mercredi 28 juillet 2010

Une langue, des languages ?

Depuis l'ordonnance royale de Villers-Cotterêts signé début août 1539, la langue officielle de l'administration est le français. Le français en tant que langue a mis un certain temps à s'imposer dans les différentes contrées qui forment notre beau pays.


La construction.
En fondant l'Académie française en 1635, le cardinal de Richelieu voulait autant affirmer le pouvoir de l'État royal qu'accroître le prestige de l'État mais aussi le sien en s'érigeant dès le début comme son protecteur.

L'Académie a donc, depuis sa création, eu la mission de formaliser, de construire la langue française afin de pouvoir l'imposer, de contrôler les hommes et de former les esprits. Cet effort connu indirectement un certain effet avec le développement de la littérature et d'un certain mode de réflexion dans ce que l'on a appelé par la suite, le siècle des Lumières.

Cette construction passait par la normalisation de la langue mais surtout par la publication du fameux dictionnaire. Critiquée, l'Académie est la principale institution connue qui a construit la langue française. Toutefois, il ne faut pas oublier que le français est une langue vivante qui évolue suivant les époques.


La déconstruction ?
Après la phase de construction, le français définitivement ancré dans les esprits par les professeurs de la République, est-il en train de se déconstruire ? C'est en somme ce qu'on remarquer les correcteurs du quotidien « Le Monde » qui ont noté une tendance lourde à ne plus accorder les verbes avec leur sujet et de citer plusieurs exemples relevés sur un article mis en ligne sur lemonde.fr, le 19 Juillet dernier ainsi que chez des confrères de la presse écrite.

Nos amis correcteurs déplorent cette tendance à une dislocation douce de la grammaire et se demandent si la grammaire française n'est pas en train de disparaitre peu à peu (et la langue française avec).


Une réalité.
Il est vrai que la langue française souffre beaucoup. Le développement des messages courts encourage la contraction des mots, des expressions et donc de la langue. Si cette tendance est ancienne, son développement s'est très fortement accéléré. La migration d'une large part des internautes vers les réseaux sociaux comme Facebook ou Myspace et plus récemment encore vers Twitter ajoute de l'eau à ce niveau.

Est-ce à dire que l'on assiste à une évolution ou plutôt à une mutation de la langue française, de sa pratique ? Oui et non.
Oui, car dans son utilisation, dans son emploi, l'usage de la langue évolue, il se transforme négligeant la syntaxe, déconstruisant ce qui est logique, pour arriver à une sorte de magma informe dans lequel on se perd.

Non, puisque parallèlement à ce phénomène, on assiste aussi à un retour en grâce des cours d'orthographe, de grammaire car au final, les exigences sociales sont toujours les mêmes, celle d'une langue irréprochable. Il y a donc un fossé qui se creuse entre la réalité de la pratique de la langue au jour le jour et les exigences auxquelles les mêmes acteurs font face.

La conciliation les attentes des uns et les objectifs sociaux, professionnels semble difficile, voir impossible. Toutefois, il semble que nous assistions à un certain retour en grâce d'une rigueur de la langue. La raison en est simple : professionnellement, les choses sont devenues intenable. Tout comme l'on ne débarque pas au travail en pantoufle et en T-shirt mais plutôt en uniforme, costume ou tailleur, il faut intégrer dans la langue le différentiel entre une langue du privé et une langue de travail.

Au risque de faire de la langue de travail, une langue morte ?


Ceci est une autre question.

1 commentaire:

Shaka a dit…

Moi qui croyais que l'ordonnance royale avait été signéE en août 1539 (cf. première ligne)^^



Les fautes de grammaire relèvent d'une négligeance de l'esprit. Celle-ci est difficilement excusable dans certaines professions où on demande surtout d'être précis.

Les nouveaux moyens de communication écrits comme facebook ou twitter font souvent communiquer plus mais rarement mieux.

En vietnamien, quand on accentue mal, le son et le sens du mot en sont changés.
En français, si on écrit "péhi" au lieu de "pays", ça ne changera pas la lecture du mot. Simplement, cela retirera toute etymologie commune avec les mots "paysage" ou "paysan".