dimanche 25 juillet 2010

Un fief pour le prince.

En pleine affaire Woerth-Bettencourt et au cœur de l’été, on l’avait un peu oublié mais une autre affaire est en train de ressurgir, ou plutôt le sort d’une personne revient sur le devant de la scène. Son nom ? Jean Sarkozy.


Dans les épisodes précédents…
Le prince Jean, après avoir soutenu « à mort » David Martinon lors de la course à la mairie de Neuilly, a pu se faire élire conseiller général du canton de Neuilly sud suite à l’opportun retrait de candidature d’Arnaud Teullé, adjoint sortant de Neuilly-sur-Seine. Élu au 1er tour avec 51,9% dans un canton hyper favorable où son prédecesseur avait fait 20 points de mieux, il se voit alors concurrencé par un candidat centriste qui réalise un joli 28,9%. A peine élu, il devient président du groupe UMP-Nouveau centre au conseil général des Hauts-de-Seine au détriment d’Hervé Marseille. Ce dernier ne passe d’ailleurs que 3 mois comme administrateur de l’EPAD, établissement public gérant la Défense, le plus gros quartier d’affaires d’Europe, avant de démissionner pour laisser sa place au prince. Nicolas Ier souhaite en effet que son fils en échec scolaire (deux prépas ratées, et deux échecs à sa 2e année de droit) prenne la présidence de cet établissement public.

Hélas, trois fois hélas, cette idée suscite l’ire de l’opinion publique et rejaillit sur le château que l’on accuse de népotisme. A l’étranger, la France voit son image ternie et tant Nicolas Ier que le prince Jean sont l’objet de larges critiques. Finalement, le prince Jean sous la pression populaire renonce à la présidence mais devient tout de même administrateur de l’EPAD, ce qui est tout aussi problématique au niveau éthique et moral. En dépit des vagues de critiques et d’un nombre considérable de démissions chez les militants UMP, l’intéressé a droit aux plateaux télés où il explique qu’il a renoncé de lui-même (tu parles !) et qu’il aura l’occasion de se représenter devant les électeurs.

Cette intention ne restera pas longtemps lettre morte puisque que l’opinion à peine calmée, il se murmure que Patrick Devedjian serait prié de renoncer à sa charge de président du Conseil général le plus riche de France au profit du prince Jean. L’idée a, en effet, été lancé par les parrains du prince, les époux Balkany. Patrick et Isabelle Balkany sont en effet des parangons de vertu puisque leur gestion de la ville de Levallois-Perret est régulièrement épinglée par la Chambre régionale des comptes d’Ile de France. Condamné en 1996 pour avoir affecté 3 employés municipaux à son intérêt personnel, Patrick Balkany a été régulièrement été condamné depuis. Son épouse Isabelle n’est pas en reste, puisque malgré sa condamnation pour pris illégale d’intérêts, elle est toutefois élevée au rang de chevalier de la Légion d’honneur en 2008 au cours d’une cérémonie spécifique et ce malgré sa condamnation judiciaire. Le Code de la Légion prévoit pourtant que l’ordre est réservé aux citoyens français ayant des « mérites éminents » ainsi que l’exclusion de toute personne condamnée en correctionnelle (ce qui est le cas ici).
Autre mentor, du prince Jean, Charles Pasqua au pedigree aussi intéressant que les précédents.


Grand pari pour un petit destin.
Les choses auraient pu en continuer comme cela encore longtemps. Mais suite aux divers évènements qui ont fait plonger la côte de popularité de Nicolas Ier, le prince Jean dont « la valeur n’attend pas le nombre des années » a été prié de ne pas faire de vague d’ici 2012 afin de ne pas plomber un peu plus la candidature de papa en 2012. Pour l’intéressé, l’idée de devenir président du Conseil général des Hauts-de-Seine s’amenuise. Mais pas question de laisser l’héritier dans un médiocre mandat de conseiller général, fusse-t-il président de groupe. L’idée a donc germé d’offrir un mandat de député au fils cadet de Nicolas Ier.

Problème : le populaire Jean-Christophe Fromantin qui a réussi à conquérir la mairie de Neuilly en 2008 a confirmé qu’il se représenterait à la mairie de Neuilly et qu’il se présenterait aux législatives de 2012 dans la circonscription de Neuilly et Puteaux (celle où Nicolas Ier a été élu député). Il faut donc trouver une circonscription au prince Jean. Celle-ci doit être suffisamment à droite pour qu’il puisse la gagner en dépit de l’ire et de l’urticaire qu’il suscite chez les électeurs. Elle ne doit pas l’être trop non plus pour qu’on évite de croire qu’il a été nommé.

La recherche de la circonscription idéale s’annonçait donc complexe. Mais, voilà, coup de théâtre, le sémillant André Santini, député de la 10e circonscription des Hauts-de-Seine, mais aussi maire d’Issy-les-Moulineaux et conseiller régional d’Ile de France est nommé le 08 Juillet 2010, membre du conseil de surveillance de la Société du Grand Paris (établissement public industriel et commercial) avant d’en devenir le président le 21 Juillet 2010.

Il n’en faut pas plus pour que nombreux soient ceux qui y voient une tentative de faire place nette au prince Jean, quitte à sortir du jeu, Frédéric Lefebvre, actuel porte-parole de l’UMP, ancien assistant parlementaire de Nicolas Ier et suppléant d’André Santini.


Plus haut, plus loin.
Si le château souhaite que Jean Sarkozy devienne député, la partie est loin d’être jouée. Le fils du président avait été élu difficilement dans une commune où il était implanté et connu de la population. En parachutant son fils dans la 10e circonscription des Hauts-de-Seine, Nicolas risque de se tirer une balle dans le pied. André Santini est populaire dans sa circonscription mais c’est parce qu’il en est maire et qu’on lui reconnait un certain sens de l’humour ce qui est loi d’être le cas d’un jeune homme en échec scolaire chronique.

S’inscrivant aussi dans une dynamique loin d’être favorable à l’exécutif sortant, la carrière politique du prince Jean est aussi fragile qu’un origami et est loin d’être à l’abri d’une vague d’opposition républicaine. Au lieu de rêver à un avenir tout tracé, le fils du président devrait plutôt penser à finir ses études (s’il le peut) et a trouver un vrai travail tout seul sans se faire aider. Nul doute que s’il se voyait confronté à la réalité des choses, il ne prendrait pas les choses de si haut.

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