mardi 13 avril 2010

Le MoDem Allemagne se fait la malle.


Voici une mauvaise nouvelle qui ne va pas plaire à François Bayrou. Le Mouvement démocrate Allemagne a décidé dans sa grande majorité de démissionner du MoDem. L’information est sortie lundi soir par un communiqué de presse que l’on peut retrouver sur les blogs de Florian Chiron et de Bruno Pludermarcher, désormais ex-président et ex vice-président du MoDem Allemagne.

Le communiqué.
Tirant les conséquences du résultat des élections régionales, de la « démission » à peine forcée de son président Florian Chiron du Conseil national et du MoDem, on peut ainsi lire :

« Constatant l’incapacité des dirigeants de notre parti à se remettre en cause, et prenant acte des méthodes douteuses employées pour écarter d’éventuels opposants, la Présidence Collégiale du MoDem Allemagne a décidé de prendre ses responsabilités et de quitter le Mouvement Démocrate. »

Viennent ensuite les chiffres qui permettent de mesurer l’ampleur du phénomène. On savait déjà que le MDFE (Mouvement démocrate des français de l’étranger) avait vu ses effectifs entre 2007 et 2010 divisés par 6. On sait maintenant que parmi les restants partent :
- 18 membres sur 20 du Conseil fédéral du MoDem Allemagne ;
- sur 120 adhérents fin 2008, 7 seulement restent, ce qui fait 113 départs ;
- la présidence collégiale dans sa totalité.
Traduction, le MoDem Allemagne devient une coquille vide.

Dans ce communiqué, les intéressés affirment toutefois ne pas renoncer aux idées ayant présidé à la création du Mouvement démocrate et ont d’ores et déjà créé une association baptisée : « Démocrates en Allemagne » pour soutenir un projet écolo-démocrate.


Les conséquences.
Il fallait s’y attendre ! En acceptant la démission jamais prononcée de Florian Chiron, président du MoDem Allemagne ce qui le suspendait de facto, en l’empêchant de participer au Conseil national du 27 mars dernier, la direction nationale se doutait bien qu’il y aurait des conséquences, mais se doutait-elle de leur ampleur ?

La désormais ex-section allemande du MoDem était très soudée, les décisions étant prises en consultant régulièrement les membres. Aussi, le message envoyé aux membres du MoDem Allemagne par la présidence collégiale après les régionales et faisant part des doutes concernant l’avenir politique du MoDem était un acte de transparence vis-à-vis des militants locaux. De tels messages, la plupart des adhérents en ont reçu, et ce quelque soit leur section. Parfois même, ceux-ci émanaient de membres du Bureau exécutif. Leurs auteurs ont-ils pour autant été considéré comme démissionnaires ? Nullement ! Ce communiqué n’est que la traduction d’un malaise que la direction du MoDem reconnaît mais dont elle ne veut pas admettre les réelles causes dont la principale : l’échec de la stratégie de François Bayrou lors de ces régionales.


Et après ?
Après la publication de ce communiqué de la part de nos amis germains, quelles seront les réactions ? Pour le moment, celles-ci sont peu nombreuses, ce qui est bien compréhensible, le communiqué étant tout frais. Reste maintenant à savoir si cet évènement fera tâche d’huile et touchera les autres branches du MDFE. Et c’est là que les choses se compliquent, car il faut attendre le résultat des consultations lancées ici et là sur le sujet suite aux régionales. Selon certains, une majorité envisagerait de quitter le MoDem et seuls quelques mouvements envisageraient de rester pour des raisons locales. La décision des désormais anciens membres du MoDem Allemagne est donc loin d’être un cas isolé. La décision du « siège » de « démissionner » quelques personnes a donc déclenché une réaction en chaine dont on ne connaît pour le moment l’étendue.

On peut néanmoins noter un socle commun au sein de cette nouvelle vague de démission. En premier lieu, ce ne sont pas les valeurs qui sont remises en cause mais la gestion du mouvement, ce que l’on pourrait appeler la démocratie interne.
Ensuite, le processus décisionnel est vertement critiqué, surtout au niveau des grandes orientations.
Enfin, les démissionnaires ne rejoignent aucun parti mais se tournent la plupart du temps vers le milieu associatif pour faire perdurer leur engagement. Cela tranche donc avec d'autres vagues où nombre de partants allaient à la soupe.



Conclusion.
Il s’agit là d’un signe majeur que François Bayrou et la direction du MoDem feraient bien de ne pas ignorer. Cette nouvelle doit provoquer un électrochoc et sonner le glas d’un assouplissement des positions de François Bayrou. En effet, avec la modification constitutionnelle de 2008, les français de l’étranger, c’est 12 sièges de sénateurs et 11 sièges de députés soit un poids électoral conséquent mais aussi et surtout du temps de parole pour transmettre son message. Un avantage lorsque l’on dispose d’un nombre réduit de parlementaires comme c’est le cas du Mouvement démocrate actuellement.

Cela illustre aussi l’incompréhension de la base par rapport aux décisions du sommet. Le lendemain des élections européennes avait déjà mis en lumière cet aspect et acté des décisions pour y remédier. Sans succès donc ! Il est plus que temps d'en tirer les leçons et de regarder la réalité en face pour réellement rebondir.

1 commentaire:

Florian Chiron a dit…

Pour être complètement transparent : sur 120 adhérents de 2008, la moitié a répondu. Sur cette moitié, 7 restent. Il est possible que ce chiffre soit donc vaguement plus élevé.
Cela dit, les démissionnaires restent amis avec les restants les plus actifs et inversement.

On a eu de la chance en Allemagne : rester soudés et actifs, et ne pas avoir trop subi d'érosion des militants sur ces dernières années. La situation flottait depuis 2009 et les européennes.
Mon démissionnement a achevé de couper le cordon.