jeudi 11 novembre 2010

Quel chemin pour Corinne Lepage ?

Suite à la publication d'une dépêche AFP où Corinne Lepage précise qu'elle ne rejoindra pas le nouveau mouvement issu de la fusion des Verts et d'Europe-Écologie dont le Congrès fondateur se tient en cette fin de semaine, mon confrère blogueur de Singulier démocrate nous donne son avis.


Non. Pourquoi ?
Notre breton ami, lucide, liste essentiellement deux points :
- les Verts et leur nouvelle mouvance n'ont pas une maturité politique suffisante ;
- il est plus que nécessaire de faire émerger une troisième voie politique différente de l'UMP et du PS.
Ceci appelle une réflexion plus large.


Le divorce.

Corinne Lepage ne reviendra pas au MoDem. Son départ, ou plutôt les raisons de son départ étant plus liées à la pratique de François Bayrou qu'aux idées. Aussi, on voit mal Corinne Lepage revenir alors que François Bayrou n'a pas changé autant que souhaité.


A gauche toute !

Pour les verts, Duflot ne cache pas que son ambition est que la nouvelle structure devienne le 1er parti... de gauche devant le PS. Dans ce but, elle a passé une alliance avec Éva Joly pour écarter Daniel Cohn-Bendit du jeu. Pour le moment, de toute façon, impossible de faire quoi que ce soit tant que la structure n'est pas fusionnée et instable. Attendons quelques mois, les choses seront plus claires et il sera possible de discuter une fois qu'ils se seront étripés.

Mais cette idée que les verts peuvent remplacer le PS, n'est possible qu'en opérant un recentrage et l'abandon de l'ancrage systématique à gauche. Le succès actuel des Grünen Outre-Rhin en offre la preuve à qui en douterait.


La troisième voie passe par le centre.

Dans le contexte actuel, la question d'une alliance entre les écologistes et les démocrates est plus que jamais d'actualité mais il y a, de chaque côté, des réticences. Du côté des Verts, une vision passéiste qui consiste à vouloir prendre la direction d'une gauche qui ne s'est pas adapté aux réalités actuelles et restant limitée sur nombre d'aspects. Bien qu'en étant consciente, elle ne veut pas s'ouvrir au centre ce qui expliquera son tassement et son incapacité à peser dans les prochains scrutins majoritaires.

Du côté des démocrates, par contre, il y a d'autres réticences. En premier lieu, la volonté d'avoir son candidat à la présidentielle. François Bayrou, concentré sur cet objectif, ne veut pas s'encombrer de discussions, de guerres de courant qui affaiblirait sa candidature. Mais aussi, la marginalisation croissante voir l'absence de la question de l'environnement et d'une réelle mentalité articulé autour du développement durable, qui n'est vu que comme un problème parmi d'autres.



Quelles solutions ?

Corinne Lepage, si elle veut continuer à exister sur la scène politique doit avoir un mandat. Or, CAP 21, en dépit de ses qualités n'est pas de taille pour lui permettre d'exister politiquement. Elle doit s'adosser à une structure ayant une quelconque chance à la présidentielle et, ce faisant, aux législatives. Sa situation montre toutefois que l'impossible concialiation à l'heure entre deux mouvements qui auraient pourtant fort à gagner l'un et l'autre, d'une alliance politique. Malheureusement, ni l'un, ni l'autre ne sont prêts à renoncer à leurs ambitions personnelles ou leurs mauvaises habitudes pour y arriver. L'évolution semble toutefois s'être amorcée avec la création du MoDem en 2007 sur des bases faisant une référence évidente à la thématique écologique. Elle semble se poursuivre avec l'évolution, timide, des verts et la création d'une nouvelle structure pour les écologistes de gauche. Reste à rapprocher ces deux structures pour enfin arriver à faire émerger une voie politique différente de celle offerte par l'UMP et de l'autre, offerte par le PS.

2 commentaires:

Orange Verte a dit…

Bonne analyse de la situation. Elle a outre mis Cap21 dans l'impasse qui va droit à la marginalisation. De toute façon les Verts se définissent comme parti de gauche et on ne les voit guère coexister avec ce qu'ils appellent "l'écologie de droite". Reste que Corinne Lepage est comme Bayrou atypique. Il y a aussi ses errances politiques à droite ... au centre... qui lui font une réputation de manger à tous les rateliers ...

vert chez Moi a dit…

Quel est cette manie de vouloir absolument marier les torchons et les serviettes
les écologistes n'ont pas plus de raison de "fusionner" (ou même s'allier) avec un centre imaginaire (ici le Modem) qu'avec le PS ou avec le Front de Gauche

pas plus pas moins
(voir moins même si on prend la réalité des votes des élus Modem ça et là en France)

1+1 ne fait pas forcément 2
parfois 3 parfois 1 ou même parfois 1/2
il faudrait aussi se le mettre dans le crane...

Europe Ecologie Les Verts rassemble des écologistes de gauche et des écologistes non partisan (le Ni Ni ne veut pas dire Centre ;) )
Il n'a aucune raison de virer au "centrisme" pour plaire aux centristes et ainsi abandonner ses valeurs et ses idées...

D'ailleurs depuis + de 30 ans le Centrisme Ecolo ça ne marche pas !

Il y a d'un côté Les Verts (puis EELV) : + 8000 adhérents
(et à présent + de 12000 ?)

et de l'autre pas mal de groupuscules où il y a quelques centaines de militants ça et là...
tout ceux qui ont essayé le Ni Ni Ecolo ont échoué !
en nb de militants comme en scores...
(cap21, MEI, ...)
d'ailleurs le Ni Ni du Modem a lui même échoué : pourquoi le suivre dans une stratégie perdante ?

Considérer que l'écologie est au delà de la gauche et de la droite...
et peut être une 3eme voix
OK !
mais ça ne veut pas dire pour autant que l'écologie politique doit etre Ni Ni ou Centriste...

A l'heure actuelle...
EELV pourrait très bien mieux travailler avec le NPA, le Front de Gauche ou le PS...
qu'avec le Modem
sans pour autant être traité de vils gauchistes !
questions de compatibilité programmatique et de valeurs !

Mais ces choses sont peut être durs à comprendre pour des centristes habitués à des stratégies "girouettes" ?