jeudi 11 mars 2010

Non, je ne suis pas mort !

La situation est assez inédite pour mériter une petite explication. En pleine campagne électorale, ce blog est devenu muet d’un coup, d’un seul alors même que les sujets à traiter ne manquent pourtant pas. En réalité, ce n’est pas un manque de volonté ou un emploi du temps surchargé qui explique ce silence mais plutôt un problème, disons plus… terre-à-terre. Il se trouve que le bloc d’alimentation de mon ordinateur a grillé. D’où plus d’accès à internet, donc plus de mise à jour possible, les autres biais se révélant trop contraignants. L’évènement n’a en rien réduit les diverses réflexions que vous soumets jour après jour sur ce blog, au contraire. Petit retour donc sur les divers évènements qui ont émaillé ces 5 jours de silence forcé.


Le rythme s’accélère.
Si la campagne devient enfin palpable pour les électeurs, elle est encore trop floue. La plupart des français ne connaissent pas réellement les candidats en dehors de quelques personnes ayant une notoriété nationale. Côté programme, rares sont les idées qui marquent spontanément les électeurs. Conséquence, le principal vainqueur de l’élection sera très probablement le parti des abstentionnistes. Les régions, c’est pourtant 29 milliards € de budget annuel et des compétences importantes comme la formation professionnelle, les transports ou la gestion de bâtiments publics dont les lycées.

Du côté des chefs de parti ou d’idées, le président de la République, malgré ses dénégations a entamé une véritable tournée de campagne quand bien même, il laisse le rôle offensif à un François Fillon bien trop heureux de se voir, ENFIN, confié un rôle à la hauteur de ses compétences et de l’importance de sa fonction. Ces efforts ne semblent pas pourtant porter puisque les listes de la majorité parlementaire sont données au coude à coude avec le Parti socialiste.

Le PS qui, s’il ne se frotte pas encore les mains, a tout de même mis le champagne au frais et se prépare à des négociations difficiles avec ses partenaires traditionnels que sont les Verts et le Front de gauche, bien décidé l’un comme l’autre à vendre chèrement leur peau.

Le Mouvement démocrate se prépare suivant les régions à consolider son accise dans certaines régions, à limiter les dégâts dans d’autres voir à sortir son maillot de bain. Si la moyenne nationale indiquée dans les sondages semble bien peu encourageante, les résultats seront probablement très variables suivant les régions, les projets régionaux et la façon dans les campagnes sont menées +/- localement jouant beaucoup dans l'adhésion des électeurs. Ceci est d'ailleurs valable pour tous les partis, quels qu'ils soient.

Enfin, reste l’inconnue Front national, l’envie d’un vote sanction démange de nombreux électeurs qui en ont marre qu’on leur promette la lune. Pour certains, le vote FN est un signe pour attirer l’attention des partis politiques traditionnels. Bien que 2007 fut une année noire pour le parti de Jean-Marie Le Pen, le mouvement semble en passe de réussir à mobiliser son électorat notamment dans les régions Nord-Pas de Calais, Alsace mais surtout Provence-Alpes-Côte d’Azur. Dans bien des cas, il se trouvera en position d’arbitre.


Les autres sujets à l’ordre du jour.
Parmi les autres sujets à l’ordre du jour, on pourra citer le virage environnemental de Nicolas Sarkozy. Le grand initiateur du Grenelle de l’environnement a en effet enterré discrètement le peu de contraintes que les parlementaires ont décidé dans le domaine de l’agriculture. Notoirement connu pour son manque d’intérêt pour la filière agricole, ce qu’il a encore montré samedi dernier lors de son bref passage au milieu (d’un rassemblement policier) de son service de sécurité ; le président de la République a promis aux agriculteurs d’alléger les contraintes du Grenelle de l’environnement. Un des plus mauvais services à leur rendre puisque cela retarde d’autant l’évolution nécessaire vers une agriculture biologique de proximité.

Autre sujet qui suscite le mécontentement, le projet de réforme de la procédure pénale présenté par Michèle Alliot-Marie. Le projet présidentiel dont le fardeau était précédemment supporté par Rachida Dati envisage notamment de supprimer le juge d’instruction.
Le projet en question est tellement mal ficelé qu’il a réussi, chose exceptionnel à réunir l’ensemble des professions du droit contre lui et évènement qui l’est encore plus à les faire manifester ensemble dans la rue. Dans la plupart des professions, ceci est normal. Dans le domaine du droit, très feutré, la réaction est pourtant extraordinaire. Les mécontentements s’exprimant d’habitude par des conseils ou des suggestions plutôt que par des protestions clairement exprimées.

Reste enfin le drôle de conception de l’écologie qu’ont nos amis les verts. Une vision qui n’a pas fini de surprendre et dont je vous dévoilerai quelques aspects avant que vous n’alliez voter ce dimanche.


Crédit photo : Tim Tolle.

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