samedi 6 février 2010

Régionales. « Ce n’est pas la girouette qui tourne…

… c’est le vent. », Edgar Faure.

A l’entame d’une élection, il est bon de se rappeler les propos d’hommes politiques qui marqué la vie publique, de réviser ses classiques. Edgar Faure par ses diverses déclarations et ses bons mots a souvent visé juste. En ce début de campagne électorale, après une période de brouillard donnant le Mouvement démocrate entre 6,5%-7% et 9%, la dernière livraison de l’institut TNS-Sofres donne le MoDem à 4%. Inutile de se voiler la face, c’est une gifle.

Bien que les français soient encore à mille lieux du scrutin de mars, force est de constater qu’ils pas une folle envie de voter démocrate. Comme on pouvait s’y attendre, tous les responsables politiques sont interrogés et particulièrement ceux du MoDem dont le score est divisé par 2 par rapport aux dernières élections européennes.



Des réactions … classiques.
François Bayrou a dénoncé cette manie des sondages et n’a pas souhaité commenté.
Corinne Lepage y voit la conséquence de choix politiques « désastreux ».
Jean-Luc Bennahmias n’y accorde pas une folle importance et préfère insister sur la nécessité pour les électeurs de regarder les programmes.

François Bayrou a depuis quelques années, une attitude ambivalente vis-à-vis des sondages, les citant lorsqu’ils sont favorables, les remettant en cause lorsqu’ils sont défavorables. En somme, il réagit comme un homme politique le fait habituellement. Et avec la surprise de 2002, il est plus facile de remettre en cause les enquêtes d’opinion. Rien de nouveau donc puisqu’il ne commente pas.

Corinne Lepage est dans la lignée de ce qu’elle dit depuis un moment. Pour elles, les décisions à prendre n’ont pas été prises et si le résultat n’est pas bon, il va falloir en tirer les conséquences.

Jean-Luc Bennahmias se détache un peu du phénomène, ne commente et préfère inciter les français à consulter les programmes. Le hic est que beaucoup d’électeurs ne lisent pas les programmes ou ne font que les survoler et même qu’une part conséquente des électeurs vote en fonction de l’affiche.



Mauvaise nouvelle ou coup de pied salutaire ?
Ce sondage n’est pas vraiment une bonne nouvelle. Certains ont le moral dans les chaussettes, d’autres carrément enthousiastes préfèrent ne pas y porter attention. En réalité, ce score peut être pris de deux manières. La première consiste à dire que oui, effectivement c’est une mauvaise nouvelle mais que des chances de rebond peuvent exister. La deuxième que c’est une véritable catastrophe et qu’il sera impossible de colmater les brèches dans la coque du navire démocrate et qu’en conséquence, il va falloir limiter les dégâts pour tout remettre en ordre après.

La réalité est comme souvent, un subtil mélange des deux. Oui, il est vrai que dans quelques régions, la compétition sera rude et qu’il est possible que le MoDem y laisse des plumes. Tout comme il est vrai que dans certaines régions, le MoDem fera un score très honorable voir franchir le seuil magique des 10%. Mais où sont ces régions où le terreau est favorable et qu’elle recette y est appliquée ?

Aussi étrange que cela puisse paraître, les régions pourraient être celles où ce sont les personnes les plus implantés qui réussiraient à faire un résultat à contre-courant et pas forcément les candidats du renouveau.


Revenir aux fondamentaux.
Corinne Lepage le mentionne à juste titre, l’heure n’est pas à rappeler les critiques formulées après les élections européennes. Cependant, il ne serait intéressant de se replonger dans les propositions faites pour pallier aux difficultés rencontrées.

Parmi ces propositions, on retient donc le nécessaire retour aux fondamentaux et ne pas oublier de parler du sujet. Lors des élections européennes, le MoDem avait une campagne de terrain qui a certes pu montrer des fruits ici et là mais qui n’était pas forcément adapté. Le scrutin étant un terrain plus favorable aux actions de communication et à la campagne numérique. Europe-Écologie avait alors su tirer profit de la situation pour réaliser un bon score.

Remettre le travail sur le métier.
Pour les élections régionales, il est important de rappeler que c’est une élection LOCALE. Et qui élection locale dit forcément campagne de terrain. Ainsi, une campagne internet aura un certain impact mais la plupart des électeurs voteront essentiellement en fonction des actions de terrain. Aussi, alors que certains défendent l’idée que la campagne internet aura un impact prépondérant se mettent le doigt dans l’œil.

Il faut parler du sujet et donc parler de la région, de projets locaux et concrets, d’actions menées ou de propositions très facilement applicables. Mais surtout, il faut ainsi qu’on le dit en politique « labourer le terrain », le travailler, encore et encore pour toucher les électeurs. Les têtes de liste qui ont compris l’importance d’orienter leur campagne de cette façon remonteront la pente et feront un score sensiblement supérieur à 4%. Mais comme une campagne de terrain ne se prépare pas en une nuit, les têtes de liste novices ou imprévoyantes auront plus de mal. C’est à ce niveau que jouera en premier lieu l’expérience.


Du concret !
L’autre aspect indispensable pour faire un bon score est de faire une campagne de terrain avec des idées en adéquation. Il faut donc être très concret et surtout éviter les grandes déclarations ou promesses intenables ou invérifiables. L’électeur n’est pas idiot et en période difficile plus qu’en toute autre période, il veut des résultats. En conséquence, il faut proposer des idées, des projets dont le citoyen pourrait vérifier la réalisation ou l’application.

Dans le même temps, il ne faut oublier les sujets importants pour les citoyens. Ainsi, les régions ayant des compétences en matière de transport, l’électeur réfléchira en termes de prix de l’abonnement au TER et en nombre de trains circulant et pas en proportion du budget régional affecté au transport.



Conclusion.
Rien n’est perdu, mais rien n’est gagné non plus. Dans certaines régions, il sera très dur de remonter ou de freiner la descente. Tout bonnement et simplement parce que les fondamentaux ne seront pas appliqués. Dans d’autres, les perspectives sont plus réjouissantes. Ces différences s’expliquent pour l’essentiel par le choix de la tête de liste. Dans les endroits où le choix faisait consensus, la tête de liste cherche à ménager les susceptibilités pour obtenir un savant mélange permettant l’unité. La tête de liste qui a une forte implantation locale, de l’expérience aura aussi souvent pris les mesures nécessaires pour faire une bonne campagne. Ces facteurs sont nécessaires mais néanmoins pas suffisant. Le contexte local compte beaucoup et la conjonction de facteurs favorables ou défavorables jouera plus ou moins sur le résultat.

Toutes ces aspects permettent ou non d’espérer un rebond aux régionales qui s’annonçent. Et ainsi que nous l’enseigne le proverbe latin : Vae victis ! (Malheur au vaincu).

Aucun commentaire: