Riposte graduée ? - La Quadrature du Net

samedi 12 juin 2010

Bataille(s) entre amis.

Samedi 12 Juin 2010, deuxième jour de la Coupe du monde de football en Afrique du Sud et entrée en lice de deux têtes de série. L'Argentine de Messi et du franco-argentin Higuain (que l'on aurait bien aimé avoir dans notre équipe hier face à l'Uruguay) mais surtout de l'Angleterre. Patrie historique du football, l'Angleterre est l'une des équipes favorites candidates des bookmakers pour cette Coupe du monde à une coupe après laquelle ils courent depuis 1966.


Un contexte tendu.
Si les deux pays entretiennent une « relation spéciale », depuis quelques jours les relations ont tendance à se tendre entre ces deux nations sur fond de marée noire. Le président Obama devant montrer qu'il fait ce qu'il faut pour que BP remplisse ses obligations et David Cameron devant montrer qu'il ne laisse pas un fleuron national se marcher sur les pieds.


Le pari.
Le match de Coupe du monde tombait donc à pic. Mais si au plus niveau, on se s'écharpe entre bons amis. Il en est d'autres pour qui la rencontre est l'occasion de paris un peu spéciaux. C'est ainsi que l'ambassadeur des États-Unis à Londres à proposé à son homologue britannique de Washington de parier sur le vainqueur de la rencontre. Si l'Angleterre gagnait, l'ambassadeur américain payait un restaurant de viandes à Washington. Inversement, en cas de victoire américaine, c'est l'ambassadeur britannique qui régalait dans un grand pub londonien.

Au-delà d'un pari somme toute classique (l'on est entre diplomates donc pas de folies), le plus intéressant est à chercher dans les propos échangés entre les deux ambassades comme le note le quotidien l'Équipe du jour. Un brin provoquant, l'ambassadeur américain lance à son homologue britannique qu'il comprendrait parfaitement que celui-ci ne relève pas le gant étant donné le résultat de la dernière confrontation en Coupe du monde entre les deux pays (les américains avaient battu les anglais 1 à 0 en 1950). L'ambassadeur britannique, pas désarçonné pour un sou et drapé dans le légendaire flegme britannique, répondit que l'histoire footballistique de l'Angleterre étant longue, les anglais ne se souviennent plus de cet épisode passé.
L'anecdote ne rapporte pas ce qui était prévu en cas de match nul, mais un pique-nique au milieu de l'Atlantique n'aurait pas été une mauvaise idée.


Le match.
Après avoir rapidement ouvert le score (but à la 4e minute de jeu), les anglais ne parvenaient pas à doubler la mise face à une équipe américaine surprenante, en dépit de nombreuses occasions. Pourtant dotée sur le papier d'une attaque de feu et d'un milieu de terrain, qui ferait pâlir d'envie de nombreuses avec Lampard et Gerrard, l'Angleterre s'est heurtée à un grand gardien américain et à une défense américaine qui défendait proprement comme en témoigne le soin apportée par les joueurs d'outre-Atlantique à la défense. Ces derniers ne furent toutefois pas en reste se procurant de nombreuses occasions et parvenant à égaliser juste avant la pause.

La seconde mi-temps fut tout aussi animée mais aucune équipe ne parvenait à marquer malgré de nombreuses actions chaudes. L'Angleterre, dominatrice, n'arrivant pas à faire fléchir un portier américain auteur d'un grand match. Le contraire en somme des gardiens anglais sur qui semble peser une malédiction (le précédent titulaire du poste ayant hérité du peu glorieux surnom de « Calamity James » en référence à une célèbre criminelle). Au final, l'Angleterre peut regretter un match qu'elle aurait pu gagner.


Conclusion.
Comme le dit l'usage, une Coupe du monde peut se gagner sans une grande attaque mais pas sans un bon gardien et une bonne défense. N'ayant pas de grand gardien et avec une défense défaillante, l'Angleterre peut se faire du souci face à des États-Unis dont la sélection pourtant composée de joueurs cirant le banc de touche dans les équipes européennes où ils évoluent, mais qui a beaucoup progressé depuis 1994 peut être l'invitée surprise des huitièmes de finale dans une poule C qui semble plus ouverte qu'il n'y paraissait de prime abord.

Bien que le football ne fasse en rien disparaitre la réalité du quotidien, espérons que le match correct entre anglais et américains serve de source d'inspiration à leurs dirigeants pour résoudre un problème mondial : la marée noire et plus loin, la dépendance de nos sociétés au pétrole qui rend nécessaire une conversion vers un modèle plus soucieux de l'environnement.

Aucun commentaire: