dimanche 14 novembre 2010

Et en direct...


« Et nous retrouvons en direct du Palais...» est LA phrase de ce dimanche. François Fillon ayant présenté la démission de son gouvernement et ayant imédiatemment été renommé par Nicolas Sarkozy, a commencé les discussions pour former son nouveau gouvernement. On annonce que le nouveau gouvernement serait annoncé dans la soirée ou lundi matin au plus tard. Ceci semble particulièrement passionner les chaînes d'information en direct qui, bien que n'ayant rien à dire ou presque, multiplient les éditions spéciales avec moults décrochages au profit d'envoyés spéciaux faisant le pied de grue devant le château ou l'hôtel de Matignon, et savoir qui sort et qui rentre.


Un faux suspense.
Tout ce dimanche, donc, impossible de l'ignorer le président remanie son gouvernement. Un remaniement annoncé depuis longtemps pour des raisons bien identifiées par mon homologue blogueur Christophe Ginisty. Annoncé depuis longtemps, tout autant préparé, la surprise n'en est pas une. Même le nom des futurs ministres est connu, certains intéressés ayant précisé leur départ, d'autres, comme Alain Juppé, ayant distillé des détails suffisamment précis pour que l'on sache où sera leur avenir. Ceci explique d'ailleurs la durée éclair de formation du nouveau gouvernement et montre, plus encore qu'avant, que le président de la République est bien le seul maître du jeu.

Une feuille de route déjà toute tracée.
Ce n'est donc une surprise pour personne, cette manœuvre vise à redonner du souffle à un mouvement qui en n'a plus. D'où l'entrée au gouvernement de « barons » politiques, de « poids lourds » dont la présence traduit une volonté de contenter tous les mouvements de la majorité, chacun ayant ses ministres. La présence de ces personnalités est aussi là pour réaffirmer la volonté de ne pas arrêter les « réformes » qui n'ont plus de réformes que le nom, mais aussi et personne ne saurait en douter, tenter de faire remonter la cote de popularité du président de la République à moins de 2 ans de la présidentielle. Il ne s'agit pas d'en faire une rock-star mais juste de lui donner la force suffisante pour être présent au second et évitez un « 21 avril à l'envers » où ne serait présent au second que les candidats issus d'un vote contestataire : l'un du Parti socialiste, l'autre du Front national.


Et maintenant ?
Le plus dur reste à faire ou plutôt à ne faire, bien qu'en réalité, on ne sache plus vraiment à droite ce qu'il convienne de faire ou pas pour sauver le président de la République du naufrage. Certains se demandant même s'il ne vaut mieux pas le laisser couler et rejoindre le « martyr Villepin » histoire de conserver leurs mandats.
On relèvera essentiellement deux difficultés pour parvenir à l'objectif fixé : le temps (il reste plus de 18 mois avant la présidentielle) et Sarkozy lui-même, qui à défaut d'une vigoureuse opposition est le facteur qui l'a le plus discrédité.



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