lundi 6 décembre 2010

Ecolo ? Quand je veux !

Jeudi dernier a lieu l'attribution de l'organisation des Coupes du monde 2018 et 2022. Après le Brésil en 2014, ce sera donc la Russie en 2018 puis plus surprenant le Qatar en 2022. Immédiatement, nombreux ont été les observateurs notamment britanniques à supposer une certaine corruption des membres de la FIFA.


Corruption ? Mais non...
On notera que les premiers dénonciateurs, à savoir nos amis britanniques, n'ont pas hésité à employer les mêmes méthodes que celles qu'ils dénoncent chez les russes ou les qataris pour obtenir l'organisation des Jeux Olympiques de Londres. La corruption semble en effet une pratique courante aux seins de ces entreprises que sont devenus la CIO et la FIFA qui sont plus concentrées sur les contrats signés avec les industriels et non sur le sport. On se rappellera que des supportrices néerlandaises ont été prestement expulsées des tribunes d'un stade sud-africain pour avoir porté des robes oranges fournies par le brasseur Bavaria dont le logo n'apparaissait que très discrètement ou encore qu'autour des stades de la Coupe du monde, il existe un périmètre d'1 km au sein duquel la vente était réservée aux « partenaires » de la FIFA.


Écologie ? Vous avez dit écologie ?
Nombreux sont ceux qui ont vu le film « Home » diffusé sur France 2 peu avant les élections européennes. Dans ce film, le désormais connu Yann Arthus-Bertrand, y dressait un constat alarmiste sur l'état de notre belle planète. Pèle-mêle y était dénoncé les villes géantes, la pollution, la déforestation ou encore l'agriculture intensive. Lors de sa diffusion, ce film avait fait son petit effet et à juste raison. Parallèlement, Yann-Arthus Bertrand en a profité pour développer son association Goodplanet dont le financement est assurée par des multinationales dont l'empreinte écologique est... comment dire... Disons qu'elle laisse franchement à désirer.
Bien que cette association lance des projets innovants et finance des projets afin de réduire l'empreinte carbone de populations dans les pays développés, on ne peut s'empêcher de noter que le question du financement brouille un peu l'image de cette ONG. Mais revenons au football.

Jeudi dernier, donc, lors de la présentation de la candidature qatari, on a pu voir le même Yann-Arthus Bertrand soutenir une candidature fort peu écologique : la candidature du Qatar. Ce soutien, dont on apprend qu'il a rapporté à Zinedine Zidane près de 11 millions d'euros, est plus que surprenant. En effet, ce petit pays d'1,4 million d'habitants va devoir construire 9 stades dans le désert. Des stades avec pelouse naturelle qu'il va donc falloir arroser régulièrement mais aussi climatiser. Oui, vous avez bien lu, dans un pays manquant cruellement d'eau et soumis à une chaleur étouffante en été (près de 55°C), on va organiser une Coupe avec des stades climatisés. Que l'on se réjouisse l'énergie de la climatisation proviendra des nombreux panneaux solaires qui recouvriront les stades. Ouf, l'honneur écologique semble sauf.

Sauf que, sauf que, ce serait oublier un peu vite que les gaz nécessaires au fonctionnement de ces mêmes systèmes sont fortement nocifs pour l'environnement. C'est aussi oublier le colossal bilan carbone de la construction de stades en plein désert, du coût des matériels et matériaux introuvables sur place ou à proximité qu'il va falloir transporter pour construire les stades mais aussi les hôtels nécessaires à l'hébergement des supporters qui eux, dormiront des hôtels climatisés dont l'énergie proviendra... de centrales thermiques fort peu écologiques.


« Ça commence à bien faire ! »
On savait avec Nicolas Sarkozy que l'environnement n'aurait plus qu'une place réduite dans la politique nationale depuis sa fameuse phrase : « L'environnement, ça commence à bien faire ». On sait maintenant que les plus ardents défenseurs de l'environnement ne le sont qu'en apparence, ou au moins quelques-uns. Au moment où l'environnement perd du terrain dans l'esprit des uns et des autres, suite aux importants financements dont ont bénéficié les climato-sceptiques, le soutien de Yann-Arthus Bertand à la candidature qatari est bien mal venu et offre un formidable argument aux opposants à un changement des pratiques qui, s'il ne sera pas pratique, est pour autant essentiel. Alors, l'écologie 4x4, le nouveau courant d'Europe-Écologie ?

1 commentaire:

dominique Lemoine a dit…

Billet très intéressant qui montre bien la logique de certains "gourous" de l'environnement qui nous demandent de nous restreindre et qui n'hésitent pas, eux, à émettre des tonnes de CO2 pour faire des photos et avoir des produits dérivés fort lucratifs.

Je pense qu'il ne faut pas tomber dans le travers des décroissants mais il faut tout mettre en oeuvre pour diminuer notre empreinte.

Au sujet du sport qui était le point de départ du billet, il est certain que nous ne sommes plus dans le sport mais dans le business.

L'écologie punitive, comme je l'écrivais récemment est elle aussi entrée dans l'ère du green-buniness et c'est ce qui risque de tout tuer.

Yann Arthus Bertrand, l'hélico-écolo-photographe voudrait nous faire croire qu'il s'intéresse aux générations futures : si c'était le cas, il arrêterait d'aller photographier la terre en hélicoptère car il sait très bien que la compensation carbone n'existe pas !