vendredi 12 mars 2010

« En démocratie, jusqu'à la dernière seconde du second tour, rien n'est fait. »

Ces mots, François Fillon les a prononcé ce jeudi soir à Nantes lors d'une des derniers grandes réunions publiques dont ont l'habitude, les différents partis politiques. A l'ordre du jour, le soutien à Christophe Béchu qui lui succède comme tête de liste UMP pour ces élections régionales en région Pays de Loire.


Le contexte local.
Il faut dire que le tout jeune président du conseil général du Maine-et-Loire (il a ravi le département à l'occasion des cantonales partielles de 2004 à 30 ans !) a du potentiel et sait séduire les électeurs sur des enjeux locaux. Mais, aussi bon soit-il, les chances qu'il devienne président de région sont maigres. En cause, le contexte national peu favorable à la majorité avec un président qui bat des records d'impopularité, un Premier ministre qui essaie d'éviter de laisser entrainer avec et de manière générale, un recul très fort dans l'UMP dans l'opinion.


Une juste analyse.
Aussi, François Fillon tient la barre bien que la météo annonce la plus grosse tempête depuis un moment pour la droite avec une carte des régions françaises qui peut virer entièrement au rose le 22 Mars 2010 prochain.

Mais, en attendant, ainsi qu'il se plait à le dire « N'écoutez pas ceux qui disent que les jeux sont faits à l'avance » ou encore « Ne croyez pas ceux qui mélangent les sondages et les urnes, ils se sont si souvent trompés ». Une rhétorique toute séguiniste qui fait à d'autres propos du même tonneau délivrés cette fois par un certain François Bayrou, député de son état et président d'un parti donné pour mort ou presque : le MoDem.

En effet, c'est peu de le dire, si de grandes tendances se dessinent sur le scrutin et qu'il semble probable que l'issue de celui-ci ne soit guère favorable à la majorité parlementaire, pour le reste, les choses sont loin, très loin d'être jouées.


Un précédent qui en rappelle d'autres.
Signe que chaque élection est unique, la répartition des votes et les places d'honneur seront très disputés. On sait que le Front national sera dans bien des régions, un élément à prendre en compte. Donné comme fini après le piètre score réalisé aux présidentielles et législatives de 2007, des élections municipales désastreuses que l'on tendance à oublié depuis l'élection partielle à Hénin-Beaumont suite à l'affaire Dalongeville, et des européennes ou il a tout juste sauvé les meubles; le FN pourrait faire son grand retour sur la scène politique avec ces régionales.


Tout aussi intéressant sera l'ordre d'arrivée des différents partis de gauche suite au PS qui semble intouchable hormis peut-être en Alsace où les Verts espèrent finir devant les socialistes, la liste alsacienne ayant réussi à réaliser l'union sacré entre écolos de tout bord ou presque.
Les Verts, qui rappelons le, n'avaient réunis que 1,57% sous leur panache vert pour ensuite perdre du terrain notamment aux municipales en 2008; avant ensuite d'être sauvés de la mort clinique par Daniel Cohn-Bendit (encore une fois) et passant même à deux doigts de détrôner le PS comme chef de file incontournable de l'opposition avec plus de 16% en moyenne nationale.

Depuis, de l'eau a coulé sous les ponts. Si l'environnement et l'écologie sont devenus des sujets essentiels dans l'esprit des français, l'enthousiasme soulevé par le collectif Europe-Écologie est en train de retomber. En cause, la reprise en main par les Verts d'une mouvance qui se voulait transpartisane. Daniel Cohn-Bendit avait réussi à mettre la main sur une bonne partie des électorats socialistes et démocrates, recentrant considérablement la ligne politique de la mouvance écolo pour que les autres partis et la société civile puissent adhérer au projet et garantir la réussite de l'entreprise. Las, trop contents d'un succès qu'ils estimaient être le leur, les Verts ont donc comme je viens de le dire repris en main la nébuleuse pour mieux l'ancrer à gauche.

Cela se voit particulièrement dans la composition des listes régionales où les personnes soit-disant issues de la société civile sont soit des anciens élus socialistes ou de gauche, filon dans lequel les Verts ont puisé abondamment et plus rarement dans le vivier associatif où les spécificités des personnes à recrutés ont été très précisément définis.

