mercredi 11 mai 2011

Wauquiez vise l'assistanat.

A peine lancée par Laurent Wauquiez suscite déjà la polémique. Une polémique voulue par l'intéressé dans un objectif bien prévu. Mais une idée aussitôt désavouée par le Premier ministre en place, François Fillon.


Contexte.
Avant d'aborder le fond, voyons la forme. A savoir, comment a été lancé l'idée de plafonner les aides sociales pour que celles-ci ne dépasse pas le SMIC ?
En effet, en politique, rien n'arrive par hasard. Laurent Wauquiez savait pertinemment l'impact qu'aurait son annonce. Aussi, a-t-il pris soin de la lancer dans le cadre de son association/cercle de réflexion : « Droite sociale » et non dans le cadre d'une de ses interventions ministérielles puisqu'en tant que membre du gouvernement, il est tenu à une certaine réserve et à la solidarité gouvernementale. En passant par ce biais, il tente de se faire remarquer par le président de la République tout en s'ancrant sur une thématique de droite : la dénonciation de l'assistanat.


Opération reconquête.
L'idée de Laurent Wauquiez n'est pas de remettre en cause les bénéficiaires du RSA, encore moins d'accentuer les divisions entre les français, même si, en pratique, c'est ce qu'il obtient aussi. Non, son objectif est tout autre : il cherche à parler à l'oreille des déçus du sarkozysme, de cette « classe ouvrière » qui n'accepte pas que des personnes qui travaillent moins qu'eux gagnent plus qu'eux. Et qui est séduite par le vote Front national, dont un des thèmes favoris est de dénoncer les « profiteurs » du système, ceux qui se contenterait de bénéficier des aides publiques sans pour autant travailler.


Effet boomerang.
Mais à courir derrière les déçus du sarkozysme, Laurent Wauquiez prend le risque d'accroitre la défiance vis-à-vis du gouvernement plus qu'autre chose. François Fillon a d'ailleurs rappelé devant l'Assemblée nationale que le RSA était une des mesures importantes que le gouvernement avait mis en place. Car, le RSA vise à rendre le retour au travail plus attractif que le maintien au chômage en autorisant un cumul partiel des aides publiques dont bénéficient les personnes sans emploi avec un emploi à temps partiel. Or, en ces temps troublés, où la majorité et son chef battent des records d'impopularité, le RSA reste comme une mesure symbole de la politique sociale du gouvernement à qui l'on reproche suffisamment ses mesures en faveur des plus favorisés.


Conclusion.
Au final, il n'est pas dit que l'idée lancée par Laurent Wauquiez porte ses fruits pour la majorité. Au contraire, à vouloir se droitiser, il prend le risque de scier la branche sur laquelle le gouvernement est assis.

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