mardi 6 juillet 2010

Tout est dans le titre.

L’information est-elle en passe de disparaitre au profit d’une culture de l’instantané ? Avec le succès exponentiel de Twitter qui limite à 140 caractères la taille des messages, l’accélération des rythmes de vie et l’accroissement des contraintes pour les délais pour les professionnels, il semble bien que ce soit le cas. L’information ou plutôt la manière dont elle se diffuse répond à ce besoin de rapidité en même qu’elle le crée.


Le constat.
En écho à cette réalité, un blogueur connu de la sphère démocrate s’est fendu d’un court billet sur le sujet en constatant qu’une bonne partie de son audience était constitué de personnes ne lisant que les titres de ses billets. A l’appui de ce constat bien personnel, il cite un article de l’agrégateur de flux « Abondance.com » renvoyant vers une étude de la société de conseil Outsell notant que 44% des internautes consultant la fonction « Actualités » du moteur de recherche Google ne consulte que les titres. Service qui, rappelons-le, ne fait que citer des articles tout en renvoyant vers les sites auteurs de l’article en question.

Précisons que l’étude en question concerne un service bien spécifique utilisé par une partie seulement des internautes et a été réalisé par une société qui entend en tirer profit. Ces éléments sont toutefois suffisants pour l’intéressé en tire la conclusion suivante :
- un titre polémique même s’il est long amène de l’audience ;
- titre qui doit éviter le flou afin de permettre la compréhension de l’article.
Aussi, lorsque l’on consulte les titres du blog en question, on constate toutefois un souci de rester correct et respectueux du lecteur sans tomber dans le titre agressif et racoleur. Cette position étant en accord avec un certain contenu. Mais patatra…


La preuve par l’exemple.
Voilà que quelques jours après ce billet constatant cette culture de l’instantané et dénonçant indirectement la dérive populiste que constitue cette culture du titre ; l’intéressé fait exactement ce qu’il dénonce avec un billet au titre vulgaire au possible ratissant large en reliant différents aspects via des raccourcis simplistes. On ressort de la lecture de ce billet, secoué et mal à l’aise en n’ayant pas compris grand-chose si ce n’est que notre société va mal (logique en temps de crise) et que le Suède a un État-providence plus efficace. Pour le reste, à savoir, du contenu et une prise de position claire, il faut aller voir ailleurs.


Que retenir ?
Si le premier billet avait le mérite de susciter le débat en partant d’une situation personnelle, le deuxième est l’exacte caricature de ce que le premier dénonçait. Il est toujours surprenant de voir les pires travers se concrétiser au travers de ceux qui quelques temps auparavant les combattait. Le cas de Philippe Val est d’ailleurs un autre exemple illustrant, celui-ci virant un humoriste pour une chose qu’il faisait un an auparavant à la même antenne. Étrange ironie.

Il est dommage de voir la qualité d’écriture et l’inspiration quitter un auteur intéressant, on peut toujours espérer que ce ne soit qu’un trou d’air même s’il semble plus porteur de voir émerger d’autres personnes qui apporteront un vent frais par des prises de position originales.


Note : Selon l'auteur des billets en question, je lui prêterai des propos qu'il n'a pas tenu. S'il est vrai qui est ici mentionné n'est pas écrit textuellement, le contexte peut le laisser penser.

4 commentaires:

l'hérétique a dit…

Bonjour Orange Pressé

Tu te trompes sur un point. Je n'ai rien dénonce dans le premier billet, simplement constaté un fait. Tu me prêtes donc des raisonnements que je n'ai pas tenus.
J'ai pourtant été très clair en précisant sur j'utilisais les deux types de billets.
En ce qui concerne la violence à l'école, je suis agacé de considérer les circonvolutions dont font preuve et les institutions et la presse. Je rigole bien également de constater que les systèmes éducatifs des pays du nord qui sont portés aux nues (mais ont bien moins de difficultés à gérer que nous, pourtant) cachent en fait des faits de violence aussi graves que chez nous.
Mon titre a le mérite d'appeler un chat un chat, c'est tout, même si je conçois que cela choque tes oreilles délicates.

l'hérétique a dit…

ah, et une remarque : je n'ai pas dit que mes lecteurs ne lisent que mes titres. J'ai dit qu'une fraction non négligeable d'entre eux passait entre 1 et 10 secondes sur la page.
Quand j'ai lu ton billet, il m'a suffi de dix secondes pour prendre connaissance de l'essentiel...(je lis très vite et parcours également les textes très vite...).
Une fois encore, tu induis de ce que j'ai écrit des analyses et des remarques qui ne sont pas les miennes.

Orange pressé a dit…

@L'hérétique :
- A propos de ton article, il semble que tu parles d'éducation mais ensuite, tu balaies tellement de choses que l'on est perdu, on n'y comprend rien et le titre tout en vulgarité ne correspond à rien dans l'article. A un moment, tu parles d'arts martiaux et on se demande bien pourquoi. Bref, l'article n'est pas très compréhensible. On te sait capable de mieux.

- Effectivement, toutefois, si tu en restes en apparence au constat, en filigrane, on peut distinguer autre chose.

- Il est vrai que tu mentionnes une période inférieure à 10 secondes mais en accolant cette information au titre, cela laisse supposer que les deux sont liés.

l'hérétique a dit…

Je ne balaie qu'une seule chose : la violence à l'école et rien d'autre. Et je me moque également de ceux qui la dénient ou renvoient la balle vers les enseignants en évoquant la gestion de conflits...
Il n'y a rien d'autre dans l'article. Je me demande ce que tu as pu voir d'autre dans ces conditions.

Et pour ce qui concerne la lecture des titres, je ne dénonce rien mais constate tout en observant que je fais souvent la même chose...