mardi 5 octobre 2010

Éolien en mer : c'est dans 15 jours !


On savait que le MEEDDM (Ministère de l'environnement) allait annoncer un appel d'offres concernant l'éolien en mer depuis un communiqué de Jean-Louis Borloo à la sortie du Conseil des ministres le 05 Mai dernier. On sait maintenant quand !


Selon des propos du ministre recueillis par l'AFP lors d'une visite de terrain à Orly, l'appel d'offres concernant l'éolien maritime (aussi appelé éolien offshore) sera lancé d'ici 15 jours.

Un moment très attendu.
C'est peu de dire que cet appel d'offres est attendu par les observateurs du secteur. Portant sur 3 000 MW, l'appel d'offres vise à faire oublier l'accroissement des contraintes sur l'éolien terrestre. Alors qu'il devait être lancé au mois de Septembre, une consultation supplémentaire en Bretagne a retardé le processus. D'un montant de 10 milliards €, le paquet aiguise les appétits. Mais reste à savoir s'il séduira les opérateurs.


Une procédure peu appréciée.
Lors de l'adoption de la loi Grenelle II, le gouvernement et Jean-Louis Borloo plus particulièrement, confrontés à une large offensive des anti-éoliens sur le texte, avaient souhaité assouplir le régime de l'éolien maritime dit « éolien offshore », histoire de faire avaler la potion amère concocté pour l'éolien terrestre et notamment le classement sous le régime de l'autorisation ICPE. Régime dont beaucoup pensaient qu'il ne s'appliquerait pas à l'éolien en mer mais que le gouvernement a pourtant entendu appliquer aussi à ce type d'exploitation éolienne (cf. Plan d'action pour la période 2009-2020) dans son plan d'action envoyé à la Commission européenne au mois d'août dernier.

Reste qu'au delà de ce constat déjà peu favorable que la procédure d'appel d'offres en elle-même est peu appréciée des opérateurs. Peu encouragé par un tarif réglementé jugé trop bas, les opérateurs préfèrent investir au Royaume-Uni où l'investissement est bien plus rentable d'une part car les vents sont plus forts mais aussi parce que le prix est 3 fois plus élevé qu'en France. La procédure y est aussi plus simple même si la procédure française a été « simplifiée ».

Pour mémoire, le précédent appel d'offres lancé en 2004 avait échoué puisque seul un candidat, le groupe Enertrag avait maintenu son projet. Le dit projet est, actuellement, toujours paralysé devant le Tribunal administratif du fait des nombreux recours contre son permis de construire. Ce n'est qu'une fois tous les recours purgés, que les choses pourront enfin avancer.


Le prix d'achat, nerf de la guerre.
En réalité, la procédure importe peu. Signant l'éternel retour des grands groupes, cette procédure ne laisse que bien peu de places aux PME. La définition des zones favorables a aussi le fruit d'un certain arbitraire. Reste que la question est le prix de l'obligation de l'électricité produite à partir d'énergie renouvelable et donc d'éoliennes en mer. En France, trop faible, il n'attire que peu de monde surtout que les coûts de procédure et les frais judiciaires pour mener une procédure à terme sont conséquents. La France devrait sur ce point s'inspirer des danois qui peuvent en moins d'un an passer du stade de projet à la concrétisation.

En France comme ailleurs, l'éolien maritime mérite plus que du vent pour enfin décoller.

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