mercredi 5 mai 2010

L’heure libérale est venue !




L'occasion est historique et elle ne doit pas être manquée. Après la prise de position du quotidien The Guardian en faveur des libéraux-démocrates vendredi dernier dans un article intitulé « L'heure libérale est venue », c'est le quotidien « The Independent » qui a lui aussi pris fait et cause pour Nick Clegg. La raison en est simple : il s'agit d'en finir une bonne foi pour toute avec le système du « first past the post » (scrutin uninominal majoritaire à un tour) qui exacerbe le bipartisme et aboutit à une représentation complètement injuste et anti-démocratique à la Chambre des communes. Avec l'émergence de Nick Clegg, l'occasion d'avoir un « Hung parliament » est l'occasion de mettre enfin en œuvre une réforme électorale et d'instaurer un suffrage proportionnel au moins en partie.


Le statu quo est toujours possible.
Les libéraux démocrates ont émergé après le 1er débat entre les Premiers ministrables mais depuis une semaine, le score prêté aux LibDems dans les sondages se tasse, il y a un risque réel d'en rester au statut quo, d'obtenir un gouvernement conservateur et que dans 5 ans, tout continue comme avant. Pour « The Independent » : « Le parti de Nick Clegg a réussi une formidable percée. Mais si le moule de la politique britannique s'est fracturé, il ne n'est pas encore cassé ».

Le parti conservateur affiche partout qu'il est le parti du changement et qu'il s'est renouvelé de l'intérieur. Le slogan de la campagne conservatrice « Vote for change » illustre d'ailleurs cette ambition affichée. La focalisation sur l'éducation et le NHS (la Sécurité sociale locale) avec un programme plus orienté « social » laisse à penser que c'est le changement est profond. En réalité, pourtant, il n'en est rien. Que ce soit sur l'Europe, l'immigration, la justice et la lutte contre la criminalité, ce sont que de vieilles recettes inefficaces ayant reçu un simple coup de peinture.

Mais ce qui montre que, fondamentalement, les conservateurs n'ont rien compris aux changements nécessaires pour faire face aux nécessités du XXIe siècle, c'est le refus de toute réforme électorale. Tout juste, David Cameron concède-t-il une refonte des circonscriptions électorales pour tenir compte des évolutions démographiques.


Un Labour fatigué.
Le Labour, s'il est ouvert aux réformes, a remis en cause nombre de libertés individuelles que ce soit avec les textes concernant la lutte contre le terrorisme qui ont permis d'introduire une régime dérogatoire absolument scandaleux depuis l'adoption du « Bill of rights » ou avec l'ambition d'adopter un système similaire à la loi HADOPI adoptée après une bataille à la Pyrrhus menée par le gouvernement Fillon sous la houlette des majors de l'industrie culturelle. Après 13 ans de gouvernement, le Labour est un parti fatigué qui se concentre plus son bilan que sur l'avenir. Si l’on doit reconnaître à Gordon Brown, sa formidable réactivité dans la gestion de la crise financière et son expertise dans le domaine économique; pour le reste, les travaillistes n'ont pas pris conscience des défis auxquels le Royaume-Uni devra faire face au XXIe siècle. Ainsi, seuls les libéraux-démocrates ont un plan précis pour transformer l'économie britannique et l'adopter aux impératifs de l'économie verte.



L’espoir libéral-démocrate.
Les Libdems ne sont pas sans défauts mais après la scandale des notes de frais, ils sont les plus crédibles et les plus convaincants. Ils apportent une touche de renouveau et de fraîcheur dans la politique britannique. Mais surtout, ils ont compris depuis longtemps les orientations indispensables à donner au Royaume-Uni. Europhiles, ils défendent l’euro, l’intégration européenne et un partenariat avec les Etats-Unis basé sur une notion de réciprocité et non plus de soumission. Ils se font champions des libertés individuelles, défendent l’économie numérique et les nécessaires adaptations de la société. Mieux, bien avant que les Conservateurs ou le Labour ne se mettent au « green washing », ils sont les seuls à proposer un plan concret, précis et chiffré pour faire entrer de plain-pied la Grande-Bretagne dans l’écolonomie.


Dans de nombreuses circonscriptions, on assiste à une bataille à couteaux tirés entre les travaillistes et les conservateurs. Voter pour l’un ou pour l’autre, c’est dans un cas comme dans l’autre, reconduire un système usé et décrédibilisé. L’exemple type est la caricature dans l’édition du mercredi 05 mai 2010 du quotidien « The Independent ». On y voit derrière le masque de David Cameron, le corps en décomposition de Margaret Thatcher émettant une forte odeur accompagné de mouches, l’œil sortant de son orbite. Celui-ci est perché sur un des fameux « fat cats » (surnom donné aux grandes fortunes) caché derrière un impair. Le dessin, accompagné d’une contre-vérité dont les conservateurs britanniques essaient de se persuader : « Vote for Clegg. You get Brown », résume bien ce qu’est en réalité, la campagne conservatrice.


Conclusion.
En votant pour Nick Clegg et les candidats LibDems ce jeudi, nos voisins britanniques ne se voient pas seulement offrir l’occasion de changer de gouvernement. Non, ils ont l’occasion de faire de quelque chose de plus grand, de faire quelque chose de plus fort : changer de système politique, mais surtout changer la politique. Un changement revigorant qui re-légitimerait la politique dans son sens noble dans un pays qui a tant souffert du scandale des notes de frais. Voter Libéral-démocrate, c’est l’occasion de mettre en œuvre de grandes réformes qu’attend ce pays depuis longtemps en s’inscrivant dans la lignée de celles qui ont fait du Royaume-Uni ce qu’il est actuellement. Les britanniques devront, ce jeudi, plus que jamais, voter avec leur tête et non avec leurs pieds. Il est grand temps de donner une autre vision de la politique.

3 commentaires:

Nemo a dit…

Il faut leur faire la Nick !

Orange pressé a dit…

We'll see !

Une chose m'a étonné toutefois, les journalistes attendent les chefs de partis devant le bureau de vote mais ne rentrent pas pour saisir l'instant où l'intéressé met son bulletin dans l'urne comme en France.

Orange Sanguine a dit…

En France, ni l'UMP, ni le PS ne sont pour un scrutin proportionnel, ni demi-proportionnel, réforme defendue par le Modem, les Verts et les autres petits partis.
D'ailleurs, je trouve assez étrange le silence du Ps sur le mode de scrutin envisagé pour les futurs conseillers territoriaux et la suprression des triangulaires.