mercredi 16 juin 2010

Apple bannit le libre.

Les utilisateurs des produits Apple le savaient déjà, pour profiter de l'ergonomie et l'environnement logiciel de la marque à la pomme, il faut accepter de laisser quelques aspects derrière soi comme la liberté, le choix et la personnalisation du matériel acheté à prix d'or.


« Cachez-moi ce sein que je ne saurai voir. »
En imposant des conditions d'utilisation de l'App store très restrictives, Apple veut s'assurer de l'entière maitrise de son magasin et notamment de la diffusion d'un certaine moralité. Ainsi, officiellement, pas question de voir de corps dénudés ou d'accéder à des applications un peu olé-olé. Comme souvent aux États-Unis, la morale officielle veut bannir toute allusion à la nudité. Pour Apple, le refus de tout contenu pornographique sur l'App store est une des raisons invoquée pour ne pas inclure Flash dans le spectre des technologies accessibles avec un iPhone ou un iPad. Sauf que, les producteurs de contenu pornographique ont entamé un mouvement de leurs contenus vers la technologie HTML 5.0 que promeut justement la marque à la pomme. Ainsi, en dépit de tous les efforts déployés, les utilisateurs ont tout de même accès à du contenu interdit et ce via la possibilité de navigation sur internet de leur machine.


Le libre incompatible avec Apple ?
En réalité, Apple n'interdit pas explicitement le libre de son magasin en ligne mais les conditions d'utilisation du service très restrictives le rendent de fait, incompatible avec les licences GNL régissant les logiciels libres. Malgré la règlementation restrictive, quelques logiciels libres ont réussi à passer entre les mailles du filet et se rendre disponible.

La Free software foundation soulignant le paradoxe entre la disponibilité de logiciels libres sur l'App store et la quasi-interdiction de ceux-ci sur l'App store, a donc envoyé un courrier à la firme à la pomme pour dénoncer ce double langage. La réponse d'Apple fut pour le moins surprenante puisque qu'au lieu de clarifier sa position, l'entreprise a purement et simplement supprimé l'application en question.

Aka du site Framablog souligne la différence avec le régime juridique applicable de l'Android Market lui aussi très restrictif mais qui permet néanmoins de publier les logiciels libres en respectant les termes des licences GNL.


Et ailleurs ?
En somme, au-delà du constat que l'on peut dresser de la politique d'Apple qui a toujours été restrictive n'est pas simplement la question de l'App store mais celle de la généralisation du modèle développé par Apple au niveau de la commercialisation et du développement d'applications sur les terminaux mobiles en général. Google et plus récemment Microsoft ont annoncé vouloir développer leur propre boutique numérique concurrente de celle de la firme de Cuppetino. Microsoft, en particulier a annoncé que sa politique serait sinon identique à celle de sa concurrente, au moins similaire notamment vis-à-vis de la pornographie.

Reste que cette situation commence à mécontenter un nombre croissant d'acteurs qu'ils soient utilisateurs ou développeurs qui apprécient de moins en moins de se retrouver privés de leur liberté de choix ou de création juste parce qu'ils utilisent des produits Apple. Tant qu'Apple était une marque marginale dans le monde de l'informatique, cela ne posait pas de problèmes car avec 5% de part de marché, les utilisateurs avaient des alternatives séduisantes dans le monde du PC. Le problème est qu'avec la diversification de la marque dans la musique portable, la vente de contenus et la conception de terminaux mobiles, la marque est passé de celui de petit poucet à un quasi-monopole ou à une large domination des marchés en question. De fait, la politique de restrictions qui pouvait être tolérée avant, ne peut plus l'être maintenant car elle restreint le choix offert aux utilisateurs. Apple aura beau faire des produits innovants en matière d'ergonomie et séduisant par leur habillage extérieur, le fait est qu'une prison, même en or, reste une prison.

Et cela, les utilisateurs et développeurs ne le tolèrent plus alors que dans le même temps, le libre est en train d'exploser en termes d'utilisation et de chiffre d'affaires généré. La situation n'a d'ailleurs pas échappé à la Commission européenne qui a lancé plusieurs enquêtes ces dernières années sur Apple et sa politique restrictive en matière de liberté et de concurrence.

La marque à la pomme va donc tôt ou tard être contrainte de lâcher son modèle. La question est : quand ? On se rappellera que la Commission européenne a mis plus de 10 ans avant que Microsoft ne commence à se conformer réellement à ses exigences, encouragée en cela par une amende de 497 millions €. Bref, Steve, il va falloir changer.

1 commentaire:

David Guillerm a dit…

Apple défend son modèle est réussi plutôt bien pour s'en mettre plein les poches.

Par contre sur l'iPhone, ca risque de finir comme la guerre entre Mac et PC, et Android qui est un système beaucoup plus ouvert va très certainement devenir beaucoup plus important que l'iPhone dans le Monde.