Mieux, les candidats Verts admettent eux-mêmes que le PS leur imposera sa loi et qu'il leur sera difficile d'avoir une plus grande influence dans les exécutifs que lors du dernier scrutin si les choses continuent ainsi. D'autres encore, sentant que l'électorat conquis lors des dernières européennes leur échappe de plus en plus. Conséquence, on a déployé le plan hors-sec et certains candidats comme Marc Vasseur n'hésitent pas à rappeler utilement qu'Europe-Écologie est « de gauche », ce qui suffit à démontrer qu'ils n'ont pas réellement compris le but poursuivi par son initiateur, Daniel Cohn-Bendit.


Le MoDem vit toujours.
Les enquêtes d'opinion se suivent et se ressemble, donnant à voir une vision chaque jour plus catastrophique des résultats que peut espérer le parti centriste pour ces régionales. Loin de scores réalisés en 2004, qui certes s'inscrivant dans une logique d'appartenance à une majorité, les troupes restées fidèles à François Bayrou semblent condamnées à la soupe à la grimace.

Depuis plusieurs semaines, on entend François Bayrou répété qu'une élection ne se joue pas avec les sondages, que ces derniers ont souvent eu tort et que seule le nombre de bulletins dans l'urne le jour J sera pris en compte. Et force est de constater que dans certaines régions, les démocrates peuvent créer la surprise et renverser la vapeur. En effet, tirant pour partie les leçons de l'échec de juin 2009, quelques têtes listes régionales, souvent d'anciens UDF, en sont revenus aux fondamentaux en labourant assidument le terrain. Pour les nouveaux venus en revanche, point de pitié, que ce soit en Ile de France ou sous le soleil azuréen, les débuts seront aux mieux difficiles, au pire catastrophiques.


Conclusion.
Rien n'est joué mais les grandes tendances semblent sont connues. Un PS ragaillardit, une majorité « UMP-Nouveau centre » en net recul, des partenaires à gauche qui n'en finissent plus de se quereller pour savoir qui arrivera derrière les socialistes et enfin l'inconnu MoDem qui espère bien rebondir malgré un avant-match assez électrique. Une chose est sure, les surprises ne vont pas manquer. Et des résultats connus, nombreux seront ceux prêts à sortir les couteux et à demander des comptes aux malheureux du scrutin universel.

4 commentaires:

FrédéricLN a dit…

Pour les nouveaux venus, les débuts sont certainement difficiles (que ce soit en curling ou en campagne politique), mais ils peuvent en même temps être brillants !

Alain Dolium a fait une excellente campagne, toujours dynamique et positive malgré la pétole des sondages et les attaques ultra-bas-de-gamme sur le web, toujours nourrie de propositions concrètes, solides, crédibles.

Ses têtes de liste départementales, les sortants comme les nouveaux venus, ont été constamment cohérents et solidaires, pour ce que j'ai pu en voir - et en effet j'ai pu les voir au travail.

Je me rends bien compte que si j'ai pu voir de près cette campagne, c'est parce que je suis sur la liste (en position non éligible). Qu'est-ce que, globalement, les Franciliens en auront vu ? Je l'ignore, mais espère que quand ils feront le bilan demain pour choisir leur vote de dimanche, le travail de fond de la liste MoDem fera l'unanimité (ou pas loin ;-) ) !

Daniel Testard a dit…

Simplement pour préciser que l'Indre-et-Loire ne fait pas partie de la Région des Pays de Loire. Dans le cas présent, il s'agissait du département du Maine-et-Loire.

Sinon, je n'ai guère envie, dans le contexte actuel, de faire des commentaires sur le fond du billet. Il sera bien temps de faire une analyse, à tête reposée, après le 21 mars.

Orange pressé a dit…

@Daniel : C'est vrai. Il s'avère que j'ai vérifié. Une erreur d'inattention. Il s'agit bien du Maine et Loire.


@FrédéricLN :
Comme une métérorite qui rentre dans l'atmosphère, elle brille car elle se consume avant de disparaitre.

Apparemment, tu sembles aveuglé par ta participation à cette campagne. Malgré mes pressentimments, je me suis rendu sur des actions de cette campagne. Et ce que j'ai vu était pire que ce que j'imaginais.

Enfin, en Ile de France, toutes les positions sont inéligibles.

Lundi, j'aurai l'occasion de reparler réellement de tout cela et de faire un réel bilan de la campagne d'Alain Dolium. Pour le moment, je préfère garder une certaine réserve.

Zenon a dit…

Je constate que les résultats d'Alain Dolium ne sont pas plus mauvais que ceux d'autres candidats du MoDem, parfois plus chevronnés ! Pourtant ceux-ci n'ont heureusement pas bénéficié de la campagne de dénigrement à laquelle vous vous êtes livré, aux dépens de Doluim, aux côtés de certains blogueurs en mal de notoriété .