jeudi 5 août 2010

La carte meurt mais ne se rend pas !

Une carte dans le désert, ça peut être utile. Voici sans doute ce qui traverse actuellement l'esprit de Dominique de Villepin.
Cherche-t-il sa route ou est-il en train d'en tracer une nouvelle ? Toujours est il que notre Villepin national a repris sa carte à l'UMP.


Prend carte au lendemain du succès !
Son discours, au lendemain des célébrations du 70e anniversaire de l'appel du 18 juin 1940, se voulait comme une déclaration d'indépendance par rapport à la ligne politique de Nicolas Sarkozy. On sait maintenant qu'indépendance vis-à-vis du président n'implique pas forcément séparation avec le parti présidentiel. Logiquement, Dominique de Villepin a donc renouvelé son adhésion à l'UMP dans un courrier reçu le 30 Juillet 2010, rue de la Boétie. La lettre en question contenait outre le bulletin de renouvellement un chèque de 100€ mais aussi détail croustillant un exemplaire de son discours du 19 Juin (oui, oui, celui il baptise son nouveau navire politique pour 2012) ainsi qu'un mot où il met en garde le parti présidentiel contre « l'inquiétude grandissante » qui saisit la majorité des français. Si l'évènement n'est pas réellement important, il est toutefois révélateur de la route que Dominique de Villepin souhaite emprunter.


Rebattre la carte.
L'objectif de Dominique de Villepin est clairement de se présenter aux élections présidentielles de 2012. Se présenter oui, mais pas n'importe comment. Tirant probablement les enseignements des erreurs des autres, l'ex-Premier ministre sait bien qu'une candidature sans parti pour la soutenir est vouée à l'échec. Voilà pour la leçon tirée de Sarkozy.

Il sait aussi que soulever un enthousiasme en ayant un discours responsable, pesé, mettant en avant les valeurs historiques de la France, de la République et du gaullisme rencontre un écho au sein d'une large part de la population secouée par les diverses crises récemment traversées par notre pays.

Il sait encore qu'avoir une stratégie d'indépendance sur cette base est possible mais qu'ensuite, il convient de choisir un camp pour emporter le morceau et avoir un réel poids politique dans le cadre de nos institutions. Voilà pour les leçons tirées de François Bayrou.

Et, il n'oublie pas un principe essentiel : « Loin des yeux, loin du cœur » tirant en cela, une leçon de l'éloignement politique de Dominique Strauss-Kahn, dont l'intérêt pour la présidentielle ne semble pas considérable malgré un contexte favorable.

Enfin, il n'oublie un enseignement essentiel qu'il tire de son maître en politique, Jacques Chirac : toute campagne politique commence par la France rurale, ainsi que par un tour de France minutieux alternant discours dans la plus pure tradition républicaine, dégustations de spécialité locales et bains de foule accompagnés de séances de serrage de mains.


« Tant que le coeur conserve des souvenirs, l'esprit garde des illusions. », Châteaubriand.
Homme de lettres, Dominique de Villepin retient donc quelques leçons des erreurs politiques de ses amis, de ses concurrents, de ses ennemis. Si la dynamique qu'il souhaite tracer semble être nouvelle, elle est en réalité très classique. Face à une radicalisation de Nicolas Sarkozy dont le discours et les décisions en se droitisant de plus en plus commence à sérieusement sentir le brun (au propre comme au figuré), il ne souhaite pas incarner la rupture, mais s'inscrit plutôt dans une continuité historique.

En lieu et place d'une droite décomplexée, jouant avec les feux de la rampe médiatique et assumant ses proximités avec les milieux d'argent, Dominique de Villepin offre une alternative aux français : la droite traditionnelle. Non, Dominique de Villepin ne va pas comme François Bayrou tenter de changer les français, les rapports de force politiques ou même le système électoral; pas du tout. Ce qu'ambitionne Galouzeau, c'est de récreer une droite conservatrice traditionnelle, une droite gaulliste où l'État a une politique d'ambitions pour l'industrie au lieu de la bazarder, qui ne maudit pas l'initiative privée mais l'accompagne, qui ne rejette pas l'argent mais n'en fait pas une valeur fondamentale non plus. Ce que veut Dominique de Villepin, c'est recentrer la République sur ses valeurs : les principes républicains, une agriculture forte et source de richesses, une industrie conquérante centrée sur le BTP, le rail, l'énergie; ainsi que cela va de soi sur les valeurs fondatrices du Conseil national de la Résistance.


Cartez-vous.
En reprenant sa carte à l'UMP, Dominique de Villepin nous en dit un plus sur la route qu'il compte tracer. Au sein de la droite mais un peu en dehors, il reste au chaud tout en attendant le bon moment pour se dévoiler un peu plus. En somme, Villepin ambitionne de critiquer de l'intérieur en attendant l'instant propice et d'embarquer un maximum de soutiens. Soutiens qui ne manqueront pas d'affluer dans les prochains mois à mesure que la Sarkozye continue de s'enfoncer dans les affaires.

Fervent admirateur de Napoléon, Dominique de Villepin n'oublie pas cette maxime : « La carte meurt mais ne rend pas. »

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