jeudi 19 mai 2011

Qui pour diriger le FMI ?

Il est parti !

Mis en cause dans une affaire de mœurs, Dominique Strauss-Kahn, a démissionné du FMI.
Pour lui, il s'agit de concentrer tous ses moyens sur sa défense dans une affaire où il se dit innocent mais aussi d'acter dans les faits qu'il ne pouvait plus exercer ses fonctions.
Pour les pays membres du Conseil d'administration du FMI, il s'agit surtout de redonner à l'institution un chef pour la diriger.


Un bon bilan.
Dominique Strauss-Kahn part, mais non sans avoir changé l'institution à la tête de laquelle il avait été nommé. Proposé comme candidat par Nicolas Sarkozy en 2007 pour écarter un potentiel adversaire lors de la primaire de 2012, Dominique Strauss-Kahn y a vu, lui, l'opportunité de prendre de la hauteur, d'y acquérir un statut international tout en se tenant loin des querelles intestines du parti socialiste. Les pays européens, majoritaires avec les États-Unis au Conseil d'administration du FMI, y avait vu un homme ayant la stature pour redresser une institution alors très décriée.

Et, en effet, la situation du FMI était peu glorieuse lorsqu'il en prit les rênes. La crise financière en 2008 et les nouveaux moyens accordés au FMI au sommet de Londres officialisant le G20 comme nouvelle forme de gouvernance combiné à son habilité ont donné une autre dimension au FMI. Accusé de vouloir tout déréguler sans raison, le FMI prit un autre chemin en prônant la régulation des marchés et la relance des économies par des plans de soutiens de la part des États.

On peut donc dire que le bilan de Dominique Strauss-Kahn à la tête fonds monétaire internationale est plutôt positif.


Le jour d'après.
Dominique Strauss-Kahn parti, il convient de le remplacer. Et là, la course est de nouveau ouverte entre les États.

Pour les pays en voie de développement, c'est l'occasion de réclamer une place au sein d'une institution qui les concerne de près mais sur laquelle ils n'ont que peu de prise. L'Afrique du Sud milite pour qu'un de ses anciens ministres prenne la place. La Chine milite pour un candidat asiatique, rappelant à juste titre que l'Asie est une des zones les plus actives économiquement.

Pour les États-Unis, il s'agit de mettre fin ou de freiner les ardeurs régulatrices du FMI. Si Barack Obama a appelé à plusieurs reprises à la régulation du capitalisme, aussi bien sur le plan intérieur que sur le plan international, force est de constater qu'il n'a quasiment rien fait à ce niveau. Certes confronté à un Congrès hostile, il a aussi et surtout nommé uniquement d'anciens banquiers aux postes clés de l'administration du Trésor fédéral américain. Les anciens de Goldman Sachs, notamment, sont particulièrement installés au sein de l'administration américaine.

Reste l'Europe, qui ne compte pas lâcher un poste alors que l'euro traverse une période troublée. Le « problème grec » notamment, est loin d'être réglé. Et là, les différents pays européens testent leurs poulains. La France aimerait envoyer Christine Lagarde pour remplacer Dominique Strauss-Kahn. Pas inactive dans le contexte de crise, ayant une expérience internationale, elle ne serait pas une trop mauvaise candidate. Pour Nicolas Sarkozy, ce serait surtout l'occasion d'éloigner le problème Tapie.

L'Allemagne, qui vient de céder sur le prochain président de la Banque centrale européenne, y verrait bien un de ses ressortissants occuper la place. L'idée est loin d'être incongrue et la compétence allemande ces dernières années dans le domaine économique n'est plus à prouver. Parmi les candidats, les allemands propose la candidature de Peer Steinbruck. Ce dernier, ancien ministre des finances sous la grande coalition d'Angela Merkel s'était fait remarqué pour sa rigueur à tenir le cap dans les situations difficiles.


Conclusion.
Le départ de Dominique Strauss-Kahn en arrange certains mais posent aussi un certain nombre de problèmes. Pour l'Europe, c'est surtout l'occasion de montrer un front uni pour défendre le retour de son modèle économique, plus respectueux des autres sur la scène mondiale. Reste à voir si les autres pays la suivront.

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