. Nous devons toutefois nous rendre à l’évidence, les récentes actions et tractations autour de la nouvelle Commission et plus encore autour de la situation grecque montrent une fois encore que l’Union européenne doit devenir fédérale pour faire face à la situation politique et peser du poids qui est le sien dans les affaires du monde. Dans cette optique, l’intervention remarquée de Daniel Cohn-Bendit au Parlement européen est plus salutaire.

La question n’est plus de savoir si nous devons avoir une Europe fédérale actrice de son destin mais quand elle émergera.

2 commentaires:

Orange Verte a dit…

interessant billet qui pose les vrais question. Mais l'Europe c'est quoi au fait ?
J'avais oublié le problème de Chypre qui traine depuis des décénies

Orange pressé a dit…

La question est de savoir quand la Turquie quittera le sol chypriote, un pays indépendant qu'elle a envahit soit disant pour protéger une minorité turque alors qu'elle est intervenu pour coloniser le territoire d'un pays indépendant mais fortement influencé par son rival européen.