mardi 7 décembre 2010

Un train de retard ?

Aujourd'hui en gare de Cambrai a lieu une mobilisation désormais de plus en plus courante en France : un rassemblement en gare pour demander le maintien de la ligne Corail Paris-Maubeuge.


Un cas parmi d'autres.
Depuis quelques années, accent a été mis à la SNCF sur la rentabilité. S'il est normal qu'une entreprise cherche à faire des bénéfices, il est important de rappeler que la SNCF n'est pas une entreprise parmi d'autres mais une entreprise publique. Plus précisément l'entreprise publique ayant le monopole ou presque du transport de voyageurs par voie ferroviaire. Aussi, dans le cadre de cette mission bien précise, son rôle est de gérer le réseau existant, mais aussi, en collaboration avec Réseaux ferrés de France (RFF) de le développer. Or, il se trouve que depuis quelques années, le développement est axé sur les lignes à grande vitesse plus rentables et génératrices de profit que les traditionnelles lignes ferroviaires.

Un problème alors que le Grenelle de l'environnement a souhaité encourager le développement du transport ferroviaire et que la pas si lointaine hausse du prix des carburants s'est traduite presque immédiatement par une augmentation conséquente de l'usage des trains express régionaux, les fameux TER.

Mais comme la France ne se résume pas à la grande vitesse, il existe encore de nombreuses lignes inter-régionales ou nationales desservies par des trains Corails.


Un rôle essentiel.
Les lignes classiques desservies par des trains Corails hors d'âge et dont les lignes sont mal entretenues rendent pourtant un service indispensable : un vrai rôle de service public. En effet, ces trains desservent souvent les métropoles secondaires ou même certaines préfectures de départements ruraux. Des destinations souvent ignorées des lignes à grande vitesse car pas assez rentables. Ces lignes sont pourtant utilisées non seulement par les professionnels mais aussi par des publics peu favorisés sur le plan économique et qui n'ont pas forcément les moyens de se payer une voiture, à savoir les étudiants, les personnes défavorisées, certaines familles.

Pourtant malgré ces services immenses, la SNCF cherche à tout prix à les supprimer pour se concentrer uniquement sur la grande vitesse. Au lieu de réinvestir dans les lignes et le matériel roulant, RFF et la SNCF diminuent les dessertes pour décourager l'usage de ces lignes, rendant de facto selon eux, une fermeture de la ligne. Les voyageurs sont alors priés de rejoindre les grandes métropoles desservies, elles, par la grande vitesse. Qu'importe si cela revient à faire 100 à 200 km de plus, pour un gain de temps minime; il faut utiliser la ligne à grande vitesse.


Des solutions existent !
Pourtant, il serait assez facile de renforcer l'attractivité de ces trains. En modernisant les lignes afin d'y faire circuler des trains à voilure tournante pouvant rouler jusqu'à 240km/h. En prenant cette décision, on diminuerait les temps de trajet et inciterait les automobilistes à délaisser leur véhicule pour lui préférer le train. Oui, mais voilà, il faut pour cela une décision politique forte et sortir de l'idéologie du tout-TGV. Il est illusoire de faire croire que le TGV convient à toutes les destinations nationales tout comme il est illusoire de croire que l'on peut se passer de la voiture en ville en l'état actuel des réseaux de transports en commun.

Aussi, il convient de se mobiliser non seulement pour maintenir ces lignes mais aussi pour qu'enfin, on les modernise.

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